Polyamour.info

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Polyamour égocentrisme

Engagement
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Obs (invité)

le vendredi 20 avril 2012 à 09h46

Tout est dans le titre : je parcours en long et en large ce forum depuis plusieurs mois, à la recherche de réponses à les propres interrogation, et un sentiment revient souvent à la lecture de tous ces posts: le poly amour semble une attitude très égocentrique , car face à un mono, nous attendons tous qu'il nous donne "plus" par une démarche d'acceptation ...
Que donnons nous en retour qui puisse le satisfaire et répondre à son amour ? Finalement juste un fragment de nous même ?
Réflexion du matin

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coquelicot

le vendredi 20 avril 2012 à 10h22

Lui donner un fragment de nous meme c est peut etre peu mais c est deja enorme.
Et puis c est mieux que de ne rien donner du tout.
Et finalement poly ou mono on attend toujours plus de l autre que ce qu il peut nous donner.
On ne donne jamais non plus autant que ce que l autre attend.
Quand a l acceptation on est jamais a l abri de ne pas l avoir en totalité.
Tant qu on ne s est pas affirmé en tant que ce que nous sommes ,jamais on ne sera serains et surs de nous.

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Junon

le vendredi 20 avril 2012 à 10h34

Je ne sais pas...le polyamoureux qui ne se "donne" qu'à moitié est-il plus égoïste qui exige la totalité de son amour?
De plus, je n'ai pas le sentiment de n'aimer mes amoureux que de façon parcellaire: je les aime, c'est tout et suis aussi présente, disponible et amoureuse que je le peux. Les seules limites sont temporelles ou géographiques...

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Plusssdamour

le vendredi 20 avril 2012 à 11h07

Obs
le poly amour semble une attitude très égocentrique , car face à un mono, nous attendons tous qu'il nous donne "plus" par une démarche d'acceptation ...
Que donnons nous en retour qui puisse le satisfaire et répondre à son amour ? Finalement juste un fragment de nous même ?
Réflexion du matin

Peut être que nous demandons simplement de l'Amour ! Recevoir et donner de l'Amour, que nous soyons monos ou polys et se donner en entier, est en soi, une acceptation ! pas un fragment de nous même, Entièrement, pour chacun de nos amoureux !
sinon, ou est l'amour ?

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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coquelicot

le vendredi 20 avril 2012 à 11h29

C n est pas suffisant de ne donner que de l amour
il faut aussi se projeter dans l avenir!
Il faut aussi tenir compte de ce que l autre souhaite recevoir de nous,
pas seulement de l amour .
Dire "je t aime" es.t trop simpliste
Il faut s engager et s y tenir.
On peut donner tout ce qu on veut soi meme et ne pas etre en phase avec ce que l autre soiuhaite recevoir.
L acceptation de la difference du percu et du ressenti est un travail de longue haleine
qui ne s acquiere que dans la connaissance de celui qui est en face.
C est un sacré boulot .sur soi deja sur les autres ensuite.........

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LuLutine

le vendredi 20 avril 2012 à 14h22

Pour répondre à Obs, jamais je n'ai autant souffert, je le répète, jamais je n'ai autant souffert de ne pas recevoir ce que j'espérais, que lorsque j'étais exclusive.

Aujourd'hui, j'ai appris que l'amour se reçoit (et se donne) mais ne se prend pas, et qu'on n'a pas besoin d'être fusionnels pour être heureux (surtout pas en fait, car dans bien des cas la fusion dévore les personnalités de l'un et de l'autre, on se fait "bouffer" par la relation et ce n'est pas avoir une vie épanouie que de se laisser "bouffer" ou de "bouffer" l'autre).

Les "mono" ont dans l'idée qu'un polyamoureux donne "moins" parce qu'il n'est pas exclusif. Plus tard, je n'imagine pas donner "moins" à l'un de mes enfants parce que j'en aurai eu un deuxième. Je n'imagine pas, aujourd'hui, donner "moins" à mes anciens amis parce que je m'en fais de nouveaux.

Ce qu'on donne ne se compte pas en temps, en argent ou quelqu'autre quantité limitée.

Pour l'exemple, j'ai un ami ; un de mes meilleurs amis. A une époque, il est parti travailler à l'étranger pendant plusieurs années. Nous nous contactions peut-être une fois tous les six mois ; pourtant, avec internet il aurait été facile de le faire plus souvent. Cependant, je crois que nous n'en avions pas besoin.

Aujourd'hui, nous sommes toujours amis, si l'un appelle l'autre, l'autre répondra à son appel. Lorsque nous nous voyons, ce n'est pas souvent mais c'est toujours avec le même plaisir partagé. Malgré le temps et la distance, je sais que c'est un ami sur qui je peux compter. Lorsqu'un amoureux et moi avons failli nous séparer il y a quelques années, j'ai appelé cet ami et il a été là pour moi. Si je le rappelais aujourd'hui, je sais qu'il serait là aussi et qu'il trouverait une solution pour me consacrer du temps.

Ce que nous nous donnons vraiment, ce n'est ni du temps, ni de l'argent. C'est de l'estime et de la confiance. Ce ne sont pas des quantités limitées. Ce n'est pas parce que j'ai confiance en quelqu'un que je fais moins confiance aux autres. De même pour l'estime.

Aimer, ce n'est pas consacrer chaque instant de sa vie à la personne aimée. D'ailleurs, même les "mono" ne le font pas. Du coup, lorsque j'avais cette vision exclusive de l'amour, j'ai beaucoup souffert de voir que mon amoureux pouvait préférer (par exemple) une soirée avec des potes plutôt que d'être avec moi ! Puis j'ai compris qu'aimer ce n'était pas se consacrer à quelqu'un pendant 100% du temps. Ce n'était pas lui donner 100% de son énergie.

Aimer quelqu'un, c'est l'aimer assez pour ne pas s'oublier soi-même et vivre en lui faisant confiance pour se débrouiller, lui aussi, sans avoir constamment besoin de nous.

Et petit à petit, j'ai compris que l'indépendance affective allait de pair avec un mode de vie plus équilibré et épanouissant pour chacun. Je ne l'ai pas constaté que de mon côté : j'ai été très vite très heureuse de ne pas "enfermer" mon amoureux sous prétexte de relation exclusive. Cela ne lui convenait pas (et ne lui convient toujours pas), il aurait été malheureux, et cela je ne le voulais pas.

Aujourd'hui, je suis indépendante ; j'aime plusieurs hommes mais je ne veux pas être une béquille pour eux. Car cette idée qu'on doit être totalement disponible pour son conjoint, c'est bien cette impression qu'elle me donne : qu'on est juste une béquille, un(e) infirmier(ère) ; mais si l'autre est malade, s'il ne sait pas tenir debout tout seul, ce n'est pas mon "boulot" de le soigner. L'aider oui bien sûr, l'écouter évidemment, mais me substituer ad vitam aeternam à quelqu'un ou quelque chose dont c'est la fonction de lui donner les moyens de se tenir debout tout seul, non certainement pas...

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Clown_Triste

le vendredi 20 avril 2012 à 20h23

*Clap, clap, clap*

(C'est le bruit de mes applaudissements dans le fond de la salle :) )

C.T.

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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coquelicot

le vendredi 20 avril 2012 à 22h28

Lulutine: c est genial!!!

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oO0

le vendredi 20 avril 2012 à 23h43

(+)

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oO0

le samedi 21 avril 2012 à 02h41

Qu'est-ce qui est plus égoïste, vouloir une personne qu'à soi, mais pas à autrui ou plusieurs personnes à soi, mais pas qu'à soi ?

Même si elle permet de retourner le préjugé d'égoïsme des relations exclusives à l'égard des relations non-exclusives, je pense qu'il s'agit d'une mauvaise question parce qu'elle condamne implicitement l'une ou l'autre au nom d'un motif pour lequel ni l'une, ni l'autre ne devrait être condamnée.

Égocentrisme, égoïsme
La condamnation de l'égocentrisme présuppose celle de l'égoïsme, mais qu'est-ce que l'amour sans égoïsme ?

Là où "Je veux" dans la langue française constitue la formule type de l'égoïsme, la langue espagnole dis "Je te veux/Te quiero." pour dire "Je t'aime." Et, à juste titre, s'aimer, c'est se vouloir l'un et l'autre, voire ne se vouloir que l'un à l'autre. Ce qui importe, finalement, en amour, c'est que les personnes veulent l'une de l'autre et ce qu'elles veulent bien l'une de l'autre - question de consentement, mais aussi de sentiment que la langue espagnole a l'art d'allier l'un à l'autre.

Condamner l'égoïsme en amour reviendrait ainsi à lui condamner l'accès à deux de ses dimensions les plus importantes, volitive et affective ou encore, le consentement et les sentiments. Un pure altruisme vierge de tout égoïsme signifierait accepter d'autrui une relation amoureuse dont on ne veut pas, voire dont autrui ne veut pas lui-même histoire que cet altruisme soit aussi pure et vierge de tout égoïsme tant chez soi qu'autrui.

Non, sincèrement, qui voudrait des milles délices de l'amour d'une personne qui se sacrifierait par pure altruisme vierge de tout égoïsme malgré une aversion et une répulsion viscérale pour soi ? (Une Histoire d'O, peut-être.) Quand bien-même ce serait possible, est-ce possible de se sentir aimé d'autrui si autrui ne veut pas de soi, que soi ne signifie rien du point de vue égoïste d'autrui ?

Le plus souvent, pour peu que deux personnes veuillent l'une de l'autre, elles ne veulent pas pour autant la même chose l'une de l'autre et, finalement, s'en veulent autant à elle-même qu'à l'autre. L'égocentrisme, bien compris, permit ici, de se recentrer sur soi, sur ce que l'on veut soi plutôt que de s'en vouloir ou d'en vouloir à l'autre : vouloir autrui tel qu'autrui peut vouloir de soi ou lui en vouloir... ou pas.

À leur manière, "Tu ne me veux qu'à toi, cela me fait souffrir, c'est égoïste." ou encore, "Tu ne veux pas que de moi, cela me fait souffrir, c'est égoïste." condamne tous deux un égoïsme sain qui n'a pas à être condamné davantage que dans "Tu ne veux pas de moi, cela me fait souffrir, tu es égoïste." Oui, cette souffrance est probablement le fait d'un certain égoïsme, mais le condamner, c'est alors condamner ce que chaque personne peut vouloir pour soi indépendamment de ce que les autres peuvent vouloir d'elle, soit condamner la capacité à se centrer et se recentrer sur soi ou encore, d'être soi face à autrui - capacité qu'illustre à sa manière le témoignage de Lulutine.

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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yellow

le mercredi 25 avril 2012 à 21h45

Je lis les messages avec un petit décalage (horaire).
Ce qui est dit plus haut veut-il dire (réflexion que je me suis déjà faite par le passé) que pour être polyamoureux il faut avoir réglé beaucoup de choses (par exemple pour savoir ne pas être la béquille volontaire de quelqu'un, ou inversement)? ça peut intimider vu le boulot que ça représente chez certains (hahum).
Mais ce qui est dit plus haut (notamment les témoignages) veut peut-être dire qu'en s'ouvrant à cette voie du polyamour, on se permet (on en a l'opportunité) de régler beaucoup plus vite que prévu toutes ces choses, parce que c'est nécessaire pour bien vivre le polyamour, se régaler quoi.
Quand j'ai eu plusieurs amoureux, je ne me suis pas sentie égoïste au départ. Ce sont les difficultés (de vivre le polyamour, de s'accorder aux autres, de s'expliquer, de s'interroger..) qui m'ont fait douter du bien fondé de ma position (égoïste?).

Mais je crois dur comme fer que plus on aime, mieux on est, ou mieux on est, plus on aime, là je ne sais pas bien dans quel sens ça marche.... ;)

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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Plusssdamour

le mercredi 25 avril 2012 à 22h17

"Mais je crois dur comme fer que plus on aime, mieux on est, ou mieux on est, plus on aime, là je ne sais pas bien dans quel sens ça marche.... ;)"

Je crois que c'est le premier sens de la marche, "plus on aime, mieux on est".
Aimer donne des ailes à notre vie et aimer en double ou plus, donne un sens à notre quotidien, nous apporte plus d'amour, reçu et donné, de liberté, de partage, de bonheur.............
Dans l'autre sens, déjà, passer par toutes les étapes de la construction et de l'acceptation du polyamour par nos conjoints monos, faire comprendre ce qu'est le polyamour, faire taire la jalousie, la peur de perdre l'autre, comprendre nous même l'autre, est un long chemin .............
Quand on a compris, alors là, oui .........mieux on est, plus on aime ............

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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oO0

le jeudi 26 avril 2012 à 01h14

Perso, c'est la présence de personne réelle en face de moi qui apaise tous mes doutes, même si je ne doute pas une seule seconde d'être passé en bonne partie à côté d'elles, mais c'est la richesse de la réalité, de personne en chair et en os pétries d'émotions.

We have tried, we try and we will try...

... with lot of mistakes, sometimes creatives mistakes :P

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Obs (invité)

le jeudi 26 avril 2012 à 17h45

Je crains que toutes ces réponses ne font qu'alimenter la conclusion que le polyamour est égocentrique: Au final, toutes les interventions finissent par parler de "moi moi moi moi" avec des justifications plus ou moins bancales sur "ne pas être la béquille de l'autre" , "aimer ce n'est pas consacrer chaque instant de sa vie à la personne aimée" (comment en être si sur ? ) , "on a pas besoin d'être fusionnel pour être heureux" (et si on veut être fusionnel pour être heureux ?) ....

Beaucoup de vérités énoncées auxquelles on peut opposer tout autant de contre vérités... mais toujours ce "moi moi moi" ou "moi je" qui prédomine.......

Je suis le seul à qui cela saute au yeux ?

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Plusssdamour

le jeudi 26 avril 2012 à 18h13

"Je suis le seul à qui cela saute au yeux ?"

Non, obs, tu n'es pas le seul !
Il y a longtemps que je l'ai remarqué, mais je ne dis rien !
J'aime consacrer chaque instant de ma vie à mon amoureux, mon deuxième amoureux, je viens de le rencontrer et nous en sommes encore aux balbutiements du début d'une relation, mais je sens que quelque chose de beau peut en sortir !
Quand nous nous connaîtrons mieux, j'aimerais passer de beaux moments avec lui aussi !

Ne pas penser qu'a soi, ne pas être égoiste, écouter les désirs de l'autre, c'est la base de l'amour et du partage, c'est ainsi que je le conçois !

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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LuLutine

le jeudi 26 avril 2012 à 18h48

Obs
Au final, toutes les interventions finissent par parler de "moi moi moi moi"

Il y a autant de polyamours que de polyamoureux, il est donc naturel que chacun te donne son expérience : c'est quelque chose de concret dont il peut parler, pas une vague généralité qui ne repose au final sur....rien ! (du moins, sur rien de généralisable)

Tu viens sur ce site, il est naturel que tu obtiennes des points de vue polyamoureux. Comme le dit si bien Françoise Simpère - et je suis d'accord avec elle - certaines personnes sont parfaitement heureuses en "monoamour", et nous sommes très heureux pour elles et souhaitons qu'elles le restent ! Le polyamour n'est pas fait pour tout le monde !

Simplement - c'est peut-être un biais dû aux personnalités dont j'ai tendance à tomber amoureuse, et je ne le nierai pas - j'ai souvent l'impression - dans mon vécu, qui est la seule chose valable dont je puisse parler et c'est pourquoi j'emploie naturellement le "je" - que cet "argument" d'égocentrisme ou d'égoïsme m'est donné par des personnes qui ne savent pas s'occuper d'elles-mêmes et cherchent en permanence une infirmière pour rester sans condition à leurs côtés,....mais ne sont pas aussi souvent (attention, je n'ai pas dit "jamais" hein !) prêtes à faire le même "sacrifice" pour moi (quand on parle de réciprocité !).
D'où mon sentiment d'être une simple béquille. Non pas que je n'ai eu aucun retour de ces personnes, mais ce qui est sûr c'est que je n'ai pas eu le sentiment d'avoir autant de retour que ce que je donnais - on croit souvent que je donne de bonne grâce car je ne me plains que lorsque je suis au plus bas, mais je suis capable de beaucoup de sacrifices faits en silence, que du coup les autres ne remarquent même pas...

Aujourd'hui, je ne veux plus d'une relation fusionnelle, je veux une relation avec une/des personne(s) bien dans sa/leur peau et qui n'a/ont pas besoin que je sois à sa/leur disposition. Qui peu(ven)t se débrouiller sans moi un soir même si elle(s) espérai(en)t ma présence à ses/leurs côtés (me débrouiller sans l'/les autre(s), chose que j'ai dû faire si souvent alors que j'étais exclusive, et que bien sûr je fais très souvent depuis que je suis PA, mais sans énorme difficulté car depuis j'ai appris à m'occuper - un peu - de moi-même).

Cela ne signifie en aucun cas que je ne tiens pas compte d'elles, de leurs ressentis et de leurs besoins éventuels : bien au contraire, les gens qui me connaissent bien me reprochent de faire TROP attention aux autres et de ne pas m'occuper assez de moi !!! (Il n'y a pas que des poly parmi ces gens, je précise !) Mais tenir compte des besoins de l'autre, ce n'est pas non plus dire "amen" à tout au point de s'oublier....il y a un juste équilibre. Les polyamoureux ne sont pas des gens qui ne font pas attention aux autres, bien au contraire ce type de relation nécessite bien plus de dialogue et d'attention qu'une relation exclusive - du moins, de l'aveu de ceux qui sont passés de "mono" à "poly" !

Obs
"aimer ce n'est pas consacrer chaque instant de sa vie à la personne aimée" (comment en être si sur ? ) ,

Entre polyamoureux, la question de la définition d' "aimer" est quelque chose qui revient de temps en temps. Je crois que pour la plupart, nous acceptons le fait que si quelqu'un dit qu'il nous aime, alors il nous aime. Peu importe que ça revienne pour lui à nous consacrer une minute, une semaine, un mois ou douze mois par an...
Donc oui, ma définition est personnelle, mais il n'y a pas de définition universelle du verbe "aimer", et ma définition est partagée par je crois de nombreux polyamoureux (d'après les discussions que j'ai pu avoir avec eux). De plus, après discussion avec de nombreux monogames - en fait TOUS les monogames avec qui j'en ai parlé - ils partagent également ce type d'analyse (la plupart d'entre eux, bien qu'exclusifs sexuellement et - dans la mesure du possible - sentimentalement, n'imaginent pas ne pas avoir au moins un peu de vie "pour eux", sans leur partenaire !)

Obs
"on a pas besoin d'être fusionnel pour être heureux" (et si on veut être fusionnel pour être heureux ?) ....

Si tu veux être fusionnel, libre à toi ; comme le répètent Françoise Simpère et de nombreux polyamoureux, on n'a jamais dit que tout le monde devait être poly et que personne ne devait être fusionnel !
Le fait est que de nombreux exclusifs ne sont absolument pas fusionnels et que ça ne choque personne, et que pour être poly alors là il est carrément impossible d'être fusionnel, sauf à être fusionnel à plusieurs (ce qui me semble, en pratique, devoir être extrêmement rare, ou alors à durée très limitée ; d'ailleurs ce forum et d'autres en contiennent quelques exemples).

Obs
Beaucoup de vérités énoncées

Pas de vérités absolues (ça n'existe pas de toute façon, on n'a pas l'intention de relancer le débat sur les poly-AOC - c'pas les amis ^^ ?), simplement des témoignages.

Je pensais que ta venue ici résultait d'une volonté de comprendre le point de vue de polyamoureux. Si je me suis trompée, je m'en excuse. Si je me suis mal exprimée concernant le fait que c'était un témoignage et pas une vérité absolue (qui je le répète n'existe pas), je m'en excuse également.
Depuis le temps que je viens sur ce forum, il est si communément et implicitement admis parmi les membres que chacun ne peut que présenter un témoignage, et ne peut en rien proposer des règles ou vérités absolues, que j'ai omis de le préciser (bien que l'emploi du "je" soit, comme tu le signales, un marqueur explicite qui identifie mon intervention comme témoignage personnel et non comme vérité absolue ! :) ).

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Obs (invité)

le jeudi 26 avril 2012 à 21h02

Je crois que j'ai pris beaucoup plus de recul au final, je vais mettre un terme à ma participation à cette discussion.... Trop d'évidences me sautent au yeux en ce moment, je ne cherche pas à convaincre, en revanche vous m'avez apporté confirmation de ce que je devinais déjà depuis longtemps...

Juste un point sur "Tu viens sur ce site, il est naturel que tu obtiennes des points de vue polyamoureux. Comme le dit si bien Françoise Simpère - et je suis d'accord avec elle - certaines personnes sont parfaitement heureuses en "monoamour", et nous sommes très heureux pour elles et souhaitons qu'elles le restent ! Le polyamour n'est pas fait pour tout le monde !"....

Simpère se contredit ensuite dans son livre en pointant du doigt le fait que les amours "monos" sont en échec.... (oui je lis aussi).... Si j'adhère a la philosophie que prône Saint-Père (oui oui je sais) , en revanche je n'adhère pas du tout à ses écrits qui, lus avec un peu de distance, sont remplis de contradictions... Ne pas confondre polyamour et les gens qui se sont construits émotionnellement en dehors d'eux-même.

Enfin je dis ça, je ne dis rien :) Merci à vous en tout cas pour votre participation, elle m'a finalement été bien utile..... J'attends un prochain café pour rencontrer certains d'entre vous.... Au plaisir. (PS: j'existe ici sous un pseudo enregistré, mais je ne voulais pas trainer le passif d'interventions précédentes, et je souhaitais qu'elle soit le plus anonyme possible)

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oO0

le jeudi 26 avril 2012 à 22h22

En ce qui me concerne, va pour égocentrique. Je vais même mettre volontiers de l'eau à ton moulin.

Bruckner - Le Paradoxe Amoureux
On a daubé sur le tandem Sartre-Simone de Beauvoir, on a critiqué leur pacte inaugural, leur distinction entre amours contingentes et amours nécessaires [...] Simone de Beauvoir l'a reconnu elle-même : "Il y a une question que nous avions étourdiment esquivée : comment le tiers s'accommodait-il de notre arrangement ?"

Même si j'ai défendu l'égoïsme et l'égocentrisme, je n'en crains pas moins autant l'égoïsme et l'égocentrisme pure que l'altruisme pur, voire plus. L'extrait que j'ai choisi présente l'une des situations où se manifeste cette crainte. Pour le reste, je trouve dommage que tu te sois arrêté à leur condamnation facile.

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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kerdekel

le jeudi 26 avril 2012 à 22h51

Tout d'abord, je vais te le dire comme je le pense Obs, j'ai l'impression que tu souffres du polyamour. Celui-ci ne semble pas fait pour toi, et personne n'implique que c'est un mal. Si une personne le fait, ne l'écoute pas. Ce n'est pas grave d'être poly, ce n'est pas grave de ne pas l'être.

Cependant, et ne le prends pas mal, si je vois de l'égocentrisme, c'est bien chez toi en fait. J'ai l'impression que tu ne lis pas vraiment les gens, et que quand tu le fais, tu interprète mal, des choses, des propos pourtant simples à comprendre.

Maintenant, je vais te dire quelque chose. J'ai toujours été poly. Ici, je suis le grand méchant loup et je montre mon aspect d'ogre, en tant que modo.
Mais en réalité, j'ai le cœur sur la main. Maintes personnes me l'ont brisé et re-brisé. Mono comme "poly" d'ailleurs.
Mais je continue quand même à garder mon cœur sur la main, à faire confiance.
Mes amoureux sont loin sauf un, mais quand je vois chacun d'entre eux, je suis entière avec eux, voire fusionnelle.
Concrètement, je suis capable (et l'ai déjà fait) de me foutre à découvert pour leur offrir quelque chose.
Je me suis déjà usé la santé pour eux. Récemment, alors que j'ai une sciatique chronique et que ce jour, là, je marchais difficilement, mon ami avait égaré sa carte d’électeur, j'étais prête à me taper le transport (il a refusé et s'est arrangé finalement) juste pour l'aider à la chercher.
Je peux mourir pour mes amoureux, et surtout, je peux souffrir pour eux.

D'une manière générale dans la vie, c'est pareil. Mon métier, c'est chargée de support. Tu sais ce que c'est ce métier ? Je parle pas de hotline hein, je parle de Support. Les gens m'écrivent, m'appellent, paniqués pour certains, et moi, je les assiste, je les aide.
Je le fais pas par défaut ce métier, je le fais par choix. Si j'étais égocentrique, ou encore égoïste, je me dirai "qu'est-ce que j'en ai à foutre, qu'ils se démerdent!" Mais non, je suis là pour leur filer un coup de main, pour les débloquer, et c'est le meilleur aspect de mon métier. Et j'excelle dans ce métier. Parce que je montre une réelle empathie pour ça, je ne suis jamais centrée sur moi.
Mieux. Mon profil, je vais te le dire, vaut minimum 1700/1800 net dans le privé (mais je pourrai demander plus). J'aurai pu continuer à chercher dans le privé. Mais j'ai choisi de m'orienter vers le Public. Là, je vais gagner 1100/1200€, ce qui est honnête en ce moment, ce qui me permettra de payer les factures et le pain, mais c'est bien en deçà de ce à quoi je peux prétendre. Mais non, j'ai bien choisi le Service Public. L'ambiance est bonne, j'aime aider le type d'utilisateurs qui m'appellent, à qui je n'ai d'ailleurs rien à vendre (et ça j'adore, je suis vraiment là pour les assister, je n'ai pas "d’intérêts perso" là dedans). Si mes supérieurs me le permettent, je resterai.
Avant de trouver ce boulot, j'étais au chomdu, je me sentais inutile. Et ça allait jusqu'à me sentir mal de recevoir des indemnités (alors que pourtant j'étais en recherche très active) et "d'embêter l'Etat et les gens de Pôle Emploi".
Le sentiment d'inutilité, c'est quelque chose qui a manqué me tuer (non je ne plaisante pas, je suis bipolaire) plusieurs fois ces derniers mois. Ce qui me maintient en vie, c'est d'être utile aux gens, de pouvoir les aider.
Et toi, c'est quoi ton histoire ? C'est quoi ton métier ? Quelle fait de grandeur d'âme, d'altruisme apporte-tu quotidiennement ?

Je suis beaucoup de choses, j'ai des défauts oui. Mais l'égocentrisme, l’égoïsme, n'en font surtout pas partie.
Que tu souffres du polyamour, je peux le comprendre. Que tu cherches à en parler, aussi.
Mais venir ici, traiter les gens comme moi, d'égocentriques, sans même lire les preuves du contraire que certains t'apportent (lira-tu seulement mon ticket...) , c'est insultant, c'est blessant, c'est faire preuve d'un manque d'empathie absolument crasseux et flagrant et ça fait de toi une personne vraiment pas gentille (et complètement à côté de la plaque).

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PolyEric

le vendredi 27 avril 2012 à 00h28

Il est possible aussi que le "moi je" que l'on retrouve effectivement souvent sur ce site, soit une sorte de protection.

Il faut voir que les poly sont souvent attaqués personnellement, et non pas sous forme de communauté. La société ne critique pas "les polys", mais une telle est traité de pute, et un tel est traité de salaud. Ce sont donc des attaques personnelles qui mettent en cause le "moi".

Dans un premier temps, la culpabilité s'invite dans notre cerveau, s'intègre au "moi" (les psys appelle ça le surmoi). La culpabilité (le surmoi) essaye alors de supplanter le moi, de le faire plier pour le rendre conforme aux attentes de la société. Autrement dit, le moi est attaqué de l'intérieur.

Une réflexion interne s'engage et effectue un tri, et finit par rejeter la partie débile du surmoi. Le moi est alors renforcé, et repose désormais sur des bases conscientes qui peuvent alors s'affirmer pour réagir aux attaques de la société. C'est ainsi que le "moi je" est finalement, l'affirmation d'un moi qui a été attaqué et qui affirme qu'il ne se laissera pas marché dessus. Le moi est ainsi protégé. C'est un peu le même effet qu'une psychanalyse. On remarque souvent que les personnes psychanalysées, ont un fort "moi", ou plutôt, un "moi" déculpabilisé. c'est à dire, qu'on entend dans l'affirmation de leur "moi", la trace d'une attaque qui a fait mouche, que le "moi" a été retaillé, revu et corrigé, puis revivifié sous forme d'une affirmation proéminente pour bien montrer qu'il est revenu et qu'il ne se laissera plus abattre (il montre ses muscles pour faire peur aux agresseurs).

Par ailleurs, il faut comprendre que la société accepte assez bien les parcours privés atypiques. Par suite, il est plus facile de se faire accepter par la société, en disant "moi je" qu'en tenant un discours qui englobe tout le monde. Les gens pensent "ah, ce n'est que lui ? Alors pas de danger, on est OK avec tout, pourvu qu'on ne me demande rien".

Par exemple, si je dis : "le mono-amour fait des ravages, il vaut mieux opter pour le polyamour", je vais avoir plein de problèmes avec plein de gens, alors que si je dis : "moi, le mono-amour a fait des ravages dans ma vie, je pense qu'il vaut mieux que j'opte pour le polyamour", ça passe comme une lettre à la poste. Et la lettre passe d'autant mieux à la poste, que le "MOI JE" est affirmé avec force, d'un air de dire "le premier qui me cherche va se prendre dans la gueule l'argument massue, qui veut que la liberté individuel doit être respecté". On passe toujours pour une pute ou pour un salaud au yeux de beaucoup de gens, mais au moins, on nous fout la paix.

D'où la recrudescence du "moi....je..." dans le parlé polyamoureux, sans compter que même au sein des poly, ce discours passe beaucoup mieux car aucun poly ne se ressemble. C'est ainsi que le "moi je" permet indirectement de se reconnaître des points communs dans un océan de différences. "Moi je suis poly comme ceci", "Moi je suis poly comme cela", signifie en fait, "nous sommes tous poly", et ce ne sont pas nos différences qui vont nous séparer.

On peut même considérer que le point commun essentiel des poly, est qu'ils acceptent et cultivent leur différence. Ils nous disent "je suis un poly qui fonctionne différemment des autres polys, donc je suis un vrai poly". C'est une sorte d'extension de ce qui se passe par rapport à la société. Un "poly" est en effet une personne pas comme les autres dans la société, il est différent, et l'affirmation de cette différence a bizarrement pour effet de le rapprocher des autres personnes "différentes". On observe alors le regroupement des "gens différents". Si tu réunis des collectionneurs de voitures, chacun va frimer avec sa propre voiture en insistant sur le fait qu'elle est spéciale. ben là, c'est pareil. Chacun frime avec ce qu'il a de différent (son moi je), c'est ce "moi je" qui lui permet de s'intégrer au groupe, de se fondre dans la masse.

A la fac (quand j'étais jeune), mon voisin de chambre, appelait cela de la "dialectique".

Bref, ce que je veux dire, c'est qu'il faut chercher derrière le sens apparent des mots, pour les comprendre.

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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