Polyamour.info

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(France)

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Discussion : Nesting partner, ma relation a du mal à franchir les portes de notre maison.

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lam

le jeudi 16 novembre 2017 à 21h17

Salut, ça m'évoque des choses vécues. Pour moi ça s'est arrangé quand j'ai compris que j'étais vraiment hypersensible. Du coup j'habite avec des gens mais pas avec des amantes au quotidien, et ça va beaucoup mieux.

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Discussion : Y a-t-il asymétrie entre femmes & hommes dans le polyamour ?

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lam

le mardi 15 septembre 2015 à 09h48

Salut.
Pour moi la réponse est "oui". Comme il a y asymétrie entre les femmes et les hommes socialement, il y a donc asymétrie dans le polyamour. Une asymétrie qui se retrouve partout, par exemple dans l'homosexualité, dans les facteurs de mortalité et de violence, dans la taches reproductives domestiques...

Le truc intéressant à mon avis c'est "pourquoi donc y-a-t-il asymétrie et comment se manifeste-t-elle dans le polyamour-hétérosexuel?"
et là le premier truc qui me vient en tête c'est la différence de socialisation à la sexualité entre les femmes et les hommes. C'est pas pareil ton rapport au sexe et à ton corps quand on t'explique que:
- tu es une proie et que tu dois être vertueuse (pas baiser n'importe qui n'importe comment) mais quand même être jolie à regarder et féminine
- ou que tu as des besoins irrépressibles d'avoir une activité sexuelle à cause de ton niveau interne de testostérone supérieur à celui des femmes, et que en fait elles sont prudes en apparence mais tu te questionnes sur le fait que peut-être qu'elles mentent puisque tu as déjà vu des chaudasses dans les films porno, en fait ptêt que quand elles disent "non" ça veut dire "oui"?

Ne pas oublier que les femmes jouissent beaucoup moins que les hommes et qu'il leur arrive souvent de simuler le fait d'avoir un orgasme. Le bilan de la contrainte à l'hétérosexualité n'est pas en faveur des femmes. Je pense que l'asymétrie entre femmes et hommes dans le polyamour ne peut vraiment pas être résumée à "c'est plus facile pour les femmes de trouver des partenaires..."

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Discussion : Et merde aux archétypes genrés

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lam

le jeudi 25 juin 2015 à 08h16

@ lulutine, siestacorta, littlejohn, evavita...
coucou! ca faisait longtemps. coolde voir que cet espace est toujours habité de questionnements et de bienveillance.

Et courage! le chemin vers le bonheur il parait que ça prend toute la vie et que ça demande grave de patience :-D

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Discussion : Et merde aux archétypes genrés

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lam

le jeudi 25 juin 2015 à 08h13

@ sharlin.

Salut :-)
y'a peu de ressources en français sur les personnes de genre non-binaire (c'est comme ça que je me défini, entre autres), si tu connais pas déjà y'a un article récent qui fait le point sur les outils de réseaux sociaux existants sur le site de l'ODT:
Les genres non-binaires sur Internet et Facebook

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Discussion : Et merde aux archétypes genrés

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lam

le jeudi 25 juin 2015 à 08h08

ScottBuckley
Merci lam (+) !

Eh bien c'est à creuser : disons que j'aimerais qu'on me considère en premier lieu comme un être humain (AVANT d'être considéré comme ' homme ' ) , cela éviterait parfois, notamment, des situations "par défaut" , des obligations sociales non-choisies, d'enseignements .

Ouais moi aussi. Sauf que non c'est pas possible on vit dans un monde genré. Alors si on veut remettre en question le système il faut accepter de jouer vaec ses codes pour les subvertir ou les faire exploser. Tant que t'auras assez de caractères sexuels secondaires (ex: pilosité, voix, maintien du corps, façon de prendre l'espace... etc.) qui sont percus comme masculin les gens te liront comme "homme". Après y'a moyen de subvertir mais devenir déviant-e ça veut dire lacher ses privilèges cisgenres.

A propos de privilèges si ca intéresse certain-e-s:

Le privilège cissexuel - Julia Serano
Ce texte de Julia Serano constitue le chapitre 8 de son livre "Whipping girl, a transsexual woman on sexism and the scapegoating of femininity", paru en 2007. Il s’agit là de sa première édition publiée en français.

Message modifié par son auteur il y a 3 ans.

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Discussion : Et merde aux archétypes genrés

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lam

le mercredi 24 juin 2015 à 08h46

ScottBuckley
Merci pour cette intervention (+)

Mais alors du coup, comment exprimerait-t-on le fait d'être un homme mais ne se reconnaissant Pas à 100% dans les valeurs ou identités sociétales trop souvent associées aux hommes (domination masculine, portés sur l'adultère car "désirs iRRépressibles" , violents, etc.) , comment dirait-on ?

Non-cis-men ?
ou autrement ?


Message modifié par son auteur hier à 17h.

pour compléter mon intervention d'il y a 3 ans, le genre c'est multiparamètres: comment une personne se sent, se vit, comment elle est perçue par les autres en fonction de ses caractéristiques physiques, de son habillement...
Du coup si les personnes autour de toi te "lisent" comme homme la plupart du temps et que tu ne t'identifies pas avec une autre identité de genre tu ne peux pas dire "non-cis-men". Si à ta naissance on a dit "c'est un garçon" et qu'aujourd'hui tu t'identifies comme homme, tu es un homme cisgenre.
J'ai l'impression que ce que tu décris c'est plutôt de te sentir homme mais "non-macho". Donc peut-être que la définition que tu cherches devrait conteir le mot "homme" mais en rajouter d'autres pour expliquer ça?

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Discussion : Où sont les lutines ?

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lam

le lundi 19 mai 2014 à 15h51

salut, ça faisait longtemps.
je pense aussi que les dynamiques de séduction et de relations seraient différentes dans un monde sans rapport de domination entre les 'hommes' et les 'femmes'; j'ajoute, pour rappeler que tout le monde ille est pas forcément hétéro, ou loin de l'être strictement, que dans un tel monde la signification de ce que c'est "un homme" et "une femme" et l'hétéro-norme ambiante seraient/seront aussi affectés. Et ça ferait plein de potentiels possibles de relations en plus pour chacun-e ;-)

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Discussion : Forever loves

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lam

le lundi 20 janvier 2014 à 18h34

RobotEtourdi
Depuis quelques temps, je me demande si le diktat le plus impérieux issu de la norme en matière de relation amoureuse ne serait pas, non pas la monogamie, mais cette idée qu'une relation doit être durable.

Salut!

Je suis tout à fait d'accord avec le fait que c'est une norme de vouloir faire durer les relations. Après je ne jugerai pas en ordre de diktat croissant, sinon je risque fort de ne pas être d'accord et mettre l'hétéronormativité sur la 1ère marche.

Moi j'ai eu plusieurs relations où on s'est dit pour diverses raisons "on continue à s'aimer de manière platonique" et c'est super comme ça.
Pour moi c'est pas une histoire de "fini ou pas fini", c'est plutôt "quelle forme de relation qui nous convienne à toi et à moi en ce moment". Parce que comme beaucoup de gentes je n'arrête pas d'aimer des personnes juste parce que partager un certain type de relation devient impossible (car trop douloureux) à un moment donné.

Pour moi la contrainte que "ça dure" c'est comme la contrainte à la monogamie ou la contrainte à l'hétérosexualité: c'est à dire que cette contrainte m'emmerde (dans ma tête et dans celle des autres) parce qu'elle est si bien intégrée que c'est beaucoup de travail de la contrôler. Et après il faut encore trouver d'autres personnes à qui ça va de travailler là dessus pour pouvoir se faire une histoire ensemble sans trop se faire mal.

Ma manière de le gérer c'est de poser quand c'est le cas que c'est l'amour (et pas forcément le sexe) partagé avec une personne qui compte le plus pour moi.
Et que si les choses changent (dans les envies respectives de relation) eh ben moi je suis pas prête à sacrifier une belle relation d'amour juste parce que faire du sexe nous complexifie trop les choses. Ca m'a permis de garder de belles relations, des gentes avec qui on partage plein de truc même si on ne fait plus de sexe en ce moment (et avec qui je ne sais pas s'il ce sera de nouveau le cas un jour).
et c'est comme ça que je me suis dit comme RObotEtourdi "ben pourquoi faudrait-il toujours que ça dure longtemps?"

Il y a beaucoup de raisons pratiques à ce que les histoires d'amour-sexe durent. Par exemple souvent les gentes mélangent les personnes avec qui il y a une relation sexe-amour avec les personnes les plus proches, sur qui compter quand on est malade, déprimé, trop faible, moins valide, avec qui acheter une maison, avec qui faire des enfants...
Plus on mélange les engagements plus c'est complexe, me semble-t-il, de faire des relations courtes.
C'est pour ça que je passe beaucoup d'énergie à valoriser ce qui est partagé dans mes relations proches (platoniques ou non), à nommer les engagements, les habitudes qui émergent. Je trouve que je me sens mieux quand les mots sont posés sur les dépendances qui me lient à d'autres.

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Discussion : Comment sortir de la “friend zone” ?

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lam

le samedi 30 novembre 2013 à 11h00

Et plus généralement sur la Friend Zone je rejoins assez ce qui est dit par Lulutine, Marco et d'autres: il faudrait déjà être clair sur ce que l'on veut.


Sortir de la friend zone?
OK.
Mais pour aller où?

Si finalement c'est qu'on a a envie de partager plus de contact physique, du sexe, dans une relation où on en partage pas (ou peu), cela revient à travailler à être clair-e avec soi-même sur ses envies (facile à écrire mais c'est du taff!), et à apprendre à les communiquer.

Apprendre donc à faire des propositions cohérentes avec nos envies, oser les mettre en mots et vraiment écouter la/les réponse-s.

Pour il n'y a pas de problème de friend zone hors du cadre de "l'ascenceur" (cf. dernier post de Marco), juste des problèmes de communication (c'est à dire des problèmes d'expression et d'écoute: de soi à soi et entre deux altérités).

Message modifié par son auteur il y a 4 ans.

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Discussion : Comment sortir de la “friend zone” ?

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lam

le samedi 30 novembre 2013 à 10h39

GreenPixie
… Mais si jamais on reste trop peu nombreux/ses à se libérer de l’ensemble de ces peurs, durant le 21ème siècle, on restera une minorité à être plus ‘libres’, et on restera entouré par encore trop de personnes craintives, coincées dans la forteresse des «  peurs normales du siècle dernier ».

(...)

C’est comme s’exprimer autant que possible avec ‘une parole impeccable’ (pour citer l’auteur du livre «  Les 4 accords toltèques ») : si tu es l’un-e des trop rares à essayer de t’exprimer le plus justement possible, sans peur ni généralisation, mais qu’autour de toi pour la plupart des autres personnes ce n’est pas le cas, et bien tes paroles risquent d’être mal comprises, et de t’isoler.

Je te rejoins sur le fait que si on veut, en tant que poly, que le monde nous soit plus agréable, c'est à nous de sortir et de montrer qu'on existe. Par contre je ne me permettrai pas de juger les personnes que tu appelles "trop craintives", c'est pas si simple de s'assumer hors normes.
J'avoue que ton témoignage me touche, et me fait sourire en même temps.

J'ai l'impression (mais je me trompe peut-être?) que d'être out en tant que poly est l'une des premières catégories de l'ordre de l'intime (je ne parle pas de consommation alterno, hein) où tu sors de la norme.
Oui on est seul-e en sortant de la norme, non les autres ne nous comprennent pas toujours, non le monde ne va pas muter pour s'ajuster à nos dernières prises de conscience.
Et il va falloir vivre avec notre différence dans un monde où la norme (comprendre l'écrasante majorité et l'imaginaire collectif) n'est pas de notre coté.

Cette impression me vient du fait que ce que tu décris: être isolée et mal comprise, moi je le ressens au quotidien mais pas seulement au niveau poly de mon identité mais aussi et surtout :
- d'être vue/lue socialement comme une femme dans un monde aux valeurs positives associées au masculin
- de vivre dans un monde normativement hétéro et d'y être lesbienne
- de ne pas être conforme à mon genre associé "féminin", de me sentir et d'avoir l'air cyborg au milieu de la dichotomie féminin/masculin
- de ne pas avoir de relation affectivo-sexuelle ni exclusive, ni de type couple, ni type central.

Et je suis out auprès de mon entourage sur tous ces sujets, et je porte haut certaines de ces "a-normalités" dans des contextes plus distendus comme l'activité professionnelle.

C'est pas de tout repos, hein.
Après pour m'aider j'ai entre autres plein de privilèges: être blanche, éduquée, classe moyenne, avoir des papiers d'une grande puissance occidentale, pouvoir disposer de ma fertilité....

Tout ça pour dire que je trouve super que le polyamour donne l'occasion à des personnes assez privilégiées et dominantes sur d'autres champs du social, qui n'ont pas forcément eu l'occasion d'expérimenter ce que c'est que d'être hors-norme au niveau intime, de le faire.

Attention pour autant au fait de penser en termes de "nous" et "elleux", avec "nous" qui serait libéré et lucide et "elleux" qui serait craintives et coincé-e-s dans des normes.
Pas de souci, ne nous affolons pas, le "nous" dégouline aussi les normes.

GreenPixie
Et donc ce qui me pose problème, c’est : comment faire évoluer l’ensemble de ses relations (les plus proches, pour commencer), par rapport à Tout cela, comment faire bouger les lignes, les frontières (ce qui n’est pas une mince affaire, j’en conviens).

Ben y'a du boulot! Ce qui n'empêche pas de commencer et fêter ses ptites victoires.
Pour moi,
--> ça commence par se créer des cadres de confiance où arriver à être out et à l'aise. Puis à élargir ces cadres.
--> Ca implique ce travail de ne pas porter la gène des autres. Répondre à leurs questions sur ma/mes différences OK, mais sans tomber dans la justification qui décrédibilise. Si illes sont mal à l'aise cela leur appartient, je peux le comprendre et interagir avec bienveillance, sans pour autant m'excuser de leur gène.

--> Sortir de la norme est douloureux pour tou-te-s, c'est pour ça qu'il y a besoin d'allié-e-s et d'espaces de confiance, pour s'appuyer mais le boulot est surtout personnel à mon avis.

--> c'est un chemin, et pour ne pas désespérer de ne pas avoir modifié la société dans son ensemble, c'est important de se fixer des objectifs atteignables, et qui concernent un terrain sur lequel je peux agir: moi (et pas "les autres")

GreenPixie

… Mais si jamais on reste trop peu nombreux/ses à se libérer de l’ensemble de ces peurs, durant le 21ème siècle, on restera une minorité à être plus ‘libres’, et on restera entouré par encore trop de personnes craintives, coincées dans la forteresse des « peurs normales du siècle dernier ».

Et donc, pour répondre à ta question, LuLutine, c’est bel et bien sur ma mentalité & mes ressentis que j’ai d’abord souhaité agir, dans un 1er temps, mais à présent, dans un 2nd temps, il s’agit aussi de titiller et de questionner les mentalités & les ressentis des autres cercles de personnes qui m’entourent : mes ami-es (qu’illes soient ‘polys’ ou ‘monos’ ou autre et sans étiquette), mes connaissances, ma famille, sans compter Toutes les nouvelles personnes que je croise chaque jour, dans le milieu professionnel, dans des loisirs, au ciné, au café du coin, dans des soirées entre ami-es avec cercle élargi…

--> Changer les autres? peut-être, par effet rebond.
Changer les autres directement me parait impossible. En tout cas je ne laisse pas les autres faire ça avec moi (ce qui n'empêche pas d'être polie, comme à l'instant avec les témoins de jéhova qui viennent de sonner chez moi)

Les personnes qui me touchent le plus sont celles qui essaient d'être vraies et honnêtes vis à vis d'elles-même. Je ne "change" pas au contact des autres à moins que notre interaction vienne justement appuyer sur un point où je me questionne, où je cherche, où évoluer m'intrigue. Comme je ne peux connaitre ces points là pour les autres, autant essayer d'être honnête avec moi et de laisser venir les échanges, et de voir ce qui se passe ensuite dans différentes interactions avec autrui.
De toute façon je ne serai jamais un-e prophète pour les autres, au mieux mon altérité peut les faire réagir et non rester indifférent-e-s mais je ne contrôlerai jamais le pourquoi, le comment et la direction de cette réaction.
Donc vis-à-vis des autres je pense que j'agis déjà en osant être moi.

Message modifié par son auteur il y a 4 ans.

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Discussion : Conférence : peut-on être femme et polyamoureuse ?

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lam

le vendredi 29 novembre 2013 à 13h57

Alors je ne trouve pas la description de l'évènement, et je trouve que le titre mérite un éclaircissement par que sec comme ça... perso ça me fait plutôt peur.
C'est quoi "être femme"?

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Discussion : De la culture du viol à la culture du consentement

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lam

le lundi 18 novembre 2013 à 10h29

Pour changer de Causette, (journal que je lis parfois quand je tombe dessus, qui a le mérite d'exister mais qui ne m'intéresse pas tant que ça en termes d'articles et de fond, ni des perspectives qu'il se donne), je recommande la découverte, la lecture et le soutien à Timult.
et en particulier, pour rester dans le sujet de la prostitution choisie/subie, la lecture du petit dossier "faire le bordel" du n°3 (qui est téléchargeable en .pdf car épuisé en papier)

Timult n°3, page 30
Le travail du sexe et les perspectives de lutte qui s’y déploient. Face à l’État, ses velléités fiscales, morales et policières, que veulent les putes ?
quelques-unes d’entre elles fouillent ici les perspectives et les contraintes qu’elles trouvent dans l’exercice de leur métier. D’abord par une histoire très concrète de solidarité, ensuite par une analyse détaillée du projet de réouverture des maisons closes et des moyens de ne pas s’y laisser piéger..

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Discussion : De la culture du viol à la culture du consentement

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lam

le mardi 12 novembre 2013 à 11h43

Bon je pensais avoir clairement dit que je suis globalement d'accord avec ce que tu dis, ce n'est pas toi mais un point précis de discours qui me donne la nausée (que j'ai peut-être mal compris), et je vais préciser ce qui me pose problème en surlignant en gras:

RIP
Le rôle de dominant n'est qu'à peine moins désagréable que le rôle de dominé. Pas besoin de lauriers pour avoir envie d'en sortir. Pour caricaturer les rapports dominants-dominés, pour nombres de personnes - peu importe leur genre - le rôle de bourreau n'est pas plus enviable que celui de victime.

RIP
La domination masculine fait de moins en moins d'adeptes chez les hommes. (Il y a même des traces d'humour qui tournent en dérision la phallocratie comme une forme de pouvoir belliqueux et stérile jusque dans l'antiquité.) Si elles le veulent, les femmes peuvent le voir. Elles le peuvent justement parce que nombres d'hommes qui ne se reconnaissant pas dans une condition masculine sous le signe de la domination le rend possible. La question est de savoir si elles le veulent, c'est ce qui s'appelle un choix d'interprétation et, en l'occurrence, un choix rendu possible par une condition masculine qui change.

Là je dis que je ne suis pas d'accord et que non c'est pas grâce aux hommes pas machos que les femmes se rendent compte qu'elles sont opprimées par la domination masculine.
Je ne suis pas d'accord non plus pour comparer les rôles dominants dominés et dire que ce serait proche, comparable, qu'il y aurait des motivations similaires pour essayer de sortir du rapport de domination.

Bien sur c'est pas confortable pour pas mal d'hommes non plus le patriarcat, mais en tant que personne dominante dans ce rapport de domination une personne vue comme homme jouit de privilèges différents et parfois invisibles à ses propres yeux.
Je dis simplement que dans la lutte pour abolir la domination masculine, hommes et femmes n'ont pas la même chose à gagner, ni les mêmes privilèges à perdre.
Et que si on parle de ces luttes aujourd'hui c'est bien parce que des personnes opprimées (historiquement plutôt des féministes et des femmes) se sont regroupées et ont politisé, revendiqué et lutté pour l'égalité. Et c'est grâce à elles que des hommes pas machos commencent à voir que eux aussi ont des choses à gagner et pas seulement à perdre en agissant contre la domination masculine.

J'espère que mon propos est plus clair, je pense qu'en gros on est pas d'accord sur une question d'oeuf et de poule: ce n'est pas grâce aux hommes qui réfléchissent sur la domination masculine que les femmes peuvent se poser des questions et changer, mais à mon avis grâce aux mouvements féministes et à leurs avancées que femmes et hommes commencent à se questionner constructivement sur leur rôle dans tout ça.

Voilà, ce qui me donne la nausée c'est d'imaginer qu'il est possible de penser que des personnes dominantes puissent seules mettre au jours leurs privilèges et lutter contre, et que cela permette aux personnes dominées de prendre conscience de leur aliénation.
C'est contraire avec tout ce que j'observe.
Donc c'est peut-être pas ça que tu voulais dire (?), mais comme ça mon point de vue est clarifié.

Effectivement je pense aussi qu'il faut arriver à voir les progrès que l'on fait en luttant contre la domination masculine. Par contre je trouve important de ne pas perdre de vue les 2 à 3 femmes qui meurent chaque semaine sous les coups de leur conjoint, ou les 7 à 8 viols par heure en moyenne, ou le temps moyen qu'un père passe aux tâches reproductive (qui n'a augmenté de que 15 minutes/semaine en 30 ans), parce que la réalité sociale c'est ça aujourd'hui.
Je vraiment toujours intéressée par des études qui montrent les progrès réalisés.

Je ne connais pas une seule amie dans entourage qui n'ai pas déjà vécu un rapport sexuel non consenti.
Donc je ne cherche pas à grincher mais à être réaliste. Et tant que de telles inégalités existent je ne vais pas me forcer à être optimiste.

Si vous ne voyez pas de quoi je parle et que vous êtes intéressé-e par une liste des privilèges masculins en voici une en anglais: the male privilege checklist et une en français: "profites-tu de privilèges masculins?"

Message modifié par son auteur il y a 4 ans.

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Discussion : De la culture du viol à la culture du consentement

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lam

le lundi 11 novembre 2013 à 08h58

RIP
La domination masculine fait de moins en moins d'adeptes chez les hommes. (Il y a même des traces d'humour qui tournent en dérision la phallocratie comme une forme de pouvoir belliqueux et stérile jusque dans l'antiquité.) Si elles le veulent, les femmes peuvent le voir. Elles le peuvent justement parce que nombres d'hommes qui ne se reconnaissant pas dans une condition masculine sous le signe de la domination le rend possible. La question est de savoir si elles le veulent, c'est ce qui s'appelle un choix d'interprétation et, en l'occurrence, un choix rendu possible par une condition masculine qui change. Reste que ce choix ne m'appartient pas, je peux participer à rendre possible ce choix, je ne peux pas participer à le faire. Après, si je ne suis pas capable de reconnaître que nombres de femmes reconnaissent déjà ce changement quand elles n'y participent pas davantage, ...

Heuh, je suis globalement d'accord avec ce que je pense que tu essaie de dire, mais là vraiment c'est pas très clair et je voudrais préciser que:
- la domination masculine est une valeur structurelle de nos sociétés. L'idée est qu'elle formate toute le monde, et ce n'est pas forcément un choix conscient. On n'apprends pas aux gens à la voir et la combattre, cf. le dernier lien posté par Siesta.
Donc on ne peut pas dire que la domination masculine fait "moins d'adeptes chez les homme".
Dire que de plus en plus de gens la remettent en question pourquoi pas mais je voudrai bien des sources?

C'est pas parce qu'il y a des hommes (et heureusement!) qui essuient la table, ne coupent pas trop la parole, torchent les enfants et demandent avant de pénétrer leur compagne que la face du monde a changé.
Je pense qu'il ne faut pas généraliser les choses pour ne pas se planter. On peut dire "j'essaie de faire ça en tant qu'homme, c'est galère et je n'attends pas de lauriers" et c'est super (de dire et de partager) mais par contre dire "les hommes" "il y a " en généralisant c'est faux.
Quand tu dis que les femmes peuvent s'en rendre compte si elles le veulent et grâce aux hommes qui refusent la domination masculine... là franchement j'ai la nausée. Ce n'est pas seulement exagéré mais bien faux. Dans aucun rapport de domination les personnes en position dominante qui s'autosabotent à 100%. Bien qu'elles puissent refuser certains droits/privilèges par position idéologique, il y aura toujours les moments où ces personnes ne repèrent pas qu'elles bénéficient de privilèges, ça s'appelle l'aveuglement aux privilèges.

Donc non c'est pas grâce aux hommes pas macho que les femmes ont compris qu'elles n'aimaient pas être traitées en inférieures. et heureusement.

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Discussion : La fabrication artisanale des conforts affectifs

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lam

le jeudi 07 novembre 2013 à 21h44

Je trouve cette brochure super ;-) tant mieux qu'elle existe en pdf maintenant.

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Discussion : De la culture du viol à la culture du consentement

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lam

le jeudi 07 novembre 2013 à 21h36

pour moi en résumé la culture du consentement c'est "tout ce qui n'est pas 'oui' veut dire 'non'".

et ça ne veut pas dire parler sans arrêt pendant qu'on fait du sexe dans ses relations, c'est plutôt une attitude d'attention à l'autre (et à soi) où on cherche à vérifier le non-verbal et à clarifier verbalement si on a doute, à proposer explicitement une nouvelle pratique sexuelle sans "l'imposer" à l'autre. et ça peut carrément être un jeu chouette et pas forcément un sur-formalisme tue-l'amour.

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Discussion : De la culture du viol à la culture du consentement

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lam

le mercredi 30 octobre 2013 à 19h28

Green-Man-Outside
Ce qui ne signifie pas pour autant que je tienne ici un discours masculiniste (mort de rire), pro-viol, pro-battage d'épouse, pro-monogamie, pro-racisme, pro-église/mosquée/synagogue, anti-avortement ou que sais-je. Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit, cf. l'exemple du racisme anti-blancs que j'évoque plus haut. Il existe, le rappeler n'implique pas de promouvoir les autres racismes. D'ailleurs je suis d'accord avec ta citation de Desproges et je compte justement écrire un article sur le thème des "S" prochainement.

Pour répondre à la question, la réponse est dans mon premier post je ne te traite pas de masculiniste, je dis que tu tiens un discours qui l'est. Pas pareil.
Ton discours est par certains aspects masculiniste dans le sens où mettre sur un pied d'égalité les discriminations subies par les femmes (et personnes féminines) et les hommes (et personnes masculines) à cause de leur genre, revient à nier les rapports de domination structurels qui lient les deux genres.
Comme en mettant des S à 'sexisme' ou à 'racisme'.

Nier en l'occultant un rapport de domination ne l'élimine pas, malheureusement. Plutôt cela jette un trouble en focalisant sur des faits divers qui montrent que "hé y'a des fois des opprimé-e-s qui se laissent pas faire", "un-e opprimé-e peut être violent-e!", pour le rappeler et pour dire quoi d'autre finalement? Le problème est que le rappeler en insistant minimise l'existence et l'influence des rapports de pouvoir genré qui structurent globalement la société et ont des conséquences énormes, et mesurables, sur les femmes.

Bref.

Et sinon tu as feuilleté le guide d'autodéfense intellectuelle contre le masculinisme que j'ai posté en lien plus haut?

Sinon comme tu as l'air aussi intéressé par le racisme, je pense que la première partie de cet entretien vaut le détour. Christine Delphy y détaille les liens entre sexisme et racisme de la société actuelle.

Message modifié par son auteur il y a 4 ans.

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Discussion : De la culture du viol à la culture du consentement

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lam

le vendredi 25 octobre 2013 à 09h03

Cendre
Sinon, lam, je suis pas sure que les jeunes garçons soient plus accompagnés que ça pour ce qui est de la découverte de la sexualité. Ça dépend des milieux, bien sûr, et c'est pas un sujet où l'on accumule beaucoup de données. Mais quand même.
Et puis de toute manière, l'expérience de ma génération (trentenaire) est complètement obsolète : Internet a quand même mis une belle pagaille là dedans, dans ce qui est accessible ou ne l'est pas, pour les deux genres...

Salut, je ne parle pas d'accompagnement à la découverte de la sexualité ni d'éducation au sens strict, mais de socialisation à la sexualité.

Précisément: comment une personne se représente à elle-même la Sexualité. Comment elle voit son sexe, ses fantasmes, ses orgasmes, les rôles dans le sexe partagé, ...

Mon post précédent essaie de montrer qu'on a pas le même rapport à notre corps et notre sexe selon qu'on est socialisé-e comme homme ou comme femme. Mais ça va plus loin, par exemple:
- sur l'imaginaire sur quoi comment et combien on s'autorise à fantasmer par exemple, sur la manière et la facilité de (se) provoquer un orgasme, ...
- sur la manière de voir les rôles genrés vis à vis de la sexualité qui filtrent "en creux" ou "entre les lignes" des discours sociétaux ont des conséquences sur la manière dont une personne vit/vivra des interactions sexuelles.
En y réfléchissant j'ai même l'impression que tout est genré dans la socialisation à la sexualité: tout se décline en deux modes selon qu'on est assigné femme ou homme, et ces modes de socialisation sont complémentaires puisque la norme c'est l'hétérosexualité.

Et d'autant plus s'il n'y a pas ou peu de ressources (ce qui est à mon avis généralisable à travers les milieux sociaux), cette représentation se forme avec ce qui filtre à propos du sexe, à la fois dans le silence et dans ce qui est explicite: dans ce dont on ne parle pas et dans ce qu'on "voit": les autres humain-e-s, les films, les pubs, les clichés, ce qu'on lit ou ce dont on entend parler, à travers la famille, l'école .. Du coup malgré le peu de sources qui traitent directement de la sexualité et des interactions sexuelles, la socialisation à la sexualité se construit quand même et n'a pas forcément directement à voir avec le "degré d'éducation sexuelle" ou "d’accompagnement à la découverte de la sexualité".

et l'info directe - à part sur la réduction des risques - est souvent limitée à du porno pas trop progressiste, à des mauvais films où les couples baisent en 2 minutes où tout est centré sur "pénétration vaginale + éjaculation"

Pour résumer je dis juste que la socialisation à la sexualité est très genrée: très asymétrique entre les hommes et les femmes. Si il y avait besoin de s'en convaincre "scientifiquement", cela pour conséquence des réalités physiques et psychiques. Elles transparaissent dans l’asymétrie des statistiques genrées sur les fréquences de masturbation, le harcèlement sexuel, le viol et le viol conjugal, la connaissance de sa propre anatomie sexuelle, le degré d'adaptation aux désirs de l'autre partenaire, la comparaison de probabilité d'atteinte d'orgasmes via la masturbation ou via le sexe partagé... Je trouve que ces asymétries parlent d'elles-mêmes.

Et tout ça, plus la variabilité d'expression de chaque personne complexifie la compréhension (de soi et mutuelle), à mon avis ça rend d'autant plus nécessaire une réflexion et une pratique pour progresser dans la recherche du consentement.

Message modifié par son auteur il y a 4 ans.

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Discussion : De la culture du viol à la culture du consentement

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lam

le mardi 22 octobre 2013 à 14h57

Lunar
Une traduction d'un texte issu de Pervocracy sur la question. Ou comment passer du consentement «   à pile ou face  » à des pratiques actives d'écoutes et de demandes  :
https://lillydarma.wordpress.com/2012/03/05/rescen...

Je l'ai trouvé clair et article et j'aime bien le ton décontracté. Merci pour la traduction

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Discussion : De la culture du viol à la culture du consentement

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lam

le mardi 22 octobre 2013 à 14h53

tiens un petit passage d'un article de l'elfe me revient en mémoire, je trouve que ça colle à ta question Siesta sur le fond et la forme "avec exemples et langage quotidien" .

Poire le violeur : quand « séduire » devient « faire céder »
Mais au fond, pourquoi une femme se laisserait baiser alors qu’elle n’en a pas envie?

Parce que si des mecs considèrent qu’une fois qu’une inconnue a passé la porte de leur appartement elle leur doit du sexe, malheureusement l’inconnue en question a des chances de penser pareil, étant issue de la même société. Parce que c’est dans notre éducation à tous, et toutes. Et, après quelques résistances, finir par se laisser faire en se disant que ce sera plus vite fini si elle ne dit rien. Derrière un homme essayant d’obtenir du sexe d’une femme qui ne le désire pas, il y a toute une culture du viol. Une culture qui dit: le sexe est quelque chose que l’homme fait à la femme, et pas qui se partage entre eux.

Parce que (scoop!) le comportement humain n’est pas entièrement basé sur un libre arbitre absolu et s’exerçant hors de tout contexte social. Et non seulement nous (femmes et hommes) baignons depuis l’enfance dans une culture du viol, mais la manipulation vise justement à faire en sorte que quelqu’un fasse quelque chose même s’il n’en a pas envie.

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