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Amour, déclic, nucléaire et bonobo

Bases
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(compte clôturé)

le lundi 28 mars 2011 à 22h54

Ca a l'air désordre comme cela, mais c'est une causerie que j'ai faite le week-end dernier en Suisse et que je résume sur mon blog:
fsimpere.over-blog.com/article-amour-declic-nuclea...
Eh bien, en élargissant le débat, en n'en faisant plus une question stricte de vie amoureuse mais une conception plus large de la vie- le privé et le social ne sont pas indépendants l'un de l'autre- je me suis aperçue que les gens comprenaient beaucoup mieux la logique du pluriamours et pas un ne m'a posé de question genre "combien vous avez d'amoureux?" ou "Est-ce du libertinage!" D'un seul coup, ils avaient compris plein de choses, et en particulier que le pluriamour est en phase avec la complexité naturelle de la vie et aide à être moins dupe des discours ambiants... dans beaucoup de domaines..

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(compte clôturé)

le jeudi 31 mars 2011 à 18h17

Il y en a même qui sont venus au pluri amour non pas parce qu'un jour ils ont rencontré quelqu'un ou que leur chéri(e) a rencontre quelqu'un(e), mais parce qu'ils ont trouvé que ce choix amoureux était plus en phase avec leurs autres choix de vie, que ce soit boulot, option politique, choix de posséder moins de choses, etc. Et comme c'est un choix qui n'est pas "im!posé" par un moment de crise dans le couple, ça se passe plus sereinement.

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Romy

le jeudi 31 mars 2011 à 19h45

J'ai remarqué aussi que lorsque j'aborde la question uniquement sous l'angle des relations amoureuses, il y a des crispations, les gens se sentent visés, comme si on allait leur imposer un nouveau modèle d'amour qui n'est pas nécessairement le leur (ou qu'il l'est, mais là...c'est ça qui leur fait peur)... C'est toujours un sujet très vulnérable. Alors que si on met les relations amoureuses dans le même paquet que les autres choix de vie (comme dit Françoise: boulot...politiques...habitudes de vie), la différence passe mieux, et les gens se sentent moins attaqués et peuvent en discuter plus sereinement.

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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Titanedepassage (invité)

le jeudi 31 mars 2011 à 19h55

Tu as le sens de la formule qui déclenche la réflexion... Chaque idée reste sous la forme "semence"... Qu'il faut arroser et nourrir.

Au boulot!!!

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Colvert

le vendredi 01 avril 2011 à 09h23

Absolument d'accord avec Françoise sur cette question, et personnellement le sentiment d'être "pluri" dans tous les domaines de ma vie.

ça paraît souvent comme une forme "d'instabilité" que d'avoir ces multiples intérêts (professionnels, amicaux, loisirs), mais ce qui me paraît le plus compliqué reste de parler de ça sans être culpabilisé avec des remarques qui excluent, du genre : "on ne peut aimer qu'une personne vraiment".

Mettre les questions générales au même niveau que la question amoureuse est tout aussi problématique puisque pour les monos, "il n'y a rien de plus beau que l'amour" (sous entendu unique) ou encore "Après l'amour, tout le reste n'est que secondaire" (sous entendu "amour mono/unique" et le reste comprend aussi ce que les monos appellent "amitié+adultère" et que les poly appelle "amour").

Je trouve ça très dur pour ma femme d'accepter aujourd'hui d'entendre l'homme qui a partagé pendant 15 ans un quotidien basé sur une pseudo acceptation morale de la monogamie et de l'amour exclusif, ce genre de réalité, cette nouvelle réalité...
Ce qui paraissait surmontable dans une relation de couple car perçu comme immaturité (instabilité, multiplicité des intérêts etc etc etc) qui peut évoluer (en tout cas c'est espéré comme tel) l'est beaucoup moins lorsque que c'est assumé comme une réalité avec laquelle il faut compter. Le sentiment que ce qui paraissait comme une problématique psychologique avec un potentiel "d'amélioration" devient une "réalité humaine et sentimentale" qui parait d'un coup inconciliable....

Il y avait de l'espoir pour ma femme en me laisser cultiver la multiplicité de mes intérêts tout en cultivant l'unicité de la relation amoureuse. Mais depuis que je lui ai dit que je me retrouvais dans la définition des amours plurielles, j'ai l'impression que des barrières invisibles se sont érigées autour de nous comme pour limiter les risques d'éparpillement affectifs et protéger le couple...

Je découvre et traduis en direct mes interprétations de ce qui se passe chez moi :o)
biz à tous
colvert

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Siestacorta

le vendredi 01 avril 2011 à 10h07

Et te définir comme un ensemble cohérent, avec des pluri-intérêts durables et constructifs dans tous les domaines, ça rend pas le domaine amoureux plus compréhensible ?
L'exception maritale continue à sembler une norme sans remise en question, face à un comportement global qui se définit comme ouvert, curieux, partageur ?

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Colvert

le vendredi 01 avril 2011 à 10h34

Ce n'est pas le paradigme qui est problématique en lui même, car pour toute personne bien constituée (c'est le cas de ma femme) la compréhension que cela puisse être une réalité pour certains est acquis, mais que cela puisse être la réalité de son mari après 15 ans de vie commune, c'est autre chose !
Ce n'est donc pas le paradigme qui pose problème, mais c'est bien le passage d'un paradigme à un autre, ce changement avec la peur qu'il engendre...

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Siestacorta

le vendredi 01 avril 2011 à 12h25

Je reformule ma question : est-ce qu'elle peut comprendre que TOI, l'homme qu'elle a vu vivre avec elle comme homme curieux, ouvert, partageur, tu es cohérent avec ta propre personnalité en parlant d'autres envies amoureuses ?
Ou est-ce qu'elle refuse de voir ta cohérence personnelle là ?

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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(compte clôturé)

le vendredi 01 avril 2011 à 13h00

Tout changement dans les habitudes est un stress, et 'il faut du temps pour s'y adapter, le temps de s'apercevoir que ses peurs et ses a priori n'étaient pas justifiés, le temps que se mette en place un nouvel équilibre, plus cohérent que le précédent. Parce que oui, c'est étrange d'accepter, et même d'avoir envie que l'autre soit multiple, curieux, ouvert, électique dans tous les domaines de sa vie... sanf dans sa vie sentimentale où on l'exigerait fermé, limité, sans aucune curiosité ni intérêt pour les autres. La grande peur des monogames face aux pluri amours, c'est celle de l'abandon, à quoi on peut répondre qu'un homme heureux avec sa femme et ayant la possibilité de vivre pleinement sa vie et ses enthousiasmes avec qui il souhaite serait bien fou de quitter cette compagne, alors que rien n'empêchera un monogame de se barrer s'il est malheureux, quelque surveillance de ses SMS, sorties, etc que mette en place sa compagne. ( ça vaut aussi dans l'autre sens: une femme heureuse et libre d'aimer....) L'autre obstacle, c'est la blessure narcissique: comment, je ne te suffis pas? Ben non, et c'est une chance, car être TOUT pour quelqu'un est sans doute flatteur, mais c'est aussi un fardeau, une responsabilité énorme et pour celui ou celle qui dis "sans toi, je ne suis rien", une dépendance. Or l'amour/dépendance, c'est de la dépendance avant d'être de l'amour, une drogue...

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Titanebis (invité)

le vendredi 01 avril 2011 à 20h06

Oui le changement de paradigme est stressant... Insuffisant aussi... Reste le discours et mes actes!

C'est la qu'on ressent les tensions identitaires ou narcissiques en effets...

Je ne voudrais pas qu'on oppose "poly" ou "multi" à "mono".... L'un englobe l'autre c'est tout...

Un homme ou une femme mariée peut être multi!! Et c'est le cas le plus courant même!!!

Le mono peut ouvrir au multi et lycée de Versailles... Pas d'opposition donc, sauf quand l'un devient une "religion" ou un intégrisme... L'un comme l'autre d'ailleurs...

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titane

le samedi 02 avril 2011 à 06h30

Le sentiment que ce qui paraissait comme une problématique psychologique avec un potentiel "d'amélioration" devient une "réalité humaine et sentimentale" qui parait d'un coup inconciliable....

c'est étrange cette façon de voir... Ethiquement et psychologiquement, l'inverse serait plus "logique". C'est bien dans l'exclusion et la possession qu'il y aurait davantage de problématiques et donc un potentiel d'amelioration!

La réalité n'est jamais problématique... Elle est... Le "couple mono", exclusif et possessif est une névrose affective et sociale! Car il se base sur des interprétations illusoires et irréelles de l'amour (dans ses possibles) et se construit un mythe et des comportements "défensifs et agressifs", devenus normaux et inconscients... A la hauteur de ses contradictions et paradoxes refoulés.

La souffrance de ta femme n'en sont que des crispations comme autant de résistances à la réalités... Elle n'est pas due à la nouvelle donne, mais à l'ancienne! Elle veut protéger une ancienne image illusoire car pas réelle, "contre" toi, au lieu d'en faire son deuil et de s'ouvrir à sa réalité "avec" toi. Une sorte de déni.

Une première étape souvent...

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Colvert

le lundi 04 avril 2011 à 11h25

Bonjour à tous et toutes

Siestacorta
Je reformule ma question : est-ce qu'elle peut comprendre que TOI, l'homme qu'elle a vu vivre avec elle comme homme curieux, ouvert, partageur, tu es cohérent avec ta propre personnalité en parlant d'autres envies amoureuses ?

Ou est-ce qu'elle refuse de voir ta cohérence personnelle là ?

Non, elle ne refuse pas, elle la comprend, mais mais elle dit juste qu'elle ne peut pas l'accepter comme une réalité de couple et considère donc cette réalité (la mienne) comme incompatible avec sa projection personnelle de ce qu'est un couple. Surtout elle a l'impression qu'il y a "tromperie sur la marchandise", expression pour signifier que je ne suis plus celui qu'elle a "choisi" pour être le père de ses enfants (!).
De mon coté, je crois en ce que dit françoise
"Tout changement dans les habitudes est un stress, et 'il faut du temps pour s'y adapter, le temps de s'apercevoir que ses peurs et ses a priori n'étaient pas justifiés, le temps que se mette en place un nouvel équilibre, plus cohérent que le précédent."
du coup, ça rejoint le thème de l'autre fil de discussion sur la "patience", c'est à dire la nécessité de rester cohérent, ne pas taire et passer beaucoup de temps à écouter et à reformuler les choses, rentre entendable la question du pluriel lorsque l'on ne pense qu'au singulier !

Et tout cela rejoint le point soulevé par

titane
c'est étrange cette façon de voir... Ethiquement et psychologiquement, l'inverse serait plus "logique". C'est bien dans l'exclusion et la possession qu'il y aurait davantage de problématiques et donc un potentiel d'amelioration !

Je vais me paraphraser pour être plus clair, mais je pense que nous sommes d'accord
Avant :
Elle :
> je considère que ma manière de penser est la plus juste et je vois dans les comportement de mon mari des attitudes que j’interprète comme des problématiques qui peuvent évoluer dans le bon sens, pourvu que j'offre un cadre positif à cette amélioration. Ces intérêts multiples sont des révélateurs d'une instabilité qui vont se lisser avec la maturité et l'âge.
(D'autres membres de ma famille vont penser la même choses lorsque je vais la quitter, en 98)

Moi :
> Vu que tout le monde pense ça c'est qu'ils doivent avoir raison, je me sens "différent" des interprétations mais je me sens aussi incapable de trouver une autre interprétation et je me rallie donc à l'idée du plus grand nombre. Cette multiplicité des intérêts (sport musique pro art), je la vis aussi sur un plan affectif et j'en ressens une "culpabilité" (je lui cache des choses, des relations, des sorties...), elle si pure, irréprochable, "livre ouvert", et moi aimants d'autres, cachant des choses, et même parfois "menteur". Je suis donc "la problématique".

Aujourd'hui :
Elle :
> Je survole le livre de Françoise, il me dit se reconnaître sur certains points... Ce n'est donc plus une instabilité qui est évoquée là, ce n'est plus une problématique qui peut évoluer, c'est une réalité, c'est sa réalité sur laquelle il a mis des mots et je dois l'accepter (impossible, ce n'est pas conciliable) ou on doit se séparer (je n'en ai pas envie ni pour moi ni pour la famille)
Moi :
> Je prends conscience de qui je suis, de ce que j'ai été, de ce que je veux à l'avenir, je mets des mots dessus, je l'exprime non pas comme un éléphant dans une boutique de porcelaine, mais avec les mots sur lesquels on se comprend et je fais donc intervenir dans notre vocabulaire de couple des nouveaux mots. Pour ce qui me concerne : intérêts pluriels, complicité hors couple, intimité avec d'autres, libertinage, non possession, non exclusivité, pas encore polyamour ou alors pour parler d'autres. Mais ça mérite un autre sujet à ouvrir !
Je ne me sens donc plus "dans une problématique d'infidélité et d'instabilité" mais j'ai envie d'assumer ma réalité de "lutin" (?) et je vais faire le nécessaire pour que je puisse me sentir moi-même et accepté comme tel par mon conjoint pour notre vie future.
Belle journée à vous

Colvert

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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