Dans mon couple de base, lors d'un moment de crise j'ai manifesté fermement que je ne voulais pas que l'autre relation soit évoquée, car c'était raconté avec un luxe de détails que je trouvais malsain de poser entre nous, et qui m'évoquaient plutôt quelque chose de l'ordre de la vantardise,ou alors, d'un désir de transparence assez puéril. Oui, je trouve que la discrétion est une forme de respect et de maturité, et que le discours d'en face n'avait rien à voir avec la franchise, l'honnêteté ou le fait d'assumer à deux l'entente polyamoureuse : moi, ça me suffit de savoir qu'il y a quelqu'un d'autre, è basta; pour le reste, c'est à l'autre de creuser à son tour pourquoi il a tant besoin d'étaler complaisamment des choses intimes et qui ne me regardent pas.
Ben la réaction d'en face a été de me demander si c'était la jalousie qui me tenait. Alors là, pour faire écho à l'idée de creuser pourquoi on est jaloux, si c'était à présent que ça se passait, je lui demanderais de s'interroger honnêtement au sujet de sa projection mentale. Car je trouve que quelque part, la personne partenaire jalouse, au-delà de l'inconfort de ce sentiment pour elle-même et pour la relation, envoie un message assez flatteur à son partenaire, finalement. Et ma douce moitié d'âme, je pense qu'elle était dans un mood vaniteux - ça l'aurait flattée, si javais été dans la jalousie. Donc le problème n'était pas la jalousie ni "chez moi", mais un besoin de se rassurer de sa part, sur ce que ce sentiment aurait été comme preuve de mon attachement aux yeux de l'autre ET de son idée à elle du polyamour assumé à deux. En tous cas, après ça, c'était déjà clair qu'on avait à s'ajuster sur ce que c'est, "tenir l'autre au courant".
Bon,maintenant je reprends une phrase de l'article, que je trouve à côté de la plaque sur ce pont précis :
Faites en sorte que votre partenaire se sente spécial, désiré, et aimé, et votre partenaire ne se sentira ni menacé ni effrayé.
C'est contradictoire : si le travail pour comprendre ce que cache la jalousie relève de l'individu jaloux, et relève d'une construction mentale à décortiquer, c'est très "sauveteur" (cf le triangle de Karpman) de se poser en personne qui peut faire en sorte que son partenaire se sente spécial, désiré, et aimé". Et si sa peur, sa colère, bref, ce qu'il y a sous sa jalousie relève de l''irrationnel, je n'ai aucun pouvoir sur son sentiment d’être menacé ou son effroi. Tout ce que je peux faire, c'est accepter de l'écouter et de l’accompagner.
Dernier point:,en reprenant ce que dit sarou :
"Déjà pour moi l'empirisme n'a rien à faire dans les sentiments, mais carrément rien, c'est même plutôt dangereux. Je crois plutôt en l'empathie. C'est seulement en se transposant à la place de l'autre que l'on peut éviter les erreurs et avoir une bonne "gestion" de la jalousie."
L'empirisme sert à se souvenir comment on a géré la crise, et ce qui a marché ou a fait merder les choses encore plus. Je sais pas comment tu comprends ce mot, sarou, mais pour moi il désigne la méthode "essai/erreur, et je continue en tenant compte de cet élargissement continuel d'expérience". Ce qui n'empêche absolument pas de pratiquer l'empathie, mais sans se la péter : les erreurs, on en évite de plus en plus avec l'expérience, mais on en commet parfois d'autres à la place, et la gestion de la jalousie n'empêche jamais la jalousie de risquer le bout de son nez, c'est une zone de fragilité. Bonne gestion, mauvaise gestion... je préfère "gestion" tout court, c'est plus réaliste; car un objectif inatteignable, c'est une mise en échec programmée.