Popol
Le mécanisme que tu mets en avant, pourquoi pas, mais… et alors ? C’est mon binz, il fonctionne très bien, je ne vise pas le pouvoir, je n’en ai aucun, et aucun moyen non plus de savoir ce que fait autrui de ce que je dis. Si c’était le pouvoir que je visais, je ferais autre chose.
Mais un imprécateur ne vise pas le pouvoir !
En passant, un imprécateur se différencie du troll, que tu n'es plutôt pas, qui lui vise le pouvoir de détruire le lieu de débat. Je constate bien que tu n'es pas du tout dans cette optique.
Tu viserais un pouvoir, je discuterais de pouvoir...
Il s'agit de rôle, et si tous les rôles sont faits pour nous valoriser, ils ne sont pas tous définis par l'exercice du pouvoir sur les autres. Ici, on peut avoir un une recherche de pouvoir sur soi qui utilise le regard de l'autre pour se valider lui-même (j'en suis là aussi, hein).
L'imprécateur fait son binz pour dire certaines choses, mais aussi pour "affirmer" une idée de lui-même. Il se regarde parfois en train de faire ses imprécations, plus qu'il ne cherche à développer l'échange réel. C'est le désir de s'affirmer dans l'opposition qui différencie cette posture de la personne "assertive". C'est ça que j'appelle une certaine mise en scène de soi.
Oui, c'est seulement l'image que je me fais de toi. Inexacte, et surtout incomplète. J'imagine bien que tu es une personne aux facettes riches, qui mange de cheesecake et rit au vent, qui parle d'autre chose dans la vie, déconne et pète un coup de temps en temps, tout à fait fréquentable probablement. Très probablement.
Mais tu revendiques aussi, dans tes interventions, un désir d'accompagner les autres.
J'observe que, pour ce que je lis ici, ton accompagnement est de l'ordre de l'exercice en art martial. Apprendre à apprendre dans le conflit, plus souvent que dans d'autres postures. Je souhaite dire "c'est super, j'aime bien, ça sert bien, j'emmerde tous les grégaires qui y verraient une violence gratuite", mais j'ajoute "ça suffit pas si tu veux vraiment aboutir à des débats riches".
Je ne valorise donc pas du tout une attitude de débat passive, consommatrice, toujours "suiviste".
Je veux tendre vers la multiplicités des jeux, des genres d'échange, des rôles à interpréter. C'est comme ça qu'on ne peut jamais se retrouver enfermé par l'autre dans une image, parce que peu après, on tiendra, sur le même sujet ou sur un autre, une autre posture apparemment contradictoire qui viendra abolir les limites de la précédente.
Ces différents "masques", postures de débats, permettent aussi de s'adapter à la personne à qui on parle, de ne pas être seul avec son bon discours. La danse des postures d'expression, consciente, aide à une exigence d'écoute "bienveillante" aussi solide que l'exigence de pertinence dans la participation à l'échange.
Message modifié par son auteur il y a 10 mois.