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La souffrance une trahison ?

Romantisme
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ladymarlene

le mardi 22 mars 2011 à 00h14

Je voudrais un peu plus étayer mon propos sur la raison qui m'a mené à pousser la porte d'un psy et peut-être avoir des conseils sur ma situation plus ou moins embrouillée.

Je suis tombée amoureuse d'un homme avec qui je travaille. (Je précise bien "avec qui je travaille", pas un collègue de travail.)

C'est arrivé en Octobre, subitement, je ne sais même pas comment ça a basculé.

A commencé entre nous un très agréable et très troublant jeu de séduction.

Ce jeu a continué avec des variantes et parfois des volte face de part et d'autre jusqu'en Décembre.

Et en Janvier, il avait été remplacé.
Elément déclencheur ou pas j'ai sombré dans la déprime, voir même dans la dépression. Chaque jour me paraissait noir et sans intérêt. Je passais des journées que je jugeais mornes, j'étais malheureuse, je ne pensais qu'à lui....
Et mon mari me voyait malheureuse et souffrait de me voir malheureuse sans pouvoir rien faire.
De manière certainement un peu masochiste, j'ai refusé de me faire prescrire un traitement. Je ne voulais pas endormir mes émotions, je voulais les vivre pleinement.
Une de ses collègues m'a appris qu'il avait démissionné. Colère coup de poignard dans le coeur... Et sentiment d'être trahie. J'aurais tellement aimé qu'il prenne la peine de me l'annoncer lui-même.....

Et je souffrais et mon mari me voyait souffrir à cause d'un autre.
Il me soutenait et me réconfortait mais un jour il m'a dit "c'est très chiant de te voir souffrir à cause de lui quand je suis là."

Et un jour, j'ai donc poussé la porte du psy. Ca devenait indispensable.

Et une semaine après.... Il est revenu.

Et depuis, je suis heureuse.

Mais c'est quand même pas terrible d'être malheureuse sans lui et d'être heureuse avec lui... Et à mes yeux, c'est pas sympa pour mon mari de lui faire subir le spectacle de cette souffrance.

Donc, le principal problème du polyamour n'est-il pas d'imposer sa souffrance à cause d'un autre à son compagnon ?

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LuLutine

le mardi 22 mars 2011 à 21h34

ladymarlene
Donc, le principal problème du polyamour n'est-il pas d'imposer sa souffrance à cause d'un autre à son compagnon ?

"Le principal", je ne sais pas, mais un des problèmes, oui parfois.

Ce n'est pas toujours évident de cloisonner, et parfois on se sent mal à cause de A et on vient pleurer chez B...ou bien, on ne dit rien à B mais il sent bien que ça ne va pas.

Mais après tout, si on avait un autre souci relationnel, ou professionnel, ou familial....B l'apprendrait probablement aussi. Et verrait et "subirait" peut-être, notre souffrance.

Etre ensemble c'est comme on dit "pour le meilleur et pour le pire", et donc c'est aussi partager avec l'autre des moments où il va moins bien.

Evidemment, on peut avoir un peu de pudeur et ne pas rentrer dans certains détails concernant un souci avec un(e) autre amoureux(se)...mais le fait qu'on aille moins bien, on n'y peut pas grand-chose. On ne peut pas faire semblant que tout va bien si ce n'est pas le cas...

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(compte clôturé)

le mardi 22 mars 2011 à 22h17

ladymarlene
De manière certainement un peu masochiste, j'ai refusé de me faire prescrire un traitement. Je ne voulais pas endormir mes émotions, je voulais les vivre pleinement.

[…]

Et un jour, j'ai donc poussé la porte du psy. Ca devenait indispensable.

Et une semaine après.... Il est revenu.

La même ici (enfin, pas de masochisme dans le refus du traitement, juste une éternelle volonté de libre arbitre).

Je me demande si « elle » reviendra dans une semaine.

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Siestacorta

le mardi 22 mars 2011 à 23h29

Benjamin, si je me souviens un peu, tu as des bases scientifiques...
Certains états d'esprit sont bien plus des entraves au libre-arbitre que les remèdes psy.

La dépression, pour parler de ce que je connais... C'est une spirale de dysfonctions psychiques. Et rester dans cet état, c'était comme prendre des drogues qui ne te donnent que des descentes.
Aller mal devenait un mode d'existence, une façon de me sentir vivre. La dépression, chimiquement, c'était mon cerveau qui produisait pas bien ses neurotransmetteurs. Dans ma esprit, c'était de l'autocritique, des angoisses, des tristesses...
Le phénomène chimique et le phénomène moral étaient le reflet l'un de l'autre. Nos idées et nos états se correspondent. Comprendre ça, c'est être un peu moins "un obscurantiste de soi-même".

J'ai pas soigné ma dépression uniquement avec un traitement. Mais le traitement me donnait la possibilité de réfléchir plus librement, que ma raison ne résonne pas comme un pot de chambre sous le cul d'un malade.

Si ne pas prendre de traitement, ou même plus largement ne pas travailler avec un psy sur la matière de nos pensée, c'est conserver la liberté de souffrir, de ne pas parler et de ne pas agir sur les racines de sa souffrance, alors c'est la liberté de l'humidité dans du bois : celle qui fait pourrir sur pied...

Bref : la souffrance, c'est un signe, ça s'écoute, ça parle, mais une fois qu'on a fait le tour, on a le choix de commencer à se sentir autrement. Ne pas se donner les moyens de passer à un autre état, c'est pas nécessairement suivre un chemin personnel, c'est choisir de se laisser porter par le courant. Parfois, c'est comme s'accorder pour de confiance pour se faire souffrir que pour aller bien.
Ya des moments où faut choisir entre une liberté et une autre, et le bon choix, celui qui fait avancer, c'est ce qui nous rend responsable... Et généralement, c'est pas le choix qu'on a fait tous les jours précédents.

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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ladymarlene

le mercredi 23 mars 2011 à 21h56

Perso, je ne sais plus.... Car vraiment, je ne maitrisais plus rien au moment où je me suis enfin décidée à aller voir un psy.
Crois-moi, siestacorta, je ne compte plus le nombre de fois où je me suis dit "terminé, j'arrête de souffrir à cause de lui, je l'oublie je continue à vivre....." et je n'y arrivais pas. Je n'étais pas accro à la souffrance, d'autant que je suis globalement plutôt gaie et optimiste, pas le genre à trouver de la volupté dans la douleur. Et là, quand il a disparu de ma vie, j'avais le sentiment de survivre.

Je me suis battue comme une folle pour l'oublier.

Je ne l'ai pas oublié, j'ai renoncé à l'oublier. Et il s'est repointé foutre le dawa dans ma vie.
Et il me fait encore souffrir parfois....
Sinon, oui, je suis d'accord vivre avec une personne, c'est vivre aussi avec sa souffrance. Et ça peut venir de pleins de choses parfois plus destructrices qu'un autre homme !

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Siestacorta

le jeudi 24 mars 2011 à 09h55

Je vais te suggérer quelque chose d'antiromantique... Je le fais qu'avec modération.
Pour moi l'amour est, pour une bonne part, une "illusion nécessaire". Je suis ravi d'être parfois berné par elle, je suis d'accord aussi que certaines rencontres nous offrent tellement qu'on peut les désirer sans pour autant avoir balancé tout réalisme...
Les mécanismes de l'illusion sont identifiables, même si elle est parfois souhaitable et bénéfique..

L'illusion serait que le sentiment amoureux se justifie seulement par lui-même,qu'il n'apparait pas aussi quand notre vie lui offre un terrain ; on tomberait amoureux de quelqu'un parce que "il y a un trésor d'amour à découvrir" et ce serait plus de la magie que du contexte qui ferai qu'on ressent quelque chose d'aussi fort alors qu'connait encore mal la personne, ou qu'on sait parfaitement que ça ne va pas.... Coup de foudre, "je te connais pas, mais tu vas devenir un élément prépondérant dans mon coeur", ou destinée "je ne renoncerai pas à notre Histoare d'Hamour".

Cette illusion naît souvent dans un contexte qu'on minimise. Tu décris une relation très fusionnelle avec ton mari. Tu n'envisages pas qu'elle se termine, tu n'évoques pas cette possibilité, il n'y a sans doute aucun signe que ça puisse arriver, mais tu sembles le craindre malgré tout.
Je ne sais pas pourquoi tu n'as pas la "confiance tranquille" sur ça. C'est peut-être toi qui doutes facilement, puisque tu as aussi des barrières morales au moment de parler à ton amant... De la timidité ? Ta souffrance est dans ce doute et ces peurs, plus que dans la situation réelle (où tu as un mari qui t'aime et un amant possible, c'est plutôt enviable).

L'illusion de l'intensité amoureuse peut se nourrir de ton contexte, et avoir une utilité paradoxale. Tu ressens une forte intensité parce que ta liberté est grande, tu as donc un grand enjeu à tes choix amoureux. ("souffrance, trahison"... Ton questionnement est balèze.). Il y a peut-être d'autres contextes (ta propre histoire, ta vie pro, familiale, intra-mariage)...
On tombe intensément amoureux parfois parce que ça donne un catalyseur à toutes nos émotions. On se raconte une histoire amoureuse parce qu'elle nous est plus facile à imaginer, à nous donner comme rôle que la responsabilité de quelqu'un qui prend à bras le crops tous les aspects de sa vie où il bloque(surtout s'il est passif et "souffrant", l'amour impossible ou la résolution presque-impossible, ça donne de la place et du temps à notre psyché pour bouger) .
Ce n'est pas masochiste de vouloir souffrir, parce que notre peine nous donne un beau rôle. On ne se fait pas mal, on se fait éprouver le sentiment en se plaçant dans le rôle...Et on le fait parce que travailler sur le contexte qui pousse notre sentiment serait plus long, plein de moments creux et immobiles... sans ressenti.Pas facile à affronter, peu à peu, par petits pas. On préfère avoir des vertiges, ça nous donne plus l'impression d'être face à de l'essentiel.

Ca n'est pas une question d'optimisme, mais de sensibilité. On ressent de la souffrance parce qu'on ne sait pas vivre en ressentant moins, en distinguant nos sentiments, nos besoins et nos émotions...

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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(compte clôturé)

le jeudi 24 mars 2011 à 11h55

Siestacorta
Certains états d'esprit sont bien plus des entraves au libre-arbitre que les remèdes psy.

Ce que tu dis ne me parle que d'un point de vue théorique, il y a autre chose de plus fort que ça qui traîne, sous-jacent.

Pour ce que tu dis dans ton message suivant, je suis parfaitement d'accord, pour me dire me dire la même chose depuis des années.

Mais je me le disais probablement trop, du coup, et c'est bloquant aussi.

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Siestacorta

le jeudi 24 mars 2011 à 12h02

Théorique ? ni plus ni moins que l'attitude que tu as choisi d'avoir face à tes difficultés jusqu'ici. Si, jusqu'ici, tu as conservé ton libre-arbitre comme tu penses le faire encore en ne te médicalisant pas, c'est bien cette attitude qui a servi de contexte aux difficultés que tu souhaites affronter, non ?
Si cette attitude n'était pas la solution, puisque les mêmes difficultés demeurent, essaie de la traiter comme une partie du problème. A l'essai. Ca, c'est une démarche rationnelle, en tout cas.

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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Siestacorta

le jeudi 24 mars 2011 à 12h08

BenjaminL


Mais je me le disais probablement trop, du coup, et c'est bloquant aussi.

Comment est-ce bloquant ? Dans quelle situation ?

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(compte clôturé)

le jeudi 24 mars 2011 à 12h23

Siestacorta
Théorique ? ni plus ni moins que l'attitude que tu as choisi d'avoir face à tes difficultés jusqu'ici. Si, jusqu'ici, tu as conservé ton libre-arbitre comme tu penses le faire encore en ne te médicalisant pas, c'est bien cette attitude qui a servi de contexte aux difficultés que tu souhaites affronter, non ?

Si cette attitude n'était pas la solution, puisque les mêmes difficultés demeurent, essaie de la traiter comme une partie du problème. A l'essai. Ca, c'est une démarche rationnelle, en tout cas.

Théorique dans le sens ou ça parle à ma tête, mais pas à mes tripes. :)

Et… attention, je refuse le traitement chimique, pas le bilan et le soutien psychologique : traiter ma tête avec ma tête, mais pas tout seul. Et rien qu'en ça, le contexte change déjà foutrement beaucoup à mon échelle. ;)

Tiens, si tu n'as pas lu ceci, je crois que ça te parlera un minimum sur le sujet, en partart un peu sur les même bases.

www.monde-diplomatique.fr/1999/03/ILLICH/11802

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Siestacorta

le jeudi 24 mars 2011 à 12h49

Assez d'accord avec illitch sur l'idée que la médecine crée une vision totalisante de la santé, où il y aura toujours un mal à soigner.

Mais je ne place pas la santé et la médecine comme valeurs. Je veux choisir, à mon échelon d'individu, "mon imperfection", et celle de ma santé. Mon imperfection sera toujours là, elle fait partie de ma condition d'être vivant et attaché au monde matériel.
Même à mon meilleur, je serai très très imparfait.
Le truc, c'est que je serai très content de l'être !

Ce que je veux améliorer dans ma santé et mon bien-être, c'est par morceaux et par essai/erreur/réessai. Je n'ai aucun désir d'arriver à un moment à un ensemble "Siestacorta" totalement stable, solide, arrivé... achevé.

Si je peux arriver à une étape de ma vie meilleure que celle dont je viens, je sais que celle-ci aussi aura ses difficultés, ses peines. Pas d'âge d'or, pas de "Happy ever after".
Et peut-être devrai-je revenir sur une étape passée pour être mieux. Mais en attendant, essai/erreur.

Si ça marche pas tant pis, si ça marche tant mieux. Oui, ça vaut pour les médocs. On a le droit de commencer et d'arrêter, chaque choix annule ce qu'on aurait pu faire à la place. Jusqu'au choix suivant... Qui peut être sera de défaire ce qu'on a fait, de plus prendre le médoc qui ne nous a pas fait de bien. Ya pas d'actes purs, et tout ce qu'on fait à sa propre échelle est corrigible presque à volonté.

C'est avec cette imperfection que je suis pour le droit à la toxicomanie, au suicide, à la bouffe pas saine, à la médicalisation self-service, aux conduites à risque - dans un cadre où on peut s'informer, et où l'institution prend cette responsabilité en charge plus à coeur que son obstination à essayer de me faire flipper sur ces sujets.

Je ne cherche pas de perfection, je revendique ma liberté d'évoluer à ma façon, la possibilité de faire des erreurs (et même de n'arriver à rien de bon. Du moment que je n'ai entraîné personne dans mes conneries...)
.
Ce que je trouve plus dommageable, c'est de ne pas essayer, ou de ne pas tenir compte de ses erreurs.

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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ladymarlene

le jeudi 24 mars 2011 à 20h57

j'ai lu vos réponses avec intérêt et oui, c'est vrai que je me pose des problèmes. C'est amusant, on en parlait hier avec une amie. Souffrir ? C'est une manière de se sentir vivant, je pense.
Et c'est vrai que parfois, je panique à l'idée de ne plus aimer mon mari. C'était une de mes grandes craintes en allant voir le psy qu'il me dise "vous n'aimez plus votre mari."

Il m'a immédiatement rassuré en me disant "non, vous ne trahissez personne, on peut aimer deux hommes sans être infidèle, vous ne prenez rien à votre mari...."
Je ne prenais rien à personne d'ailleurs !
Mais cet homme.... Il tourne de jour en jour autour du but. Mais j'ai le sentiment qu'il attend que je fasse le premier pas. Et comme je n'y arrive pas, on est dans une impasse.

Ce soir, on a ri. Ri comme deux complices qui s'amusent de choses qu'eux seuls peuvent comprendre. Et rire d'un ouvrage intitulé "'l'anthologie de la poésie du XVIIème siècle," ça dénote quand même d'une certaine complicité !

C'est sans arrêt comme ça entre nous. Et je l'avoue, j'apprécie cette situation sans danger, sans conséquence directe... Mais elle est aussi génératrice de frustrations.

Comme tu le dis, Siestacorta, parfois j'ai un peu honte : j'ai la chance d'avoir croisé dans ma vie deux hommes qui me correspondent et qui ont l'art de rendre l'air autour d'eux plus léger et plus respirable et au lieu d'être heureuse de cette situation, d'en profiter au maximum, je geins et me sens coupable.

Donc, au nom de toutes celles qui ont un mari distant et désagréable, je me dois d'être heureuse d'avoir un mari merveilleux et un amant potentiel. C'est enviable, oui, tu as raison !
Et pour la souffrance.... Eh bien n'est-elle pas une assez grande punition ? Peut-être que ce n'est pas la peine de se coller une culpabilité en plus ?

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Siestacorta

le vendredi 25 mars 2011 à 01h25

ladymarlene
Et pour la souffrance.... Eh bien n'est-elle pas une assez grande punition ? Peut-être que ce n'est pas la peine de se coller une culpabilité en plus ?

tel que tu décris tes réactions et questions, j'ai l'impression que c'est déjà de la culpabilité, cette souffrance.
Le mot "trahison" est assez évocateur...
Tu as semble-t'il surtout réagi à "tu as de la chance", qui n'était pas tant un jugement/constat (je ne sais pas tant que ça de ta vie !) qu'une façon de questionner ta perception de ce que tu vis.
Tu souffres, tu as peur, tu voudrais sortir du cadre échangiste "rassurant" (la boîte qui autorise la vie sexuelle, comme disait ton psy)... Tu flippes dans une démarche que tu fais toi-même.
Je reviens sur le coeur de ma réaction : je crois qu'à travers ces peines, questions et attentes amoureuses, tu essaies de toucher des blessures intimes qui ne sont pas de cet ordre.

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titane

le vendredi 25 mars 2011 à 14h49

Bonjour... le retour...

J'ai la même sensibilité que Siestacorta, il me semble...

Bien trop souvent, la souffrance dans les relations amoureuses ont leur origine bien en dehors de "l'amour"... lorsque je lis des mots comme "punition", "souffrance", "culpabilité", "infidélité"... je me méfis et aurais tendance à chercher leur origine bien plus loin que les relations ou évènements qui sembleraient les déclencher.

Il y a cette phrase que je n'arrive pas à laisser partir: "Mais c'est quand même pas terrible d'être malheureuse sans lui et d'être heureuse avec lui"

Ce n'est jamais terrible d'être malheureuse avec ou sans lui d'ailleurs... et l'absence ou la distance ne sont pas AUTOMATIQUEMENT générateur de souffrance... le "sans" ou le "avec" n'est donc pas forcément l'origine de tout ce malaise... et donc la présence, ou l'accompagnement ou non du mari me parait être un peu un baûme, plus que faisant partie du problème ou de la solution...

Ce qui pourrait aussi expliquer en partie l'échec de cette litanie: "je ne compte plus le nombre de fois où je me suis dit "terminé, j'arrête de souffrir à cause de lui, je l'oublie je continue à vivre....."

"à cause de lui"?? en est-il vraiment la cause ?

je ne faisais que passer...

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ladymarlene

le vendredi 25 mars 2011 à 19h37

Merci encore pour vos réponses !

En fait, oui, il a été le révélateur de beaucoup de choses. Et le problème est que tout au fond, je pense que je me dois de souffrir parce que quelque part, j'éprouve le besoin de me punir de ces sentiments.

Et c'est vrai que je me sens mal car il est quand même le baromètre de mon moral. Dire que j'ai un mauvais rapport à la dépendance est un euphémisme ! Donc, je me sens mal de dépendre d'un homme. ... j'ai déjà dit que le crack serait moins toxique que ses yeux verts !!!! (je plaisante, hein !)

Alors, bon, j'ai certainement à ce niveau des choses à sortir. Mais je parle comme sil lui aussi partageait ces sentiments... Et dans le fond, je n'en sais rien.....

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Nounours

le vendredi 25 mars 2011 à 19h47

A méditer:

"Le sage vit dans la conscience des difficultés et n'en souffre pas" Lao-Tseu

"J’ignore pas ma souffrance et cela m’apaise, car je sais pourquoi je souffre, ... par amour certainement"

<3 :-) <3

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ladymarlene

le vendredi 25 mars 2011 à 21h54

@ nounours : j'ai commencé par nier mes sentiments. Farouchement, violemment. Et quand il est parti, j'ai continué à nier. Mais en fait..... j'ai fini par arrêter de nier l'évidence.
Dans le fond, ça a été une sorte de soulagement : au moins, je n'étais pas totalement folle !

Mais je pense aussi qu'il y a plusieurs formes d'amour. Il y a l'amour qu'on éprouve pour son compagnon de vie et l'amour qu'on éprouve pour d'autres gens qui passent dans votre vie.

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Siestacorta

le vendredi 25 mars 2011 à 22h22

Une fois n'est pas coutume, je reprendrai fidèlement la question de titane... Dont la réponse pourrait bien être importante :

titane
"à cause de lui"? ? en est-il vraiment la cause ?

Ces ressentis très forts, ces tensions... Je crois pouvoir dire (je crois, hein, je suis pas devin quand même) que bien avant que cet homme soit concerné, avant même de le rencontrer, tu les éprouvais.
Ces expériences échangistes, tes peurs de ne pas aimer assez ton mari... tes doutes... tout ça, ça se réveille avec lui, mais je crois que c'était là bien avant.
C'est ces ressentis de avant que tu connaissent cet homme qui me semblent intéressants. Les doutes de avant.

Je répète ici, et je reformule la même idée depuis plusieurs messages ; wazaa et titane ont exprimé aussi cette impression qu'il y avait un passé et une sensibilité à creuser SEPAREMENT de la question amoureuse,. Mais à chaque fois tu passes sur le côté "racines profondes de sentiments", sur ce que tu es depuis des années, pour parler seulement des sentiments d'aujourd'hui, ce que tu éprouves depuis ta rencontre, qui n'est pas la question qui semble la plus importante dans ce que tu racontes.

Tes sentiments actuels sont importants aussi, évidemment, mais les doutes et les peurs que tu éprouvais AVANT ta rencontre, ce qui n'est
- pas le j'y vais j'y vais pas,
- ni le 'mais qu'est-ce que je ressens avec cet homme,"
- ni le "mais qui est cet inconnu qui me fait de l'effet"
- ni le "oh, tiens, un inconnu qui me fait de l'effet"
mais se place encore AVANT que tout ça n'arrive... Il y avait déjà ladymarlene en train de douter d'elle même, et c'est ce doute , ces pensées de ladymarlene avant qu'elle rencontre quelqu'un (les mois et les années avant), qui me semblent très éclairants.

(je suis un peu lourd, là, mais à chaque fois qu'on a essayé de te suggérer cet angle de recherche, tu as dit "oui c'est vrai" pour aller regarder dans la direction opposée. Ca peut éveiller mon côté tétu).

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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ladymarlene

le vendredi 25 mars 2011 à 23h26

Ecoutez, je vais essayer de répondre directement mais ce n'est pas évident car on ne peut pas dire que ce soit très clair pour moi.

D'abord, mon psy m'a dit la même chose. "Ce n'est pas lui qui a ouvert une fenêtre, c'est vous qui l'avez ouvert."

Mais.... j'ai beau fouiller dans ma mémoire (et ce passé ne remonte quand même qu'à 2010,) je n'ai pas le sentiment d'avoir été frustrée dans ma vie de couple, ni malheureuse. j'étais sereine et apaisée dans ma vie sentimentale. Et la sérénité est une fausse amie qui vous endort.
Nos relations sexuelles n'étaient pas assez fréquentes pour mon mari. Mais en ce qui me concerne, ça ne me manquait pas tant que ça. Le sexe, j'ai toujours adoré ça mais durant cette période là, le sexe n'était pas indispensable. Le shopping (et je suis accro) compensait à mes yeux.
Durant les vacances, je me suis ennuyée. Ca n'a l'air de rien mais pour moi, ça compte. J'étais avec mon mari et mes enfants et je m'ennuyais. J'étais à peine heureuse.
J'ai donc repris le boulot en septembre, j'ai revu cet homme que je connaissais depuis environ un an. Au début, rien à signaler. Et nous avons commencé, mon mari et moi à accumuler les emmerdes. Financières entre autres.
Et au mois d'octobre (dsl pour les précisions chronologiques mais elles me permettent de voir plus clair) j'ai commencé à voir cet homme autrement....
Tout ça n'éclaire pas forcément. Mais oui, je pense que notre "couple parfait" a été gagné par la monotonie et que cet homme est arrivé là pour me réveiller.
Mais pourquoi est-ce à cet instant que j'ai eu besoin de ça ?
Et pourquoi avec cet homme que je connaissais depuis un an et qui m'exaspérait plutôt qu'autre chose même s'il m'a plu physiquement dès le premier regard ?

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Siestacorta

le samedi 26 mars 2011 à 00h10

ladymarlene


D'abord, mon psy m'a dit la même chose. "Ce n'est pas lui qui a ouvert une fenêtre, c'est vous qui l'avez ouvert."

Bon. Donc lui aussi préfère que tu parles de toi plutôt que de tes amours.
Ca me rassure dans la direction de ma recherche.

ladymarlene
Mais.... j'ai beau fouiller dans ma mémoire (et ce passé ne remonte quand même qu'à 2010,)

Sachant que tu as des enfants, je ne vois pas comment ton passé peut ne remonter qu'à 2010. I
Les mots que tu emploies parlent de ressentis si profonds qu'ils remontent à mon avis bien plus loin dans le temps et dans ton esprit que ça Les sentiments, ça a des racines profondes.

Une accumulation de
- avant la rencontre de 2010,
- avant la sérénité,
- de quoi tu doutes dans ta vie en dehors de ce qui concerne ta vie sentimentale, qu'est ce que tu fuis à tout prix, qu'est-ce que tu poursuis
- qu'est-ce que tu as tendance à chercher pour te rassurer...

C'est dans ce bazar là, ce vieux et très vieux bazar là que ça se joue, je crois.

ladymarlene
je n'ai pas le sentiment d'avoir été frustrée dans ma vie de couple, ni malheureuse.

Bien, alors on pourrait peut-être regarder des ressentis qui ne concernent PAS ta vie amoureuse.

ladymarlene
durant cette période là, le sexe n'était pas indispensable. Le shopping (et je suis accro) compensait à mes yeux.

Qu'est-ce qui avait alors besoin d'être compensé, si le sexe n'était pas ton soucis ?

ladymarlene
Durant les vacances, je me suis ennuyée. Ca n'a l'air de rien mais pour moi, ça compte. J'étais avec mon mari et mes enfants et je m'ennuyais. J'étais à peine heureuse.

L'ennui.... Pour moi, c'est un moment où il ne se passe rien dans la vie, mais sous notre crâne, il se passe plein de choses, des trucs qu'on ne veut pas regarder. Donc on s'occupe exprès pour ne pas regarder.
Parce que plein de gens savent ne rien faire ; quand on aime pas ne rien faire, c'est souvent que rien est amer, n'est pas vraiment rien : il y a quelque chose en plus du vide qui nous ennuie.
Ces choses en plus, c'est très important pour se comprendre.
C'était quoi ?

ladymarlene
Tout ça n'éclaire pas forcément. Mais oui, je pense que notre "couple parfait" a été gagné par la monotonie

Couple parfait... Tu as probablement aidé à créer cette perfection-là. Qu'est-ce que tu cherchais, en la construisant ? Qu'est-ce que tu ressentais alors (à part l'amour, ça, c'est pas le sujet maintenant) ?

ladymarlene
et que cet homme est arrivé là pour me réveiller.

Arrivé ET t'as réveillé. Pas POUR te réveiller.
Si lui n'a pas agi ni fait ce premier pas qui te délivrerait de ta responsabilité, c'est que lui ne te voit pas "en sommeil", en tout cas/ Lui te voit tendue.... C'est toi qui te voit comme ça. Et si tu veux te réveiller, c'est pour fuir un sommeil que d'autres voient tendu.
Qu'est-ce qui est mauvais dans cet endormissement ? Pourquoi un couple parfait ne l'est pas ? Vas-y, t'inquiète, ce n'est pas mal de dire qu'on a besoin d'autre chose que ce qu'on a.

ladymarlene
Mais pourquoi est-ce à cet instant que j'ai eu besoin de ça ?

Tu viens juste de l'écrire : tu t'ennuyais dans ton couple.

Ce n'est pas mal, de vouloir bouger, de chercher du neuf. Tout le monde a besoin d'horizon pour aller de l'avant.

ladymarlene
Et pourquoi avec cet homme que je connaissais depuis un an et qui m'exaspérait plutôt qu'autre chose ?

Souvent, on est exaspéré par ce qui nous parle profondément.
Les gens qui nous énervent le plus nous rappellent des choses qui viennent de nous-même.
Moi, les séducteurs me font mauvaise impression... parce que même si je me vois pas en séducteur, j'ai une frustration dans mes besoins de séduction. PAr exemple...

Pourquoi un an après... Tu le dis toi-même, la situation de ton couple a changé. Ca dégage des émotions, les emmerdes. Des doutes, des frustrations.... du coup ce qui était déjà dans nos paysage change de "filtre".

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