Boucledoux
Le désir est heureusement un truc très partagé entre les sexes, l'objectification, l'utilisation, l'oubli voir la négation des (non)désirs de l'autre à son avantage, par contre c'est très genré oui... Ca ne veut pas dire exclusivement masculin mais très masculin quand même...
Fort juste. Un collègue mec m'a confié, déconfit, que son samedi soir l'avait désarçonné : il avait fêté ses quarante balais tout récemment, il était connu comme le gars qui a volontiers du sexe avec les filles, oui, mais il n'avait pas été préparé à ça : une amante occasionnelle l'avait relancé et presque harcelé.
Lui n'avait pas envie, elle oui, beaucoup : comme il refusait , elle lui a demandé en quoi ça le gênait de se laisser faire?? ? Bref, il a goûté à l'amère position de l'objet.
Un pénis qui bande, ça se voit; le contraire, aussi. Par contre la fille qui mouille pas, ça ne se voit pas directement. Évidemment que tant qu'on se fixe sur l'équation "Je bande, donc je baise", on ne peut que répondre sommairement aussi, par "je baise aussi", ou "je baise pas".
Et la célèbre réplique "Tu vas pas me laisser dans cet état-là", elle fait plus souvent mouche dans un sens que dans l'autre. Ma foi, les poncifs existent, c'est con, et y'a du boulot pour ne pas les laisser s'installer dans l'action.
Ca me rappelle une scène intéressante dans "L'homme de sa vie" d'Isabelle Breitmann : quelque chose se dessine à coups de tendresses et de bisous au sein d'un couple, alors qu'elle vient le réveiller de sa sieste pour accueillir bientôt des invités. Elle n'est pas dans le mood, s'éclipse de la chambre, et on voit Bernard Campan remettre en place avec ferme douceur tout son bazar qui s'était ému - le regret y est, mais avec un arrière-goût de "Plus tard, peut-être". Et puis c'est tout.