j'ai appris il y a quelques semaines que mon mari était amoureux de quelqu'un d'autre. Nous en avons beaucoup discuté, j'en ai compris les raisons. Il semble néanmoins être réellement amoureux de moi. J'ai beaucoup de questions dans la tête, je l'aime profondément et je souhaite le rendre heureux. Mais je ne sais pas comment je pourrai gérer les moments où il s'absente du domicile conjugal pour son travail. Actuellement quand je le sais seul je panique car je sais qu'il peut lui telephoner. Il me dit qu'il ne souhaite pas vivre avec elle, mais comment en être sûre ? Comment faire encore confiance ? Merci à celles qui sont déjà passées par là de me donner quelques pistes de réflexion.
Le poyamour subi
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Antilogus
le jeudi 28 juillet 2011 à 09h06
Bonjour,
Je viens de lire ton message, et je suis passé aussi par là...
Je suis passé par toutes les phases, acceptation, déni, questions, etc... Je me suis vraiment écroulé.. Même si mon cas est un peu particulier pour des raisons que je ne vais pas citer ici, je peux te donner une piste.
En ce qui me concerne, j'ai fini par identifier ce qui me faisait si mal... Et ça n'était pas le fait qu'elle puisse passer des moments d’intimité avec un autre homme, mais simplement qu'il me fallait faire le deuil de l'image que j'avais de notre relation.
Essaye d'identifier ce qui te fais mal quand tu parles de ses absences... Pour ma part, j'envisageai tout à la fois, la crainte de la voir changer d'avis, de vouloir vivre avec lui, et je vivais de l'intérieur cette situation....
Avec le recul, je n'ai désormais plus peur d'être seul, et je peux envisager sereinement que notre histoire se termine un jour... La différence est que je sais que d'une part si notre histoire s'arrête, cela ne sera pas à cause de cet autre homme, et que d'autre part le lien que nous avons, extrêmement profond, ne cessera jamais d'exister, même si nous sommes séparés....
Au final, ces moments d'absence, je les vis comme cela : comme un lien qui ne cesse d'exister....
Curieusement, une fois que j'ai réalisé ce travail sur moi-même (une thérapeute psychologue peut t'y aider si la souffrance est trop grande, à condition qu'il s'agisse de quelqu'un de bienveillant sur le sujet), et que je me suis senti bien face à cette situation, sans que je le cherche ni le veuille, je me suis ouvert à une relation "polyamoureuse" (j'ai beaucoup de réserve à ce qu'on met dans ce mot et à la sincérité de certains), de manière totalement inattendue....
J'ai cru à un moment donné que je cherchais à "équilibrer" mon couple, mais cela ne semble pas le cas, puisque j'avais déjà lâché prise sur le sujet avant.
Voilà, si mon témoignage peut t'aider... N'hésites pas à me contacter en MP si tu veux en savoir un peu plus
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Aragon (invité)
le jeudi 28 juillet 2011 à 17h35
Les hommes ou femmes pensent que l'herbe est plus verte ailleurs !! ! La situation est nouvelle et excitante et se laissent griser par des sensations fortes. C'est comme la drogue !! ! Quand on y goutte, on a du mal, beaucoup de mal à se dire stop, et à se dire "mais pourquoi arrêter !!!!, c'est si bon !!!"
Tout cela est vrai et les hormones font tourner les tetes dans tous les sens ...
Par contre, au niveau couple, la rupture est belle et bien faite. La confiance est réduite à néant et il faut essayer de la reconstruire, mais c'est pas si simple.
Avec le temps tout est possible, il faut etre patient et savoir comment on veut repartir, reconstruire son couple ; et cela avec bcq bcq de discussion et de partage.
Mais c'est tres tres difficile, il faut d'abord chercher et trouver ses priorités et savoir où on veut aller !
Et cela se fait à 2, ensemble ; sinon il est préférable de se séparer temporairement ou définitivement.
Bien à toi,
Bises
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LuLutine
le vendredi 29 juillet 2011 à 04h15
ciloubabigro
j'ai appris il y a quelques semaines que mon mari était amoureux de quelqu'un d'autre. Nous en avons beaucoup discuté, j'en ai compris les raisons.
Il y a des "raisons" pour tomber amoureux ?
(On m'aurait menti ? A l"insu de mon plein gré ? Mince alors ! :P )
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Janis
le vendredi 29 juillet 2011 à 08h44
ciloubabigro
Il me dit qu'il ne souhaite pas vivre avec elle, mais comment en être sûre ? Comment faire encore confiance ?
La confiance c'est ce qui justement sert quand on ne peut pas être sûr. Tu ne pourras jamais être "sûre", parce qu'il ne t'appartient pas et que tu n'es pas dans sa tête. Il t'en a parlé, il t'a montré qu'il t'aimait, il souhaite reconstruire avec toi : que demander de plus pour le moment ?
Je ne dis pas que tu es obligée de lui faire confiance ; je dis juste que tu n'auras jamais aucune garantie à 100% que les choses vont bien se passer comme toi tu le souhaites. Les relations plurielles, les couples libres, ça suppose aussi beaucoup de lâcher prise pour que ça fonctionne sans heurt.
Et peut-être que ce qui te semble abominable aujourd'hui (en gros, qu'il ait une intimité avec cette personne) ne te déplaira pas tant que ça demain. Toi comme lui vous pouvez évoluer.
Bref pour le moment, ne cherche pas de certitudes sur lui ou sur l'avenir. Et ne réfléchis pas en fonction de lui, ni en fonction de votre couple avant, parce que de toute façon, quoi qu'il arrive, ça ne sera plus jamais comme "avant". Cherche plutôt ce que toi tu veux dans cette relation, ce dont tu as besoin, retrouve-toi. Et parlez, parlez, parlez.
Bon courage à toi.
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Antilogus
le vendredi 29 juillet 2011 à 10h39
Il faut aussi que tu admettes, et c'est peut etre le plus dure, que ce nouveau genre de relation n'est pas ce que tu souhaites pour ta propre vie, et que tu puisses envisager aussi de le quitter a cause de ça...
Quand tu auras fait cette démarche d'acceptation tu feras un choix pour toi et non pas "faute de mieux"
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eucerin (invité)
le jeudi 04 août 2011 à 23h09
Si je me suis inscrit sur ce site c'est notamment pour ton témoignage car je vis exactement la même chose...J'avais sentie et vite découvert que mon mari avait quelqu'un d'autre, quelqu'un que je connais, mais je pensais qu'il voulait juste s'amuser un peu... Plusieurs fois je lui ai donné l'occasion de me parler mais il n'a jamais osé me dire qu'il était amoureux de cette personne, qu'ils s'étaient vus plusieurs fois, qu'il l'aimait d'un amour différent du nôtre et qu'il ne m'aimait pas moins pour autant. il me dit pouvoir aimer plusieurs personnes à la fois ss que cela n'altère ses sentiments. Le problème est qu'il ne m'a parlé qu'après l'avoir "fliqué"... C'est qd je l'ai menacé de le quitter qu'il m'a parlé...En colère, je lui est demandé de ne plus avoir de contact...Je suis mtnt perdue car je suis plutôt qq'un d'ouvert et je commence à comprendre pourquoi il était si heureux de ns avoir ttes les deux...Je pense avec le recul que c'est le mensonge qui m'a fait le plus mal... Elle contribuait à son bonheur et dc indirectement au nôtre. Je sais qu'il souffre, qu'elle souffre ss doute aussi, je ne sais plus quoi faire, je pense qu'il m'aime sincèrement, il fait tt pr me le prouver ms je sais qu'il souffre d'un manque. En même tps sur l'instant je n'ai pas compris ce qui ns arrivait, j'ai ss doute paniqué , tte ma vision du couple s'effondrait.. s'amuser oui mais aimer une autre, sur l'instant trop difficile.Doisje lui parler à lui ? à elle ? Je me sens fatiguée et perdue et ce sentiment de jalousie que je n'avais jamais connu avt je voudrait tt pouvoir m'en débarrasser pr mieux ns retrouver...
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ladys
le jeudi 04 août 2011 à 23h19
J'ai lu le début de cette discussion sans intervenir, trouvant que d'autres y répondaient avec plus d'expérience et de sagesse que je ne saurais le faire.
J'interviens suite à la lecture du message d'Eucerin, juste pour dire que je trouve celui ci beau, ouvert et empreint d'un souci d'autrui des plus palpables.
Pourquoi ne pas tout simplement le faire lire à ton mari, Eucerin ?
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LuLutine
le vendredi 05 août 2011 à 00h54
ladys
Pourquoi ne pas tout simplement le faire lire à ton mari, Eucerin ?
Ou lui dire ce que tu viens de nous écrire, éventuellement avec d'autres mots, si ça te convient mieux.
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Antilogus
le samedi 06 août 2011 à 09h04
Avant d'aller plus loin, je précise que je suis "devenu" polyamoureux, récemment, mais passé auparavant par ce genre de situation (le polyamour de l'autre subit)...
La jalousie n'est pas forcément quelque chose dont tu dois te défaire, cela n'est pas une tare, et les amours "monos" ne sont pas quelque chose d'anormal...
Je suis en train de relire le livre de Françoise Simpère "guide des amours plurielles", très didactique, qui me fait penser au pays des bisounours : "devenez tous polyamoureux, c'est la voix de la sagesse", en gros, quand on lit entre les lignes... Je n'adhère pas du tout, car d'une part elle s'adresse principalement aux femmes (si si, relisez bien) , d'autre part elle précise qu'elle ne juge pas les "amours monos" mais elle part du principe que les amours plurielles sont ce qu'il y a de plus complet et finalement "normal" pour l'être humain (avec démonstration pseudo scientifique, etc)
Il ne faut pas se raconter d'histoire : Vous ne gagnerez rien à vivre les amours plurielles, si ce n 'est ce sentiment de savoir que vous ne serez plus seul....
En revanche, vous perdrez votre naiveté, votre innocence, la magie de la rencontre , car si vous êtes lucide, la première acceptation des amours plurielles, c'est accepter que l'autre n'est pas vous, et que vous pouvez le perdre un jour ou l'autre...... A moins d'être totalement décérébré, ou de jouer l'autruche, vous allez penser à la fin de l'histoire des son commencement
Les amours plurielles, ça n'est pas que du bonheur en plus : c'est géré autant de conflit possible qu'il y a d'amours....... C'est d'office provoquer des jalousies qui n'existaient pas, etc.....
Ne vous dites donc pas que c'est une solution..... C'est une complication qu'il faut assumer.....
Vous pouvez donc être jalouse, ça n'est pas une tare, c'est peut être que vous n'êtes pas faite pour subir les amours plurielles... Il faut cesser de se raconter des histoires
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tentacara
le samedi 06 août 2011 à 09h23
Antilogus
A moins d'être totalement décérébré, ou de jouer l'autruche, vous allez penser à la fin de l'histoire des son commencement
Je ne suis pas d'accord du tout ! Le fait d'envisager dès le début d'une histoire qu'il pourrait y en avoir d'autres qui ne mettraient pas pour autant un terme à la première, c'est au contraire inscrire cette histoire dans sa durée propre, sans la faire dépendre des autres relations qu'on pourrait nouer.
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Antilogus
le samedi 06 août 2011 à 09h52
:) c'est aussi admettre qu'une histoire qui s'arrête fait partie d'un cycle naturel... Simpère parle de "transformation" , "d'évolution", etc.....
"Inscrire cette histoire dans sa durée propre" :) je souris car quand on parle de durée, implicitement on évoque un début..... et une fin :)
Le polyamour c'est la perte d'une certaine naïveté, par conséquent la perte d'un regard poétique sur le monde... On peut discourir des heures, utiliser des mots dans tous les sens, les travailler au corps, en extraire tout leur sens jusqu'à l'absurde..... Le polyamour est la perte de l'innocence.... C'est le deuil de l'amour unique.....
Tous ce qu'on peut écrire sur le reste ne sert qu'à se rassurer... Il y a autant de douleur dans le polyamour que dans l'amour mono.... On y gagne, on y perd aussi.
Bien que polyamoureux, j'en ai assez de voir tous ces écrits qui vantent le polyamour comme "la" solution au couple... Ca n'a rien à voir, et j'admire sincèrement les gens capables de se "perdre" en l'autre de manière exclusive, ceux qui vivent leur vie de couple à deux sans aucun doute, l'un pour l'autre.... C'est quelque chose de magnifique, pur, innocent, naïf, avec aussi leurs failles...
Découvrir que son conjoint est polyamoureux, c'est être trompé, quels que soient les mots que vous mettez dessus... C'est être trompé dans son histoire, dans l'image que l'on a de l'autre, dans la croyance qu'on a de son couple, dans la façon d'aimer l'autre et d'être aimé..... C'est un deuil à passer... On ne "reconstruit" rien : on détruit, et ensuite on voit si on est capable de batir une nouvelle histoire, avec de nouvelles personnes..... Il n'y a pas de transformation dans ce cadre là.....
Donc a moins d'être polyamoureux et de rencontrer un autre polyamoureux (qui vit le polyamour comme vous en plus), il y a forcément une douleur sourde, viscérale, violente qui émerge .... ET encore une fois, vous êtes seuls face à ça.....
Ne nous leurrons pas : l'amour est une invention humaine, de fait, par nature, le polyamour n'a vraiment rien de naturel !
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Popol (invité)
le samedi 06 août 2011 à 10h28
Lulutine a écrit :
ciloubabigro
j'ai appris il y a quelques semaines que mon mari était amoureux de quelqu'un d'autre. Nous en avons beaucoup discuté, j'en ai compris les raisons.
Il y a des "raisons" pour tomber amoureux ?
(On m'aurait menti ? A l"insu de mon plein gré ? Mince alors ! :P )
J'ai l'impression que ciloubabigro parle du fait des laisser aller à être amoureux, de ne pas s'en défendre quand on sent que le sentiment naît.
C'est ça, ciloubabigro ?
Sans attendre ta réponse, sur le thème de la raison et du cœur qui n'en a pas, parce que je pressens que ça va m'aider à comprendre si je te le raconte, je voudrais parler de ce qui arrive à une de mes amies : 8 ans de relation avec un homme qui a presque 20 ans de plus qu'elle. Elle savait dès le départ que son homme restait intéressé par la gent féminine, mais semble avoir vu dans le fait qu'ils aient un enfant ensemble, tout comme dans son âge à lui (la soixantaine à présent) une sorte de garantie que la situation ne bougerait pas. Elle était tombée enceinte accidentellement, avait décidé de garder l'enfant, après avoir reçu clarification du père qu'il allait se comporter en père, mais pas habiter avec elle, continuer le couple mais de manière distante.
Le voilà qui a un coup de foudre la semaine passée, et souhaite le vivre, tout en continuant la relation avec ma copine. Elle est déroutée, croit qu'il veut prendre l'air de leur relation, donc lui répond qu'il pouvait prendre de la distance s'il en avait marre après ces presque dix ans. Il dit que ce n'est pas ça, et ne s'exprime pas plus; telle que nous la connaissons tous deux, je crois qu'elle n'est juste pas capable de sortir du modèle qu'elle avait imaginé. Car ce qui prédomine chez elle à présent, c'est la déception, comme elle le dit - pas la tristesse. Ce que j'interprète comme un brutal atterrissage dans la réalité, tout simplement.
Pour faire raccord avec ton histoire, ciloubabigro, et le fait que tu évoques "les raisons"... pourquoi en parles-tu, en fait ?
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(compte clôturé)
le samedi 06 août 2011 à 11h15
à Antilogus : je suis la première à répéter et à écrire que si l'on ne ressent pas au plus profond de soi qu'on est polyamoureux, il ne faut surtout pas le vivre, car c'est une voie difficile et qu'on a tous les risques de se planter si on le fait pour de mauvaises raisons : parce que "c'est tendance", parce qu'on veut se venger de son partenaire, parce qu'on veut se donner bonne conscience en cas d'adultère, etc. Comme vous le dites- et moi aussi- il s'agit de "faire le deuil" de l'amour unique, mais contrairement à vous, je pense que les amours plurielles s'inscrivent dans la durée : comme on ne rompt pas systématiquement lorsque l'on aime ailleurs, il y a toutes les chances que les amours soient durables, à l'inverse des monogames successifs qui rompent, recommencent, re-rompent, etc... en poursuivant toute leur vie le mythe de l'Amour Unique et Eternel.
Vous faites erreur en écrivant que je prône le pluriamour comme LA solution des couples. Pas du tout ! Je souhaite simplement qu'on cesse de prôner le couple monogame comme la seule voie normale, et qu'on fiche la paix à ceux et celles qui vivent autrement leurs relations amoureuses. Je ne veux surtout pas de "modèle", pluriamour ne signifie pas seulement "pluralité" mais aussi "variété et différence", ce qui signifie que les amours plurielles ne sont pas toutes sur le même modèle : certains ont un pivot/foyer et des amours autres, d'autres vivent des vies parallèles, d'autres en communauté amoureuse. C'est justement cela l'intérêt et la difficulté : pas de normes ni de modèles, mais une invention constante et la nécessité d'évoluer en fonction de la vie, des gens qu'on rencontre, etc.
Pour la durée : j'aime et je vis avec l'homme que j'ai connu à 17 ans, et j'aime et vois toujours quelques hommes que j'ai connus entre 1973 et 1978. Ceux que j'ai perdus en route sont morts, ou ont eu des parcours devenus monogames avec le temps (dans ce cas, ils restent souvent des amis très chers). Ca n'a pas toujours été facile, il y a eu des remous, des tempêtes.... mais n'est-ce pas le sort de toutes les amours, mono ou pluri ?
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(compte clôturé)
le samedi 06 août 2011 à 11h20
à Antilogus toujours : sachant que 3 meurtres conjugaux sur quatre ont pour origine la jalousie, sans parler des violences et des déchirements lors des divorces, je ne suis pas certaine que la monogamie soit un "regard poétique sur le monde". Le couple monogame est avant tout une construction sociale, qui n'existe pas partout dans le monde et qui n'a pas toujours existé dans l'histoire. Regarder chaque homme aimé (ou chaque femme aimée) en se réjouissant de le (la) connaître et en se réjouissant de tous les bonheurs qu'il ou elle vit avec soi ou avec d'autres, c'est un trouble plein de poésie, et j'en parle pour l'avoir vécu depuis plus de 35 ans.
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Antilogus
le samedi 06 août 2011 à 12h54
Bonjour Francoise, je ne pensais pas que vous participiez à cette discussion
Désolé, mais je ne voulais pas vous agresser... Je comprend ce que vous prônez, je ne doute pas que vous croyez en ce que vous dites, néanmoins j'en suis à la troisième lecture de "aimer plusieurs hommes" et en cours du "guide des amours plurielles"... Peut être est ce mon côté zèbre qui parle, mais en avançant la liberté dans le polyamour, vous en faites néanmoins un modèle...
Dans vos deux derniers message, par exemple, sur le premier vous dites "Vous faites erreur en écrivant que je prône le pluriamour comme LA solution des couples. Pas du tout ! Je souhaite simplement qu'on cesse de prôner le couple monogame comme la seule voie normale, et qu'on fiche la paix à ceux et celles qui vivent autrement leurs relations amoureuses."
Puis dans le second message "sachant que 3 meurtres conjugaux sur quatre ont pour origine la jalousie, sans parler des violences et des déchirements lors des divorces, je ne suis pas certaine que la monogamie soit un "regard poétique sur le monde"
Pourquoi dénigrer le couple monogame alors..... Les meurtres conjugaux existeront toujours, quels qu'en soit schéma ! Vous imputez la jalousie au couple monogame, mais de ce que je peux lire sur ce forum, le polyamour est loin d'être dénué de jalousie... De même qu'il n'y a pas plus de raison que les amours plurielles s'inscrivent plus dans la durée que les amours monogames... Quel est le rapport ? Parcequ'on passe moins de temps finalement avec ses "amours", le divisant (forcément) ? la notion de "durée" pour moi ne se comptabilise pas comme ça.... J'ai connu des couples qui ont vécu 30 ans ensemble, mais en y regardant de plus prêt, étant navigants sur long courrier tous les deux, leur histoire a été en réalité très brève.
Pour en revenir aux écrits sur le polyamour, on retombe toujours dans le même conflit du cerveau droit / gauche : D'un côté les émotions, le ressenti, la créativité, de l'autre l'analyse, les mots qui permettent de ne pas céder à notre côté psychotique... pour faire simple, il faut qu'on explique quoiqu'il arrive !
J'ai encore du mal à cerner le malaise que je peux ressentir à la lecture de vos deux livres. Encore une fois, il ne s'agit pas d'une attaque personnelle, je vous fait part d'un "ressenti"... Peut être trop de mots finalement pour justifier le polyamour... Un paradoxe entre le "laissez nous vivre le polyamour sans nous juger" d'un coté, et de l'autre un livre brandit comme un étendard et une revendication sous-jacente , comme un non dit....
Plus j'avance dans la découverte et le vécu du polyamour, plus je porte un regard critique... Je suis navré, mais je ne suis pas un "croyant", j'ai besoin de vivre et comprendre... C'est une autre situation, mais pour moi cela n'apporte rien de "plus"....
Pour finir avec la "poésie" du couple : Cette dernière est une invention humaine, certainement la plus belle..... Oui il y a une poésie dans le couple mono, dans le mythe de l'amour unique et eternel, et en aucune façon je ne me permettrai de la juger...
Je suis un "poly" dubitatif, désolé :) je ne chanterai pas les louanges des amours plurielles, car il n'y en a pas plus et pas moins que dans les amours mono...
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Antilogus
le samedi 06 août 2011 à 12h55
et pour l'admin du site : désolé pour la "tartine", elle n'était pas préméditée et peut être hors sujet sur ce fil .... je ferai attention la prochaine fois
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(compte clôturé)
le samedi 06 août 2011 à 13h58
Antilogus : Découvrir que son conjoint est polyamoureux, c'est être trompé, quels que soient les mots que vous mettez dessus... C'est être trompé dans son histoire, dans l'image que l'on a de l'autre, dans la croyance qu'on a de son couple, dans la façon d'aimer l'autre et d'être aimé.....
Françoise : je suis la première à répéter et à écrire que si l'on ne ressent pas au plus profond de soi qu'on est polyamoureux, il ne faut surtout pas le vivre, car c'est une voie difficile et qu'on a tous les risques de se planter si on le fait pour de mauvaises raisons
Antilogus et Françoise, avec des terminologies différentes disent ici, me semble t-il, un peu la même chose.
Avec l'expérience, j'ai établi en ce qui me concerne qu'à la naissance de la relation, il est absolument impérieux de se déclarer : informer l'autre de ses aspirations, sa philosophie de vie, ses désirs, dans les domaines qui auront des conséquences directes dans le couple.
Les déclarations de l'un et l'autre, si elles s'accordent, constituent en quelque sorte une charte de base d'organisation et de fonctionnement du couple. On considère évidemment que chacun est suffisamment construit pour se déclarer honnêtement et juger si la déclaration de l'autre vous convient pleinement. Dés lors, les tromperies des désirs non déclarés s'éteignent de fait.
C'est bien là le problème évoqué par ciloubabigro.
Je devine que l'accord de base du couple était la monoexclusivité. Les désirs de l'un ont évolué (ou se sont enfin manifestés...) et se placent en contradiction avec l'accord de base.
Antilogus a raison : cela s'appelle une sorte de "tromperie" de ce qui constitue l'accord d'origine du couple ; ciloubabigro se trouve devant le fait accompli.
Françoise a raison : Le polyamour est difficilement vivable s'il n'est pas assumé et déclaré en toute honneteté et j'ajoute pour ma part, dès le départ.
Dés lors, qu'elles seraient les alternatives ?
Couple dans un accord de monoexclusivité, l'un s'ouvre - sincèrement et non opportunément - au polyamour :
- Il peut alors proposer un débat ouvert et franc en expliquant précisémment ses aspirations et intentions et sa façon de voir évoluer positivement le couple. L'autre peut éventuellement avancer dans ce sens et le cas échéant, adhérer à cette nouvelle donne (partiellement ou totalement) et en tirer lui même parti. Un nouvel accord de base, produit du débat commun du couple, s'établit. Le couple pousuit sa route à partir de ce nouvel accord.
- L'autre fait valoir que l'accord de base n'a pas été respecté, qu'il n'a pas demandé cette évolution et demande le retour à l'accord.
A/ Le polyamoureux renonce : le couple est préservé mais les frustrations, avec le temps, peuvent saper les fondations du couple à terme.
B/ Le polyamoureux assume sa situation et poursuit dans ce sens : le couple rompt.
- L'autre n'accepte pas en son fond la situation mais veut préserver son couple car il y a toujours de l'amour. Statu-quo dans des compromis de circonstances. Mais la souffrance de l'autre (qui rappelons-le est libre de ne pas adhérer au polyamour) peut à son tour saper à terme les fondations du couple.
Enfin, et il est utile de le préciser - ces cas évoqués n'ont aucun sens dès lors que l'argument du polyamour est utilisé pour des cas opportunistes comme évoqués par Françoise. Opportunisme par exemple de s'aménager une sécurité affective, familliale et matérielle d'un coté, et les galipettes passionnelles de l'autre... Ce type de combinaison est voué à l'échec, non ?
Dans le polyamour, chaque relation est unique et incomparable. l'une ne peut compenser les faiblesse de l'autre. Chacune apporte sens et intensité, à sa façon.
Ceci étant dit pour apporter mon avis, dans le polyamour, il est vrai qu'on est débarrassé d'un gros sujet de discorde qui empoisonne des millions de couples en France. Ce qui n'empêche pas par ailleurs les conflits. Le rapport amoureux - mono ou poly - avec ses extraordinaires forces affectives et psychiques déployées, dévoile son être dans ses contradictions et souffrances, que l'autre reçoit souvent en pleine figure. Le respect de l'altérité, le bonheur de recevoir tout l'autre sans toucher à un cheveux de ce qu'il est, est une quête passionnante et quotidienne.
Message modifié par son auteur il y a 10 mois.
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(compte clôturé)
le samedi 06 août 2011 à 20h03
A Antilogus : je ne me suis pas sentie agressée, rassurez-vous, je voulais juste rectifier quelques données qui sont dans mes livres mais qui ne sont pas toujours lues : chacun lit un livre, quel qu'il soit, en se projetant dedans, et l'interprète selon son propre vécu. Le malaise que vous avez ressenti vient sans doute du décalage entre nos deux vécus. C'est vrai que je n'ai jamais éprouvé de jalousie envers aucune des compagnes de mon mari alors que vous racontez être passé par bien des affres et le gouffre de se sentir trompé. Notre expérience est différente, et je n'ai appris qu'en expérimentant, en tâtonnant, en changeant d'avis parfois : la théorie est venue après 25 ans de pratique ! Cela dit, j'ai vécu des choses difficiles et même certaines que je ne souhaiterais aucunement revivre ! Mais comme dit l'adage "ce qui ne tue pas rend plus fort". -
à Altérity : un couple qui démarre sur des bases poly, c'est rare, si j'en crois le courrier reçu. C'est en découvrant la possibilité d'aimer plusieurs personnes (de tomber amoureux/se sans pour autant cesser d'aimer son/ sa partenaire habituelle) que la majorité des gens viennent au pluriamour. Et cette idée n'est pas figée une fois pour toutes : on essaie, on fixe des règles, on en discute, on explique ce qui ne convient pas "à l'épreuve du vécu" et on cherche comment trouver un nouvel équilibre, etc. J'ai même rencontré un couple où le mari est pluri et la femme mono mais d'accord pour les élans pluriels de son mari ! Simplement, elle n'est tentée par aucun autre homme, ce qui est son droit.
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Antilogus
le dimanche 07 août 2011 à 06h01
Nos vécus sont effectivement radicalement différents, d'autant qu'en dehors de l'aspect "poly" existe chez moi une autre problématique majeure qui n'est pas citée dans mes contributions, (sans rapport avec le sujet de ce forum) mais qui est incontournable dans ma perception du "lutinage", et quelle que soit l'ampleur de votre expérience, elle ne pourra jamais vous permettre de comprendre cette particularité dans ma perception des amours plurielles (et je ne remet nullement en cause votre intelligence, il s'agit plutôt d'une question de nature)
Ceci étant j'ai été ravis de débattre du sujet avec vous, et je crois avoir fini par comprendre d'où vient ce qui me dérange à la lecture de ces deux livres (qui, avec le recul de cette discussion, contrairement à ce que vous écrivez plus haut, n'a rien à voir avec nos différences de vécu finalement)
Amicalement :)
