Polyamour.info

Les messages appartiennent à leurs auteurs. Nous n'en sommes pas responsables.

Merci de consulter notre charte de discussion pour connaître les règles qui régissent les conversations sur ce site.

Faut il tout dire à ses ado ?

Famille
#
Profil

Neytiri

le mercredi 08 juin 2011 à 12h31

Bonjour,
J'aurai besoin de votre éclairage sur un souci que je rencontre actuellement.
J'ai un amoureux depuis bientôt 1an, dont mes fils (20 ans et 17 ans) connaissent l'existence sans qu'il y ait des liens entre eux.
J'ai depuis peu de temps une autre relation et me retrouve en difficulté pour la vivre.
Mes fils l'ont déjà vu, mais je l'ai présenté comme une relation amicale.
Je le cache à mes fils par peur de leur réaction, de leur jugement, de leur rejet.
Ils ne sont pas très bien dans leur peau depuis notre séparation avec leur père il y a un peu plus d'1 an après 25 ans de vie commune.
Mes fils n'ont connu que le modèle "classique" : papa, maman, les enfants et la maison.
J'ai peur que de vouloir être dans la transparence, les perturbe encore plus et les éloigne de moi.
Ils sont déjà beaucoup dans la fuite et partagent peu de chose avec moi.
Leur père ne va pas bien, il déprime beaucoup.
II est donc la victime et je suis la coupable.
Je n'aime pas mentir et c'est difficile de me cacher.
Je culpabilise beaucoup d'avoir cassé la cellule familiale, mais c'était pour moi une question de survie.
J'aimerais pouvoir vivre et assumer ma vie de femme comme je le désir, mais mon statut de mère s'y oppose.
Je ne sais pas quoi faire, j'ai surtout peur de mal faire....

#
Profil

Siestacorta

le mercredi 08 juin 2011 à 13h30

Bonjour Neytiri !

Cette question me touche beaucoup, à titre personnel.

Ma suggestion : il faut parler... Mais dans un certain ordre d'intimité, avec une écoute plus ou moins successive des "concernés par la question".
.
.
a) premier temps d'écoute et échange avec tes enfants :
D'accord, ce sont des ados.... Mais très proches d'adultes. Certes, pas forcément mûrs, sans doute un peu flippés par le truc, mais si tu les traites en adultes, tu peux obtenir du mûrissement.

Et les traiter en adulte et en mère, c'est ne pas les exposer de trop à tes angoisses, mais écouter ce qu'ils disent. Quand tu sens que tu comprends un truc, demander en tête à tête ce qu'il se passe. Tendrement. Qu'est-ce qu'il a comme soucis ? Qu'est-ce qu'il voudrait qu'il y ait en mieux ?

Si il sait pas, tu proposes quelque chose.
Et quand tu sais pas quoi répondre à leur angoisse, tu t'en excuses, tu dis la vérité, que les adultes sont des gens qui font ce qu'ils peuvent, pas des gens qui savent toujours tout. Mais que tu veux essayer que ça se passe bien, et le faire avec lui
.
.
.
b) ( ! ) : Ce que je propose par la suite va peut-être sembler radical, mais c'est un déroulement des choses qui peut passer et faire avancer le schmilblik bouts par bouts.

D'abord, parler à ton mari de la situation en cours.
Il s'agit pas de savoir si il approuve tes choix amoureux, mais s'il est prêt à te suivre comme "mère de famille", s'il peut penser vos rôles famililaux à travers cette situation.

Idéalement, il s'agirait qu'il dise tout haut à tes enfants (en ta présence sans doute) que tu es encore la maman et encore "responsable" de tes enfants, indépendamment de votre relation perso.
Est-ce qu'il est prêt à ça, ou est-ce qu'il préfère se cantonner à exprimer une accusation "implicite" en n'agissant que comme victime ?
Il faut qu'il comprenne qu'en ne montrant que sa douleur il participe à la destruction morale et affective de votre famille, qui existe de fait, indépendamment d'un foyer. Vous avez fait des enfants, c'était pour le meilleur et pour le pire, alors vous assumez : toi ET lui.

En choisissant de ne faire "que la victime passive", c'est à dire ni couper toute relation, ni construire quelque chose de viable parentalement, il fait un choix de ne pas agir sans avoir fini le procès perso qu'il te fait. Il se fige dans une position de victime/juge, et n'assume pas d'autre rôle, alors que celui de père en est un.
Et il fige ainsi les enfants dans le rôle de témoin/jurés, sans prendre en compte que leur vie et la sienne continuent.
De ton côté, si tu as trop peur de faire l'effort de conciliation, disons si tu ne montres pas que tu mets en avant l'intérêt commun, tu participes à ce "procès figé".
Tu m'étonnes que tes gamins esquivent ! un ado ça réagit comme ça quand on l'enferme dans un rôle. Il peut et doit continuer à à montrer ce qu'il ressent, mais ça ne l'empêche pas de prendre sa responsabilité, au contraire, ça lui donne une force de l'affirmer)

Bref : il faut que le père dise, à peu près, à chacun, et très bientôt : "maman fait ce qu'elle veut de sa vie elle est adulte, je suis blessé mais elle m'a pas quitté pour me blesser.
Même si ça me rend triste, je respecte qu'elle continue sa vie.
Elle veut faire bien pour vous et avec vous, je lui fais confiance au moins là-dessus. On continue à chercher ce qui est bon pour vous, même si on le fait séparément. Et maman le fait à sa manière".
.
.
.
c) troisième temps, avec l'aval de ton ex-mari(idéalement il serait présent (oui, ça le force, mais en même temps ça lui donne une force de participer et donner son sentiment)), faire une rencontre entre tous "tes hommes". Qu'ils s'acceptent. Ca peut ne pas être une grande partie de plaisir, mais si tes deux actuels sont dans le poly, et si ton ex est encore présent dans ta vie comme ex et père, ça leur donne l'occasion de "voir le réel en face" et, par leur simple bonne volonté de pouvoir se parler et se regarder, montrer que vous allez faire bien.
Et oui, il y a une urgence à se montrer "raisonnables" entre vous, d'abord pour chacun d'entre vous, et ensuite, à cause des enfants.
.
.
.
d) quatrième temps : rencontre entre tes amants ensemble et les ados . Leur père peut être là (je pense que s'il se sent super partie prenante, on va pas l'en empêcher), mais là ça ne le concerne plus tout à fait, vous décidez.
Là, vous expliquez le truc du polyamour, comment vous comptez faire en pratique. Vous vous montrez respectueux, pas trop de touche-touche, pas trop de petits mots tendres et de bizous evec tes hommes, alors que jusqu'ici vous étiez discrets.
Et vous écoutez les questions et réactions.

Voilà.... Bon, c'est une suggestion, ya plein de trucs qui peuvent être adaptés, et je suis tout ouie pour discuter !
Mais c'est à mon avis le scénario le plus "honnête", et celui qui permet à tous de s'exprimer, mari déprimé, amants mi-assumés mi-cachés, ados évitants et Neytiri inquiète...

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

#
Profil

Deville

le mercredi 08 juin 2011 à 17h00

Bonjour, quelques remarques a prendre avec des pincettes et ne doivent pas valoir grand chose puisque venant d'un non-parent.

Neytiri93
J'ai un amoureux depuis bientôt 1an, dont mes fils (20 ans et 17 ans) connaissent l'existence sans qu'il y ait des liens entre eux.

Ben 20 ans et 17 ans ce sont des adultes :).

Neytiri93
J'ai depuis peu de temps une autre relation et me retrouve en difficulté pour la vivre.
Mes fils l'ont déjà vu, mais je l'ai présenté comme une relation amicale.
Je le cache à mes fils par peur de leur réaction, de leur jugement, de leur rejet.

La honte du poly vis-a-vis des enfants à l'air très courante sur ce forum, j'avoue en être un peu surpris.

Si l'on a honte d'être ce que l'on est devant les jeunes pour lesquels on est sensé être des modèles et des guides, n'est-ce pas qu'au fond on a encore honte de soi? N'est pas que l'on conçoit le polyamour comme un péché, un vilain secret, une tare à cacher.

J'avoue aussi être un peu surpris des ces parents terrifiés par le jugement de leurs enfants. N'est-ce pas la une inversion des rôles? Doit-on passer se jeunesse a vivre dans l'angoisse de ne pas plaire a ces parents, pour très vite la substituer pour le reste de notre existence par l'angoisse de ne pas plaire a ces enfants? Fait-on des enfants pour trouver dans leurs regards une approbation que l'on a pas réussi à obtenir d'adultes?

De plus, si l'on découvre le polyamour et on le cache à la future génération, on est complice de la perpétuation des préjugés idiots et de l'oppression normative anti-poly. Sortir du placard c'est face à toute les personnes que l'on aime, ou qui nous aiment, ou dont on a la responsabilité. Cela devrai donc théoriquement inclure les enfants.

Neytiri93
Ils ne sont pas très bien dans leur peau depuis notre séparation avec leur père il y a un peu plus d'1 an après 25 ans de vie commune.
Mes fils n'ont connu que le modèle "classique" : papa, maman, les enfants et la maison.
J'ai peur que de vouloir être dans la transparence, les perturbe encore plus et les éloigne de moi.

La majorité des jeunes de 20 et 17 ans sont mal dans leurs peau. Cette période a été une des plus sombres de ma vie. Et pourtant mes parents sont ensemble depuis plus de 60 ans.

A ta place je ne dirai rien, car ta vie sentimentale ne les concernent pas plus que la leur ne te concerne. A mon avis, s'ils te posent des questions, soit tu leurs répond que cela ne les regardes pas, ce qui est vrai, soit tu leur dis la vérité et leur fait donc partager ton évolution, ta merveilleuse découverte tardive sur le sujet, ce qui a mon sens, ne fera qu'enrichir leurs perspectives sur la vie.

Cela leur montrera que les gens changent, que l'on arrête jamais de faire des découvertes, que c'est une des chose qui donne le plus de sens à la vie, et que les parents sont des gens comme les autres, confronter aux aléas, changements et découvertes de la vie à tout âge. Qu'il n'est jamais trop tard pour se remettre en question et pour aimer.

Neytiri93
Ils sont déjà beaucoup dans la fuite et partagent peu de chose avec moi.

Tes enfants sont devenus des adultes et donc le moment est venu pour eux de s'éloigner de toi inexorablement. Ils sont prêt pour voler de leurs propres ailes. C'est dans l'ordre normal des choses. Partager de moins en moins de chose avec ces parents a 17-20 ans fait parti du processus sain de maturation (coming of age en anglais).

A cet âge la, je ne désirai RIEN partagé, ni RIEN faire avec ma mère. Moins je la voyait, plus nos échanges se limitaient à bonjour/bonsoir, mieux je me portait.

Attention de ne pas interpréter leurs prise de distance comme un rejet pathologique de ta personne de leurs par du au divorce, a ta vie sentimentale poly, ou quoique ce soit d'autre

Neytiri93
Leur père ne va pas bien, il déprime beaucoup.
II est donc la victime et je suis la coupable.
Je culpabilise beaucoup d'avoir cassé la cellule familiale, mais c'était pour moi une question de survie.

Que leur père déprime c'est son problème, plus le tiens et pas non plus celui de tes enfants.
Quand un couple se sépare il n'y a ni coupable ni victime. Le couple est juste arrivé a son terme.

La culpabilisation en général est un sentiment destructeur. Mais se culpabiliser pour avoir choisi la survie est carrement absurde. Crois-tu que ton ex et tes enfants seraient plus heureux si tu t'étais fait hara-kiri :-D :-D.

Neytiri93
Je n'aime pas mentir et c'est difficile de me cacher.
J'aimerais pouvoir vivre et assumer ma vie de femme comme je le désir, mais mon statut de mère s'y oppose.

Tu le peux. C'est à toi de te donner ce droit. Pas à tes enfants.

Les parents ont le droit de vivre leur vie intime de la manière qu'ils le souhaitent sans questionnements ni procès de la par de leurs enfants qui ne sont pas leurs surveillants.

Une maman ne doit jamais arrêter d'être aussi une femme et donc une amante. Sacrifier l'amante sur l'autel de la maman ne la rends pas une meilleure maman, bien au contraire à mon avis. C'est une erreur tragique qui prépare à la misère émotionnelle une foi les enfants partis. Une maman n'est ni une vierge immaculée ni une vieillerie a moitié morte dans le formol, amputée de vie sexuelle et émotionnelle, 100% au service de ces enfants.

Je veux bien admettre qu'un maman mette le reste de sa vie entre parenthèse pour "kifer" la maternité avec des enfants de 0 à 3 ans, mais pour des enfants de 17 et 20 ans une maman à plein temps c'est un fardeau plus qu'un cadeau.

Neytiri93
Je ne sais pas quoi faire, j'ai surtout peur de mal faire....

Tes enfants sont élevés. Ils vont vivre leurs vie pour eux pas pour toi. Il est temps que tu commences a faire de même dans une saine logique de réciprocité. Tes sacrifices de mères sont terminés. Profites des années de vie qui te reste pour aimer, être libre et vivre avant tout pour TOI.

Bon, bien sur, tous ce que je dis, c'est très facile, puisque je n'ai pas d'enfant, c'est peut-être absolument niais de naïveté.

Bon courage en tout cas.

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

#
Profil

Neytiri

le mercredi 08 juin 2011 à 17h14

Merci déjà pour ta longue réponse qui me scotche littéralement !!!
Ça me parait impossible d'inclure mon mari (ex) comme tu me le propose.
Je t'explique le tableau :
Il me fait régulièrement des menaces au suicide, a passé sa vie et continue à me culpabiliser et me rendre responsable de tout sans se remettre lui même en question.
C'est le souci majeur de notre relation, on a jamais pu parler en donnant chacun notre point de vu, s'écouter et essayer de se comprendre et de trouver une solution ou compromis.
Mes essais de dialogue ont toujours abouti en le faisant réagir avec colère, susceptibilité, reproches, accusations.
Il n'a pas encore digéré notre séparation, il s'engueule régulièrement avec ses fils et leur reproche de ne pas prendre soin de lui (il ne comprend pas que c'est lui qui doit prendre soin de ses enfants parce que c'est lui l'adulte)
il parle de retourner dans sa Normandie natale parce qu'il est seul sur Lyon et que tout le monde s'en fout de lui (moi et ses fils).
Il ne comprend pas que l'on ne soit pas toujours disponible à le voir ou lui parler quand lui a décidé que c'était le moment.
Depuis 10 ans que nous habitons à Lyon, il a fait le vide autour de lui (tous des blaireaux, son mot favori pour les personnes qui ne pensent pas comme lui, même pour ses fils)
J'ai pendant des années fait des efforts pour concilier, pour qu'il ne se mette pas en colère, qu'il y ait une bonne ambiance à la maison, je me suis épuisée, j'ai renoncé, me suis détachée jusqu'au point de non retour, j'ai pris la décision de la séparation et maintenant je me protège de lui....et je vais tellement bien sans lui.
Oui, tu as raison aussi pour le coté destructeur moral et affectif.
J'ai eu besoin de médicaments et me suis fait aidée psycologiquement.
Il m'a fallut 25 ans pour comprendre...
Mes 2 amoureux sont PA, crois tu que ta proposition directe numéro 4 est possible ?

#
Profil

Siestacorta

le mercredi 08 juin 2011 à 18h01

Neytiri : non, va pas trop vite.

Neytiri93

Mes 2 amoureux sont PA, crois tu que ta proposition directe numéro 4 est possible ?

Ok par rapport au fait que ton mari est trop dans son trip pour être inclu dans les échanges.

Par contre, passer direct à l'étape D, je crois pas. C'est pas irréalisable, ya peut-être des caractères pour.
Mais ait à la va vite, "imposé" aux gens, ce serait
- vouloir te débarrasser d'une patate chaude, pas assumer que c'est toi la mère et la responsable,
- te précipiter sur un plan rapide pour répondre à tes angoisses plus qu'au besoin de bonne entente général... au risque de tomber sur des oppositions braquées, qui n'auraient pas eu lieu avec un peu plus de pédagogie.

En passant, il se peut que ce que tu soignes en ce moment en thérapie soit aussi un des élements dont tes enfants veulent se tenir à distance. Non, culpabilise pas : cette distance est temporaire, sainepour eux ET pour toi, et te laisse la place et le temps de prendre une nouvelle position plus responsable, au fur et à mesure. Justement en faisant des choses doucement, avec de l'écoute personnelle pour chacun.

Tu risques d'ailleurs le rentrage dans le lard gratuit et la non communication, si toi tu commences pas

- par respecter tes enfants comme des "personnes", à écouter individuellement (donc étape A : leur demander ce qu'ils ressentent et ce qu'ils voudraient ; même si tu peux pas faire ce qu'ils veulent, écouter est essentiel)
- par établir déjà une confiance avec et peut-être même entre tes amants (etape B), un truc qui fait que vous ne serez pas sur deux fronts en même temps lors de la "rencontre". S'ils se voient la première fois entre eux en voyant tes enfants en même temps, ils vont saturer.

Donc... Pour que toi tu sois bien, il faut d'abord préparer le terrain, d'abord en écoutant tes enfants, puis en écoutant tes amants, puis en les faisant discuter ensemble.

(heu... j'ajoute que tout ça, c'est "comme on peut, si ça marche, en général...". C'est à dire qu'il y a sans doute plein de petites variations de situation. C'est pour décrire l'état d'esprit que mes réponses valent quelque chose, pas comme réel mode d'emploi complet.... Je suis juste un internaute, pas un conseiller familial :-) )

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

#
Profil

Duchesse_Anne

le mercredi 08 juin 2011 à 19h08

Bonjour Neytiri93,

Ton histoire me touche et en même temps me fait bondir. Comme beaucoup, tu te mets beaucoup la pression sur le fait d'être "une bonne mère".

Neytiri93
Je culpabilise beaucoup d'avoir cassé la cellule familiale, mais c'était pour moi une question de survie.
J'aimerais pouvoir vivre et assumer ma vie de femme comme je le désir, mais mon statut de mère s'y oppose.

La culpabilité c'est le Mal. Et ton ex m'a l'air de bien appuyer dessus. Tu as raison de dire à tes fils que c'est aux parents de s'occuper des enfants et pas l'inverse. Il faut juste beaucoup leur répéter, car la tentation est grande pour un enfant quelque soit son age de sauver son parent.

En fait ce qui se peut se jouer dans cette histoire, c'est la place qu'ils occupent auprès de leur parents : d'un côté ils jouent les bouées de sauvetage, de l'autre ils pourraient devenir juges de la vie de leur mère. Ils n'ont à faire ni l'un ni l'autre, et ne sont pas dans leurs rôles d'enfants dans les deux cas.

Ton boulot de mère, ce serait de les aider à retrouver cette place d'enfant, ce qui ne veut pas dire une place infantilisante et irresponsable, mais en tout cas en ne portant pas la responsabilité des choix de vies de leurs parents.
Tu as le droit, en tant que mère, de protéger tes enfants de leur père quand il est trop déconnant. ce n'est pas baver sur lui, ou le déprécier à tour de bras, mais indiquer dès que ça se présente à tes fils que non, la situation n'est pas normale et qu'ils ont le droit de s'en extraire, voire même que d'autorité tu agisses en ce sens.

Et tu as le droit de dire à tes fils que tu es heureuse depuis que tu te sens libre. Pour un enfant, un parent heureux est un parent sur qui on peux compter et avec qui on se sent bien.

Et si ton post me touche autant, c'est parce qu'il recouvre beaucoup de thèmes qui me concerne. J'ai été à la place de tes fils avec une mère qui a longtemps fait du chantage au suicide et a pu me reprocher de ne pas m'occuper d'elle, et je suis à ta place aussi parce que j'ai un ado de 16 ans, et pas une vie.. dans les normes.

Les ados, c'est comme les plus petits, faut parler, dire ce qu'on ressent, poser le cadre. il ne s'agit pas de leur demander une autorisation, ce n'est pas leur rôle. Et je ne crois pas non plus qu'il faille rentrer dans les détails, ça ne les regarde pas.

rétablir un peu de dialogue, apaiser, rassurer... Fais comme tu peux, comme ça vient, petit à petit...

Plein de courage.

(je suis pas très douée pour arrondir les angles, en me relisant j'ai l'impression de dicter des règles mais bon.. T'en prends et t'en laisses hein, tu fais ta sauce à toi, c'est bien meilleur ;-))

#
Profil

Neytiri

le mercredi 08 juin 2011 à 22h52

Merci à tous les 3 pour vos réponses.

A Deville : "Ben 20 ans et 17 ans ce sont des adultes :)."
Oui, c'est vrai, ce sont, je dirais "presque" des adultes (pas encore 20 ans et pas encore 17 ans...:-D )
Et plutôt qu'ils sont adultes quand ça les arrange !!! :-D Mais c'est pas le sujet...

"La honte du poly vis-a-vis des enfants à l'air très courante sur ce forum, j'avoue en être un peu surpris."

En fait, ce n'est pas que je me sens honteuse.
C'est plutôt que j'ai déjà eu à me confronter plusieurs fois à des amis qui étaient dans le jugement et le négatif sachant que je fréquentais un polyamoureux. Je me suis rendue compte que je n'avais pas envie de me justifier ou d'essayer de convaincre.
J'aimerais simplement que les non poly arrêtent de juger les poly parce que si tout le monde y réfléchit, c'est que de l'amour et si c'est que de l'amour, de l'affectif, ça ne peut pas être mal.
Moi, j'ai pas envie de convaincre les autres ou de me justifier quand on me juge.
Je veux juste aimer qui j'ai envie en paix avec moi même et avec les autres.
Merci pour la suite, ça fait du bien.

A Siestacorta : "non, va pas trop vite."
Oui, désolée, j'ai un peu oublié la première étape après être arrivée tout en bas de ton message. :-/

"En passant, il se peut que ce que tu soignes en ce moment en thérapie soit aussi un des élements dont tes enfants veulent se tenir à distance."

C'était le passé, quand je parlais d'aide psy et de médoc.
J'ai réussi à m'en sortir il y a 10 ans. C'est peut être à partir de là que j'ai commencé mon travail personnel vers le détachement et la séparation. J'ai bien muri le truc, fait mon deuil pendant tout ce temps...
Et j'ai jamais été aussi bien dans ma vie qu'en ce moment !!! (+)

Pour la suite, merci pour tes propositions, je vais laisser tout ça pauser un peu.

A Duchesse Anne : "Ton histoire me touche et en même temps me fait bondir. Comme beaucoup, tu te mets beaucoup la pression sur le fait d'être "une bonne mère"."

Je crois que je cumule aussi une profession à risque quand on est mère : "Infirmière puéricultrice", ce sont les pires pour leurs enfants !!!!:-D :-D

"Et tu as le droit de dire à tes fils que tu es heureuse depuis que tu te sens libre. Pour un enfant, un parent heureux est un parent sur qui on peux compter et avec qui on se sent bien."

Oui, je crois que je ne me suis pas autorisée à leur dire que je suis super bien depuis que je suis libre...
Et ne t'inquiète pas, je n'ai pas du tout ressenti que tu me dictais quelques règles que ce soit...

Bises à tous

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

#
Profil

Polypoli

le jeudi 09 juin 2011 à 07h34

Neytiri93

Je crois que je cumule aussi une profession à risque quand on est mère : "Infirmière puéricultrice", ce sont les pires pour leurs enfants !!!!

Bonjour le cliché....sur les qualités maternelles des infirmiières puéricultrices....
Avec ton discours doublement pétri de culpabilité (briseuse de cellule familiale et infirmière puéricultrice donc "pire" mère) et un père déprimé, je comprends que tes fils éprouvent quelques difficultés à gérer leur relation avec vous et comme tu l'écris soient dans la fuite et partagent peu de chose avec toi.... Ils semblent avoir peut être compris qu'il est plus sain pour eux d'éviter de déballer leur intimité à des parents qui les ont peu épargnés...

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

#
Profil

Duchesse_Anne

le jeudi 09 juin 2011 à 08h47

Polypoly
Ils semblent avoir peut être compris qu'il est plus sain pour eux d'éviter de déballer leur intimité à des parents qui les ont peu épargnés...

Ah ben tiens c'est tout à fait aidant des jugements comme le tien :-/
En l'occurence, il ne s'agit pas de l'intimité de ces ados, mais des choix de vies de leurs parents et du regard qu'ils peuvent porter dessus. Un ado en règle générale ne partage que peu son intimité avec ses parents, c'est plutôt normal, ça s'appelle grandir et c'est très sain, je te rejoins là dessus, et ce, qui que soient ses parents.

#
Profil

ladymarlene

le jeudi 09 juin 2011 à 09h21

Je partage en gros et en détail tout ce qui a été écrit.

Et je pense que si, en tant que parent on n'a pas à culpabiliser de nos choix de vie, (perso, nous nous éclatons dans les boites libertines, on ne l'a pas raconté à nos enfants....) on n'a pas non plus à les imposer à nos enfants. Ils ont leur vie à construire, je ne vois pas l'intérêt de les charger de nos histoires de cul qui peuvent les perturber...les plus tolérants le sont beaucoup moins quand il s'agit de leurs parents !
Mais parfois quand j'y réfléchis plus en profondeur, je me dis que c'est inévitable, rien qu'au niveau du planning.
Si j'avais un autre amoureux, mon mari serait au courant et d'accord. Donc, en imaginant que je passe deux nuits par semaine avec mon autre amoureux, comment l'expliquer à nos enfants ? Il faudra bien lâcher quelques "bribes" d'informations pour ne pas mentir complètement.
Pour ton cas personnel, Neytiri, je dirais que ton ex doit se bouger le cul, voir un psy prendre des médocs...merde, il est père, qu'il arrête de remâcher sa rancune envers toi surtout qu'il doit bien avoir quelques responsabilités dans l'histoire non ?
Pour le reste, tu n'as rien à leur dire. Vis ta vie et laisse la vivre la leur, ils sont à un âge particulièrement vulnérable où ils sont à l'aube de l'âge adulte.
C'est mon avis, suis le comme tu veux.
De plus, laisse tomber la culpabilité inhérente à ton métier (je suis fille d'enseignante, eux c'est pareil....) il y a de très bonnes mères dans les professions médicales et de très mauvaises chez les secrétaires de direction...et réciproquement !

#
Profil

Neytiri

le jeudi 09 juin 2011 à 12h58

A Polypoly :

"Bonjour le cliché....sur les qualités maternelles des infirmières puéricultrices...."
Ce n'est pas un cliché, j'ai travaillé de longues années avec des psy et il est connu que les mères infirmières sont plus inquiètes que les autres.
Je ne parlais pas des qualités maternelles mais plutôt du coté inquiétude de la mère infirmière qui "est dans le soin" et qui peut, je le sais, angoisser les enfants.

"Ils semblent avoir peut être compris qu'il est plus sain pour eux d'éviter de déballer leur intimité à des parents qui les ont peu épargnés..."
Où ai je parlé que j'aimerais que "mes enfants me déballent leur intimité" ????
J'aimerais seulement de temps en temps partager un ciné, un spectacle, un concert avec eux...mais après, je n'en fais pas un plat et je ne le reproche rien.

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

#
Profil

ladymarlene

le jeudi 09 juin 2011 à 13h28

@ neyriti : je pense que c'est simplement parce que ce sont des ados....mais je ne dis pas que c'est pour autant agréable.

Enfin, ne te culpabilise pas et si tu n'as pas envie de leur en parler n'en parle pas.

#
Profil

Polypoli

le jeudi 09 juin 2011 à 13h38

On retombe dans les clichés....et les généralités....cette fois avec les psys....et les enfants...
Une mère infirmière qui est comme tu l'écris "dans le soin" peut aussi rassurer son (ses) enfant(s)....par ses compétences médicales et sa disponibilité...
Les enfants se construisent avec une foultitude de référents(père,grand-parents,copains,enseignants..etc...) et c' est vraiment trop simple d'attribuer à leur mère (infirmière ou pas) une influence quasi exclusive sur leur développement.
J'aimerais seulement de temps en temps partager un ciné, un spectacle, un concert avec eux...
Là, effectivement il y a matière à s'interroger.....ils en viennent à t'éviter et refuser de partager avec toi de bons moments...

#
Profil

ladymarlene

le jeudi 09 juin 2011 à 14h22

Je ne peux qu'être d'accord avec toi, poly, la toute puissance de la mère, c'est un cliché et totalement destructeur en plus !
Destructeur pour l'enfant (qui grandit avec une image de la femme mère-épouse sans avoir une autre image) et pour la mère (qui ne se voit plus comme une femme) et je ne parle pas du père réduit au rang d'utilité.

#
Profil

LuLutine

le samedi 11 juin 2011 à 16h51

Neytiri93
Il me fait régulièrement des menaces au suicide, a passé sa vie et continue à me culpabiliser et me rendre responsable de tout sans se remettre lui même en question.
C'est le souci majeur de notre relation, on a jamais pu parler en donnant chacun notre point de vu, s'écouter et essayer de se comprendre et de trouver une solution ou compromis.
Mes essais de dialogue ont toujours abouti en le faisant réagir avec colère, susceptibilité, reproches, accusations.
[...]
Il ne comprend pas que l'on ne soit pas toujours disponible à le voir ou lui parler quand lui a décidé que c'était le moment.
[...] maintenant je me protège de lui....et je vais tellement bien sans lui.

D'après ce que tu décris, je dirais que ton ex-mari semble être un manipulateur relationnel : culpabilisation des autres, dialogue impossible...
Tu as eu raison de t'en éloigner.
Sur ce sujet, je te conseille deux livres d'Isabelle Nazare-Aga (surtout le premier, je trouve que le second a été écrit un peu à la va-vite) :
Les manipulateurs sont parmi nous et Les manipulateurs et l'amour.

#
Profil

maroussia

le mercredi 23 novembre 2011 à 20h21

ladymarlene
Et je pense que si, en tant que parent on n'a pas à culpabiliser de nos choix de vie, (perso, nous nous éclatons dans les boites libertines, on ne l'a pas raconté à nos enfants....) on n'a pas non plus à les imposer à nos enfants. Ils ont leur vie à construire, je ne vois pas l'intérêt de les charger de nos histoires de cul qui peuvent les perturber...les plus tolérants le sont beaucoup moins quand il s'agit de leurs parents !
Mais parfois quand j'y réfléchis plus en profondeur, je me dis que c'est inévitable, rien qu'au niveau du planning.

En tout cas, je trouve bien légitimes ses interrogations sur que dire, comment et jusqu'où. Pour ma part, j'ai très mal pris de "découvrir" la vie ployamoureuse de mes parents étant ado: un élément de plus qui faisait de nous une famille hors-norme alors que je m'employais à être le plus normale possible. Mais surtout, un déni de mon ressenti: "ça ne te regarde pas", alors que les influences sur la vie quotidienne étaient flagrantes.
Du coup, j'insisterais peut-être sur le fait d'accepter qu'ils aient un ressenti un peu dur et de rester à l'écoute malgré ça.

Aujourd'hui, au-delà des maladresses de communication de mes parents, je retiens leur liberté et leur affranchissement des normes sociales, et je leur en suis très reconnaissante (même s'ils ne le savent pas.... J'ai hérité des maladresses communicationnelles...)
Ca peut prendre un peu de temps à accepter, mais c'est un vrai cadeau.

#
Profil

Dakhla

le mercredi 23 novembre 2011 à 22h12

Mon topique sera bref. Les non dit son synonyme de tabous. Les ados (les enfants en général) devinent beaucoup de choses. Dans le fait d'avouer une situation polyamoureuse, une grande part d'éducation à la tolérance se joue. La question est donc : que veut-on ?

#

(compte clôturé)

le jeudi 24 novembre 2011 à 14h57

J'ai tendance à penser, malgré le côté positif de l'aspect éducatif, que l'adolescence est une période de doute, de fragilité, d'opposition aux parents, où une grande annonce en règle peut être contre-productive. Peut-être plus simple avec de jeunes enfants, pour qui la chose est assez naturelle...

#
Profil

ju-17

le mardi 06 décembre 2011 à 13h48

Bonjour,

Nous sommes entrés il y peut dans une relation polyamoureuse (si on peut appeler ça comme ça) avec ma femme. Elle a un amant et j'aurai sûrement une maîtresse dans quelques temps (encore faut-il trouver quelqu'un qui en vaille la peine). On se dis tout, je gère ma jalousie et le bonheur que je voie dans ses yeux, la façon dont elle d’épanouie me font pensé que nous sommes sur la bonne voie.

Mais nous sommes soudés. Nous restons une famille et notre petite fille de 4 ans n'est en rien concernée par ces histoires. C'est pourquoi les seuls au courant que ma femme a un amant sont les 3 personnes concernés. Pour vivre heureux vivons cachés. Réputations sulfureuses et baliverne vont trop vite. Et pour avoir une famille qui tien la route, une équipe qui gagne, il faut malgré tout définir une base.

Difficile d'inclure les enfants dans des choix aussi personnels. Il reste la philosophie pour les plus grands. Sartes, Sade et tant d'autres libertaires ont écrit sur le sujet. Maintenant après un certain âge les enfant réfléchissent par eux même, adopte leur propre philosophie et jugent de part eux mêmes. Au final les premiers jugés c'est nous : les parents. Tout ce que l'on peut faire c'est d'agir au mieux et avec amour. Car 'est toujours de ça qu'il est question.

Message modifié par son auteur il y a 6 ans.

#
Profil

Neytiri

le mercredi 07 décembre 2011 à 10h03

Merci à tous pour vos interventions.
Depuis juin, j'ai réfléchi, j'ai pu aborder le sujet du polyamour avec mes fils quand je me suis pris en pleine figure : "T'as rien à me dire parce que toi tu trompes T."
Immortel, tu as raison. Les ado devinent des choses et si on n'en parle pas, cela devient tabou.
J'ai donc expliqué calmement la situation, le polyamour, l'honnêteté, la transparence...
Mais, je rejoins également Ju-17, Philia et Maroussa avec : "pour vivre heureux, vivons cachés", "l'adolescence est une période de fragilité", "accepter qu'ils aient un ressenti un peu dur et de rester à l'écoute malgré ça"
Alors, je fais différemment et je ne "montre au grand jour" que mon amoureux principal, "T".
Ils n'ont pas à vivre ou ressentir le reste, cela m'appartient...

Répondre

Chercher dans cette discussion

Autres discussions sur ce thème :

Espace membre

» Options de connexion