Merci Françoise de me défendre.
Effectivement, il s'agit d'une scène symbolique que j'intégrerai certainement en fin de film pour résumer un besoin de tendresse, d'ouverture, de sensualité... dans une société qui aime nous enfermer dans des normes (n'ayant pas encore tous les éléments et intervenants je ne peux vous dire exactement aujourd'hui comment cette séquence apparaît).
J'en ai besoin car le sujet est très difficile à mettre en images. D'autant plus que les témoins sont très rares (par "témoins" j'entends les personnes polyamoureuses qui acceptent de parler de leur mode de vie et aussi montrer de quelle façon elles vivent avec leurs ami(e)s - même masqué(e)s).
Je comprends les craintes et les réticences de chacun et je ne force personne. Mais je ne veux pas d'un film bavard qui alignerait les interviews devant un bureau ou une bibliothèque et ne donnerait la parole qu'aux experts : les psy, les sociologues, les coach, etc.
De toute façon, le film ne serait pas accepté : on pourrait me rétorquer que "si il n'y a pas de témoins, c'est que ces personnes n'assument pas, ou mentent, ou qu'il s'agit d'un faux sujet dans le sens où il ne concerne qu'une minuscule minorité de personnes qui se cherchent" (selon quelques uns autour de moi).
Et ce n'est pas du tout le message que nous souhaitons faire passer, n'est-ce-pas ? !
Parce ce que l'illustration de la vie quotidienne a bien plus de force qu'une interview, l'idéal serait de pouvoir mettre en avant trois histoires d'hommes et de femmes qui vivent diverses facettes du polyamour et me permettraient de les filmer lors d'activités, de rencontres avec leurs ami(e)s), etc.
Quand je filme quelqu'un je lui propose "un séquencier", c'est à dire de le filmer dans certains lieux, lors de certaines actions qui illustrent son propos... C'est un travail de coopération, si le participant n'est pas à l'aise dans une séquence ou que cela ne correspond pas à sa réalité, on se met d'accord sur d'autres façons de filmer.
Rédiger un article requiert beaucoup moins de temps, d'énergie, d'implication, de matière... qu'un film de 52 min (au moins 4 mois de travail pour celui-ci depuis l'enquête jusqu'au montage).
C'est vrai, il y a énormément de merdes à la TV qui donnent envie de cracher sur le meuble et inspirent la méfiance envers les journalistes. Même à moi, parfois...
Croyez-moi, les émissions et reportages les moins passionnants (pour ne pas dire les plus mauvais) sont souvent plus faciles à monter (et plus rémunérateurs) !
J'ai proposé ce film. Je le porte de mon mieux.
Je dois le terminer mi juin... Ceux qui sont tentés par l'aventure peuvent encore me contacter !
Merci,
Jessica