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Comment je fais pour trouver mes envies, les assumer et y répondre…
Dans l’ordre, hein… car c’est intéressant que tu aies choisi comme ordre d’arrivée dans ta phrase « assumer » puis « trouver ».
Comme si assumer d’abord la différence était le plus dur, basiquement. La différence n’est pas le privilège de quelques uns, mais une donnée fondamentale, car tous les humains sont des individus distincts. De là, même si on se démarque peu, même si on a un rythme de vie qui ressemble furieusement à « métro-boulot-dodo », il y a à mon sens une qualité d’écoute à développer pour soi-même, pour se mettre à son propre service.
Donc trouver la petite différence qui fera que dans une tablée qui choisit la paella pour tous, soi-même on préférera un gazpacho et une tortilla. C’est la première voie vers « assumer », parce qu’ensuite fatalement il y a aura quelqu’un ou même plusieurs pour te vanner que tu fais bande à part, alors que tu manges avec eux, mais juste pas la même chose. Ca, ça fait partie du bout de soi qui proclame que l’on peut être ensemble, mais avec un maximum de petits détails qui font que le plaisir d’être ensemble est plus fort, puisque la paella, oui, c’est bon, mais que le menu que tu choisis va vraiment te faire plaisir jusqu’au bout.
A bien y réfléchir, je pense qu’il s’agit aussi de trouver le courage de se démarquer, de trouver comment recevoir en paix les vannes et les critiques, qui voudraient souvent nous faire croire que si l’on n’est pas « avec », on est « contre ». Ou que fatalement l’on va rentrer dans le rang, comme si tout ça devait se faire d’un monobloc, et en esprit de reddition; ce qui suppose donc un affrontement préalable... qui n'existe pas, au final, sinon dans l'imagination des autres.
Où je puise ma force… Parfois j’ai eu besoin des psys, par périodes moins, j’en avais assez en-dedans, de la force. En ce moment, je vois régulièrement non plus un psy traditionnel, mais un coach. Et mon besoin de différence sort clairement en panachage de diverses compétences et divers profils professionnels, et du coup, à ma grande surprise je vois un parallèle avec mes relations sentimentales… mais qui passe par cette première différence-là : je me sens bien en solitude la plupart du temps. Si j’en sors, c’est rare, et parce qu’une personne a quelque chose de très spécial à mes yeux. Je vis la relation amoureuse comme un plus, pas comme un must have.
Je vais donc de plus en plus vers l’élagage sentimental, qui par périodes confine carrément à l’ermitage :-). Par chance, j’ai atteint un âge où personne ne vient plus me les briser menu avec des sujets qui ne m’intéressent pas, comme la parentalité, le mariage préalable... et où la vraie question de vivre une relation n’est plus liée qu’à la plénitude que chacun peut en retirer, sans autre enjeu. Et si les difficultés liées à mon mode de vie dépassent le plaisir d’être ensemble, que le cœur n’y est plus à force de batailler avec des totems contraignants, la relation s’éteint, parfois se ravive, va savoir…
Mais définitivement, je préfère parler séparément de ma relation avec X et de ma relation avec Y, plutôt que de « mes relations simultanées » car les choses sont effectivement ainsi dans mon paysage : séparées. La seule chose qui les relie, c’est que je fais partie des deux, ce qui fait qu’elles ne se mélangent pas de mon fait. Mais que si une rencontre se fait, c’est parce que X et Y auront développé leur propre relation, accidentellement, sans que je m’en mêle en aucune façon - je n’ai pas le profil de l’ « entremission » ni du regroupement « familial », et encore moins du « ouah trop cool d’être tous ensemble, pass the dutchie from the left hand side». Si l’un des deux manifeste l‘envie de rencontrer l’autre, il devra se débrouiller, je ne donne pas de coordonnées et je ne sers pas de boîte aux lettres, car je me sentirais encourager une curiosité activée non pas par la personne en soi, mais par quelque chose qui ressemblerait plus à « connaître l'autre ».
Et ce côté-là de mon polyamour, séparateur, fait partie de mes envies. Je dois souvent plus défendre cet aspect-là, je trouve, que mon polyamour -en-soi !