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Gérer la "dépendance" de l'autre

Engagement
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boucledor

le vendredi 01 juin 2012 à 19h05

Bonjour! Pour l'instant j'avais beaucoup parlé ici des bouleversements que connaît mon couple depuis que j'ai annoncé à mon mari que j'avais retrouvé quelqu'un de mon passé avec lequel j'entretenais une relation amoureuse. J'ai surtout évoqué sa souffrance, la menace d'une rupture faisant suite à sa non-acceptation de la situation...

En fait, aujourd'hui j'aimerais plutôt évoqué la situation du point de vue de mon "amant". C'est une personne fragile psychologiquement et de surcroît il traverse une période particulièrement difficile dans sa vie: perte d'emploi, vide "relationnel", séparations fréquentes d'avec son fils (depuis la séparation avec sa mère il y a 8 ans) et des problèmes de santé inquiétant...
Bref, rien de très réjouissant! Et, paf, je débarque dans sa vie et je deviens presque aussitôt sa seule "raison de vivre"... Je m'en suis rendue compte de cela lorsque j'ai souhaité rompre il y a quelques temps... Il était anéanti et m'a fait clairement comprendre que sans moi, il n'avait plus la force de se battre et qu'il souhaitait en finir...
Aussi, j'en viens quand même à me demander si ce qui motive ma persévérance à imposer cette relation à mon conjoint- quoi qu'il en coûte...- ne vient pas aussi du fait que je me sente "responsable" de mon amant et de l'attachement qu'il éprouve pour moi... Car en fait, c'est bien moi qui était à l'initiative de notre rencontre, c'est moi qui ai fait irruption dans sa vie....
Comment savoir si l'affection que lui porte est véritablement un "amour" qui justifie que je mette en péril mon couple et ma vie de famille... Comment vais-je gérer une séparation "culpabilisante"? Vais-je en vouloir à mon mari de m'avoir "obligé" à CHOISIR et à renoncer? Notre couple pourra-t-il se remettre de tout cela? Ce qui m'est arrivé une fois ne peut-il pas se reproduire encore?
Et en même temps, que vais-je faire de tout ce chemin que j'ai l'impression d'avoir parcouru en moi qui me fait avoir une autre représentation du couple, de la liberté de chacun, de la dédramatisation du sexe...

Tout se mélange dans ma tête et je sens bien que mon conjoint a besoin d'être fixé sur ma façon de voir pour décider si nous pouvons continuer la route ensemble... Pour l'instant, je n'ai que peu de certitudes, je me sens perdue...
Merci d'avance pour votre "aide" ou tout au moins vos avis....

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Popol (invité)

le samedi 02 juin 2012 à 04h13

Ouille.

Pour dire les choses crûment, tu vis un chantage affectif, alors.

Et tu te retrouves à gérer toi son problème.

Ca va pas faciliter le débroussaillage, en effet. Mais tu ne serais pas entrée en relation avec lui si sa demande implicite d'être secouru n'avait pas trouvé preneuse chez toi. Et tu ne serais pas restée non plus.

On dirait que c'est la raison d'être de cette relation, même, à l'heure qu'il est.

Question: au secours de quoi vas-tu toi-même, en te portant au secours de cet homme?

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roidespuces

le samedi 02 juin 2012 à 09h59

Bonjour
j'aurai tendance à penser qu'on est responsable d'une relation qu'on a recherchée et commencée (c'est pas ce que je pensais à 25 ans :-) ) car on ne sait jamais vraiment qui est la personne qu'on a en face de soi : forte ou faible ça peut faire des dégats mais c'est ta liberté de consacrer le temps que tu veux ou peux lui donner , d'être présente ou non comme tu en as envie .
Rien ne t'oblige de te laisser enfermer dans une relation basée sur une compassion forcée. Essaie de rendre ça aussi léger que possible.

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boucledor

le samedi 02 juin 2012 à 11h27

Il accepte en tout état de cause "le peu" que je lui donne: des messages réguliers, des coups de fil et une rencontre par mois... Ce qui me semble le plus important pour lui en ce moment c'est de savoir qu'il est important aux yeux de quelqu'un et que "quelqu'un l'aime quelque part" .
C'est une relation qui me convient telle qu'elle est actuellement, je sais que dès le départ je ne me suis jamais dit que je voudrais un jour "partager plus" et encore moins "vivre à ses côtés"... Je ne lui ai jamais fait croire autre chose et lui ai souvent répété que c'est ma relation de couple qui fait ma force et me rend heureuse et épanouie...
Le problème c'est que ce "peu" que je lui donne est ce qui est insupportable aux yeux de mon mari... Alors, si mon conjoint n'accepte pas cette "nouvelle donne" dans notre vie, je n'arrive que difficilement à envisager sereinement l'avenir proche...

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boucledor

le samedi 02 juin 2012 à 11h42

A Popol...
Bien sûr que cette question, je me la pose... Je pense d'ailleurs en connaître au moins partiellement la réponse... Comme souvent, elle est à chercher dans les racines de mon enfance.... Ma mère s'est sacrifiée toute sa vie durant au nom du devoir; elle s'est mariée pour le meilleur et surtout pour le pire et n'a vécu qu'à travers ce qu'elle se devait d'être auprès des autres...
Je crois que cela s'est traduit par deux dynamiques opposées en moi:
- une volonté d'aller"contre" ce modèle de soumission, de culpabilité intériorisée, de négation de soi-même: ce qui explique sans doute mon besoin de m'affirmer, d'être fidèle à moi-même, mon envie de bousculer l'ordre établi...
- à côté de cela, je retrouve pourtant un besoin d'"aider", de "réparer", de me montrer "dévouée" pour ceux que j'aime...

La situation triangulaire que je vis actuellement me donne parfois l'impression de me permettre de faire cohabiter ces deux dynamiques et par là même de me sentir plus "unifiée", parvenant ainsi à concilier des aspects "antagonistes" de ma personnalité....
Mais si un sommet de ce triangle disparaît, qu'adviendra-t-il? Peut-être devrais-je pouvoir trouver d'autres voies pour satisfaire ce besoin de "réparation", de "devoir à accomplir"... Mais dans ce cas-là que faire de la détresse de mon amant? Je ne peux y être indifférente...surtout que pour moi, il était possible de lui apporter ce dont il avait besoin...

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Popol (invité)

le samedi 02 juin 2012 à 12h10

Oui. Mais pas que toi.

Et rien ne l'empêche de se soigner de son côté pour faire de quoi avec sa détresse: ce n'est pas toi qui l'as mis dans cette situation.

Sinon ça voudrait dire que vous êtes liés à mort, au propre et au figuré.

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boucledor

le samedi 02 juin 2012 à 16h10

Oui, c'est sûr que ça paraît plutôt "morbide" vu de l'extérieur! Ca l'est même sans doute, mais j'ai beau me répéter que je ne peux pas être "sa planche de salut", je le lui dis d'ailleurs en faisant remarquer que lui seul peut décider de son chemin..., je n'arrive pas à me résigner à l'"abandonner", c'est un peu comme si j'observais quelqu'un en train de se soigner et que je passe mon chemin alors que j'avais un gilet de sauvetage avec moi...
Je sais pourtant bien que la "culpabilité" est mauvaise conseillère...

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Popol (invité)

le samedi 02 juin 2012 à 16h40

Tu peux aussi lui donner le gilet... et t'en aller quand il l'a enfilé.

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boucledor

le samedi 02 juin 2012 à 19h14

Ce qui signifie "en clair".....?

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Popol (invité)

le samedi 02 juin 2012 à 19h32

C'est toi qui vois, concrètement. Aprè tout, tu sais à quoi tu fais allusion, dans votre relation, quand tu parles d'un gilet.

Mais ça ressemblerait à l'encourager à se renforcer sans toi, sans ton aide. Porter secours, quelque part, conforte une personne à ne pas chercher son indépendance.

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roidespuces

le dimanche 03 juin 2012 à 09h27

@boucledor :Je pense que tu as besoin d'aide toi aussi pour partager la tâche que tu t'es donnée mais une aide concrète avec des gens de confiance de ton entourage , dans ton réseau de relations et dans le sien aussi ; nos conseils anonymes et avis à distance via ce site vont vite montrer leur limites même si te répondre par écrit peut t'apporter un soutien moral . Si tu crains les fuites bavardes de ce que tu peux être amener à dire aux uns et aux autres dans ta ville , il te reste à aller voir une personne tenue par le secret professionnel car il faut te préserver aussi .

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Popol (invité)

le dimanche 03 juin 2012 à 11h04

Je pensais préciséement à cette solution, plutôt pour ton amant... A l'évidence, un soutien psy serait indiqué.

Mais pour reprendre un célèbre proverbe, on ne fait pas boire de l'eau claire à quelqu'un qui reçoit un bon jus de fruits.

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boucledor

le dimanche 03 juin 2012 à 18h29

Je me sens vraiment perdue... Mon mari a décidé de me quitter, peut-être pour de bon cette fois, je dois expliquer cela à mes filles, ma mère l'a appris et en est anéantie... tout ça pour vivre une relation que je ne trouve pas saine du fait du lien de dépendance que mon amant entretient avec moi ou avec l'idée qu'il se fait de moi... Je sens bien que j'ai besoin de temps pour en sortir ou au moins essayer de la rendre plus "saine"... Et ce temps-là, mon mari ne parvient pas à me l'accorder car il n'arrive pas à surmonter sa jalousie...
J'ai déjà dit à mon amant que je ne pouvais pas être LA solution à ses problèmes, qu'il fallait qu'il trouve la force EN LUI pour surmonter tous les obstacles qui se dressent sur sa route, qu'il devrait sérieusement songer à demander de l'aide.
Une rupture brutale me fait craindre une réaction désespérée de sa part... Je me sens coincée au milieu des souffrances des uns et des autres, moi qui m'imaginais vivre sereinement cette situation, moi qui pensais que chacun pouvait en faire "quelque chose" de positif... A cet instant précis, je me trouve bien naïve! C'est bien du "perdant-perdant-perdant" vers lequel on se dirige...

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LuLutine

le dimanche 03 juin 2012 à 20h10

boucledor
moi qui pensais que chacun pouvait en faire "quelque chose" de positif...

Oui, chacun peut en faire quelque chose de positif, j'en suis persuadée.
Mais....le veulent-ils ?

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yellow

le dimanche 03 juin 2012 à 21h33

Boucledor,
En me mettant à la place de ton mari, j'imagine comme ce doit être difficile premièrement de découvrir ton second amour, deuxièmement que celui-ci aille à quelqu'un qui -à ses yeux- n'en vaut pas la peine. Etre "préféré" (au moins le temps que tu passes avec lui) à quelqu'un qui ne va pas bien, et dont tu qualifies sous un certain angle la relation de morbide, c'est dire si ton mari doit se sentir moins que rien dans cette situation. Bien sûr on comprend tous l'enchaînement qui 'a amenée là. Maintenant, vous y êtes.
Le seul point négatif de tout ceci, c'est cette dépendance qui te lie et t'empêche de te demander vraiment ce que toi tu voudrais. Visiblement tu voudrais les deux relations, mais la seconde moins bancale, plus saine. Etant donné que ce n'est pas possible, par respect pour ton mari, celle à modifier semble être plutôt la seconde relation (modifier = faire patienter, expliquer fermement les choses quitte à laisser ton 2eme homme avoir le choix de se reprendre en main avec toi toujours proche mais pas prête à faire du mal à ton mari et tous les autres).
Et au final ce choix (temporaire mais ferme dans sa résolution) permettrait d'expliquer à ton mari que tu tiens à lui et à vous deux, mais que tu ne te renies pas, en restant proche de "l'autre" mais en mettant les limites à ce lien ambigu qui emprisonne tout le monde. Je pense que ça pourrait (si le mal n'est pas déjà fait) montrer la responsabilité la plus juste possible que tu prends en l'état actuel des choses. Si ça ne passe pas, tu ne pourras guère faire mieux... mais tu auras essayé. D'ailleurs c'est la solution qui semble la plus proche de ce que tu ressens d'après ce que tu en dis.
Pour aller au fond de ma pensée, ton 2eme amoureux n'a peut-être pas besoin de ton corps pour aller mieux, mais de quelqu'un qui le respecte (et l'aime) tout en se préservant. Tu lui montres la voie en quelque sorte...

Deuxième solution: tu profites de tout ceci pour changer de vie. Dans ce cas gaffe au re-départ avec ton second amoureux, tu sais déjà qu'il y aura du boulot.

Dernière solution (que j'ai en tête): tirer les conclusions de tout ceci et te reconstruire détachée des deux relations actuelles.

Il doit bien y en avoir une qui te fait envie plus que les autres. Ecoute-toi bien et prends une décision.

Vraiment bon courage, reste forte.

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boucledor

le dimanche 03 juin 2012 à 22h04

Bonsoir Yellow...Merci beaucoup pour ton message qui me conforte dans l'idée que je suis à un tournant de cette "aventure" entamée il y a 7 mois maintenant... La deuxième "solution" est bien celle qui me "parle" le plus... Je sens bien que si je n'écoute QUE moi, c'est ma relation de couple et ma vie de famille qui sont prioritaires.
Il n'empêche que je ne m'imagine pas seulement "tourner la page" de ce qui aurait était une "erreur". L'affection et l'intérêt que je porte à mon "amant" sont réels et je ne souhaite pas sortir de sa vie du jour au lendemain sachant de surcroît qu'il est terriblement isolé en ce moment. Mais c'est vrai que pour moi la dimension "sexuelle" me paraît somme toute assez secondaire et je suis tout à fait capable de "m'en passer". J'avais déjà tenté d'expliquer cela à mon amant qui ne m'a pas cru et qui semblait dire que n'"être qu'amis" n'était pas possible et que cela signifiait que je cherchais simplement à m'éloigner de lui...
J'ai bien l'intention de lui redonner les cartes en main, à savoir lui dire que dans l'état actuel des choses, entretenir une relation qui inclut la dimension sexuelle n'est pas acceptable pour mon conjoint et que je ne veux pas d'une rupture avec ce dernier... Ce sera "à prendre ou à laisser".
Il est peut-être déjà trop tard pour "recoller les morceaux" de mon mariage, mais je me rends bien compte qu'il faut que moi aussi je "fasse un pas" vers mon conjoint; car pour l'instant c'est à lui que j'ai demandé beaucoup ces derniers mois...

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Popol (invité)

le dimanche 03 juin 2012 à 22h45

Alors une grosse bougie allumée pour toi, Boucledor, toute mon affection... tiens-nous au courant.

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boucledor

le dimanche 03 juin 2012 à 22h49

Merci...

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boucledor

le mercredi 13 juin 2012 à 17h19

Comme prévu, j'ai "rompu" avec mon "amant". Il a mal réagi tout en me disant qu'il "s'y attendait" que c'était dans l'ordre des choses... Mais justement, de quel "ordre" parle-t-on? J'ai une part de moi qui pense qu'effectivement j'ai "fait ce que je devais faire": choisir et renoncer.... C'est ce qu'il FAUT faire, non? Sauf, qu'une "autre part de moi" a juste l'impression d'avoir choisi entre deux souffrances (celle de mon amant plutôt que celle de mon mari...). Je n'arrive même plus à savoir CE QUE JE VEUX réellement MOI!!! Tout cela me laisse quand même un goût amer... A quoi bon tout ça, si c'est pour simplement "revenir dans le rang". Mon mari me dit qu'il n'attend pas de moi que j'enterre cette relation ou que je fasse comme si rien n'était arrivé... Mais en même temps il souffre de voir que cette rupture "me coûte" ou qu'en tout cas je ne sors pas indemne de tout ça... Que va-t-on faire à présent de tout ça?

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Popol (invité)

le mercredi 13 juin 2012 à 18h00

Alors déjà, je trouve intéressant que chacun se retrouve "seul" avec sa part à gérer.

En brut de décoffrage, que chacun s'occupe de ses fesses mentales d'abord, pour voir ce que ça lui fait, indépendamment, de ce que ça provoque chez truc, muche et pouët.

Se recentrer sur soi, pour cerner chacun pour soi ce qu'on souhaite.

C'est très courageux, pas du tout égoïste, au contraire: car se préoccuper d'abord des autres, c'est si intéressant pour ne pas avoir à s'occuper de régler un problème qui nous appartient en propre...

Co-dépendance: comment en sortir, mode d'emploi.

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