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Incompréhension et besoin d'aide

Témoignage
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Chrisa

le jeudi 27 septembre 2018 à 20h29

Bonsoir à toutes et tous.
Je suis nouveau ici et je viens vous demander de l'aide, sans être certain que je sonne à la bonne porte. Je me lance. Je m'appelle Chris, j'ai bientôt 50 ans. Je suis marié depuis 23 ans avec une femme que j'adore. Nous avons trois enfants.

Il y a un an, après un changement de travail un an auparavant, mon épouse m'a avoué qu'il y avait quelque chose qui se passait entre elle et son collègue/patron. Directement elle m'a dit que c'était plus une forme de complicité et de fusion d'esprit et que notre couple n'avait pas à s'en sentir menacé. Elle m'aimait plus que tout et plus les mois ont passé, plus son Amour pour moi était fort.
Les avances de son collègue ont été de plus en plus fortes, il la poussait à me quitter (il s'est d'ailleurs éloigné de sa propre épouse). Après une période très difficile à la maison, elle m'a confirmé son choix de vivre auprès de nous et le lui a fermement dit.
Il y a quelques semaines, j'ai appris qu'ils avaient "craqué". La première douche froide passée, notre psy de couple ,que nous voyons depuis le début de cette crise, m'a demandé qu'elle était ma limite. J'ai expliqué que je pouvais supporter ce qui s'était passé, que je pouvais supporter qu'ils se voient encore au travail (car elle aime plus que tout son travail qui est l'aboutissement d'années de recherche et de cheminement),mais que je ne voulais plus qu'elle ait de relation sexuelle avec lui. A ce moment, elle nous a dit que, vu son amour inconditionnel pour moi et sa volonté de garder cette relation avec lui, elle était peut-être poly-amoureuse.

Notre psy de couple, devant l'impossibilité pour ma femme de prendre la moindre décision (quitter le boulot, cesser sa relation avec lui, modifier sa relation avec lui tout en maintenant leur relation professionnelle...), m'a proposé de lever ma limite durant une période donnée, afin de lâcher la pression et de laisser à ma femme la possibilité de prendre ses responsabilité.
Je vous avoue que cela m'est impossible. J'ai alors lu le livre de Francoise Simpere. Si je respecte sa façon d'être et la voie qu'elle a choisie, je ne m'y suis en aucune façon retrouvé. Le Polyamour, dans un couple, doit relever d'un consentement mutuel, me semble-t-il et aujourd'hui, cela m'est imposé. Pire, je dois prendre la décision d'accepter que cela se fasse, alors que j'y suis opposé. Je n'y arrive pas... Ma souffrance est énorme, je n'en dors plus et mon épouse est dans la même situation. Son collègue lui pourri la vie au boulot, elle dit m'aimer plus que tout. Elle est mon seul, mon unique amour depuis 27 ans. Je ne parviens pas à me résoudre à l'imaginer faire l'amour avec quelqu'un d'autre, surtout avec ce gars (son employeur) qui a tout fait durant un an pour qu'elle me quitte.
Aidez-moi à comprendre, à surmonter cette situation, voire, peut-être, à parvenir à prendre une bonne décision pour nous deux, s'il vous plaît.
D'avance, je vous remercie.

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bonheur

le jeudi 27 septembre 2018 à 21h00

Bonjour Chrisa,

Ton récit me renvoie un peu quelques années en arrière. J'avais un super nouvel ami depuis une reconversion pro. On était comme des aimants, toujours l'un avec l'autre et ceci depuis le début. On était séparé pour la partie pratique, sur le terrain. Un lundi matin, reprenant la partie théorique, le formateur indique qu'il a été victime d'une bagarre de rue et qu'un arrêt de travail lui était parvenu. J'ai demandé s'il y avait des précisions, mais sans résultat (non, aucune autre précision). Là j'ai failli défaillir, au sens concret du terme. Je savais qu'il résidait à Bondy (dpt 93) dans un quartier où les règlements de compte se font à l'arme blanche, voir à l'arme à feu. J'ai eu peur. Tout est monté d'un coup, du plus profond de moi. Une multitude d'émotions floues et une certitude : ce n'est pas de l'amitié, je l'aime.

S'en est suivi un état bizarre, bien que rassurée peu de temps ensuite (bagarre violente, mais rien de super grave). Je me suis alors posé tellement de question. Et là, une vérité : j'aime mon mari, sans aucun doute ET j'aime cet homme, sans aucun doute... J'ai cheminé d'abord chaotiquement seule, intérieurement. Puis j'ai dit je t'aime à cet homme (enfin écrit) et à mon mari exprimé cet autre amour.

Cet homme m'a alors tourné le dos (j'étais marié et les deux hommes se connaissaient, nous avions passé du temps ensemble par le passé, je l'avais intégré à notre vie de famille). Mon mari a tout d'abord compris de travers... et lui et moi avons cheminé ensemble pour y voir plus clair. Un an environ après, je reprenais contact avec un ex amoureux...

De cet instant T, j'avais 38 ans et 18 ans de mariage. Trois garçons. C'était en 2007.

Il en résulte de ce chamboulement brutal de ma vie une évolution en couple dans une dynamique commune qui a pris du temps (beaucoup de temps en fait). Nous n'avons connu le terme polyamour qu'en 2011 et depuis tout à changer, dans un sens de bonheur.

Mon mari a évoluer dans sa vision du monde et de l'humain. Il n'entretient pas d'autres relations en dehors de nous. Il considère l'amour comme compliqué et désire vivre le plus simplement possible. Nous n'avons pas remis en question notre vie, mais l'avons ouverte... aux personnes que je rencontre et qui me chamboule émotionnellement (je suis polyaffective).

L'attitude de cet homme de me tourner soudainement le dos alors que l'on était comme scotché n'a pas été à mon sens la meilleure. Celle, ensuite, de mon ex-amoureux non plus. Il a voulu dans une premier temps que je divorce, avant de se marier à une autre, en la maintenant dans l'ignorance de notre lien affectif, me rendant ainsi complice d'une forme d'adultère à mes dépens.

Chrisa
Aidez-moi à comprendre, à surmonter cette situation, voire, peut-être, à parvenir à prendre une bonne décision pour nous deux, s'il vous plaît.

Je peux t'exprimer ce que j'ai vécu, sachant que je suis plutôt à la place de ta conjointe qu'à la tienne.
Mon mari, polyacceptant aujourd'hui, a tout d'abord été anéanti de cette annonce. Il avait compris ce que je n'indiquais pas : divorce, vente de nos biens, garde alternée ou pension alimentaire... Il s'est aperçu qu'il se mésestimait, qu'il avait une peur horrible de l'abandon. Il se demandait ce qu'il avait mal fait, ou pas fait, ou autres raisons qu'il aurait pu s'imputer comme défaillance. Le pauvre !
Il a fait un deuil : celui de vivre dans la norme, comme avant.

Quand je suis heureuse, il l'est lui aussi. Ca s'appelle la compersion.

Une bonne décision pour deux, se prend à deux. La communication, en particulier sur vos ressentis, à l'un comme à l'autre, sont importants.

Soyez des êtres indépendants, désireux d'une vie commune et évoluant dans une dynamique de transparence suffisante pour ne pas laisser l'autre dans un univers non compatible.

L'amour, la capacité à aimer, n'est pas une tarte dans laquelle on donne des parts. On n'enlève rien à l'un pour offrir à l'autre. Visualise sa capacité à aimer comme l'univers, en expansion, avec une découverte d'astres dont certains nous oblige à les regarder, les observer, car l'amour c'est aussi cela, une découverte humaine, sauf qu'elle est impactée d'un émotionnel unique.

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Isard (invité)

le vendredi 28 septembre 2018 à 06h31

Quand je suis heureuse, il l'est lui aussi. Ca s'appelle la compersion

Et quand tu es malheureuse, il est aussi?

Car ton histoire, comme beaucoup de récits polys ici, ne va que dans un sens, le tien.
J'ai bien remarqué qu'un poly en devenir ne recule pas, même devant la détresse de son conjoint.

On a beau nous parler de compersion, mais cela ne va que dans un sens.

J'ajouterai aussi cette notion d'imposer le poly, suite à la presence effective d'un ou d'une autre.

Aussi, cette facilité de considérer que la souffrance du mono lui appartient.

Si le poly existe dans certains cas, il y a souvent, pour ne pas dire toujours, une personne qui souffre malgré tout.
Et oui on peut s'habituer à la souffrance, c'est cela qui fait que les couples mono polys existent.

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Isard (invité)

le vendredi 28 septembre 2018 à 06h45

Quand je suis heureuse, il l'est lui aussi. Ca s'appelle la compersion

Et quand tu es malheureuse, il est aussi?

Car ton histoire, comme beaucoup de récits polys ici, ne va que dans un sens, le tien.
J'ai bien remarqué qu'un poly en devenir ne recule pas, même devant la détresse de son conjoint.

On a beau nous parler de compersion, mais cela ne va que dans un sens.

J'ajouterai aussi cette notion d'imposer le poly, suite à la présence effective d'un ou d'une autre n'est pas la notion de base prônée par le poly : l'honnêteté.

Une chose également remarquée ici, ce dont ces divers ouvrages référencés.
Mais il y en a tout autant traitant du phénomène opposé.

Aussi, cette facilité de considérer que la souffrance du mono lui appartient.

Si le poly existe dans certains cas, il y a souvent, pour ne pas dire toujours, une personne qui souffre malgré tout.

Et oui on peut s'habituer à la souffrance, c'est cela qui fait que les couples mono polys existent.

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Chrisa

le vendredi 28 septembre 2018 à 14h50

C'est ce qui me chagrine dans cette "culture", je l'avoue. Ma femme se dit heureuse avec moi, mais elle le serait davantage (elle n'en est même pas certaine) en vivant cette passion. Moi, par contre, je plonge et je suis malheureux. La compersion est à sens unique, je trouve...
Et ce qui est insupportable, c'est que l'aspect "travail " est en balance: si qui que ce soit met fin à cette passion....elle perd son travail auquel elle tient tant.
Est-ce vraiment du Poly? Elle en doute elle même... Elle essaye de mettre un sens sur ce qu'elle vit et n'y parvient pas. Elle est totalement perdue, elle plonge... et moi de même. Pourtant, ni elle ni moi n'envisageons de vivre l'un sans l'autre. Nous nous aimons comme des fous. Elle même n'imagine pas un seul instant vivre avec lui, avec une conviction très forte.
J'ai parfois le sentiment que ce qu'elle vit est plutôt une forme de reconnaissance très forte pour ce gars qui lui a permis de s'épanouir sur le plan professionnel, après des années (20!) d'investissement ailleurs sans véritable reconnaissance. Aujourd'hui, elle peut mettre en place tous les projets qu'elle désire, pratiquement sans limite. Elle part...elle perd tout cela!

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Chrisa

le vendredi 28 septembre 2018 à 14h55

Et merci Isard, pour cet avis qui sort effectivement des sentiers battus ici et qui donne une place à celui qui "subit" le poly...

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bonheur

le vendredi 28 septembre 2018 à 15h05

Bonjour Isard,

L'amour a ce don en effet, de me rendre aussi malheureuse. Quand je suis malheureuse, j'assume, mais oui, je rayonne beaucoup moins, voir peu. Mon mari est présent, comme le serait n'importe quel vrai ami. Il me sert dans ses bras, comprend et reconnais ma détresse.

Quand je souffre, ma souffrance est mienne. Mes émotions m'appartiennent avant tout et c'est à moi de m'assumer suivant qui je suis. Dire que l'on n'a pas besoin des autres, serait faux. Par contre, ce n'est pas le rôle des autres, y compris s'ils sont le déclencheur émotionnel, de prendre en charge à ma place ce que je ressens intérieurement.

On ne s'habitue pas à la souffrance. Si c'est le cas, c'est mauvais. La souffrance est passagère souvent. Si mon mari était en souffrance depuis maintenant 11 ans, j'aurai demandé le divorce. Par contre lui, mais pour lui. Il est hors de question que mon bonheur soit le fruit du malheur d'autrui. Dans ce cas, il vaut mieux offrir à l'autre l'opportunité d'évoluer et de vivre sans nous.

D'ailleurs, la souffrance, le poly la vit souvent aussi. Le poly n'est pas le méchant (e) qui se moque du ressenti d'autrui. Si c'est le cas, il n'est à mes yeux pas poly. Mon état d'âme est entre mes mains, bien que balloter au gré des évènements et des rencontres. C'est valable pour chacun-e.

L'honnêteté est une base. Elle n'implique pas qu'un couple traditionnel arrivera à évoluer en couple mono-poly heureux. Elle implique que l'on ne ment pas, que l'on ne triche pas et que l'on considère l'autre, les autres, comme acteurs de leurs vies personnelles et surtout intérieure.

Je n'ai pris aucun plaisir à voir mon mari anéanti par mon annonce, vraiment aucun. Le laisser à des rêves et faire dans son dos aurait été plus sain ? Le laisser seul face à ses ressentis, sans me préoccuper de lui ? Divorcer, alors que c'était sa plus grande peur ?

Un couple mono-poly développe une symbiose parfaitement homogène : un libre arbitre qui place l'individu devant son avenir.

Imposer. Si je ne suis pas poly, je ne suis pas fidèle à moi-même (voir autre fil de discussion en cours). Si je me range dans la norme... car la monogamie est imposée (ça oui) de part sa place implicite qu'elle occupe dans nos rapports humains dans notre pays.

D'ailleurs, aujourd'hui, je dis à mes enfants, enfin mes jeunes adultes, qu'ils ne sont pas obligé de suivre cet implicite et qu'ils peuvent créer leur propre monde.

Mon mari veut vivre au côté d'une personne vivante et mon bonheur est mon état général. Même quand je souffre de peines de coeur, mon bonheur est là. C'est justement mon mari qui en est la source. Son amour inconditionnel et le mien se rejoignent (j'espère, je ne suis pas en lui). Si un jour je doute de cela, je divorcerai.

Je suis parfaitement capable de vivre seule. Mon mari aussi. Si on reste sous le même toit, c'est parce que l'on y vit heureux. Si l'on y reçoit, sous ce toit commun, des personnes dont je suis amoureuse, c'est toujours en concertation ET ce n'est pas une obligation.

Une transition mono-poly c'est une déconstruction commune et une nouvelle construction dans une dynamique commune, une volonté commune d'être fidèle à soi, avec l'autre.

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bonheur

le vendredi 28 septembre 2018 à 15h17

@Chrisa. Ta femme est dans une situation qui lui échappe. Elle subit une pression lié à ce travail et à ce positionnement professionnel. C'est ce que je comprend en tout cas. Tu es attentif et tu subis EGALEMENT.

Parfois, il faut faire des choix dans la vie. Parfois, il faut justement ne pas choisir. Là, dans l'équation, il y a la reconnaissance pro qui compte autant que l'homme qui est caché derrière.

Aussi, il y a la femme de ce patron. Tu dis qu'il s'est éloigné d'elle. Lui aussi, elle aussi, vivent avec une souffrance. Non ? S'ils avaient fait la démarche de vivre ensemble, c'était pas pour rien. Il y avait quelque chose au départ entre eux.

Le divorce est encore considéré comme tabou, bien que très répandu. Un divorce n'est pas un échec, mais une décision de ne pas continuer l'engagement pris. Et bien, on peut devenir poly et poursuivre cet engagement.

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Chrisa

le vendredi 28 septembre 2018 à 16h47

@bonheur
Le poly me semble une démarche bien plus complexe et plurielle que simplement un désir d'amour. Quels autres besoins doivent-ils être rencontrés?

Je ne cherche pas à être convaincu (le polyamour est une voie de secours dans certains cas, un choix de l'un ou l'autre dans d'autre...) mais à partager le vécu d'hommes qui sont passés par là. J'aimerais lire l'avis de ton mari...ou d'autres (car j'ai l'impression, à la lecture de ce site, que la démarche Poly est plus souvent celle de femmes que d'hommes). Tu parle de Poly-acceptant (ont-il vraiment eu le choix)... quid des poly-meurtris?
Je suppose que tout n'est pas rose et miel...

Je t'avoue que cela me choque lorsque je lis que tu aurais demandé le divorce (même pour lui) si ton mari eut été en souffrance depuis 11 ans. Je ressens cela comme: moi je choisi ma voie car je dois être fidèle à moi-même; tu me suis, tant mieux; tu ne me suis pas, tant pis!

Dans la position où je me trouve pour le moment (et je dis bien dans la situation où je me trouve pour le moment), je ressens cela comme de l'égoïsme (ou de l'égocentrisme)... Et c'est très dévalorisant. Pour un homme, être fidèle à soi même ne vaut pas moins (ni plus d'ailleurs) que pour une femme.
Je cherche donc à comprendre ce que tout cela signifie...
Merci.

Message modifié par son auteur il y a un an.

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bidibidibidi

le vendredi 28 septembre 2018 à 17h01

Chrisa
Je t'avoue que cela me choque lorsque je lis que tu aurais demandé le divorce (même pour lui) si ton mari eut été en souffrance depuis 11 ans. Je ressens cela comme: moi je choisi ma voie car je dois être fidèle à moi-même; tu me suis, tant mieux; tu ne me suis pas, tant pis!

C'est marrant, parce que, personnellement, je trouve que c'est la manière la plus légitime et propre de gérer ça. Si la vie avec ton conjoint devient invivable parce que vous avez évolué dans des directions différentes, la séparation est la meilleure chose à faire. Le couple inséparable part du principe que les gens dans le couple n'évoluent pas, c'est une vision mortifère du couple, et c'est clairement pas ce que je souhaite à ma/mes compagnes. J'ai envie qu'elles s'épanouissent, en sachant que ce qu'elles sont aujourd'hui n'est pas ce qu'elles étaient hier et donc qu'elles seront encore autre chose demain. Si je peux accepter cet autre chose, alors nous continuerons notre bonhomme de chemin ensemble, sinon, nous devrons nous séparer. Mais ce qui est sûr, c'est que ce sera pour le mieux, vu que j'aurais pu les accompagner sur leur chemin, les aider à évoluer. C'est ça l'amour, non ?
Et j'attends la même chose de leur part :-)
Je ne me sacrifierai pas par amour, ce serait contraire à mon bonheur et donc au leur.

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Chrisa

le vendredi 28 septembre 2018 à 18h09

Marrant, je ne sais pas...
Bonjour, d'abord.
Es-tu le mari de @bonheur?
Et si oui, as-tu réussi à penser de la sorte dès que tu as été confronté à son choix de vie?
Ce qui m'intéresse, c'est le cheminement. Avant le moment où tu es devenu poly-acceptant...

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TrioBulle

le vendredi 28 septembre 2018 à 22h50

Bonjour Chrisa,

Je ne peux t'apporter que mon vécu, qui encore une fois (mais c'est logique parce qu'on est sur un forum Polyamour) est plutôt du côté de ta femme.

Chez nous c'est parti du libertinage, qui était une idée commune mais plutôt amenée par Monsieur mon mari. On a fait une rencontre et... entre celui qui est mon Lutin depuis 2 ans et demi et moi, les sentiments sont arrivés assez tôt. Quand j'ai voulu en parler à mon époux, cela a été assez difficile parce qu'il ne voulait pas entendre mes mots. Il avait aussi beaucoup d'amitié pour cet homme et quand je parlais de sentiments, il me disait que lui aussi avait des sentiments. Au fur et à mesure des discussions, il a compris que c'était plus fort et l'a accepté. Et puis, à un moment, mon Lutin et moi avons eu envie de nous voir seulement tous les deux. Mon mari n'était pas d'accord. On en arrive donc à la phase critique. S'il n'acceptait pas, j'étais malheureuse et lui pas plus heureux ; s'il acceptait, j'étais heureuse et lui avait peur d'être malheureux et peur d'être abandonné. Finalement, j'ai attendu que l'idée fasse sont chemin chez lui, on m'a dit qu'il fallait avancé au rythme du plus lent, à condition qu'il fasse l'effort d'y penser. Il a finalement accepté, avec effectivement une grosse appréhension la première fois et puis... Il n'a pas été plus malheureux et j'ai été plus rayonnante comme dit Bonheur ! Contrairement au mari de Bonheur, le mien ne s'est pas dit qu'il était juste poly acceptant et mono, il s'est dit qu'il laissait des portes ouvertes et il a trouvé lui aussi une autre "compagnie"...

Donc que te dire ? Que si tu acceptes en étant trop malheureux, c'est pas gagné pour que ça fonctionne. Donc je te répète, et il faut aussi le dire à ton épouse et à votre thérapeute, qu'il faut aller lentement et prendre le temps de réfléchir, de déconstruire les codes et les normes...

Je vous souhaite d'y arriver.

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TrioBulle

le vendredi 28 septembre 2018 à 22h51

Bonjour Chrisa,

Je ne peux t'apporter que mon vécu, qui encore une fois (mais c'est logique parce qu'on est sur un forum Polyamour) est plutôt du côté de ta femme.

Chez nous c'est parti du libertinage, qui était une idée commune mais plutôt amenée par Monsieur mon mari. On a fait une rencontre et... entre celui qui est mon Lutin depuis 2 ans et demi et moi, les sentiments sont arrivés assez tôt. Quand j'ai voulu en parler à mon époux, cela a été assez difficile parce qu'il ne voulait pas entendre mes mots. Il avait aussi beaucoup d'amitié pour cet homme et quand je parlais de sentiments, il me disait que lui aussi avait des sentiments. Au fur et à mesure des discussions, il a compris que c'était plus fort et l'a accepté. Et puis, à un moment, mon Lutin et moi avons eu envie de nous voir seulement tous les deux. Mon mari n'était pas d'accord. On en arrive donc à la phase critique. S'il n'acceptait pas, j'étais malheureuse et lui pas plus heureux ; s'il acceptait, j'étais heureuse et lui avait peur d'être malheureux et peur d'être abandonné. Finalement, j'ai attendu que l'idée fasse sont chemin chez lui, on m'a dit qu'il fallait avancé au rythme du plus lent, à condition qu'il fasse l'effort d'y penser. Il a finalement accepté, avec effectivement une grosse appréhension la première fois et puis... Il n'a pas été plus malheureux et j'ai été plus rayonnante comme dit Bonheur ! Contrairement au mari de Bonheur, le mien ne s'est pas dit qu'il était juste poly acceptant et mono, il s'est dit qu'il laissait des portes ouvertes et il a trouvé lui aussi une autre "compagnie"...

Donc que te dire ? Que si tu acceptes en étant trop malheureux, c'est pas gagné pour que ça fonctionne. Donc je te répète, et il faut aussi le dire à ton épouse et à votre thérapeute, qu'il faut aller lentement et prendre le temps de réfléchir, de déconstruire les codes et les normes...

Je vous souhaite d'y arriver.

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bonheur

le vendredi 28 septembre 2018 à 23h08

Non, bidi... n'est pas mon mari (ou alors il me le cache). Bidi me connait bien à force de me lire, ici ou en mail personnel que nous avons pu échanger parfois.

Mon mari n'intervient pas sur ce site. Il lit parfois. Il est très introverti et réservé. Sa vie, il la considère comme basique et ne pense pas que son opinion puisse avoir un quelconque intérêt.

Si tu lis mon premier post, Chrisa, je n'ai à la base fait aucun choix... Je me suis mariée sans me poser de question quand à mon avenir et c'est seulement au bout de 18 ans de mariage que j'ai été chamboulée par une émotion qui m'a dépassée. Mon mari ne m'a pas demandé de faire "machine arrière" car il découvrait alors une femme plus belle, plus épanouie, plus merveilleuse et sans que j'en sois moins aimante dans notre couple. C'est la vie qui a choisi, mais pas moi qui est choisi ma vie. Juste, je suis ainsi et c'est ce qui me convient. Ce n'est pas intellectuel, c'est émotionnel. Depuis, j'ai ouvert mon coeur, au lieu de le fermer à une exclusivité. Mon mari m'a accompagné sur cette découverte de moi et a découvert aussi beaucoup sur lui-même. Je suis. Il est. Nous sommes différents mais en parfaite harmonie. Là où tu considère un affront de l'un envers l'autre n'en n'est pas un.

Et oui, je réaffirme que s'il est malheureux, qu'il subit, je préfère le savoir et qu'il refasse sa vie sans moi. Certes, je n'imagine pas ma vie sans lui, car j'aime cette vie et je l'aime lui. Mais mon bonheur qui s'abreuverait de sa souffrance, ça non. Plutôt plus rien du tout ! C'est en cela, que oui, je divorcerais plutôt que d'imposer. Je ne suis pas et ne serais plus jamais la femme d'avant. Je connais mon mari (je préfère en fait chéri de vie, ça correspond mieux désormais) depuis toute petite. Il m'avait connu souvent amoureuse avant que nous tombions dans les bras l'un de l'autre.J'ai passé mon enfance et mon adolescence à me faire cataloguer de ce que je n'étais pas. Ce ne fut pas une découverte mais une redécouverte.

Mon chéri est quelqu'un de simple. Nous ne nous ressemblons pas du tout... et nous nous complétons tellement. Il ne débattra pas, sauf parfois dans les évènements polys auxquels nous assistons (et nos jeunes avec nous).

Le cheminement ? Il se fait petit à petit, main dans la main, chacun-e avec ses possibilités. Il n'y a pas une recette miracle, mais des "recettes" individuelles. Avec mon chéri, nous avions inventé un jeu et l'humour avait pris une place dans les débats. Au sein tout particulièrement de ce qui faisait mal. Jamais nous n'avions vraiment communiqués sur nous (pourquoi faire, puisque nous étions "normaux", il n'y avait rien à dire de spécial) et jamais nous ne nous étions autant rapprochés.

Le chemin est celui que l'on suit ensemble. Je redis, une dynamique commune avec une réinvention du commun. Admettre que non, ce ne sera plus l'implicite, le tout venant, le basique...

Il est tard, je ne sais que dire de plus. Bidi a raison, un devenir ne doit pas se construire dans le figé. Je me reconnais également dans le portrait qu'il fait.

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bonheur

le vendredi 28 septembre 2018 à 23h14

Coucou TrioBulle ! Nous avons posté simultanément :-D

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