Pour parler de projet de vie à long termes, attendre deux à trois ans, le temps que l'éblouissement de la passion passe, cela me semble raisonnable, non ?
Je n'ai jamais passé le cap de cette période, simplement parce qu'au bout de cette période, il s'avérait évident que cela ne tiendrait jamais à long terme même s'il y avait un potentiel de divers projets de vie. Certains ne nécessitaient d'ailleurs pas d'être ensemble, juste de pouvoir encore passer du temps ensemble. Si le temps est de la partie un jour, ainsi que l'énergie, ils sont toujours là avec certaines personnes, y compris des personnes avec qui la question d'une relation n'était pas possible. De ce fait, je me demande dans quelle mesure les projets de vie son nécessaire à une relation durable ou si l'envie durable de la vivre ne se suffit pas.
Par ailleurs, la questions de projets de vie commune m'a toujours parue apparaître beaucoup trop tôt : "L'avenir est une boule de cristal avec un poisson rouge à l'intérieur." Pouvoir répondre à cette question nécessite d'avoir traversé des épreuves ensemble, d'y avoir pris goût à les traverser ensemble sans s'en être créées plus que la vie n'en crée elle-même. La réalité a un goût âpre : chacun, chacune fait d'abord ce qu'il/elle peut, puis seulement ce qu'il/elle veut. Chacune des relations que j'ai vécue m'a donné ce goût de la réalité, de ses contrariétés semblables à des faux pas avec lesquels il est possible d'apprendre à tanguer : tango ! Reste que je n'ai que rarement eu l'occasion dans une relation de partager un esprit qui aborde ces contrariétés comme des contraintes créatives. Beaucoup d'étincelles, mais guère de bois mort à brûler pour entretenir leur feu.
L'idéalité, ce qui doit être, les idées de projet de vie y font souvent obstacle. Pourtant, pour se réaliser, il n'y a rien de plus précieux que la réalité, mais celle-ci apparaît le plus souvent comme un obstacle aux projets de vie alors qu'elle est leur meilleure chance. Finalement, c'est ce que je reproche aux projets de vie, c'est que la réalité n'y a souvent pas de valeur pour elle-même, mais pour son degré de conformité avec les projets dont elle est sensée être le chantier. La réalité à un gros défaut : elle n'est jamais idéale et ce n'est jamais assez que de le lui faire payer. Là où cela devient vachement complexe, c'est que cela fait partie de la réalité affective que d'avoir envie de faire des projets et que, dès lors, l'une de ses contrariétés et non des moindre, c'est de gérer cette envie de faire payer à la réalité de ne pas être telle qu'on la veut.
Apprivoiser la réalité, ses possibles et seulement peut-être... Je divague, mais comme pour mûrir, le grain de blé doit mourir pour germer en épi.
Faut-il faire le deuil de la réalité ou de l'idéalité ?
Qu'est-ce qu'il faut accepter, la réalité ou l'idéalité ?
Sincèrement, je pense qu'il faut pouvoir faire le deuil de ses idées pour accepter avant tout la réalité avant que de songer à leur donner réalité.
Message modifié par son auteur il y a un an.