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Du mensonge dans les relations

Bases
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(compte clôturé)

le lundi 12 septembre 2011 à 10h02

Pour éviter de se concentrer sur des cas individuels, je me dis que ça pourrait être intéressant de discuter sur un plan général de cet épineux problème... On a tous des avis différents sur cette question.
Il est parfois très compliqué d'accorder l'idéal de transparence - qui est à mes yeux un fondement de la non-exclusivité affective - avec les difficultés propres à certaines situations.
Si je récuse pour ma part l'idée que le mensonge puisse être une bonne chose en soi, certains pensent qu'il est légitime dans certains cas. Revient souvent l'idée de ne pas faire souffrir l'autre. Mais est-ce que c'est compatible avec le respect qu'on lui doit ? Est-ce que ça n'est pas finalement encore plus douloureux pour lui le jour où le loup finit par sortir du bois ?
Et puis, sur un plan pragmatique, les complications liées à la nécessité du mensonge ne risquent-elles pas d'abimer le sentiment amoureux ?
Bref, il y a beaucoup à risquer, alors quel serait le gain du mensonge ?
Au plaisir de vous lire là-dessus...

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Popol (invité)

le lundi 12 septembre 2011 à 11h13

Pour moi, on est déjà en plein sur la problématique du continuum qui va de "tout dire" à "tout dissimuler".

La transparence, je dis non pour ma part, dans la relation que j'ai. Mais c'est une question de terme à clarifier: nous informer réciproquement que quelque chose se passe avec quelqu'un d'autre, oui, et j'appelle ça de l'honnêteté. Mais raconter les gestes, les détails, etc, fût-ce avec poésie et passion, non.

Ensuite, j'ai envie de dire qu'il y a moi, l'autre et la relation, ce qui fait trois.
Qui ou qu'est-ce que je respecte ou ne respecte pas, quand je ne dis pas certaines choses, mais que j'en dis d'autres?

La limite pour moi, elle est dans le fait de s'assurer d'abord que mon bonhomme a envie que je lui dise / comment il a envie que je le lui dise / à quel moment. Mais c'est jamais son confort au détriment du mien, faut aussi que je sois confortable avec le "quoi", le "comment", et le"quand". une histoire d'intuition... mais aussi de disponibilité: au téléphone si on a l'occasion de se voir, non - seulement au pire.

S'il commence une histoire avec quelqu'un que je ne peux pas blairer, ça me suffira de ne savoir que le fait qu'il soit en train avec cette personne. Si c'est quelqu'un qui me botte, avec qui j'ai une bonne relation, j'aurais une attitude différente, plus perméable à entendre ce que la relation lui apporte.
Si je ne connais pas, je me laisserai sentir ce que j'ai envie d'entendre et de ne pas entendre.

Ca peut changer aussi en fonction de la période, donc, ne jamais fixer de règles plus rigides que ce qu'on peut gérer.

Pour le respect... oui je suis d'accord avec toi, le respect s'entend aussi sur le fait de ne pas épargner la réalité à son partenaire, parce qu'on s'épargne surtout soi-même, il me semble. On s'épargne de la tranquillité perdue, la gestion d’une crise éventuelle... ce qui me paraît de toute façon un mauvais calcul, les choses se repayant avec intérêt majoré ensuite.

C'est quand même pas mal une histoire de se respecter soi-même, ses propres capacités à gérer, et de ne pas présupposer à la place de l’autre ce qu'il / elle pourra entendre ou pas, ce qui en est aussi, du respect, de sa capacité à encaisser. Donc pour ma part, l'honnêteté amène quelque chose de neuf: tenter de repousser les limites qu'on croit être celles de la relation, sans enfermer personne dans - oh, meeeerde... - une étiquette. :-)

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Profil

amantparisien

le lundi 12 septembre 2011 à 12h10

Difficile de parler sur un plan général de cette question, puisque chaque cas peut avoir ses particularités.
Il serait vain de dire :
-tout le monde doit dire toute la vérité, ou : tout le monde doit dissimuler...
L'attitude a avoir est variable suivant les individus , les situations, et même certaines périodes.

Je ne peux que parler pour moi.
Je suis incapable de mensonge. çà me met tellement mal a l'aise que je prefere dire une verité genante, plutot qu'un mensonge confortable...
Et ensuite, quelle serait la valeur d'une relation basée sur le mensonge ?
Donc, ne pas mentir... mais pas forcement TOUT dire. Eviter ce qui peut faire mal (en general ce qui suscite de la jalousie, du regret, si ce n'est pas indispensable...

Dire la vérité ne veut pas dire publier tout son jardin secret...

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Popol (invité)

le lundi 12 septembre 2011 à 13h01

Ni se décharger simplement, sous prétexte de franchise totale - assimilable en ce sens, pour moi, à aller faire popo. En gros, dire ce qui est nécessaire, pas plus. J'entends par là que si c'est un stimulant/excitant pour un couple de tout de dire, alors c'est OK; mais comme amantparisien, je dis que tirer des généralités de tous nos cas particuliers, ben je ne vois pas comment.

Mais besoin de vérifier, Janis... on te répond, là, ou c'est pas de ça que tu voulais parler? Parce qu'il me somblait qu'on partait vers l'idée de pas épargner ceux qu'on aime, ou je débloque?

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Profil

ladymarlene

le lundi 12 septembre 2011 à 14h40

Pour ma part, je dis tout mais il m'arrive de me dire (souvent même) que c'est pas égoïsme pour me soulager moi, car je ne supporte pas le poids de la cachotterie sur mon estomac sans toujours me soucier de la manière dont cette vérité sera reçue.

Le mensonge par omission, je le pratique. Il m'arrive de cacher des choses à mes proches, notamment à ma mère pour éviter qu'elle se retourne le crâne avec mes soucis. Mais je ne cache rien à mon chéri, même les choses les plus anodines.

Je reste convaincue que les mensonges et les non dits sont plus destructeurs qu'une vérité désagréable..même si la vérité peut être aussi une preuve d'égoïsme.

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(compte clôturé)

le lundi 12 septembre 2011 à 15h06

Oui, oui, ça répond. De toute façon c'est un sujet vaste, et toutes les manières de saisir le problème entrent à mes yeux dans le cadre de ce fil.
Disons que le point de départ reste ma réaction à l'idée bien répandue qu'il vaut mieux parfois taire l'infidelite pour épargner son conjoint. Je fais une grande différence entre cette attitude et le fait de ne pas tout dire dans le cadre d'une relation explicitement ouverte.
Dans le premier cas, il y a tromperie à mes yeux sur la nature même de la relation. L'un croit qu'il y a exclusivité, que cette exclusivité soit l'implicite naturel d'une relation monogame classique ou bien qu'elle ait été explicitement affirmée ("mais non il n'y a personne d'autre, que vas-tu imaginer là...") L'autre sait qu'il n'en est rien. Soit il ment frontalement, soit il ment par omission en négligeant d'informer de ce "détail" de l'existence d'autres personnes dans sa vie. C'est ce type de mensonge que je n'arrive pas à concilier avec le respect de l'autre. C'est vraiment un éléphant dans le salon - et je ne vois pas non plus comment cela peut rester longtemps tenable, sauf à mettre en place une double vie et tout ce qui s'en suit.
C'est très différent de ne pas tout se dire quand la nature ouverte de la relation a été déjà mise sur le tapis. Là pour moi il ne s'agit pas de mentir sur le fond : l'autre sait qu'il n'est pas seul, et c'est l'essentiel. La question de savoir dans quelle mesure il convient alors d'entrer dans le détail relève de l'économie de chaque couple ou relation. Mais là encore, pour éviter de tromper et de tromper, cela mérite tout de même il me semble de se mettre d'accord ensemble, au moins abstraitement, sur ce qu'il est légitime de garder pour soi.
Bref, je me méfie du "ressenti" qui semble souvent dicter les attitudes vis à vis de l'autre. Faire preuve de tact, choisir le moment opportun pour en parler, savoir rester discret et non intrusif, c'est évidemment nécessaire ; mais décider tout seul dans son coin sans même poser la question aux personnes concernées qu'untel ou untel n'a pas droit à la vérité sur la nature de ce qu'il vit avec moi, c'est de l'abus de pouvoir à mes yeux - et une façon commode de s'epargner la discussion sur la question et la negociation qui risque de suivre...

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(compte clôturé)

le lundi 12 septembre 2011 à 15h07

Pour moi c'est très différent de de dire ou ne pas dire à l'autre des choses de nos autres relations et de mentir.

Se dire ou pas les choses, sans demande particulière de l'autre, cela s'ajuste selon la relation, et ce que l'on a convenu entre nous.

Mentir, c'est pour moi donner une/des info(s) à l'autre érroné, qui n'a rien avoir avec la réalité. En ce qui me concerne, je ne suis pas pour du tout. Même si parfois, les choses sont difficiles à dire, que l'on a peur de blessé l'autre, et pour garder l'équilibre de confiance, c'est mieux d'affronter les peurs et peut être de blesser l'autre ou pas d'ailleurs. C'est aussi, assumer ses choix que l'on fait dans ses différentes relations.

j'imagine que si mon amoureux me mentait et que je le découvre , je serais blessée, fâchée.... Et surtout, je me dirais que c'est aussi un symptôme de dysfonctionnement dans notre relation, je lui demanderais pourquoi et j'essaierais de comprendre. Même si la confiance est mise à mal dans ce cas, c'est l'occasion, de réajuster les choses entre deux personnes et non se braquer tout suite et tout foutre en l'air (excusez mon vocabulaire ;)).

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Polypoli

le lundi 12 septembre 2011 à 16h06

Je débarque avec mon gros pavé dans une calme mare pleine de bons sentiments....
Je conçois tout à fait que mes Amoureuses aient comme moi un ou des jardins secrets (puisque j'en ai moi-même auquels chacune n'a pas accès). Elle peuvent me mentir et me cacher tout ce qu'elles veulent...car leur bonheur, leur liberté passe à mes yeux bien avant mon hypothétique besoin d'être rassuré de leur absolue "dévotion"..
La non-transparence et le mystère sont pour moi source d'intérêt et gage de longévité de mes relations amoureuses....
Je veux agir comme bon me semble sans avoir systématiquement à en référer à l'une ou l'autre et veux éviter qu'elles aient la possibilité d'avoir un moyen de contrôle sur des jardins qui doivent leur rester secrets ..
Le sentiment de liberté que chacun peut éprouver est évidemment lié à sa capacité de décider seul en âme et conscience sans systématiquement en référer à tel ou tel partenaire...

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Profil

LittleJohn

le lundi 12 septembre 2011 à 16h09

Polypoli : je ne vois rien qui parle de mensonge dans ton intervention...

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Profil

Polypoli

le lundi 12 septembre 2011 à 16h11

Troisième ligne...avant dernier mot....

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Profil

LittleJohn

le lundi 12 septembre 2011 à 16h28

Au temps pour moi ! ^^

Ceci-dit, si c'est un accord entre vous (explicite ou implicite), y'a pas de souci.

Moi, quand une femme m'a dit : je ne veux rien savoir, mens-moi si nécessaire... ben j'ai pas su faire.

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patrice-86

le lundi 12 septembre 2011 à 16h38

Il y a quelque chose qui me gène dans la manière de poser la question du mensonge ici. D'ailleurs, chacun, quelle que soit sa position, prend soin de déclarer que le mensonge "c'est mal"... C'est bien la preuve que le sujet est biaisé quelque part.
J'aurais envie de répondre à cela par une floppée de question :
- Si "mentir" c'est "ne pas dire la vérité", existe-t-il toujours une et une seule vérité ? Est-il bon, alors d'ériger la "Vérité" comme un dogme absolu ?
- N'y a-t-il pas toujours une part de flou dans toute communication ? La vie sociale n'est-elle pas largement fondée sur l'hypocrisie ? A combien de personnes souhaitent-on "bonjour" alors qu'on en a rien à faire qu'elles passent ou non une bonne journée ? Est un mensonge moins grave parce qu'il s'adresse à des gens dont on n'a que faire ?
- Combien de fois se ment-on à soi-même sans entamer par ailleurs l'estime que nous avons de nous-même ? Combien de fois a-t-on provoqué un mensonge en posant des exigences irréalistes ? Combien de fois a-t-on menti pour garder le sentiment que l'on existe par et pour soi-même ?
- L'amour, n'est-ce pas ce sentiment capable de passer par-dessus tant de choses, tant d'épreuves ? Et il devrait fléchir devant le premier mensonge venu ?

Mon sentiment, c'est que de promouvoir la Vérité comme un absolu indispensable c'est aussi casse gueule que d'exiger l'Exclusivité. Chaque fois que l'on pose un comportement en Valeur Suprême on rend d'autant plus compliquée la vie de tout les jours.

Parce que sait que je vis à l'imparfait du subjectif, j'ai décidé d'aimer au présent de l'inconditionnel... la seule chose qui m'importe c'est la vérité du moment présent.

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Profil

patrice-86

le lundi 12 septembre 2011 à 16h42

Je m'auto-cite : D'ailleurs, chacun, quelle que soit sa position, prend soin de déclarer que le mensonge "c'est mal"...
et je rajoute : sauf polypoli... merci à lui ! :-)

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(compte clôturé)

le lundi 12 septembre 2011 à 17h04

Le problème est effectivement un problème moral. Perso ça ne me donne pas de petits boutons - bon, admettons, je préfère l'éthique à la morale, c'est vrai, mais globalement je considère que je prends mes décisions partie pour des raisons pratiques et partie aussi de ce que je considère comme juste et injuste pour moi et l'autre.
Si je me fichais de l'éthique, je serais pas poly ; je serais juste une femme qui trompe son mari. Certains jours ce serait sûrement plus simple mais je ne trouverais pas ça juste, entre autre à cause de ce problème du mensonge.
Maintenant essayons effectivement de ne pas faire de la vérité un Ideal - c'est vrai, c'est casse gueule. Juste une valeur contextualisee : en gros, dans le cadre d'une relation amoureuse (ou affective plus largement, ça marche aussi pour les amis, les enfants, etc) je vois mal comment on peut ne pas considérer que ne pas mentir, c'est tout de meme plusconfortable pour tout le monde.
Polypoli, je suis très sensible à ton argument. Tu vas rire, mais j'adorerais que baiser et aimer soient des activités si banales qu'on puisse éviter d'avoir à en parler ou à s'en justifier. Mais il se trouve que la "fidélité" est encore de nos jours un implicite non questionné de toute relation amoureuse. Donc, sauf à vivre dans une ile avec mes amoureux (mmmmmhm) loin de toute influence des frères Grimm et d'Hollywood, quand je m'fais des amis, ben beaucoup s'attendent à être uniques - et si je ne les mettais pas en garde, ils construiraient des attentes et des modes de relation clairement incompatibles avec ce que moi je peux concrètement leur donner... Le problème finalement, c'est pas tant ce qu'on dit ou pas : c'est ce que l'autre interprète à partir de nos silences... Et si ma liberté de ne pas tout dire entre en collision avec la liberté d'imaginer de mes amis, ça peut faire de gros dégats, non ?

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Profil

patrice-86

le lundi 12 septembre 2011 à 17h24

Justement tout le problème est là. La morale et l'éthique ça n'est pas la même chose.
Parler de morale c'est adhérer à un Absolu indiscutable souvent inconsciemment d'ailleurs et qui devrait s'appliquer à tous. Parler d'éthique c'est construire en conscience une règle de vie pratique qu'on ne peut appliquer qu'à soi-même.
Chaque fois que l'on attend des autres qu'ils respectent NOTRE éthique, c'est que l'on bascule dans la logique de LA morale.

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(compte clôturé)

le lundi 12 septembre 2011 à 17h38

Oui mais ds une relation on est au moins 2, non ? Alors on fait comment ? Chacun son éthique et courage ?

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Profil

patrice-86

le lundi 12 septembre 2011 à 17h42

... pas mal de dialogue, un peu d'humilité... et beaucoup d'amour ! :-)

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Popol (invité)

le lundi 12 septembre 2011 à 18h16

Polypoli:

Je débarque avec mon gros pavé dans une calme mare pleine de bons sentiments....

T'as qu'à croire... ;-)

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Popol (invité)

le lundi 12 septembre 2011 à 18h18

patrice-86

Je m'auto-cite : D'ailleurs, chacun, quelle que soit sa position, prend soin de déclarer que le mensonge "c'est mal"... et je rajoute : sauf polypoli... merci à lui ! :-)

T'as qu'à croire aussi! ;-)

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Popol (invité)

le lundi 12 septembre 2011 à 18h32

Janis:

"Le problème finalement, c'est pas tant ce qu'on dit ou pas : c'est ce que l'autre interprète à partir de nos silences..."

Totalement, et là... ça devient leur problème, on peut pas les protéger de ce qui leur appartient en propre, et de quel droit de toute façon, il y en aura en plus sûrement pour t'envoyer bouler quand tu tenteras de les détromper.

C'est déjà un vache de boulot de penser pour soi-même, alors même si c'était possible, penser pour les autres, on peut oublier...

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