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Polyamour sans couple, sans relation centrale/primaire

Engagement
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lam

le samedi 19 mai 2012 à 16h12

Salut à vous.

Sur ce site il y a beaucoup de discussions concernant les relations polyamoureuses de personnes qui fonctionnent sur une base de couple.
Ce n'est pas mon cas.

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J'ai plusieurs relations de plusieurs natures, et surtout avec des fréquences où "on se voit" qui varient pas mal. Ce qui me parait différent de ce que beaucoup racontent ici c'est que je n'ai pas de compagne/compagnon du quotidien, ni même de personne avec qui on aurait un emploi du temps fixe pour se voir. Dans certaines relations c'est clarifié que si on ne construit pas de projet de vie, on construit déjà une relation de nature amicale et sexuelle; dans d'autres c'est d'abord on est ami-e-s et l'option sensualité/sexualité est vraiment en option 'ca peut/pourra arriver ou re-arriver'.

Comme tout mode de fonctionnement, il présente à la fois des limites et des avantages. Je ne cherche pas à dire c'est mieux ou moins bien, juste à partager sur les spécificités liés aux relations polyamoureuses non couplesques.

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Par exemple je trouve que ça demande de communiquer beaucoup parce que rien ne 'va de soi'. A chaque fois que je croise un-e amieamant-e tout est renégociable et à redéfinir: quelles sont les envies, on en fait quoi?

Je trouve ça difficile (impossible?) du coup de relationner avec des personnes qui n'ont pas ou peu envie de mettre des mots sur ce qui leur arrive, sur leurs besoins affectifs...

Dans les périodes où je suis un peu plus fragile affectivement c'est parfois dur de ne pas projeter mes besoins affectifs sur les amieamant-es que je croise.
C'est parfois difficile de dire à quelqu'un-e combien ille compte pour moi (parce que c'est souvent interprété comme un truc engageant) alors que pour moi c'est important.

C'est pas toujours simple de créer de la confiance dans ces amitiés amoureuses, et il m'en faut une satanée dose avant de pouvoir me laisser aller un peu à faire glisser la carapace du "je vais bien, je gère". Et pourtant des fois elle gratte cette carapace et parfois j'aurais bien besoin d'une discussion câlin pour apaiser la démangeaison.

Parce que même si les ami-e-s sont très important-es dans la satisfaction de mes besoins affectifs, certains ressentis se partagent différemment quand il y a de la sensualité, de l'intimité physique dans l'échange.
C'est peut-être aussi ce truc d'auto-protection (blindage du type: attention les relations psychoaffectivosexeuelles ça peut faire mal) qui fait que c'est pas simple?

Il y a aussi le coté chouette de je gère ma solitude et je m'en sors sans base affective fixe au quotidien, je tiens debout toute seule etc. et parfois le revers de 'je rentre chez moi et je voudrais bien que quelqu'un-e m'attende parce que là tout de suite c'est pas la méga patate', ou bien 'je les aime bien toutes ces gentes en couples mais ce qu'elles me renvoient sur leur stabilité affective m'oppresse un peu' ...

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Comme des fois je me sens seule dans ma manière de vivre le polyamour, hop voilà je lance un appel pour voir si d'autres avancent, rament et dérivent dans la mer mouvante des amours non hiérarchisées.

Et si je que je raconte vous évoque des trucs, au plaisir de vous lire.

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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Apsophos

le samedi 19 mai 2012 à 16h22

Je dérive de manière stationnaire dans une pseudo-solitude non-hiérarchisée, ça compte ?

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lam

le samedi 19 mai 2012 à 16h42

Apsophos
Je dérive de manière stationnaire dans une pseudo-solitude non-hiérarchisée, ça compte ?

bien sûr. pas besoin d'actions concrètes pour s'autodéfinir!

Par exemple, pour des raisons similaires je refuse de justifier ma bisexualité par des faits, exemple "oui j'ai des relations avec des meufs et des gars, et non je refuse de te décrire mon actualité amoureuse dans le détail car tu risques fort de me faire entendre une énième fois des considérations pourries du genre 'ah mais si t'as pas de relations avec un gars/une meuf en ce moment c'est que t'es lesbienne/hétéro'.

bref, c'est nous qu'on choisi ce qu'on est, non?

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Lilly

le samedi 19 mai 2012 à 16h51

Merci ! Plein de choses là-dedans qui me :-) et me (+) . Pas trop l'temps de développer dans l'immédiat mais je reviendrai bientôt avec de belles longues phrases pleines de vrais mots.

Une citation, parce que je suis retombée dessus l'autre jour et que ça m'a fait tilt...

Corinne Monnet, À propos d'autonomie, d'amitié sexuelle et d'hétérosexualité

"Le propre de la monogamie est que chaque couple en fixe les limites, pourvu qu’elles existent. Dans le cas par exemple où un couple décide de donner la possibilité à chaque partenaire d’avoir des aventures sexuelles sans lendemain ou tout du moins sans affectif, il s’agit pour moi d’une non-monogamie sexuelle (comme il peut y avoir une non-exclusivité amicale, ou de vacances... mais ce sur quoi porte la liberté octroyée est bien nommé) ? ; les limites à d’autres relations étant bien présentes, la monogamie sévit toujours même si elle peut paraître moins rigide. La non-monogamie responsable ne pose donc aucune limite, et les diverses relations, bien que nécessairement différentes grâce à la singularité des individues, ne sont pas hiérarchisées en ordre d’importance, du style « nous vivons d’autres relations tant qu’elles ne mettent pas la nôtre en danger ». Ce n’est pas une relation en cours qui décidera du contenu de ce que je vivrai avec une autre personne, quel qu’en soit ce contenu."

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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Popol (invité)

le samedi 19 mai 2012 à 18h10

Ben moi, j'ai un chat à la maison, quand je rentre des fois il est là, des fois pas, mais il finit toujours par revenir en quête de câlins, de bouts de jambon, de fromages divers, de trucs avec du beurre dedans. Il a même appris à miauler, c'était pas gagné pourtant. On communique, quoi.

Des jours il me colle, il me suit partout... des jours pas.

C'est quand même pas mal, pour ces moments que tu décris, lam.

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Alys

le samedi 19 mai 2012 à 23h17

Ce que tu écris, Iam, fait tout à fait échos à ce que j'aimerais réussir à vivre. Mais cela demande, en plus des capacités de communications que tu évoques, une grande autonomie et une bonne dose de confiance en soi, non ? Quoi qu'il en soit : Iam, tu es loin d'être seule dans ton cas. Et ce choix de vie relationnelle n'implique pas forcément la solitude, ni dans la vie quotidienne, ni dans la vie affective.

Quant à toi, Lilly, c'est assez drôle que tu cites le texte de Corinne Monnet, je viens tout juste de le découvrir. La phrase que tu mets en évidence avait aussi fait "tilt" dans ma petite tête.

Je ne m'étendrai pas plus ce soir sur le sujet, je ne serais bonne à rien d'autre qu'à vous répéter, il faut que les réflexions évoluent encore en moi.

Merci à vous deux. =)

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lam

le dimanche 20 mai 2012 à 02h25

Merci :-)

C'est bien de Corinne Monnet que je tiens cette expression d'"amitié sexuelle". Elle a aussi écrit un texte hyper intéressant sur "La répartition des tâches entre les femmes et les hommes dans le travail de la conversation" et co-publié un recueil de textes " au delà du personnel" qui traite entre autres de non monogamie responsable qui est épuisé mais disponible en ligne, et dont on avait discuté là.

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aparté d'une fille en pétard (invité)

le dimanche 20 mai 2012 à 08h49

Je trouve curieux que ce soit le temps de parole qui soit automatiquement valorisé, et pas la capacité à écouter: le silence est tout sauf passif, tout le monde sait bien ce qui brasse dans sa tête pendant ce temps!

Je trouve très orienté de parler dès l’intro de la prise de parole comme de la mise en évidence de la domination masculine : un silence peut être très puissant, riche, et aussi déstabilisateur, voire destructeur. Mais je comprends qu'on ne le relève pas: s'il est réputé féminin, ça fait pas trop le beurre des supposées victimes.

Je trouve très curieux de se centrer plus sur le temps de parole que sur son contenu, d’autant plus que le discours de Monnet relève le genrage tout en s’appuyant sur lui ensuite.

Ras-le-bol de ce genre d’articles qui pose encore une fois, en Sauveteur indécrottable, de pauvres Victimes-à-seins en face de Persécuteurs-à-couilles.

C’est pas bientôt fini de perpétuer le clivage, sous prétexte de vouloir le gommer ?

C’est du misérabilisme, à la fin…

La culture est pas téroche ? Oui, comme toutes les cultures, ça évolue, mais avec des papiers comme celui-là, je trouve justement que le processus de dégenrage est freiné, comme si c'était toujours "les autres" qui devaient faire la prise de conscience... qu' "on a bien raison de penser ce qu'on pense, quand on voit ce qu'on voit et qu'on sait ce qu'on sait".

Prenez la parole, au lieu d'attendre les changements chez l'interlocuteur, donc de rejeter la faute en entier sur lui!

Changez le cœur du problème : mettez les rancoeurs dans pertes-et-profits, une fois pour toutes !

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(compte clôturé)

le dimanche 20 mai 2012 à 21h05

Salut Iam,
Je suis un peu dans la même situation que toi. Je n'ai pas de couple établi mais je suis dans des relations. Ce n'est pas évident de trouver un équilibre, ne pas choquer les gens (ah bon t'as pas de mari?), concilier l'emploi du temps et les relations, rester honnête et tout ça.
Je te rejoints sur la confiance, c'est très loin d'être un modèle rassurant... Bien que, si on trouve la ou les bonnes personnes ça permet d'être libre et en accord avec soi même.

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Lunar

le lundi 21 mai 2012 à 00h14

Merci lam de poser quelques mots sur ce qui fait que je me sens parfois très étranger à beaucoup de messages que je lis par ici.

Dans l'envie de sortir du schéma du couple se trouve pour moi quelque chose comme l'envie d'accepter la liberté des autres et d'embrasser la sienne. Le fil sur lequel fait l'équilibre est toutefois bien étroit. Dans ce monde qui nous répète à tue-tête que la réussite, c'est bien de faire «  ce que je veux », quitte à écraser, dominer ou faire soufrir les autres, il n'est pas facile de conjuger ses libertés tout en prenant soin de tout le monde. Mais je persiste à croire que l'équilibre existe…

Même sans être en couple, il est possible de considérer des gens comme important dans sa vie, de tenir à elles et à eux. Il est même possible de leur dire. Et plutôt je considère que c'est chouette de le faire. Ça peut leur faire peur, mais ça leur donne les billes pour faire plus attention…

Pour les moments «  j'aimerais bien que quelqu'un·e soit là quand je rentre », vivre à plein, ça aide beacuoup. Pas forcément avec des amant·e·s ou ses ami·e·s les plus proches (peut-être que c'est même mieux que ce ne soit pas le cas : le quotidien, c'est des relations bien particulières), mais les solidarités de tous les jours, c'est effectivement précieux…

(Bon, par contre, quand un·e colloc disparait pour plonger en plein dans une relation de couple… c'est pénible à vivre, mais c'est un autre sujet.)

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lam

le lundi 21 mai 2012 à 10h02

Hé, c'est chouette vos témoignages.

Sur la confiance en soi et l'autonomie....
C'est sur qu'il en faut une dose, comme il en faut pour vivre toutes relations (poly)amoureuses. Là où je trouve que c'est différent sans "relation centrale" c'est la confrontation quotidienne avec le coté éphémère et transitoire des choses.
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Je me dit que si tu te construis autour d'une relation centrale, il faudra pas moins de courage, d'autonomie ou de confiance en soi le jour où, pour une quelquonque raison, cette relation faiblit, s'arrête et ne te sert plus d'appui. Comme en marchant sur le fil: si tu te tiens à l'arbre c'est au moment où tu laches l'arbre que tu fais l'effort d'équillibre pour tenir; si tu ne tiens pas l'arbre c'est directement en montant sur le fil qu'il faut tenir. L'une et l'autre option sont autant difficiles.
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Comme si de ne pas avoir de centre me mettait plus au milieu des éléments, me forçait à trouver des bases en moi surtout, et finalement même si c'est venteux parfois je crois que cette confrontation me plait. Ca rejoins pour moi des bases de "spiritualité perso" où mort et vie s'entrelacent en permanence dans un baiser sans fin.

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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lam

le lundi 21 mai 2012 à 10h09

Sur la vie collective...
Pas le temps de m'attarder trop mais je suis hyper d'accord avec toi Lunar. Sur l'importance de la sphère amicale, et de celle du quotidien - elles se recoupent parfois pour moi. Vivre à nombreuses-x c'est vraiment important dans mon équilibre. Et justement ça me permet de relativiser et voir les relations en fonction de ce qui est partagé (petit jeu: en fonction de chaque relation, choisis un ou plusieurs items dans la liste - et rajoutes-en!):
affection, logement, caresses, affinités politiques, sexe, vielles blagues pourries, larmes qui font du bien, projets de vie, petits dèj la tête endormie, câlins, repas, délires, véhicules, sensualité, casseroles, discussions intimes, ...

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Popol (invité)

le lundi 21 mai 2012 à 10h17

Tout-à-fait, et c'est même plus gratifiant que de se questionner sur une difficulté à aller plus loin avec une personne particulière.

Ca dépend essentiellement de rencontrer, ou non, LA personne qui va être si particulière que la relation avec elle mérite d'être propulsée au premier rang.

C'est juste que c'est... comme ça, et puis c'est tout. Au pire,on pourrait dire que ton système relationnel actuel te tient plus en sécurité affective qu'un autre... tant que tu y retrouves tes billes, tout va bien.

D'où la difficulté à ne pas se laisser envahir par les souhaits, les désirs de personnes que ça ne regarde pas. Qui regrettent peut-être de ne pouvoir s'octroyer la liberté que tu t'attaches à vivre, bien plus qu'elles ne se soucient de ton bien-être...

Je repense à ce que j'ai entendu l'autre jour au sujet du couple Cassel/Bellucci: ni l'un ni l'autre ne se sentait spécialement mono jusqu'au jour où ils se seont rencontrés.

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Lunar

le lundi 21 mai 2012 à 10h43

Popol
Ca dépend essentiellement de rencontrer, ou non, LA personne qui va être si particulière que la relation avec elle mérite d'être propulsée au premier rang.

C'est juste que c'est... comme ça, et puis c'est tout. […]

Non, non, non ! C'est entièrement construit, ça, comme envie ! *colère*

C'est justement parce que certaines personnes pensent exactement comme ce tu écris que c'est d'autant plus difficile pour nous. Savoir qu'elles sont capables de tout balancer pour LA soi-disante personne, ça aide pas à sentir ses relations comme solides… Elle n'existe pas LA personne si particulière. Par contre, toutes les personnes qui sont «  si » particulières pour me donner vraiment envie de passer du temps avec elles sont belles en biens dans ma vie, et je tiens à elles !

Parfois j'ai même l'occasion d'en rencontrer de nouvelles, et il faut simplement trouver une petite place pour nos envies mutuelles. Ça se fait plutôt bien, en général.

En tout cas, il n'est pas question qu'une relation, nouvelle ou pas, vienne bousiller toutes les autres qui peuplent (avec joie et tendresse, entre autre) mon existence.

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Popol (invité)

le lundi 21 mai 2012 à 12h58

Si, si et ...si. :-) GROSSE COLERE!!!

Tout peut arriver dans la vie, dans ta vie et dans la vie des autres, que tu le veuilles ou non.

Je trouve que tu as un sacré culot d'écrire ça... Que tu puisses dire à ton propre sujet que c'est "construit", bien, ça t'appartient,c'est ce que tu t'es construit, toi-même, comme valeurs personnelles. Mais n'en fais pas une généralité, de ton cas particulier, puisque ça peut arriver aux autres, ce que tu nies...

Si quelqu'un pense ça, et que ça ne te convient pas, c'est ton problème d'arriver à envisager cette liberté-là pour autrui.

Ma parole, c'est la police de la pensée... tu as lu "1984" de Georges Orwell?

C'est ton problème aussi d'encaisser que certains puissent préférer le monoamour, et c'est ton problème de te maîtriser devant l'inéluctable: que chacun est différent, et que tu n'as pas à dicter ta loi.

Et qu'un polyamoureux puisse, à un moment de sa vie, tomber en effet sur quelqu'un qui lui paraîtra the "number one".

Ca arrive même aux meilleurs... et une autre réalité incontournable, que j'ai vu passer sur le site québecois, c'est que l'un des administrateurs, polyamoureux de la première heure, se résolve au monoamour parce que sa compagne en souffrait trop.

Réveille-toi, c'est urgent! Et prends tes gouttes contre l'intolérance, il semble que tu aies largement laissé passer l'heure du traitement :-)

"En tout cas, il n'est pas question qu'une relation, nouvelle ou pas, vienne bousiller toutes les autres qui peuplent (avec joie et tendresse, entre autre) mon existence.

Mais c'est tout ce qu'on te souhaite: que tu vives tes histoires et que tu laisses vivre aux autres les leurs.

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mHysterie

le lundi 21 mai 2012 à 14h10

Essayons de démêler tout ça.

Dire qu'un désir (ici, le désir de couple / avoir une relation hiérarchiquement au dessus des autres) est construit socialement, c'est-à-dire que toute la société (l' Etat en instituant le mariage, le pacs, etc.) et les média-polices de la pensée (musique, cinéma, TV, publicité, etc.) s'y mettent pour nous construire une envie de couple (c'est le minimum pour fonder une famille nucléaire individualiste), c'est juste dire que ce désir est construit socialement. Et, ce n'est pas forcément nier qu'après prise de conscience de cette norme sociale, le choix de ce modèle relationnel puisse nous convenir (à un moment donné dans notre vie ou dans toute notre vie). Pour que cette liberté en soit réellement une, cela nécessite une prise de conscience, donc.

Dénoncer les limites du modèle couple (notamment, celle de relativement isoler les individus les uns des autres, en empêchant la création de liens solides entre de nombreuses personnes), et montrer d'autres façons d'envisager les relations, ce n'est pas l'imposer aux autres et faire preuve d'intolérance.

Après, qu'on fonctionne ou non sur le modèle couple et quelle que soit notre philosophie relationnelle, j'ai quand même l'impression qu'on est très nombreux·ses à avoir envie (désir construit ou non) d'être en relation avec quelqu'un·e qui soit en mesure de nous comprendre sur de nombreux plans en même temps, non ? Tu aurais l'impression d'y échapper Lunar ?

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Lunar

le lundi 21 mai 2012 à 14h24

mHysterie
Après, qu'on fonctionne ou non sur le modèle couple et quelle que soit notre philosophie relationnelle, j'ai quand même l'impression qu'on est très nombreux·ses à avoir envie (désir construit ou non) d'être en relation avec quelqu'un·e qui soit en mesure de nous comprendre sur de nombreux plans en même temps, non ? Tu aurais l'impression d'y échapper Lunar ?

Bien sûr, je n'échappe à ce désir. Mais ça fait un moment que je sais que même si je partageais avec une unique personne beaucoup beaucoup beaucoup de choses… quand bien même ça ne suffira jamais à faire une existence, et surtout, ça ne serait pas acceptable de remettre en cause les solidarités et relations qui font nos vies par ailleurs.

Je n'ai pas envie de répondre aux attaques ad hominem, alors je ne vais m'attarder que sur cette phrase :

Popol
Tout peut arriver dans la vie, dans ta vie et dans la vie des autres, que tu le veuilles ou non.

Tout peut arriver, oui. Mais rencontrer une personne et décider d'éjecter toutes les autres relations de sa vie pour cette première, c'est une décision. Un choix face à une situation. Dire que ça «  arrive », comme si ce n'était pas une action consciente, c'est une façon, certes pratique, mais bien crade, de fuir ses responsabilités.

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Apsophos

le lundi 21 mai 2012 à 14h56

Il y a sans doute des personnes (la majorité, visiblement) qui sont incapable de suivre deux (ou plus) choses/projets/passions en "même temps". Que cette limitation soit construite par la société pour *toutes* ces personnes, je ne sais pas, qu'elle le soit pour une majorité de cette majorité, ça me semble fort probable *bien qu'invérifiable*.
*Je* considère que beaucoup de ces exclusivités (je parle aussi bien de couple que de préférence pour la crème à la vanille) sont des choix, et pas des choix de mettre en valeur une entité par rapport aux autres de la même "classe", mais bien comme il a été dit plus haut de renoncer à toutes les autres.

Un choix de construction, donc, purement négatif : on décide de ce qu'on n'aime pas.

Quant à *LA* personne si particulière, ça ne peut pas arriver dans *ma* vie. Je suis attiré par des traits (et combinaisons de traits) trop nombreuses pour être réunies chez une même personne.

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Popol (invité)

le lundi 21 mai 2012 à 18h04

Alors là, si ces dernières répliques ne sont pas des constructions de l'esprit aussi discutables/valables toutes ensembles que ce dont je parle... à moi la peur.

"rencontrer une personne et décider d'éjecter toutes les autres relations de sa vie pour cette première, c'est une décision. Un choix face à une situation. Dire que ça « arrive », comme si ce n'était pas une action consciente, c'est une façon, certes pratique, mais bien crade, de fuir ses responsabilités."

Waow. Comme ça, tu sais tellement tout mieux que les autres que ce qui arrive pour certains, c'est-à-dire préférer une relation à toutes les autres, c'est toujours une décision? Du gros n'importe quoi. Même Kierkegaard aurait pas osé... Tu veux pas changer de pseudo? Pour "Omniscience", par hasard?

Il se trouve que dans ces cas-là, ce que les gens décrivent, c'est que les autres relations pâlissent au point de devenir insipides. Et puis c'est tout. Et il faut que tu acceptes que ça puisse exister, juste ça.

Mais faut pas rêver : comme tu es pareillement extrême dans tes termes, "éjecter", "crade", et pour finir, le pompon... ce jugement de valeur , "fuir ses responsabilités"! je pense que je suis juste en face d'un monstre d'intolérance, le plus incroyable que j'ai jamais croisé sur ce forum... donc je vais te laisser avec ta très haute opinion de tes propres idées, puisqu'elle te donne tellement de puissance que tu penses pouvoir mépriser ce qui se passe dans la vie des autres.

Peut-être aussi que tu ne t'es pas autorisé à vivre la chose... mais d'une manière ou d'une autre, je ne perds plus de temps à causer avec un tel monolithe, aussi psycho-rigide qu'un curé de campagne du siècle passé.

Zou!

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zina

le lundi 21 mai 2012 à 18h15

Je vis actuellement mon polyamour sans relation centrale primaire. Ayant évolué à partir d'une relation monovers une relation poly puis des relations poly, j'ai un peu eu une période transitoire où j'avais toujours le soutien de cette relation centrale de "couple". En effet, je me suis beaucoup plus cassée la figure émotionnellement quand celle ci s'est effondrée que lors de ma transition mono->poly.

Pour en venir au sujet de comment je le vis actuellement, je crois que je suis pas mal dans la lignée de ce que dit Lunar :

Lunar

Popol
Tout peut arriver dans la vie, dans ta vie et dans la vie des autres, que tu le veuilles ou non.

Tout peut arriver, oui. Mais rencontrer une personne et décider d'éjecter toutes les autres relations de sa vie pour cette première, c'est une décision. Un choix face à une situation.

Je me permets d'apporter un exemple assez simple de ma vie. En tant que mono, il m'est arrivé de "tout plaquer pour quelqu'un". C'était une décision consciente. Dans ma tête, dès que je me rendais compte que j'avais des sentiments pour X que je ne pouvais nier, alors j'agissais. Si j'étais à l'époque en relation(s) plus ou moins fortes avec d'autres (Y), il était clair que je devais y mettre un terme.

Actuellement, dans la même situation, je décide autrement. Je sais que je ne veux plus reproduire le schéma de décider de mettre un terme à des relations avec des Y pour un nouveau X. C'est directement lié à ma vision du polyamour, et c'est justement un truc auquel je tiens.

Bien sûr qu'il est possible que je sois submergée d'amour pour un(e) nouvel(le) arrivé(e) X. Mais tout autant que quand j'étais mono, j'avais ce mécanisme de rompre dès que je rencontre X, là j'ai un mécanisme dans mon raisonnement qui me fera reconsidérer régulièrement mes relations avec ceux que j'aime afin de ne pas me laisser embarquer complètement par une relation avec X.

Ensuite, je vais pas dire "jamais" et je vais pas dire que peut être un jour après de longues discussions ou réflexions je changerais pas de point de vue, vu que j'ai déjà changé de mono à poly une fois. Mais je pense que c'est moins probable, car quand j'avais une opinion différente, elle n'était pas le résultat d'une réflexion construite, c'était surtout du conformisme à une norme qu'on m'avait proposée sans envisager d'autres possibilités ou modes de relations.

Je me rends compte que j'ai utilisé mono et poly pour désigner mes deux points de vue respectivement avec ou sans couple central, je m'en excuse, et je vous prie de n'y lire que cette distinction (avec ou sans couple central). Dans mon récit "avec couple central" corresponds à ma période mono et "sans couple central" à l'actuel polyamour que je vis, mais je sais bien que ce n'est pas le cas pour tout le monde.

EDIT suite au post de Popol : Dans mon cas je n'ai jamais vécu de "relation qui éclipse toutes les autres" et même si c'était le cas, ce que tu décris me semble requérir du temps pour s'en rendre compte, et ´ca ne donnerai donc pas lieu à une rupture brutale et définitive d'avec tous les Y dans mon cas. Je sais pas si ´ca amène de l'eau au moulin de la discussion...
En fait, le concept de temps me semble primordial, même si j'ai du mal à l'aborder de manière concise. La référence au NRE s'impose à mon esprit - en même temps c'est pour moi un concept central dans la manière dont j'appréhende mon polyamour

Message modifié par son auteur il y a 5 ans.

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