Bonjour,
Et merci d'avance à ceux qui me liront et me répondront. Je traverse une grave crise dans mon couple et j'ai besoin d'aide, urgente dirons-nous.
Voici mon histoire. Je suis une femme qui vit avec une autre femme depuis 10 ans. Amour parfait au fond même si débuté dans la douleur (à la suite d'une rupture sentimentale très dure, pour l'une comme pour l'autre). En 2008, nous avons rencontré un voisin, 32 ans de plus que moi (j'ai 37 ans aujourd'hui). Il est marié. Très vite, une relation fusionnelle s'est établie entre lui et ma compagne. J'ai trouvé ça merveilleux. Et totalement inattendu. Car ma compagne est vraiment strictement lesbienne (moi, je suis bi). Cela n'est pas allé bien loin toutefois. Puis cela a dégénéré. Ma compagne l'a rejeté. C'est à ce moment-là que j'ai pris conscience que j'étais moi aussi amoureuse de lui. Jusque-là, j'avais plutôt été en retrait. Voire même assez distante avec lui. Je crois que la différence d'âge me perturbait au départ, bien que ce soit quelqu'un de très jeune en tous points. J'ai vécu un enfer quand la relation entre eux deux s'est terminée. Je ne supportais pas de ne plus le voir, je ne supportais pas qu'elle le rejette, sans comprendre le sens de mes réactions. Peu à peu, les choses se sont tassées et j'ai repris un vrai dialogue avec lui, tout s'est apaisé. C'est là que j'ai compris mes sentiments et que j'ai assumé le fait d'être folle amoureuse de lui. Lui était réticent au départ. Les conflits avaient laissé de grosses traces, bien qu'il m'a toujours dit qu'il avait un fort attachement pour moi. Puis cela s'est fait. J'ai compris que je ne pouvais m'en ouvrir à ma compagne. Qu'elle repartirait dans la colère, la jalousie... Alors nous nous sommes vus en cachette puis avons entretenu l'illusion que nous étions amis. Je pensais qu'elle changerait. Un peu avant de le rencontrer, elle était tombée amoureuse d'une collègue et je me suis efforcée de l'aider à avancer avec cette femme (que j'estime beaucoup en outre), à la fois pour elle et en espérant que la jouissance de sa propre liberté lui ouvrirait l'esprit. Peu à peu, j'ai dévoilé mes sentiments pour lui. C'était trop fort, trop beau pour lui cacher à elle, puisqu'elle est aussi la personne que j'aime le plus au monde, enfin, vous comprendrez la tournure... Elle a semblé accepter cet amour. Mais il ne fallait pas qu'elle soupçonne le moindre geste physique. Les moindres mots que j'ai prononcé en ce sens ont toujours généré au mieux un "renfermement" au pire, des crises violentes, pendant lesquelles, je revenais sur mes dires, je minimisais, j'interprétais pour que ça n'ait pas l'air d'être ce que c'était réellement. Puis elle a eu une relation, amicale/sexuelle avec une autre femme. Cela s'est mal passé. Ma compagne est quelqu'un d'extrêmement rigide dans ses conceptions et l'autre femme faisait toujours trop ou pas ce qu'il fallait quand il le fallait. Ajoutez à cela que l'autre femme était elle-même assez compliquée, peu claire entre ses dires (on s'amuse au lit mais on n'est que des amies) et ses actes (quinze mails par jour, demandes permanentes...). J'ai fait au mieux pour l'accompagner, l'écouter, la conseiller, d'autant qu'elle avait aussi beaucoup de choses à dire sur la collègue dont elle est toujours amoureuse et avec qui ça n'avance pas vraiment (sa collègue est assez ambiguë dirons-nous, dans ses sentiments avec elle). Là encore, c'est évidemment pour elle, pour les sentiments que je lui porte que je l'ai fait et parce que la voir heureuse est un bonheur immense, même si ce n'est pas avec moi, pas toute la journée. Mais bien entendu, je me disais qu'elle serait aussi plus à même de me comprendre, de m'entendre. Moi qui en crevait de ne rien pouvoir dire, vraiment. De louvoyer avec les mots pour quand même parler de ce que je vivais sans dire les choses...
J'aurais tellement aimé être comprise, entendue... Cela devenait un enfer.
D'autant que du coup, les petites choses du quotidien, sa personnalité rigide, qui veut tout contrôler, cela devenait atroce. Mais si là, je brosse un tableau difficile d'elle, ce n'est que par désespoir. Car elle a une foule d'autres qualités, des choses énormes. Je ne sais pas comment décrire.
Au niveau sexuel, ça n'a jamais été le top du top. Enfin pour elle. Parce que pour moi, aucun souci. Mais j'ai du mal à avoir envie. Parce que là aussi, elle est dans le total contrôle. Il faut que tout soit parfait. Cela va jusqu'au moindre détail. Genre se brosser les dents juste avant (bien entendu, nous n'avons aucun problème d'hygiène corporelle à la base), ne pas sentir l'odeur du dehors etc... Au lit, pas trop de lumière. Pas de mots. Une gestuelle très travaillée. Je suis un peu le contraire. Bien sûr, je ne conçois pas de faire l'amour sans me sentir "propre et fraîche" mais cela ne va pas jusque là. J'aime le grand jeu mais j'aime aussi le plaisir rapide, quelques regards et hop, n'importe où ou presque. J'ai essayé de lui en parler mais cela tournait au vinaigre à chaque fois, elle me disait que j'étais une hétéro planquée, que je ne sentais pas les choses qu'il faut faire entre lesbiennes. Moi, à me censurer en permanence, avec la peur de mal faire, cela coupait mon désir tout net et nos relations sexuelles étaient de plus en plus lointaines, il faut l'admettre.
Avant elle, j'ai vécu six ans avec une autre femme. Aucun souci particulier. Si ce n'est que je ne suis pas forcément une foudre de la chose. Parfois j'ai envie 4/6 fois dans la semaine, parfois rien du tout et la semaine suivante aussi. Et parfois un mois comme ça. Avec mon ex, on était presque toujours sur la même longueur d'ondes à ce niveau-là, donc pas de souci (cela dit, je n'ai aucune nostalgie de mon ex !).
Avec lui, au contraire, grande liberté. Je ne vais pas faire le listing de toutes ses qualités, ce serait idiot. Je l'aime c'est tout. Si je devais trouver une raison particulière (cela dit, l'amour vient sans raison je crois), c'est qu'il me donne confiance en moi, que jamais, il ne me dit que je n'ai pas bien fait, en tout cas, pas sur un ton couperet.
Mais je n'oppose aucunement l'un à l'autre. Chacun a ses qualités, ses défauts, comme moi. Et j'aime les deux.
Mais hier, j'ai craqué. J'ai tout dit. Je n'en pouvais plus des non-dits. Ca n'a pas été l'explosion de violence attendue. Mais tout va mal. Ma compagne dit qu'elle ne veut pas me quitter. Qu'elle ne peut pas m'empêcher de l'aimer. Qu'elle ne le veut pas non plus. Mais cela la dégoûte. Essentiellement parce que c'est un homme. Et que c'est lui. Elle me dit qu'elle ne peut s'empêcher d'être jalouse. Que c'est plus fort qu'elle. Qu'elle ne veut plus le voir chez elle (ça, je peux le comprendre et faire avec, dans une certaine mesure) - avant, ils étaient "amis". Qu'elle a toujours dit qu'elle n'accepterait pas cela de moi (c'est vrai et faux à la fois). Elle a refusé que je dorme avec elle. Je suis perdue, épuisée aussi. Je ne sais que faire.
Je voudrais n'avoir rien dit hier. Mais en même temps, je ne pouvais plus supporter cette situation.
Merci de vos réponses, témoignages...
