Suite à quelques échanges avec ma belle, je me suis fais une réflexion que je formule encore confusément.
Depuis quelques mois, je suis un grand adepte de l'auto-stop (même si auparavent je ramassais presque toujours auto-stoppeurs que je croisais, je n'avais jamais tendu le pouce moi-même). Même quand ça ne se justifierait pas trop face à un billet de train, un covoiturage organisé, ou même prendre soi-même la bagnole.
J'y prends un plaisir monstre… Même quand c'est pour rester planté cinq heures en plein été sur le bord d'une route nationale bien noire dans le sud de la France, sans eau ('tain, quand j'y repense : le malade !).
Je prends plaisir à me « forcer » ainsi à rencontrer plein de gens dont je ne sais pas si j'aurais quoi que ce soit d'autre en commun qu'une caisse métallique pendant quelques heures, ou bien si au contraire j'aurais plein de points communs avec eux. Les trouverais-je intéressant ? Saurais-je capter leur attention ? Ou pas du tout ?
Il n'y a jamais moyen de le savoir à l'avance. La plupart trajets ainsi partagés pendant quelques minutes ou quelques heures ne permettent souvent qu'une bonne discussion avec une personne qui a fait le même choix que vous : laisser un ouverture dans sa vie – même brêve – à l'inconnu.
Les dscussion sont en générales pleines de franchise. Franc jeu : chacun sait qu'il ne verra très certainement jamais plus la personne avec qui il partage un peu la bulle habituellement si imperméable à la *vie* extérieure, et en profite pour parler de choses parfois assez intimes.
Et puis parfois, il y a des rencontres qui touchent profondément, au point même de garder contact, de partager un repas ou même une chambre.
Je ne suis pas (encore ?) polyamoureux « pratiquant ». Je ne sais même pas si j'en aurais l'occasion un jour, et d'une certaine manière, en ce moment je m'en fous un peu.
Mais je crois que c'est un peu ce qui me touche dans ce modèle : comme pour l'auto-stop, j'y vois la capacité qu'on se donne à rester ouvert à tout type de relation avec d'autres personnes qu'un cercle de personne habituellement assez soigneusement restreint.
On en peut pas y gagner à tous les coups, ça peut être plus pénible à gérer, mais on laisse ainsi plus de chances d'apparaître à de fabuleuses étincelles humaines.
