Je lance un fil de discussion autour du livre de Françoise. N'ayant pas les mots pour exprimer mes interrogations, mes ressentis, je choisis de vous faire partager les extraits que j'ai particulièrement remarqués, et qui ont agi comme un révélateur pour moi. Je serai ravie d'échanger avec vous sur ce livre , de connaître les extraits qui vous marquent (si vous l'avez lu) ou sur les extraits (si ça évoque quelque chose pour vous).
Je vais tenter d'organiser par thème ce qui m'a marqué.
Passion et exclusivité :
"La monogamie en Occident est justifiée officiellement par l'idée qu'il est impossible d'aimer plusieurs personnes en même temps. Ce dogme repose sur la confusion entre amour et passion. Effectivement, la passion amoureuse est un sentiment d'attachement exacerbé et narcissique qui n'admet aucun partage. Cependant, tout le monde étant d'accord pour admettre qu'après la phase de passion, l'amour meurt s'il n'évolue pas vers un projet de vie, il n'y a pas de raison que l'exigence d'exclusivité perdure alors qu'elle n'est pas plus justifiée que ne le serait une exigence d'amour exclusif envers un enfant ou un ami."
Je rapproche cet extrait à celui-ci qui parle à nouveau d'exclusivité, mais peut-être que ce qui relient tous ces extraits est le thème de l'évolution de l'amour :
"Les lutins célibataires n'auraient en principe aucune question à se poser ni aucune limite à leur liberté puisqu'ils n'ont pas d'engagement envers quiconque. En pratique, ce n'est pas si simple car ils peuvent aussi se heurter à des exigences d'exclusivité amoureuse et à la jalousie, et également parce que tôt ou tard Lutins et Lutines se posent la question de vie avec un partenaire au long cours. Les lutins se fixent évidemment des limites liées au respect que n'importe qui doit à ses partenaires."
Peut-être que j'ai rapproché les deux extraits précédents, par rapport à la peur que j'ai que l'amour meurt en général. Concernant la passion, j'ai parfois l'impression de me heurter à un blocage, et j'ai peur de ne pas connaître ce qui se passe après la passion. J'ai peut-être un rapport difficile avec la passion, au point de vouloir la camoufler parfois, je n'arrive pas bien à savoir, où j'en suis avec ça. Peut-on choisir d'être passionné ou de ne pas l'être ?
Création :
"Pourquoi l'amour commence-t-il si bien, et se détériore-t-il ensuite?"
[...]"Ensuite, viennent les ratures, quand se confrontent le rêve et la réalité. Tout comme un manuscrit témoigne d'un travail de création et non d'une détérioration, les "ratures amoureuses" reflètent l'évolution du lien et la découverte de l'intimité."
J'aime cette idée de création et non de détérioration.
Pérennité :
[...] Un autre lien particulier est celui que procure la durée : au-délà du sentiment amoureux, le fait de se connaître, depuis 10, 15, 20 ans ou plus crée un ancrage mystérieux, que les strates des âges traversés ensemble rendent plus solide, comme un tronc d'arbre est chaque année renforcé par un cercle d'écorce supplémentaire."
Peut-être que j''ai rapproché ces extraits par rapport au besoin que j'ai d'accepter les ratures et le fait que je n'ai pas encore le lien particulier d'une telle durée dont parle Françoise Simpère, même si je considère avoir des liens particuliers :) .
On pousse plus loin la réflexion ? ;)
