Hum... l'amitié entre homme et femme est-elle possible ?
Je comprend ceux qui pensent que non, même si je pense que leur avis vient d'un problème de définition de l'amitié...
Mais j'ai malgré tout cette question en horreur. Pourquoi ? Tout simplement parce que le problème qu'elle sous-entend, c'est que l'amitié n'est pas possible entre deux personnes susceptibles de s'attirer... Et les bis alors, ils font comment ? Cela voudrait-il dire qu'il est impossible d'avoir des amis quand on est bi ?
Bizarrement, quand quelqu'un pose la question de l'amitié homme-femme, et qu'on lui parle justement de la bisexualité, il répond "ah mais non, c'est pas pareil"... En quoi n'est-ce pas "pareil" ? Un hétéro ou un homo, sous prétexte qu'il n'est attiré que par la moitié de la population, devrait avoir envie de sauter sur toute personne correspond à cette moitié ? Tandis qu'un bi, pouvant être attiré par n'importe qui, devrait en quelque sorte se restreindre afin d'avoir quand même des amis ?
C'est souvent le raisonnement qu'on me fait, pour en arriver finalement à nier l'existence de la bisexualité (ben oui, évidemment, les bis ne se disent bis que pour se rendre intéressant, parce que c'est tellement plus facile de vivre en étant rejeté de tous les côtés...).
Etant moi-même bi (bien que mes expériences féminines soient restées très... superficielles on va dire...), j'ai un exemple concret du fait qu'on peut être ami avec quelqu'un qui est également bi, ayant tenté une relation amoureuse avec une amie qui n'a duré que quelques semaines, justement parce que, finalement, nous n'étions que des amies et que donc ça ne marchait pas du tout (ça devait d'ailleurs être très drôle de nous voir en train d'essayer mutuellement de plaquer l'autre en délicatesse, et de finalement se rendre compte qu'on voulait dire la même chose).
Donc oui, pour moi, l'amitié entre un homme et une femme (hétéros), ou entre deux lesbiennes, deux gays, ou deux bis, est possible. Et heureusement.
Et puis, même s'il y a attirance, désir, voire amour de la part d'un des deux, pourquoi l'amitié devrait nécessaire être réciproque ? Pourquoi ne pourrions-nous pas considérer quelqu'un comme un ami, même si cette personne nous considère comme plus qu'un ami ?
Et enfin, dernier élément : effectivement, pourquoi ne pourrions-nous pas avoir du désir pour nos amis ?
Jusqu'à assez récemment, je faisais la distinction entre les amis sans désir et ceux avec désir, disant que je ne pouvais considérer comme un ami quelqu'un pour qui j'ai du désir (tout en disant aussi, grand paradoxe, que mon meilleur ami c'est mon mari. Allez donc trouver la logique)
Et puis, j'ai découvert le libertinage. J'ai couché avec certains de mes amis. Et je me suis rendue compte que ça ne changeait rien à notre relation, à notre amitié, à part qu'elle était plus simple car la tension sexuelle qui se cachait derrière était en quelque sorte résolue.
Et maintenant, j'ai des amis sans désir, et d'autres avec désir.
Mais quoi qu'il en soit, même s'il n'y a pas désir, il y a toujours attirance, intellectuelle, affective, due à des centres d'intérêt, des visions de la vie communes.
Et, même s'il n'y a pas désir, je finis toujours par trouver mes amis désirables, même si ce n'est pas par moi !
Sinon, concernant les mots utilisés, je pense que c'est vraiment très subjectif. En ce qui me concerne, je considère que j'ai maintenant un mari et un amant, mais le mot amant n'exprime pas juste une relation sexuelle, mais au contraire quelqu'un qui est à la fois un ami, un amour et un partenaire sexuel, le mot amant incluant pour moi les deux derniers aspects de cette relation...
Je les aime tous les deux d'amour.
Donc les mots...