J'ai décidé de lui écrire, car j'avais besoin qu'il d'exteriorisé mes émotions.
Voici ma lettre :
"Tu as pris du temps pour réfléchir sur ce qui t’arrive avant de m’en parler, maintenant que j’ai réfléchi à mon tour, j’ai le droit de t’en parler aussi…
Je reste certaine que mes sentiments envers toi n’étaient pas à sens unique, mais je sais aussi que tu ne m’as jamais considérée comme étant une femme disponible et tu as toujours agit sous « contrôle ». Je suis restée avant tout pour toi la femme de Christophe, que tu estimes beaucoup.
Pourtant déjà comblée par un homme, je t’ai aimé autant que lui.
Différents tout les deux, aucune concurrence ni comparaison possible.
Il est mon complémentaire et toi mon semblable, importants l’un comme l’autre.
Tu n’as donc jamais été une compensation à un manque, mais un plus dans ma vie, tel un parent qui aime un nouvel enfant, sans moins aimer le premier.
Difficile de comprendre puisqu’on est toujours influencé par notre éducation qui prône l’amour unique, et qui d’ailleurs n’est pas souvent une réussite.
Depuis le début, je savais que tu allais me faire souffrir et j’ai beaucoup subit.
J’ai souvent regretté de t’avoir connu parce que même si tu m’a apporté beaucoup de joie, tu n’as pas toujours été très agréable avec moi.
Parfois distant je te voyais malheureux, je t’ai vu douter ne sachant pas ce que tu voulais, j’ai vu ta frustration et tu me le faisais payer en me frustrant aussi. Peut-être parce que j’étais heureuse et pas toi.
Tu gardais pour toi ce que tu ressentais, même si je le devinais.
Mais te voulant libre, je n’ai jamais voulu te dire ce que tu as à faire pour être heureux. J’avais confiance en toi pour que tu le découvres par toi-même.
Pendant tout le temps de notre relation, malgré la distance, la rareté de nos rencontres tu as beaucoup appris avec nous et ma souffrance n’adonc pas été inutile.
Tu ne peux donc logiquement plus continuer à te comporter comme tu l’as toujours fait avec une femme, d’autant que tu as affaire maintenant à une personne qui souffre aussi et dont la détresse t’a ému.
(D’ailleurs, ton histoire n’est pas sans me rappeler celle du prince charmant qui sauve la malheureuse princesse du méchant dragon… l’amour inconditionné de ta lutine ne fait pas le poids à côté de la détresse de la belle qui à besoin d‘être « sauvée » …)
Après des années d’échecs, et fort de ta remise en question, c’est une occasion pour toi de te prouver que tu peux être un homme bien avec une femme que tu auras pour toi seul et selon des critères classiques monogame et exclusif.
J’espère simplement que tu ne te précipites pas trop vite sur le coups de tes nouvelles émotions pour prendre des décisions importantes. Il n’y a qu’avec le temps, et une fois la passion du début passée, que tu sauras si ton bonheur est à la hauteur de tes sacrifices et si vous êtes fait pour être heureux ensemble.
Vis ce que tu as besoin de vivre, continues ton évolution, à faire des efforts, puisque tu as envies d’y croire à nouveau aux contes de fée.
Les lutins sont rares, et contrairement à toi, je ne pourrais jamais aimer quelqu’un qui n’accepte pas ma liberté. Ce qui me laisse peu de chance de revivre ce que j’ai vécu avec toi, d’autant que je n’ouvre pas mon cœur facilement, et jamais au début.
L’apriori selon lequel il faut finir une histoire pour commencer une autre rend malheureux celui qui est quitté mais également celui qui quitte. D’autan que l’histoire n’est jamais réellement terminée quand il y a encore sentiment…
Jamais dire « jamais », jamais dire « toujours ».
Nous naissons seuls et nous mourons seul, mais la vie est faite de rencontres enrichissantes.
Je sais grâce à toi que les coups foudre existent, mais bien que la passion ne dure pas je sais grâce a Christophe que pour que l’amour résiste il faut avoir la même façon de penser, évoluer pareil, sans condition, en respectant l’autre et en voulant son bonheur.
C’est seulement à la fin de sa vie que l’on sait qui on a vraiment aimé et qui nous a vraiment aimé.
Quand on écoute son cœur et son instinct, on perd toute influence, on apprend à connaitre ses envies et on assume sa liberté.
Personne ne dirige ma vie, même dans mon travail, elle m’appartient et les personnes qui m’entourent m’aiment et m’acceptent telle que je suis puisque je suis également honnête avec eux.
Je sais faire des efforts pour entretenir les liens, mais je ne fais jamais de sacrifice pour ne pas me trahir. J’assume qui je suis et ceux qui sont gênés par mon style vie disparaissent.
Il est vrai que j’aurai préféré que tu deviennes comme nous, libre, car j’ai toujours pensé que l’on ne pouvait être heureux que ainsi, mais j’ai peut-être tort et ce n’est peut-être pas ce que tu cherches puisque tu as choisi l’autre probabilité, être dans la normalité d’un « contrat » d’exclusivité.
C’est ce qui avait le plus de chance d’arriver puisque la société n’est pas prête pour ce nouveau logiciel de pensé. Toi non plus, puisque je suis toujours resté pour toi « une femme pas libre ».
Pour moi, c’est toi qui ne l’est pas…
Tu me manqueras… "