J'ai essayé plusieurs fois de répondre à ce fil, mais je n'y suis pas arrivé. Reste que la question me semble importante.
Personnellement, il m'arrive aussi de trouver certains propos relativement intolérant par rapport à la "monogamie", mais je le comprend pour en avoir moi-même tenus. Ce qui m'a longtemps mis hors de moi, c'est que la question de la liberté en amour se traduise par dévaluer la personne aimée, voire l'incapacité même d'aimer. Parler de liberté à l'intérieur de mes premières relations revenait ainsi systématiquement à insulter la personne avec qui j'étais et, bien évidement, je me faisais insulter en retour.
Assez vite, je me suis rendu compte que cela n'avait rien avoir avec moi ou ma relation, mais au fait que les moyens de communiquer sans de douloureux malentendus faisait défaut. Le registre "monogame" offre un langage assez clair et distinct et en sortir signifie s'exposer à tenir des propos obscurs et confus, ce qui ne facilite pas l'engagement, ne fut-ce que l'engagement affectif nécessaire à l'épanouissement.
Assez lentement, je me suis mis à dissocier les personnes des moyens de communiquer pour me rendre compte de plus en plus que l'apparente domination de la "monogamie" s'apparentait davantage à une domination par défaut qu'une réelle hégémonie. Je constatais dans mes relations et dans mon entourage amical que si je prenais soin d'exprimer mon point de vue comme un point de vue personnel, ils exprimaient le leur de même. Que, si je le formulais comme une part de ma personnalité et de mon affectivité, ils le formulaient de même. Assez souvent, même si c'était loin d'être systématique, chacun, chacune trouvait l'occasion de s'exprimer librement sur la question du tiers et ce n'était pas trop difficile d'arriver à s'entendre sur le fait que de vivre une tiers personne comme une menace pour sa relation était difficile.
J'ai connu de moins en moins de conflits intérieurs par rapport au registre "monogame" à partir du moment où j'ai cessé de le voir comme l'ennemi de mon épanouissement. Pendant des années, à chaque couple que je croisais, je ne pouvais que constater que je n'avais rien contre leurs personnes et donc que quelque chose sonnait faux dans ce conflit intérieur que j'avais avec l'exclusivité. Je ne m'y reconnaissais pas pour autant, mais les conflits que j'ai eu dans mes relations sur cette question du tiers m'ont permis d'envisager que la question de l'exclusivité et de la non-exclusivité pouvaient se compléter. Ces conflits ont été source de remises en questions épanouissantes, obligeant l'un et l'autre à sortir de l'obscurité de ses préjugés pour s'exprimer le plus clairement possible et quelque part être clair avec soi-même vis-à-vis de soi et de l'autre.
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Je suis désolé de m'exprimer en des termes si généraux, mais au-delà de la tolérance, je pense qu'il y a la possibilité d'un épanouissement mutuel. La question du tiers en amour a souvent baigner dans l'obscurité et la confusion au détriment tant de ceux qui aspirent à l'exclusivité qu'à la non-exclusivité. Les uns ignorent ce qu'ils redoutent et vivent dans des peurs obscures et confuses et les autres ignorent ce qu'ils désirent vivant leurs désirs avec la même intensité de peurs pour, finalement, vivre de part et d'autre en ennemis ce qui est tout sauf épanouissant. Bien au-delà de la tolérance, je pense qu'il s'agit d'une question de maturité, de maturation en cours de la question du tiers. L'infidélité n'est plus stigmatisée comme elle l'était même si elle est aujourd'hui banalisée de telle sorte que nombre de personnes en éprouve une certaine précarité. Du point de vue des amours plurielles cette précarité se traduit par une compréhension en termes de permissivité à l'infidélité ce qui n'est pas la meilleure manière de les traduire, mais...
... je pense que cela fait seulement deux ou trois générations que la question du tiers sort petit à petit du tabou qui l'entourait.
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Enfin, bref, pour se "tolérer" un minimum, la question de ce que "mono" et "poly" peuvent s'apporter de part et d'autre me semble permettre d'envisager mieux que de la tolérance.
Message modifié par son auteur il y a un an.