En fait, je me retrouve là-dedans.
Par contre, je ne pencherais pas d'emblée pour un vocabulaire polyamoureux. Poly ou mono, je pense qu'il y a une intersection. D'ailleurs, dans ce que j'ai pu t'écrire jusqu'à présent, un bon nombre de mes réflexions me semble valable autant d'un point de vue mono que poly en ce sens qu'elles n'engagent ni dans un sens, ni dans un autre.
Par ailleurs, certains termes comme "fidélité" peuvent s'avérer avoir un sens amphibie, soit voyager selon l'usage d'un amour "solide" à un amour "liquide", mono ou poly. Par exemple, l'usage de l'expression "être fidèle à soi-même" dans la situation du face à face, soit rester fidèle à soi l'un face à l'autre, se donner l'un de l'autre une image fidèle à soi. Dans toutes les relations où j'en ai parlé - chacune en fait - c'est passé comme une lettre à la poste. Pour sûr, la personne en face me répondait exactement ce que je lui répondais : "Je veux bien être comme tu veux, mais ce ne serait pas moi. Je ne me sentirais plus moi-même et je ne pourrais plus me reconnaître." Concrètement, le dilemme reste là de part et d'autre, mais il y a le plaisir de pouvoir se dire que chacun reste soi dans le face à face. Il y a le plaisir de se reconnaître mutuellement dans ses différences.
Cet usage du terme "fidélité" me semble quelque part semblable à un médiateur, révéler ce que chacun peu croire de l'autre - fidere, fideo - et révéler une certaine confiance de part et d'autre. Se dévoiler dans ses différences relève d'une certaine confiance en l'autre. La médiation n'apporte jamais de solution, ce sont aux partenaires de la médiation qu'elle appartient, mais par contre elle permet d'élargir le champ des possibles. L'un des grands principe de la médiation consiste à chercher en dehors de la situation problématique ce qui peut permettre d'y rétablir un équilibre ou encore, renforcer les éléments qui permettent l'équilibre.
Cette fidélité à soi-même, concrètement, comment l'ai-je reconnue dans mes relations ? L'autre n'était pas tel que je le voulais, me le manifestait et cela faisait toute sa réalité. Sa méfiance ? La preuve qu'il n'y avait pas de confiance aveugle entre nous, que la personne n'était pas comme une pâte à modeler dans mes mains et qu'elle avait son caractère propre. Sa résistance ? La preuve de son altérité et de son indépendance d'esprit, car quand bien même je pouvais mettre en doute une certaine indépendance par rapport aux idées toutes faites, force m'était de constater une indépendance d'esprit à mon égard : je n'étais pas pris pour un dieu ; je n'étais pas face à mes fantasmes, mais face à la réalité - que de soulagements ! Contrariants, certes, mais non moins soulageants...
Bref, même si je pouvais avoir parfois l'impression de deux ennemis, j'avais le sentiment d'une inimitié loyale dans cette fidélité à soi et coucher avec l'ennemi...
Message modifié par son auteur il y a un an.