Milka62
Bonsoir,
Je suis mariée depuis 20 ans. J'aime beaucoup mon mari. Il y a 10 ans, je suis tombée amoureuse d'un homme avec qui je suis à l'heure actuel toujours en relation.
mon problème est que j'aimerai bien en parler à mon mari et que je ne peux pas le faire.
En effet, il est d'une culture ou il est impossible d'etre polyamour. Il me quitterait, et ça c'est impossible pour moi. Je suis donc condanmée à vivre avec mes 2 hommes dans la souffrance...
En outre, plus je prends de l'âge, plus je pense qu'il est impossible qu'une seule personne fasse le bonheur d'une autre, je suis donc de plus en plus pour le polyamour, mais ne peut le vivre.
Voilà, je voulais juste vous faire part de mon expérience
Bonjour et merci de nous faire partager ton expérience.
Au fil de mes expériences, j'ai pu constaté combien on a tendance à :
- surestimer la certitude d'être abandonné par un partenaire officiellement rigidement monogame en cas d'aveux de besoins/vécu polyamoureux (coming out);
- sous-estimer la capacité de tel partenaire à réévaluer ces principes/lois/règles universels et abstraits -- même lorsqu'ils sont enracinés dans des fondements culturels et religieux, et Dieu sait si je suis le premier à reconnaître la puissance (aussi bien positive que destructrice) de tels fondements sur les individus -- quand la violation de ces principes devient incarnée par la personne qu'il/elle aime et à choisi pour partager son intimité pendant de très longues années;
- sous-estimer notre incapacité à vivre heureux après avoir été quittés par l'être aimé uniquement pour lui avoir avoué la nature polyamoureuse (ou autre d'ailleurs) que nous nous sommes découverte, surtout lorsque l'on bénéficie déjà de l'appui affectif d'un autre amour profond et durable;
- surestimer la capacité de notre partenaire à vivre heureux sans nous sur le long terme après nous avoir quitté par acte reflexe pour lui avoir révélé notre identité polyamoureuse.
Et si ton mari était aussi polyamoureux mais vivait son/ses autre(s) amour(s) dans la clandestinité, rongé par la peur que tu ne le découvres ?
Une des merveilles de la vie est de découvrir que l'on es PAS CONDAMNÉ au malheur, ni à la clandestinité, ni a accepter des modes de vie contraire à nos aspirations profondes pour peu d'avoir le courage de prendre le risque d'être authentique et soi même face a ceux que l'on aime et qui prétendent bien nous le rendre. Tout du moins quant on a la chance de vivre dans des pays ou les droits humains sont raisonnablement respectés comme en France et on ne risque pas la prison, la lapidation ou la décapitation pour ses besoins affectifs et/ou sexuels officiellement minoritaires.
Combien de parents issus de cultures homophobes et pratiquants quotidiennement avec une piété fondatrice des cultes homophobes, condamnant les homosexuels tout au long de leur vie comme des malades, dépravés ou suppôts de Satan, n'ont-il pas au bout du compte, certes souvent au prix d'un long et ardu procédé de déchirement et remise en question, fini par continuer à aimer leurs enfants après que ceux-ci aient eu le courage de faire leurs coming out ? Quand le péché abstrait prend le visage humain individuel que l'on aime, ce visage familier et intime peut grandement contribuer à dédiaboliser et dédramatiser ce péché. Il peut aussi diaboliser et déshumaniser la personne "traitresse des principes de la secte/tribue/clan/politburo". C'est un peu un acid test de l'humanité, individualité, solidité et paix intérieur de l'être aimé.
Message modifié par son auteur il y a un an.