Polyamour.info

Siestacorta

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Discussion : Polyamour et infidélité (encore !)

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Siestacorta

le mercredi 17 janvier 2018 à 02h40

aruspice
Bon, si c'est ce que vous avez voulu lire... dommage.

Bah oui, une perception partisane des questions honnêtes d'un simple quidam avide de connaissances.

Je vais panacher un peu ce qu'on trouve avec les questions :

aruspice

"cela résume bien une philosophie qui n'en est pas une mais simplement, et purement une recherche de plaisir individuel existentiel, à l'ère des droits sans obligations. "
(...)
"il faut des perdant-e-s pour cela...

Mais est-il possible d'y penser si cela vient freiner nos désirs ? Non, bien sûr ! "
(..)
" Aucun-e polyamoureux ou polyamoureuse ne s'avouera égoïste, bien sûr. Au contraire même, il ou elle instrumentalisera le plaisir que l'autre prend ailleurs comme un noble geste de liberté, voir de don...

Mais c'est en réalité, avant tout le plaisir d'avoir soi, pour soi, de multiples relations."
(..)
"tout ce que j'ai vu m'a paru pour l'instant des plus douteux dans le fond et cela m'interroge profondément sur les dérives accélérés de l'individualisme, et de la 'sauvagerie' sociale, utilitariste qui se développe, le plus souvent avec des discours un peu trop facile et séduisants. "
(..)
"N'y a-t-il pas là, surtout un individualisme exacerbé qui cherchent à profiter à chaque minute de la vie quitte à devoir en laisser certain-e-s, beaucoup sur le bas côté ? "
(...)
"de la voracité à vivre, si possible plusieurs à la fois, peu importe ce qu'il en coûte à d'autres... "

En moins de vingt-quatre heures entre le premier message et le plus récent, ya du level...

Je vais détourner un slogan : si ce genre d'affirmations et de jugements fait pour toi partie d'un questionnement qui ouvre sur une discussion, alors un coup de pelle dans la gueule, c'est du jardinage.

Message modifié par son auteur il y a 3 jours.

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Discussion : Polyamour et infidélité (encore !)

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Siestacorta

le mardi 16 janvier 2018 à 18h32

Camille_B
Vouliez parler de l'acide de votre bile ?

Vous ne décapez rien du tout, vous déclamez de grande généralités qui s'ancre exclusivement dans un sentiment d'injustice lié à votre obsession pour les mâles qui seraient "désavantagés sur le marché sexuel".

Le polyamour vous dérange car vous y voyez un microcosme de gens riches, intelligents et beaux qui cumuleraient les femmes et empêcheraient les autres d'y avoir accès.

Ce qui n'est pas vraiment le cas, mais je doute que vous me croyiez. Qu'importe.

J'appelle ça l'expression de son ressentiment, pas du "décapage d'incohérences".

Soutenu.

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Discussion : Polyamour, une forme d'égoïsme ?

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Siestacorta

le mardi 16 janvier 2018 à 18h25

aruspice


Aucun-e polyamoureux ou polyamoureuse ne s'avouera [égoïste], bien sûr.

Personne ne s'avouera totalement égoïste, c'est pas une question de modalité relationnelle. Mais dire que je pense à moi un peu plus souvent que je ne pense aux autres, j'y arrive très bien.

aruspice

Au contraire même, il ou elle instrumentalisera le plaisir que l'autre prend ailleurs comme un noble geste de liberté, voir de don...

Ou alors ils éprouvent une forme d'empathie.
Je sais pas si c'est "noble", mais considérer qu'on est libre à condition que l'autre soit libre aussi, c'est un égoïsme qui me parait tout à fait tolérable.

aruspice

Mais c'est en réalité, avant tout le plaisir d'avoir soi, pour soi, de multiples relations.

Un peu comme la monogamie c'est avant tout le plaisir d'avoir pour soi l'exclusivité de la relation ?

Message modifié par son auteur il y a 4 jours.

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Discussion : La question d'aborder

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Siestacorta

le mardi 16 janvier 2018 à 14h14

bidibidibidi

Au final, tu n'as pas plus d'info sur un site de rencontre. 90% des profils contiennent peu voire aucune information (quand ils sont seulement remplis, les nanas n'ayant pas besoin de description pour être abordées, donc beaucoup ne font même pas l'effort).

Par contre, l'info qu'on obtient directement sur le site de rencontre, c'est que la personne souhaite être abordée...

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Discussion : La question d'aborder

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Siestacorta

le mardi 16 janvier 2018 à 12h45

Je pense qu'on aurait moins de difficulté à discerner aborder-séduction, drague-harcèlement dans un pays où les comportements les plus balourds sont moins fréquents. Dans ce genre, j'ai eu des échos de Suède, d'Allemagne, du Québec...

En France, je pense qu'on doit assumer que nos approches ne se caractérisent pas seulement par nos bonnes intentions, bonnes manières et subtilités personnelles : notre comportement individuel s'inscrit dans l'ambiance générale de nos rues, et en ce qui concerne les rapports hommes-femmes, nos rues sont pas de purs espaces de liberté décomplexée pour tout le monde. Surtout vu sous l'angle d'un quotidien de quelqu'un qui peut être abordé plusieurs fois dans la journée.

Du coup, j'y vois un lieu de rencontre plutôt moins bon qu'un autre.

Message modifié par son auteur il y a 4 jours.

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Discussion : L'ego polyamoureux : en paix ou avide ? libre ou craintif ?

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Siestacorta

le jeudi 11 janvier 2018 à 22h27

[très gros edit de mon précédent post, qu'était écrit du pied gauche même si moi je voyais bien où je voulais en venir]

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Discussion : L'ego polyamoureux : en paix ou avide ? libre ou craintif ?

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Siestacorta

le jeudi 11 janvier 2018 à 09h31

Korial

Alors, est-il possible d'établir une gradation entre l'amour de plusieurs êtres et la contemplation aimante du tout ? L'ego polyamoureux est-il serein ou insatiable ? Cherche-t-il l'authenticité ou des rustines à la solitude ?

Polyamour, c'est plusieurs relations, et ça peut aussi vouloir dire plusieurs types de relations et de sentiments simultanément.
L'occasion de vivre à chaque fois quelque chose d'autre, pour plus de possibles, pour apprendre sur soi, les autres et les relations. Que ce soit en termes de vertus, d'émotions ou de corps, il s'agit pas d'empiler pour obtenir "plus", mais d'avoir plus d'occasions de connaître et comprendre, par amour, par désir, par attachement.

Caricaturalement, même si un polyamoureux se comportait avec avidité face à ses relations, il aura de grande chances de se retrouver en train de vivre autre chose... dont de la solitude ! Puisque les partenaires ne font pas leur emploi du temps en fonction des besoins de notre ego. Et ce résultat inattendu a autant de valeur d'apprentissage que l'appétit initial (soit dit en passant, la solitude peut être assez difficile à trouver dans l'encouplement traditionnel : les injonctions pour entretenir ce type de sentiment et de lien peuvent aussi être lues comme une forme d'avidité relationnelle impensée).

Bref, on découvre, selon les circonstances et les personnes, des qualités de relation dans la vie elle-même, qu'on aurait peut-être pas vécues autrement, plutôt que de devenir ou chercher un (des) Polyamoureux Parfait(s)™ , un (des) amoureux inspirés ultra ++... La quantité de relations n'est pas un carburant qu'on aspire, plutôt un moteur qu'on peut faire tourner en s'adaptant à la route. D'autres ont trouvé le moyen d'avancer avec un amour unique, d'autres n'avancent jamais... C'est pas le polyamour ou la monogamie ou la contemplation comme mieux universellement bénéfiques, qui compte, c'est trouver ce qui donne, à chaque flamme belle unique et fragile pour reprendre tes mots, le moyen de briller et chauffer. Faisons feu de tout bois !

Il y a une grande variété de recherches. On peut chercher de l'érotisme, du développement, de la profondeur, mûrir, de la sécurité... Tout ce que les gens cherchent dans les relations humaines, quoi, rien de plus ni de moins, à part le supplément de dialogues nécessaires pour faire avec plus d'Autres.

Je ne crois pas qu'on puisse mettre des gradations dans les attentes amoureuses, les besoins de chacun. On est faits différents les uns des autres ; certains viennent avec des besoins d'être rassurés, d'autres avec un besoin de donner d'eux-même, d'autres avec beaucoup de libido, d'autres en s'explorant, d'autres parce que la vie les a surpris... Et ça va sans doute changer dans le temps, avec l'âge, l'expérience, les occasions. Et on va s'aimer et se croiser avec des attentes différentes, et on va se lier quand même.

Pas de gradation, seulement ce qu'on a à explorer, ce qu'on trouve, et des gens, ni meilleurs ni pires que les autres. Si un poly se retrouve par la suite illuminé sur la Nature Authentique du Grand Bol de Soupe Cosmique, tant mieux pour lui... Mais une soupe pour deux ou trois, ça va aussi.

Message modifié par son auteur il y a 9 jours.

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Discussion : Conseil, mon copain est polyamoureux

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Siestacorta

le mercredi 10 janvier 2018 à 19h11

Hello.
Juste pour dire que même si tu es ici chez les poly, il faut reconnaître que ce genre d'annonce peut effectivement te perturber. Pas seulement parce que c'est pas ton mode de vie, mais aussi parce que c'est un changement par rapport à ce que vous viviez avant. Comme annoncer un déménagement, un enfant... C'est pas un petit truc, ça demande que vous vous accordiez ou décidiez que vous ne pourrez pas le faire.

Il y a beaucoup de ressources sur le site, je pense qu'en fouillant tu vas trouver du grain à moudre.

Je te propose cet article... Il déborde pas d'optimisme, et il parle plutôt de l'histoire de monos qui viennent de rencontrer un poly, mais il parle de quelques sujets à ne pas laisser planqués sous le tapis.

Sinon, un point, c'est qu'on ne se découvre pas vraiment polyamoureux... Enfin si, mais ça se fait rarement aussi vite que ça. C'est pas parce qu'on se retrouve capable d'aimer plusieurs personnes qu'on va se mettre au polyamour, puisqu'il y a plein de gens qui ressentent des choses et n'en feront rien, et d'autres qui mènent des relations en s'en cachant.

Pour savoir à quoi t'en tenir, l'important c'est de discuter... Il veut faire des rencontres, mais il a quelles attentes ? Qu'est ce qui l'a mené à employer le terme "polyamour" ? Est-ce qu'il sait que c'est pas juste quelque chose qu'il va faire en te laissant te débrouiller, mais que ça suppose ton accord ?

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Discussion : L'individualisme et le polyamour — La mauvaise influence

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Siestacorta

le lundi 08 janvier 2018 à 23h06

Disons que j'ai senti une empathie envers les personnes indépendantes, mais que la polarisation entre les deux postures est pas mal à charge. Le titre de l'article parle quand même de "mauvaise influence", c'est difficile de n'y voir qu'un léger rééquilibrage !

Le "own your feelings" de la Salope éthique, c'est pas "je suis pas concerné par les ressentis de l'autre", c'est "avant de voir ce qu'on peut faire ensemble, faisons la part des choses sur ce qui a eu lieu / ce qui a été ressenti".
Ce serait effectivement bizarre de ne tenter aucun aménagement ni de rien faire pour soutenir l'autre si dans le cadre de la non-exclusivité il passait par des ressentis jaloux.
Mais ce qui demande d'être "assumé", c'est de prendre conscience de l'investissement jaloux autant que de la situation qui l'a fait naitre. Parce qu'on peut être aussi douloureusement jaloux face à quelques textos que face à une nuit passée dehors, face à tel tiers avec qui on est moins à l'aise que face à tel autre qui fait vraiment des sales plans... La jalousie peut donc trop facilement ignorer le contexte, s'auto-légitimer indépendamment de la rudesse ou de la légèreté des évènements.
Faire des efforts pour consolider la relation quand on fait face aux changements climatiques poly, c'est nécessaire, c'est ce qu'on conseille à tous les poly, mais ça servira à rien si le ressenti, la réaction et la demande jalouse sont "absolutisées" et pas travaillées.

L'importance de "own your feelings", c'est que va à l'encontre de la perception monogame de la jalousie, où toute non-exclusivité est d'emblée vécu comme une trahison.
Mais le polyamour propose justement un autre engagement... Ca ne signifie pas que les peurs n'entrent plus en jeu, mais que d'une alerte émotionnelle semblable à celle vécue dans l'exclusivité, on est appelé à tirer des réactions, questionnements et demandes différents.
Les occasions où notre partenaire verra un tiers se renouvelleront, donc on ne peut pas en rester à "je ressens de la jalousie, j'ai donc le droit de te demander de ne pas vivre la non-exclusivité". Et encore, de demander, certes, d'exiger, non. L'autre prend une responsabilité de bien me traiter quand il voit que je souffre, mais ça ne m'enlève pas la responsabilité de m'occuper de ce qu'il ne peut faire évoluer à ma place, ma façon de réagir et d'apprendre de mon expérience.

Message modifié par son auteur il y a 11 jours.

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Discussion : Est-il polygame, dans sa façon d 'agir ?

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Siestacorta

le lundi 08 janvier 2018 à 18h37

Il papillonne, mais même en étant mono, un seul rendez-vous après contact sur site de rencontre, ça me semble pas non plus un comportement qui dit grand chose de sa façon de vivre les relations.
Vous avez décidé de vous rencontrer, vous vous êtes pas fiancés, quand même.
.
Après, tu as sans doute pas l'habitude de venir sur ce forum... Mais la polygamie, ça implique des mariages et dans la majorité des cas c'est un homme + x femmes. Le polyamour en revanche, ça implique "seulement" de déclarer à l'autre qu'on a ou peut avoir plusieurs relations simultanément, et c'est autant valable pour une femme que pour un homme...
Là pour l'instant ton crush il n'est dans aucun des deux cas, mais il y a peu d'experts en polygamie ici, c'est pas notre sujet...

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Discussion : Le polyamour, Le nouveau miracle au pouvoir dégraissant – Brigitte Vasallo

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Siestacorta

le lundi 08 janvier 2018 à 13h03

Merci !
J'ai dû le dire autrement ailleurs sur le forum : ni le polyamour ni la monogamie ne "fonctionnent", parce que les gens ne sont pas des piles.

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Discussion : L'individualisme et le polyamour — La mauvaise influence

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Siestacorta

le lundi 08 janvier 2018 à 12h58

Hm.
Ca réduit beaucoup l'individualisme au néo-libéralisme, au consumérisme, à une pensée libertarienne...
Il y a toute une façon de penser l'individualisme qui ne dit pas "moi d'abord et ensuite débrouillez-vous" mais plutôt "si je peux me connaître moi-même, j'ai une meilleure chance de respecter et aider l'autre, et si lui se connaît-lui-même, on pourra mieux prendre nos décisions communes".

Inversement, prôner l'altruisme comme "l'autre a généralement raison de me demander d'être solidaire", c'est plus une morale qu'une éthique. Le "bien" est défini par avance comme communautaire, l'indépendance serait non-seulement un refus du commun, mais un refus de toute contrainte et de toute responsabilité. Ce qui est faux, quelqu'un d'indépendant sait choisir les contraintes acceptables et même voir des contraintes fertiles. Au lieu de considérer sa responsabilité comme permanente, il la mesure pour savoir quand la prendre, quand la partager, quand elle n'est pas tenable.

Un individu qui a compris ce qu'est la vie en société et la place qu'il peut y tenir ne s'en coupe pas, il se donnele choix d'accepter des contrats avec elle, avec les gens. Contrats est un mot un peu fort, disons qu'il s'associe en connaissance de cause. Il s'engage, non pas parce qu'on a décidé pour lui que c'était "bien" (ou altruiste), mais parce qu'il l'a compris par lui-même, pour lui-même, et qu'il tient compte de ce que l'autre y trouve.

Je pense que si on ne prend pas sur soi cette responsabilité de faire la différence entre ce qui est bon pour soi et ce qui est bon pour soi avec l'autre, on se retrouve à confondre "notre bien" et "le bien de chacun", au point de trouver juste de chercher le bien de l'autre sans qu'il l'ait défini lui-même.

Message modifié par son auteur il y a 10 jours.

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Discussion : Comment en parler ?

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Siestacorta

le vendredi 05 janvier 2018 à 13h42

Je crois que tu peux te faire un minimum de culture poly, lui en parler, en expliquant qu'il s'agit pas pour toi de définitivement nommer votre situation ainsi, mais de lui montrer qu'il y a plein de gens qui n'ont pas peur de la non-exclusivité.
Il s'agit pas forcément de lui faire admettre qu'elle est poly quand elle ne souhaite peut-être pas le devenir, mais de lui faire comprendre qu'il y a des façons pour toi de faire avec sa liberté.

Depuis combien de temps êtes vous en relation ? Quel âge avez-vous ?

Autre piste : faire le point sur les aspects concrets de la situation à propos desquels tu aurais besoin de communiquer. Que tu saches déjà toi les nommer, ce que tu ressens à leur égard.
Je suggère des protocoles de discussion, comme la Communication Non Violente ou le protocole Imago (voir l'exemple du Miroir à la moitié de la page)
Évidemment ça marche beaucoup mieux si vous vous êtes tous les deux engagés à utiliser les outils et que vous faites chaque étape chacun votre tour...

Par ailleurs tu peux faire le point entre toi et toi si tu préfères vivre comme tu vis aujourd'hui ou faire avec d'éventuels changements de vie entrainés par une recherche de transparence. Est-ce que tu serais ok de la voir communiquer plus ouvertement avec l'autre homme, à ce qu'elle intègre officiellement ses rencontres dans l'emploi du temps, à déterminer, après que vous ayez posé votre situation, si vous avez envie ou besoin que quelqu'un de l'entourage connaisse une partie de l'histoire...

Enfin, une idée qui m'est venue et que je te soumet juste au cas où : sa recherche de compartimentation peut avoir une autre explication que la culpabilité de pas faire comme tout le monde. Elle peut vouloir protéger un amant qui serait lui-même infidèle...

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Discussion : Polyamour ou non ?

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Siestacorta

le jeudi 04 janvier 2018 à 18h53

Kuoni
Mon épouse est en couple avec un autre homme, pas moi.
Notre "contrat" stipule que notre vie à "3" est acceptée.
Mais on a jamais discuté la possibilité que je rencontre quelqu'un. C est un débat différent que je devrai ouvrir , si cela arrive un jour.
Je ne pars pas du principe que c est œil pour œil, dent pour dent. J accepte qu elle soit polyamoureuse. Mais je comprendrais qu elle ne soit pas naturellement "prête" de ce fait à accepter l inverse, sans avoir le droit de ressentir de la jalousie, de la peur...

Evidemment ! l'autre a parfaitement "le droit de ressentir" jalousie ou peur, tout autant la liberté d'en parler, de faire des demandes de limites (qui seront acceptées ou non).

Dans le cas de Douce, ça me semble aller un peu au delà, "lui ne veut pas me partager avec un autre que mon compagnon", dans un échange où il a beaucoup été question de promesses... J'ai vraiment l'impression qu'il compte d'emblée sur une forme d'exclusivité, et ça peut être significatif de sa façon d'être en relation avec ses partenaires.

Douce semble culturellement mono, et explore sa situation sous l'angle poly. Elle propose un début de contrat moral à un amant lui aussi culturellement mono, un peu coureur sur les bords. Alors, si ça se trouve dans leur relation ils en ont rien à fiche de l'équité, mais si dans le poly on en parle si souvent, c'est aussi pour souligner que la liberté et la responsabilité sont équitablement réparties...Donc que ya pas de raison de trouver normal que l'attente d'une femme sera de limiter les rencontres et l'attente d'un homme sera de les multiplier, plutôt des raisons d'être circonspect si la proposition va pourtant dans ce sens : ça commence à ressembler plus à du machisme banal qu'à du polyamour. Faut pas tirer de conclusion hâtive, mais ça fait déjà quelque chose qui gratte un peu.

Dans le dialogue entre un homme coureur assez probablement infidèle et une femme qui se pose plein de questions sur si elle peut construire quelque chose à partir de là, et avec une perspective crédible qu'elle se sente plus résignée qu'acceptante après cette attente exprimée d'exclusivité de la part de l'homme, je crois que c'est bien de souligner le côté pro-actif et égalitariste d'un choix polyamoureux.
La liberté d'aller ailleurs, c'est comme une revendication forte qui donne du muscle à la possibilité d'influer sur le cadre de relation même quand on ne va pas ailleurs. Si dans le polyamour on demande la Lune, on obtiendra plus facilement un deal sur le lancer de satellites :-)

Même si bon...
Pour revenir à la situation présentée, d'un côté une infidélité (pas "un adultère", puisque Douce n'est pas mariée), de l'autre un homme infidèle et a priori pas dans la transparence ni avec elle, ni avec la mère de son deuxième enfant... Amener 4+x personnes dont deux pas volontaires vers du polyamour assumé, ça me parait vraiment coton.
Et dans l'autre option de maintien du secret, la marge de liberté qui peut être ouverte entre deux gros blocs de cachotteries me semble très restreinte, et le bien-être de chacun plutôt précaire. Je ne peux qu'espérer que chacun se responsabilisera au mieux, mais ça tient vraiment sur un fil.

En revanche, Douce, même si subjectivement, à partir du peu que tu as exposé, je crois pas fortement à une sortie pleinement polyamoureuse mais plutôt à "restreins tes attentes ou pars" (ce sont que des estimations au jugé, évidemment), j'estime que tes questions ont tout à fait leur place ici, puisque tu te le demandais. Même si au final tu n'entrais pas dans un parcours poly, venir discuter ici pour t'interroger sur tes choix face à des relations multiples (les tiennes ou celle de ton amant) te donnera sans doute un éclairage meilleur.

Message modifié par son auteur il y a un mois.

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Discussion : Polyamour ou non ?

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Siestacorta

le jeudi 04 janvier 2018 à 16h30

Pour commencer par la question posée dans le titre du fil :

- si c'est pour dire "est-ce que c'est du polyamour, est-ce que ma relation avec cet homme est du polyamour" ?
La réponse est "aujourd'hui, non".
SI j'ai compris, déjà, de ton côté, tu es en train de tromper un partenaire ? (et pas un mari donc ce n'est pas, techniquement, de l'adultère). Je juge pas ça, ta vie affective et comment tu prends soin de toi et des autres, ça peut prendre des formes variées.. Mais bon, je crois que si tout cela est voué à durer, alors l'honnêteté est à terme un meilleur choix .
Par ailleurs, lui te demande explicitement de ne pas avoir d'autres partenaire que ton compagnon ?
Le déséquilibre des libertés me gêne beaucoup, même si tu n'aurais pas l'usage de ta liberté. Il existe des cadre poly avec des limites "numériques" (pas plus de x compagnon plutôt que le pas plus de 1 de la monogamie), mais dans l'histoire que tu racontes, la demande me semble a priori plutôt pousser dans le sens d'un gars pas particulièrement ouvert, qui cherche à garder votre relation mais s'est pas beaucoup intéressé à ce que ça signifierait de l'entretenir à la façon poly.

- si la question est "est-ce que je dois me mettre au polyamour", la réponse risque d'être nettement plus compliquée...
Histoire de prendre ce problème par un bout, deux questions :
- la "vraie relation de couple" de ton amant avec la mère de son 2e enfant, c'est une relation ouverte ou il est infidèle ?
- est-ce que tu penses que cet homme s'engagerait aussi à une relation avec toi si tu n'avais plus d'engagement avec ton compagnon historique ?
Parce que promettre à une femme libre une fidélité non-exclusive, une durabilité de la relation, c'est très différent que de le promettre à une femme déjà engagée et en plus contrainte par ses propres secrets. La seconde promesse, c'est un peu comme dire à un eskimo "oui, oui, si un jour t'as besoin d'un climatiseur pour avoir de l'air frais, promis, on se débrouillera", quand la première c'est le même climatiseur pour un habitant d'une région où il ya des vrais étés très chauds après les hivers. Pas la même prise de risque que la demande se concrétise...

Donc il peut compter sur les limites de ce que tu peux prendre comme place pour faire durer votre relation...
S'il était engagé avec toi dans du polyamour (a priori pas, parce qu'en ayant déjà une relation, envisager d'en avoir lui d'autres et annoncer qu'il ne souhaite pas que toi tu en es, ça me parait pas venir d'un pratiquant de l'ouverture consentie et informée des relations...), ça l'emmènerait sur des situations qu'il ne souhaite pas forcément (que tu rencontres d'autres, que tu puisses demander où il en est, qu'il y ait la possibilité qu'il devienne un jour connu de ton compagnon, que tu prennes plus de place dans sa vie si tu te retrouvais plus disponible..). Le polyamour ouvre des possibilités, il a peut-être pas forcément envie d'en avoir beaucoup !

Message modifié par son auteur il y a un mois.

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Discussion : Compètement perdu...

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Siestacorta

le lundi 25 décembre 2017 à 17h25

Bonjour, tusse, et joyeuses fêtes.

Ton message dit que tu aimes encore beaucoup cette femme. Je t'apprend rien, mais je te confirme que rien dans ce que tu dis, dans les temps de pause, ne semble aller dans le sens d'une séparation définitive. Vous vous laissez toujours une porte.
Vous vous faites de la peine (en amour, ça arrive, il ne faut pas l'occulter mais pas non plus considérer que c'est "la fin" à cause de ça), mais jusqu'ici la peine ne vous rend pas la relation impossible.
Je ne te promet pas que tu sauras dépasser la jalousie. Certains n'y arrivent pas. Mais sans promettre à ton aimée d'y arriver, tu peux dire que tu vas essayer d'y travailler, si elle est prête à voir ce qu'elle peut faire pour te ménager.

Ce que tu dis de ton aimée me fait penser qu'elle a un gros besoin de mouvement, d'investissements qui se renouvellent. Pas seulement en relation amoureuse : elle voyage, change de pays, fait des expériences, tente de changer la forme de son engagement avec toi (c'est à dire qu'elle ne revient pas sur votre début d'histoire, mais qu'elle cherche à la transformer)... J'ai l'impression que c'est cette part de son caractère qui lui fait envisager le polyamour. Je ne sais pas si c'est ce qui lui conviendrait ou vous conviendrait en relation, mais, dans l'idéal c'est vrai que ça permet de concilier ce goût de la nouveauté et la fidélité à ce qu'on chérit déjà.

Il y a des accords qui peuvent se faire pour que votre relation vive avec l'ouverture poly, ils sont cependant différents de ceux que, plus ou moins explicitement, la plupart des gens passe quand ils commencent une relation.
Si vous allez dans le sens poly, il faut intégrer ça, en plus du mode de pensée poly qui serait possible pour vous.

Ceci dit, un triangle amoureux avec une deuxième fille n'est qu'une des possibilités... J'ai l'impression que ton aimée ne cherche pas une liberté trop fortement conditionnée.

Bon, tu écris que "partager te ferait trop mal"... C'est peut-être vrai. Mais je crois que tu as déjà vu des changements forts dans votre relation, que tu as réussi à espérer. Je ne dis pas que ça suffira toujours, mais une fois le choc d'un changement possible encaissé, une confiance mutuelle peut se cultiver.
C'est du boulot, il ne faut pas se le cacher. Mais tant que tu ne peux pas faire autrement que de l'aimer, ça peut valoir la peine (si elle aussi elle bosse, hein. C'est pas tout de constater qu'on aime plusieurs personnes, si on désire vivre poly, faut bosser la communication, le savoir-vivre... ya pas que toi qui devrait être dans l'effort, lire sur le sujet... Et vu que ton aimée a eu tendance à communiquer plutôt après-coup, c'est clair que ça lui en demanderait aussi).

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Discussion : Pourquoi?

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Siestacorta

le dimanche 24 décembre 2017 à 01h58

Francesco2211
Merci pour ta réponse aussi.
J'essaye d'en tirer un complètement de mon jugement en évitant une expérience du mal, oui. Dans beaucoup de cas on peut savoir qu'on se fait du mal sans l'essayer personnellement, par exemple en sautant par la fenêtre, donc c'est judicieux éviter de sauter ou pire de faire sauter quelqu'un par la fenêtre.

Je comprend le raisonnement ; mais dans la mesure où la prise de risque inutile que tu cherches à éviter serait valable aussi pour la monogamie. D'autant qu'il y a assez d'exemples d'échecs douloureux de la monogaime pour estimer qu'il y a clairement un risque de faire mal ou se faire mal là aussi.... Donc, interroger le risque de l'option poly doit se faire à l'échelle du risque de l'option mono, aussi rigoureusement.

Sinon : il y a aussi un côté scientifique de la démarche à faire des expérience ! Sachant que la plupart des risques qu'on prend ne sont comparables à des sauts par la fenêtre que très théoriquement, en pratique décider d'embrasser un ou plus de personne ne conduit pas souvent à l’hôpital.
Comparaison n'est pas raison, etc...

Et si j'insiste sur la valeur de l'expérience subjective, empirique, c'est que les façons de se faire mal sentimentalement dans les relations amoureuses sont vraiment variables... Par exemple, en terme de "mal", beaucoup parlent de "LA jalousie", mais en fait, la peine de chaque personne jalouse dépend de son tempérament (peur de l'abandon, blessure narcissique, dépendance affective..). On a pas tous le même béton qui nous attend sous toutes les fenêtres et certains ont le vertige quand ils sont aux premier étage.
Et on fait pas exprès ! on parle d'une matière émotionnelle. J'ai lu et entendu tant de témoignages qui disent "sur le papier je pense que le polyamour est meilleur, en pratique j'en suis pas capable" que j'ai besoin d'insister : il suffit pas que ça nous semble intellectuellement faisable, il ne faut pas se faire souffrir en voulant le faire par "devoir moral", tout en faisant souffrir l'autre parce que notre discours volontaire ne correspond pas à nos réactions in vivo.

Je passe à un tout autre point.
Je ne crois pas au partenaire idéal, donc je peux pas t'aider sur cette partie du développement. Je crois à l'investissement, aux efforts conscients, aux attentes et aux déceptions... et ça marche dans toutes formes de relations.

Si, quand même : objectivement, je trouve que c'est lourd d'être l'unique responsable de tous les types de satisfactions affectives (sécurités, romantismes, érotismes...) de quelqu'un. J'espère pouvoir apporter le plus possible d'épanouissement, mais en souhaitant le bien de l'autre, je lui souhaite au-delà de celui que je peux lui apporter, donc y compris quand ce n'est pas moi qui l'apporte.
Mettons qu'on s'aime vraiment, mais qu'elle adore les voyages et que moi je peux pas mettre les pieds dans une gare ou un aéroport sans paniquer. Je crois que l'aimer c'est me dire qu'elle va pouvoir voyager et embrasser quelqu'un à Venise, que moi je serai heureux si elle peut faire cela tout en conservant sa relation avec moi.

Ou mettons qu'on s'aime très fort, qu'on est pratiquement sûr qu'on va rester ensemble toute la vie, mais qu'elle aime aussi les filles, et que j'en suis pas une.

Ben faut qu'elle y aille, ce serait trop bête de pas vivre ça.

Ce sont des exemples simplistes, mais ça parle assez bien de ce que j'estime être une vraie limite à ce qu'on veut vivre en amour si on choisit l'exclusivité.

Voilà... Ca reste subjectif, parce que je parle de ce que je me sens moi capable de faire, laisser faire, je peux pas prétendre qu'universellement les gens réagissent comme ça ni devraient réagir comme ça. Mais je pose ça en face des limites contractuelles d'une relation exclusive, un contrat que rien ne nous oblige à signer : je crois que puisque la vie ne nous donne pas "physiquement" des limites aussi restrictives que ce que nous propose l'amour monogame et puisque regarder au-delà est possible, qu'il ya des gens qui sont d'accord pour qu'on le fasse, alors on a raison d'essayer.

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Discussion : Pourquoi?

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Siestacorta

le samedi 23 décembre 2017 à 14h48

Je comprend l'intention de fond, de cohérence avec toi-même.
Ceci dit, tu essaies d'avoir sur le sujet du polyamour une "bonne" attitude avant d'en faire une expérience empirique.
C'est difficile de déterminer ton jugement si ta connaissance de toi-même dans une situation de polyamour est trop réduite...

Bon. Sinon, je vais reprendre un argument que je crois avoir piqué à Audren (mais je ne saurais pas être plus précis) c'est qu'on demande toujours au polyamoureux s'il a conscience du mal qu'il peut faire à un partenaire en mettant sa jalousie à l'épreuve, mais on ne demande pas au monogame s'il se rend compte du mal qu'il peut faire en demandant à son partenaire de se fermer à une partie de son potentiel affectif.

A mon sens, un bien qu'on peut faire avec la non-exclusivité, c'est de ne pas "faire semblant" que le monde n'a qu'un partenaire à nous faire rencontrer. Admettre d'emblée que parmi les évènements d'une vie, il y a des rencontres successives, et ne pas les décréter mutuellement exclusives, ça me parait pragmatique : on s'évite de mentir pour assouplir la vie, on évite de faire mal ou de contraindre l'autre à se faire mal pour respecter un engagement qui n'est pas pris en connaissance de cause (on prend des engagements et on fait un pari sur le déroulement de nos vies futures).

Un mal qu'on peut faire avec la non-exclusivité, c'est que préserver sa liberté et celle de l'autre n'est pas forcément agréable : ça veut dire qu'au lieu de prendre en amont la responsabilité de s'engager à une promesse arbitraire ("nous serons fidèles"), on multiplie les moments où chacun va endosser sa responsabilité, assumer qu'il change plus de vies que la sienne, quand il s'investit dans plus de relations. Et cette peur de la liberté est douloureuse, je pense que c'est un élément important dans beaucoup de jalousie ressentie chez des gens qui pourtant souhaitent l'épanouissement de leur partenaire : "maintenant que l'autre est libre de ses rencontres, je renonce à une garantie "classique" de continuité, les efforts qu'on doit faire pour préserver la relation deviennent plus conscients (donc potentiellement plus inquiétants) que dans le cas où on avait pas envisagé la liberté et les changements".

Pour moi le polyamour ne pose pas que c'est toujours beau d'aimer, qu'il n'y a pas de mal à ça. Il dit que les gens ont des besoins différents là-dedans, et les prend en compte, plutôt que de dire que la beauté de l'amour n'existe que dans l'exclusivité.

Enfin, quand tu dis qu'en conséquence d'un bien systématique apporté dans l'amour polyamoureux,

francesco
la sexualité avec tous serait un bien parce qu'elle va créer des liens forts dans la communauté/groupe et ça c'est positif. Et pour les choses mal pendant qu'on reste avec les choses bien, on peut penser seulement au bien..

tu vas plus loin que beaucoup de polyamoureux. D'abord parce que la façon dont on met la sexualité comme motivation de nos rencontres dépend beaucoup des individus. Il y en a pour qui c'est pas du tout, d'autres pour qui c'est ni nécessaire ni suffisant, d'autres qui verront bien selon le partenaire.
Autrement dit, il s'agit moins d'estimer le bien que peut faire le polyamour "en général" à tes partenaire que d'estimer de quel bien tu as besoin et de quel bien chaque partenaire à besoin et voir si ce bien spécifique-là est praticable, ce qu'ils signifient en liberté sexuelle, contraception et prophylaxie, communication, perméabilité et souplesse de la vie quotidienne, projets de vie.
Tu peux faire un point sur tes propres besoins, et en tirer des convictions sur ce que tu proposes, mais c'est toujours avec quelqu'un d'autre, qui va avoir ses propres attentes et demandes sur le bien...

Bonnes recherches à toi !

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Discussion : Parler polyamour avec son conjoint .... sur le tard

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Siestacorta

le mardi 19 décembre 2017 à 12h48

Les situations de tromperie sont généralement pas faciles à démerder.
Dans l'absolu, oui toutes les personnes concernées pourraient se retrouver ensemble dans une situation polyamoureuse, mais ça sert à rien de se le poser comme horizon, un peu de la même manière que c'est pas pragmatique de planifier une vie maritale dès les premiers jours d'une relation. Faut pas vendre la peau de l'ours... non il le faut pas.

Les personnes qui nous plaisent, à qui nous plaisons et à qui nos aspirations de vie (en amour ou autre chose) ont des chances de convenir sont rares.
Et les personnes qui dealent avec compréhension la révélation d'un mensonge le sont aussi.
"Mes intentions sont bonnes, j'ai en tête la possibilité ultérieure d'être honnête", ça change pas cela, du point de vue de la personne à qui on révèle une infidélité : elle a de grande chance de n'être ni prête à réviser ses aspirations amoureuses, ni prête à comprendre qu'on ait pas respecté l'engagement qu'on avait avec elle.

Maintenant, love80, dans ta situation spécifique, il y a l'antécédent d'une conversation.
Celle-ci n'est pas forcément l'antécédent d'une ouverture... Peut-être que ta compagne connait ton inconstance passée, est assez honnête pour parler de ses propres penchants, et se baserait sur cet épisode pour dire "ok mais là on est tous les deux sur un autre engagement". La culture monogame valorise beaucoup cette évolution possible, peut-être y est elle sensible... Donc peut-être qu'il y a d'autres traits de ta compagne qui font de ce moment une ouverture, mais en soi ça n'en est pas forcément une plus facile à aborder, juste la preuve qu'elle est capable d'être honnête et qu'à un moment elle était d'accord pour parler (et seulement parler) du sujet. C'est pas mal, c'est mieux que beaucoup pour qui la non-exclusivité n'était même pas une possibilité moralement admissible, mais c'est pas non plus une garantie de lendemain qui chante sur ce thème.

Par ailleurs, du côté de la personne rencontrée récemment, entre savoir qu'il y a déjà une personne et faire avec un temps, et imaginer une situation polyamoureuse où ta compagne aurait autant d'importance pour toi qu'aujourd'hui, ya un monde... et c'est un monde mono, ses perspectives ont quelques chances d'être différentes des tiennes.

Tout ça n'est pas indépassable. gdf témoigne d'une histoire où le plomb s'est changé en or, après beaucoup de travail et de recherche difficiles, où évidemment le seul mot "polyamour" n'a pas suffi à rendre la situation acceptable pour tout le monde.
Je comprend bien que lorsqu'on ne sait pas faire autrement, face aux contraintes monogames, on se retrouve à mentir. La promesse d'exclusivité de la monogamie ne peut pas être une règle pragmatique pour tout le monde, tant que c'est pas compris, les mensonges et les déceptions en sont une conséquence.
Mais ça nous déresponsabilise pas pour autant dans nos choix : exclusivité, tromperies, adultère (au passage, ce terme se définit par rapport au mariage...) monogamie en série, célibat, libertinages, polyamours... On est libre, on a bien heureusement la possibilité de faire de nouveaux choix, mais ceux qu'on a fait avant comptent et ne seront pas annulés par ceux qu'on fera après, encore moins aux yeux de ceux impliqués dans les premiers.

Parmi les choix que tu as fait, il y a celui de pas t'en tenir à ton engagement précédent. Cela te conduit actuellement à une situation où tu mens.
Je vais prendre pour acquis que tu veux conserver ta relation actuelle.

- il y a la question que tu poses : comment en parler.
C'est à dire, soit : (A) parler des épisodes récents tels quels, pour ce qu'ils sont, indépendamment de l'horizon poly. Tu peux parler, si c'est pas déjà fait, de tes échecs à rester dans des engagements monos. Et tu vois comment ta compagne réagis. T'assumes que ça peut être douloureux pour elle et te contraindre à rompre avec la personne que tu as rencontrée, et pas déboucher du tout sur une ouverture, enthousiaste ou pragmatique. Mais, si sa réaction te le permet, tu peux amener cette idée de polyamour, que tu connais à peine mieux que ta compagne, donc tu assumes le risque du tournant dans votre relation. A ce stade là, avec pas mal de chance et une confiance mutuelle rare, il y a une toute petite possibilité que tu puisses poursuivre ta nouvelle histoire... Mais avec de gros changements.
Ou (B) parler de polyamour et si c'est ok, embrayer sur la suite en donnant par la suite un début "officiel" à la nouvelle relation. Je pense que le mensonge est matière à embrouilles (ah bon, finalement ta compagne ne veut plus de moi ? Mais notre rencontre a eu lieu avant que tu parles de polyamour ! Ou : mais ? Je croyais que vous ne vous connaissiez pas à cette époque ?). Et cela implique que la nouvelle personne dissimule aussi, au moment où tu te propose au contraire de commencer un style de vie où l'honnêteté et la communication compteront beaaaaucoup.
Je te déconseille ce mensonge ; après te jurer qu'aucun polyamoureux ex-mono ne l'a commis... Ça, je parierais pas dessus.

- qu'en pense l'autre personne ? Est-elle prête au poly ? Je sais bien que finalement la question ne se pose pas que pour elle. En gros si tu abordes le sujets avec ta compagne, et que la personne nouvelle n'est pas intéressée par ce scénario, le questionnement de fond sur ton envie de vivre autre chose que le couple traditionnel demeure - t'en as la preuve, autant assumer... C'est même une option : tu poses dès maintenant la question à ton amante, et si sa réponse est moins ferme que ta tendance à rencontrer (elle est dans la situation mais ses aspiration mono demeurent), tu rompt parce que ça ne peut pas marcher avec ta recherche, et tu commences avec ta compagne à discuter polyamour... Il te reste à estimer si t'es capable d'avouer ton écart en parallèle.

- es-tu ok pour que ta compagne non seulement fasse des rencontres, mais puisse les aborder différemment que tes envies "d'extras" ? C'est à dire, mettons que toi tu rencontres par-ci par-là des femmes avec qui cela ne dure pas ni n'implique de changements notables de ta vie. Ta compagne peut faire de même ; mais elle pourrait aussi vivre une histoire plus déterminante. Autrement dit, tu ne seras pas le seul à décider comment le couple est ouvert. Vous serez... forcément plus de deux à déterminer ça.

Bref. Une des choses qui font tenir l'exclusivité puis le mensonge, c'est que sur le moment, c'est plus facile que la non-exclusivité et la communication.
Après, on constate pour autant pas que la monogamie (avec ou sans tromperie) se passe ni comme prévu, ni bien : les pourcentages de divorce, de couples qui ne durent pas et d'infidélité ne peuvent pas être totalement détachés du principe même de l'exclusivité.
Le polyamour n'est pas non plus un chemin de pétales de roses.

Je veux dire que c'est déjà un chemin exigeant.
Est-ce que ça vaut la peine selon toi de l'envisager, sachant que par ailleurs tu as tout le travail de parler d'une infidélité à faire en plus ? Pourquoi ?
Selon ta réponse à ça, le "comment en parler à un conjoint sur le tard" changera beaucoup...

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Discussion : Arguments de la manosphère contre le polyamour

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Siestacorta

le dimanche 17 décembre 2017 à 13h06

Mais c'est pas plutôt une question d'échelle, ce "gêne égoïste" ?

De ce point de vue, l'humanité et donc les individus, ne sont que des moyens d'évolution.

Avec déjà l'idée que l'évolution ne va pas dans la direction d'un comportement "parfait" des individus ou de règles de vie systématiquement bonnes, mais au contraire, une adaptation permanente à des paramètres de milieu.
Les comportements sexuels ne seraient "les meilleurs" que dans la mesure où ils sont utiles... et ils ne le sont qu'à un moment, dans un contexte, pas à un autre.

L'évolution me parait "souple". Elle fait avec ce qu'elle trouve sur son chemin. Les individus et leur organisation sociale seraient une diversité d'expériences qui n'ont de sens dans l'évolution que si les expériences ne s’arrêtent pas sur certains résultats plus que sur d'autres. C'est pas utile de proclamer que l'évolution a un but précis sur les comportements d'individus, de mâles, femelles, parents, nullipares, parce que le milieu et les conditions de vie offrent trop de diversité pour qu'un comportement donné soit plus important qu'une diversité de comportements en cours ou à venir.

L'utilisation de moyens de contraception, la santé, l'accès à l'alimentation et la vie en société déterritorialisée tels que nous les connaissons actuellement sont autant de paramètres assez jeunes à l'échelle humaines.
Nous sommes individuellement mis dans des situations complexes, parce que notre nature de mammifère tente de s'adapter à ça. Mais vouloir résoudre ces difficultés en posant "qu'est-ce qu'aurait fait le mammifère idéal qui va dans le sens de l'évolution", c'est réduire l'expérience de l'évolution à ses résultats antérieurs, quand l'intérêt même de l'évolution est le changement.

En gros, avec ce que je comprend (peu), je crois que l'évolution n'a aucune vocation à prescrire des comportements sexuels (ou sociaux) précis, mais au contraire, à les laisser se tenter. Polygamies, monogamie et techniquement, ya d'autres possibilités dans les éprouvettes...
Dans une société, une espèce, il y a toujours des minorités qui ne suivent pas les fonctionnements soi-disant éprouvés. Elles peuvent se mettre dans des impasses, ou être le moteur d'un changement, ou encore représenter une alternative face à des situations différentes de celle qui a vu le groupe naître et grandir.

Au mieux, le polyamour avec son égalitarisme du point de vue des sexes, est un marqueur parmi d'autres d'un changement d'une expérience humaine longue et multiple, et je crois qu'en donner d'avance les résultats serait manquer d'humilité ; au pire, dans notre comportement, nous pourrions être une forme d' hopeful monsters, ayant effectivement tenté un changement radical, et espérant que ça se passe bien.

A l'échelle du génome ou des espèces, il y a peut-être quelques généralités qui durent... le temps qu'elles doivent durer. A l'échelle individuelle, on a tout intérêt à faire exactement ce qu'il nous convient, même si ça va à l'encontre des comportements mieux connus, parce qu'avoir beaucoup de possibilités d'adaptation (et beaucoup de milieux différents) est une caractéristique de l'humain.

(badaboum)

Message modifié par son auteur il y a un mois.

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