Siestacorta
En réponse à Deville, donc, dans son post "d'arrivée" sur le fil du café du 2/4/11.
Ayn Rand, le transhumanisme, Osho et Reich... En bon fan des pensées polémiques, je comprend et suis intéressé, mais dis : tu aimes le souffre, un peu, non ?
Si par "souffre" tu veux dire marginalisé, diabolisé, persécuté, minoritaire, en fait je ne le cherche pas du tout. J'ai même horreur de ça. C'est tellement pénible, épuisant, aliénant et même dangereux. Je n'ai aucun goût pour remonter les fleuves a contre-courant en kayak. Je préfère surfer paresseusement une vague douce. Mais si suivre le troupeau de lemmings me mène vers le précipice, je suis bien obligé de risquer d'affronter la foule aveugle même au risque de me faire piétiner. Les quelques rares caractéristiques pour lesquels je suis en syntonie avec la majorité sont tellement reposantes (hetero par exemple, ouf ! un truc en moins a justifier, quel soulagement).
Donc non, a priori je n'aime pas le souffre. Car en plus : There is a level of cowardice lower than that of the conformist : the fashionable non-conformist. - Ayn Rand.
Siestacorta
J'ai pas une nature de croyant, mais pas athée à tout crin non plus... Disons que si les athées on tort, tant mieux, mais en attendant c'est ceux qui cherchent le moins à imposer leur point de vue aux autres... Ils ont personne à "sauver" ou "préparer pour le monde meilleur", ça aide.
Bof. Athée = pacifique et tolérant pas vraiment hélas. Je suis près a parier qu'un grand nombre de militants PETA (droit des animaux), écolos, soit-disant anti-racistes, et soit-disant féministes puritaines anti-porno anti-flirt anti-prostitution sont athées. Ils travaillent néanmoins très dur pour nous imposer leurs points de vue a coup de lois coercitives, de diabolisations systématiques, et de procès juridiques quotidiens pour délit d'opinion supprimant la moindre liberté d'expression pour nous "préparer pour le monde meilleur". Les communistes étaient athées par définition et ont massacré près de 100,000,000 de personnes pour nous "préparer pour le monde meilleur de la fin de l'histoire et de la lutte des classes." Avec le résultat édifiant que l'on sait : le capitalisme vampirique spéculateur globalement triomphant.
Siestacorta
Mais en même temps, on croit parce qu'on peut le faire, qu'importe si on a raison ou tort, c'est une faculté. J'aime l'idée qu'elle serve à quelque chose. Mais qu'on vienne pas me dire trop précisément à quoi, ça m'empêche de suspendre mon incrédulité.
Quelques citations contradictoires dans lesquelles je me retrouve pleinement sur le sujet de la foi :
- A person with faith does not question its roots, for he knows that if he subjected it to the critical examination of his intellect, he would end up without faith. The same thing can be said of any feeling. You can analyze any feeling to death, but when you do that, you end up without feeling and without a meaningful life. - Alexander Lowen. -
- Faith is the great cop-out, the great excuse to evade the need to think and evaluate evidence. - Richard Dawkins
- As long as we accept the principle that religious faith must be respected simply because it is religious faith, it is hard to withhold respect from the faith of Osama bin Laden and the suicide bombers," - Richard Dawkins.
- When we talk to God, we're praying. When God talks to us, we're schizophrenic. ~Jane Wagner
Siestacorta
Ayn Rand, par contre, je bloque vraiment presque à chaque coup...
Disons que le côté absolu "ma pensée est logique donc sa critique est irrationnelle", ça fait bien flipper.
Surtout quand il s'agit de dire que l'usage de l'exercice de la puissance par un individu est toujours légitime PARCE qu'il est exercé par des gens "forts"...
Mmmh. Je n'ai pas du tout perçu cela dans sa pensée.
Voici quelques citations de la grande dame, pas si HS que cela :
- The smallest minority on earth is the individual. Those who deny individual rights cannot claim to be defenders of minorities.
- Civilization is the progress toward a society of privacy. The savage's whole existence is public, ruled by the laws of his tribe. Civilization is the process of setting man free from men.
- People think that a liar gains a victory over his victim. What I’ve learned is that a lie is an act of self-abdication, because one surrenders one’s reality to the person to whom one lies, making that person one’s master, condemning oneself from then on to faking the sort of reality that person’s view requires to be faked…The man who lies to the world, is the world’s slave from then on….
- Learn to value yourself, which means : fight for your happiness.
- The man who attempts to live for others is a dependent. He is a parasite in motive and makes parasites of those he serves. The relationship produces nothing but mutual corruption. It is impossible in concept. The nearest approach to it in reality -- the man who lives to serve others -- is the slave. If physical slavery is repulsive, how much more repulsive is the concept of servility of the spirit. The conquered slave has a vestige of honor. He has the merit of having resisted and of considering his condition evil. But the man who enslaves himself voluntarily in the name of love is the basest of creatures. He degrades the dignity of man, and he degrades the conception of love. But that is the essence of altruism.
Siestacorta
Il y a un bon bouquin de SF qui la met un peu en boîte, c'est "Un requin sous la Lune", de Matt Ruff. C'est écrit partiellement "contre" Atlas Shrugged... (dont je ne connais que des synthèses. 1000 pages, heu, pour une pensée qui m'attire pas au départ., je suis super de bonne volonté, mais quand même.)
Curieux sur ce "Requin sous la lune". Je vais le chercher.
Atlas Shrugged est un roman très facile à lire. Pas un traiter abscons de philosophie.
Si tu l'as déjà commencé et tu t'es ennuyé, essayes plutôt sont autre roman fleuve, encore meilleurs : The Fountainhead (la Source Vive en VF).
Une derniere quote super HS pour la route :
"The verdict you pronounce upon the source of your livelihood is the verdict you pronounce upon your life. If the source is corrupt, you have damned your own existence. Did you get your money by fraud ? By pandering to men's vices or men's stupidity ? By catering to fools, in the hope of getting more than your ability deserves ? By lowering your standards ? By doing work you despise for purchasers your scorn ? If so, then your money will not give you a moment's or a penny's worth of joy. Then all the things you buy will become, not a tribute to you, but a reproach; not an achievement, but a reminder of shame. -- Ayn Rand