Au fil des débats autour du polyamour, j'ai pu remarquer à plusieurs reprises que, confrontés à nos contempteurs, nous nous retrouvons souvent à utiliser leurs termes du débat ; que nous nous les laissons imposer.
On nous rapproche des libertins et, en réponse, nous nous démarquons des libertins. On nous dit qu'il s'agit de désir, nous répondons qu'il s'agit d'amour. On nous dit que ce n'est pas du vrai amour et nous nous retrouvons à donner des gages de réalité amoureuse, de sérieux, bref, de sainteté.
Alors que, finalement, l'enjeu du polyamour, c'est l'ouverture - la non-exclusivité relationnelle -, la liberté, l'honnêteté et la (possible) réciprocité, nous voilà à parler d'amour à tout bout de champ. Alors que d'amour il n'y a pas toujours, même si sa possibilité est là. En rentrant dans ce discours, nous disqualifions une partie des polyamoureux et semblons fermés, voire, dans certains cas, menteurs.
Nous ne devrions pas nous opposer au libertinage. Que le public voit celui-ci d'un mauvais œil ne devrait pas nous pousser, afin d'être acceptés, à nous ranger du coté du public contre le libertinage. Car, après tout, s'agissant de pratiques consensuelles entre adultes, nous devrions nous même œuvrer pour que ça ne soit plus regardée de travers.
Chaque argument contre le polyamour devrait nous amener à déconstruire son contexte, ses pré-supposés - moraux, sociaux et autres - plutôt qu'à essayer de nous justifier sur son terrain.
(et là, j'aimerais avoir plus de tallent d'écriture pour argumenter mieux mais j'espère au moins lancer un débat)
Message modifié par son auteur il y a 11 mois.
