ln095
Rassurez-moi
Bon, je vais ouvrir ma grande gueule, je vais te dire ce que je crois.
Mais auparavant, je préviens (dans l'espoir d'éviter les ennuis avec Boucledoux et Lam) qu'il s'agit là de mes points de vue, et uniquement de mes points de vue, même lorsque je les exprime (volontairement ou non) comme des pensées universelles absolues. C'est juste un reflet de ce que je pense, et il se trouve que je pense qu'il y a des choses universelles, ce qui n'est pas prouvé. En échange, je demande aux intéressés qu'ils me concèdent le droit de dire ce que je veux et comme je le veux.
ln095, Janis : D'abord, je pense que les femmes dans votre cas, très nombreuses au demeurant, devraient mieux analyser leurs fantasmes de plus près avant de dire qu'elles ont de tels fantasmes. Par exemple, si la caserne des pompiers vient à tomber sur Janis, rien ne prouve que ce soit génial. J'ai déjà discuté avec des femmes qui ont eu ce genre d'expérience dans la réalité de façon vaguement voulue (en se laissant faire après provocation et conscience de ce qui se passait, avec quand-même avoir volontairement un peu trop "bu" pour ne pas trop voir), et elles parlaient plus d'un cauchemar que d'un rêve enfin réalisé. En tous les cas, pas très enclines à recommencer.
De même les femmes très nombreuses qui rêvent en secret de se faire violer, ne rêvent pas vraiment de cela. Si elles se faisaient violer pour de vrai, elles ne ressortiraient pas si heureuses que ça, hum.
Cela vient du fait que le fantasme (même un fantasme de violence) est imaginé et créé volontairement par l'inconscient comme une source de plaisir, il provient d'un désir en soi refoulé, un désir que l'on n'accepte pas d'avoir parce que ce désir fait peur, est contraire à notre croyance, ou à l'opposé de notre morale. On attribue alors ce désir à un être idéal extérieur, libre, lui, de faire ces horreurs, qui aurait comme par enchantement, au moment voulu, un désir qui s'emboîte bien avec le nôtre. A noter que l'on reprend ensuite immédiatement à cet personne le droit d'avoir ce désir, une fois avoir été satisfait. Bref, cet être idéal est un objet qui n'a aucun droit.
C'est pour cela que les femmes féministes se battent pour le droit de la femme et contre l'idée de femme objet. Elles ont bien trop peur d'être l'objet du fantasme des hommes, car elles se disent que si les hommes rêvent comme elles, de partenaires objets sans aucun droits, malléables à merci au moment voulu, alors il est hors de question de coller à de tels fantasmes. Par contre, elles aimeraient bien que l'homme colle à leurs fantasmes d'homme objet. Enfin, pas trop longtemps, juste quelques secondes, le temps de jouir.
La violence réelle, à l'opposé de cela, provient d'une pulsion issu du cerveau d'un autre, à un moment ou l'on n'y pensait pas, assortit d'une douleur et d'une force contre laquelle on ne peut rien. Tout le monde, même un homme peut essayer de s'imaginer un viol agréable, puis ensuite, un viol réellement contraint. L'expérience conduit à arrêter beaucoup plus vite d'imaginer la seconde expérience que la première, vue l'horreur pressentie du truc. La différence entre la réalité et un fantasme d'apparence réelle, devient alors évidente.
Ce n'est pas parce que le fantasme est attaché à quelque chose de réel (par exemple, une caserne entière de pompiers), que la chose fantasmée existe réellement. En fait, si on analysait mieux le fantasme, on verrait que les pompiers en question ont l'étrange caractéristique, de deviner tout ce qu'il faut faire au moment ou il faut le faire, donc que ce n'est pas leurs fantasme qu'ils ont dans la tête, mais le nôtre.
Dans la réalité, rien n'empêche de jouir au cours d'un jeux, si ce n'est la peur que le jeux soit réel. Pour éviter de mélanger la réalité et le jeux, et pour savoir si la réalité est un jeux marrant ou une cruauté effrayante, il me parait efficace de faire un "chacun son tour". Le chat devient souris, et la souris devient chat, et on rejoue la pièce. Si ce jeux de tenir un rôle peut être inversé dans la réalité, alors c'est qu'il y a "jeux". Si cette inversion n'est pas possible dans la réalité, alors la réalité est dangereuse et doit être évitée (à ne pas confondre avec "combattue").
Je pense que les féministes ont intérêts à ramener leurs fantasmes d'inégalité dans la réalité sous forme de jeux. Car le jeux fait fuir la réalité, ou du moins la désarme.
Mais le mieux, serait qu'ils aient également des fantasmes égalitaires et des fantasmes d'amour et qu'ils propagent ces fantasmes de façon aussi virulente qu'il le font avec les fantasmes qu'ils ont actuellement.
Car je ne me répéterai jamais assez, il n'y a rien de plus excitant que l'amour. Le tout est de l'avoir vécu pour le savoir, ne serait ce que pendant quelques secondes.
Jouer dans la réalité aux fantasmes du genre de ceux exprimés ci-dessus, et inverser ces jeux, peut nous mener sur le chemin de l'amour, car ces jeux, au moment ou nous les inversons, nous emmènent vers la compréhension de l'autre.
Message modifié par son auteur il y a un an.