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Réactions à l'article

Stéphane Hessel, fils de « Jules et Jim »

Culture

Jules et Jim est la célèbre histoire d'un amour à trois : Jules, un poète juif allemand séjournant à Paris avant la première guerre mondiale, rencontre Jim, poète français qui devient son inséparable ami. Ils font de concert quelques conquêtes féminines, jusqu'à ce que Jules épouse Kathe, allemande elle aussi, en visite culturelle en France également. L'amour de Jules pour Kathe ne fonctionne vraiment que s'il est complété par celui de Jim. Jules et Kathe s'installent en Allemagne où ils ont des...

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(compte clôturé)

le vendredi 28 janvier 2011 à 00h01

Je trouve significatif que dans le roman ça se termine par un suicide et dans le film par la mort violente des protagonistes alors que dans la vraie vie, rien de tout cela. Ce qui signifie que dans l'inconscient collectif- en l'occurrence celui des scénaristes et romanciers- le pluriamour mérite châtiment, c'est mal et ça doit mal finir (comme dans le film de Guedidjian "Marie Jo et ses deux amours) alors que dans la vraie vie, ça fonctionne. Bref, mieux vaut le confronter à la réalité qu'à ses fantasmes ou à l'inconscient collectif qui n'est autre que notre conditionnement.

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wazaaa (invité)

le vendredi 28 janvier 2011 à 13h20

Je vois pour ma part la mort violente comme une astuce littéraire, le symbole d'une remise à zéro des compteurs, la grande lessive, le pardon des pardons qui permet d'avancer encore et encore, le cadeau de l'oubli pour pouvoir recommencer à jubiler de la vie sans traîner trop le boulet des épreuves.

A transposer si possible dans la vie réelle, pour éviter la rancoeur - je pense au fait que les amants d'après-guerre sont décrits comme étant en joute, la dame se tenant au milieu et les utilisant, quelque part quand même, l'un contre l'autre. Et je vois que plus d'un demi-siècle plus tard, le polyamour se passe aussi parfois du côté obscur de la force, pas seulement dans la joie et la bonne humeur: les divers sujets abordés sur le forum en témoignent, on n'est pas toujours aussi libres en nous-même que nous le voudrions.

Ca se passe pas comme ça (suicide ou mort violente), parce que peut-être que ça ne s'est pas encore passé... Par définition, tant qu'on écrit on n'est pas mort - boutade. Moi je chanterai victoire quand je serai de l'autre côté, et que j'y serai passé tranquillement. C'est bête, personne ne peut écrire, depuis l'au-delà...

Par ailleurs, quand on a été aussi loin dans des amours exceptionnelles, pour témoigner de cette expérience à travers une oeuvre littéraire et cinématographique, une fin molle comme la déliquescence de la vieillesse est moins de mise qu'un arrêt brutal et flamboyant. On sublime aussi en tant qu'écrivain ce que la vie nous laisse à vivre, et qui n'est pas très glorieux, parfois...

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ln095

le vendredi 28 janvier 2011 à 15h30

Je partage assez l'opinion de Wazaaa selon laquelle la fin tragique du livre et du film ne sont pas une condamnation du polyamour mais un artifice pour "finir en beauté" avec des personnages, jeunes, beaux, intransigeants. Je pense que ni Pierre-Henri Roché, ni Truffaut, ne condamnaient le polyamour, ils le promeuvent au contraire, mais en exaltent le romantisme et l'excès.
Mais je suis bien d'accord avec Françoise, le film sur le polyamour heureux et durable reste à faire.

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wazaaa (invité)

le vendredi 28 janvier 2011 à 20h38

Citez-moi un film sur le monoamour heureux et durable... et qui soit captivant... parce que moi, je vois pas. Faut un ressort dramatique pour rendre un sujet intéressant. Et généralement, c'est parce qu'une situation crée un déséquilibre et un inconfort qu'elle devient un sujet d'écriture.

Imaginez un film ou tout baigne, où serait l'intérêt? :-))

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Siestacorta

le vendredi 28 janvier 2011 à 23h33

wazaaa
Imaginez un film ou tout baigne,

Dans le grand bleu, tout baigne.
Non, rien... Je sors bientôt.

Cela dit, on peut avoir un ressort dramatique sans que l'intrigue soit un drame. Tu peux avoir la mise à l'épreuve d'une relation poly qui finisse bien.

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wazaaa (invité)

le samedi 29 janvier 2011 à 11h46

"Dans le grand bleu, tout baigne?"

Dans la version américaine alors... celle où Jacques remonte des profondeurs pour assumer son amour et son enfant. La version d'origine finit par un bel espace de liberté: il choisit de mourir dans les profondeurs, à l'évidence.

"Tu peux avoir la mise à l'épreuve d'une relation poly qui finisse bien."

C'est justement à ça que je pensais. Et là, je me prends à rêver qu'un ou une cinéaste de la trempe délicate de Jane Campion s'y attelle... Peut-être que ça viendra, un film comme ça, dans dix ans peut-être? Faut laisser le temps à un sujet de devenir un tabou à lever, que le ressort poético-dramatique à actionner soit plus clair...

On est en train de donner du grain à moudre à des réalisateurs de cinéma, là. De ce que je vois, le forum est très régulièrement sollicité par les média TV et radio... qui ont toujours un côté "voyeur-sur-phénomène-de société".

Mais, rhââ lovely, un truc qui bousculerait bien, au lieu d'attendre de revenir sur un passé sulfureux pour une époque révolue, et produire un métrage qui passe la brosse à reluire a posteriori, quand y'a plus de danger de choquer le citoyen, ha que ce serait rafraîchissant.

L'autre soir, la TV diffusait "La couleur du mensonge"; j'ai trouvé ça feutré et très beau, la mise en parallèle de deux tabous de la même société à 50 ans de distance: être d'ascendance "noire" et le cacher pour s'élever socialement puis se ramasser le tour de manivelle en s'étant soi-même mis dans une situation impossible... puis se reprendre en pleine poire un deuxième tabou à la retraite (être mal vu parce qu'on ne mesure plus son amour en fonction des critères de bienséance en vigueur dans son milieu, mais en fonction de la liberté qu'on revendique).

Si le premier tabou est bien désamorcé (encore qu'il en reste de sacrées mochetés, question jugements de valeur - racisme pas mort), le deuxième reflète une espèce de truc vaseux au sujet de la liberté amoureuse. En l'occurrence, un intellectuel frisant la septantaine et qui vit son dernier amour avec une femme de la moitié de son âge, au passé si tourmenté que son amant y est fatalement entraîné.

On pourrait songer aussi à un film sur les "cougars" et les "pumas", nouvelles notions qui nous viennent tout droit de l'Amérique profonde, si mes renseignements sont bons.

Les sujets ne manquent pas. Au fond, il s'agit presque toujours de chercher plus de libertés et de s'en autoriser... et le gros ressort dramatique, c'est de mettre en évidence comment le poids de ce qui nous entoure lamine l'individu et ses tentatives de vivre l'amour comme il l'entend.

Alors , je dis oui, cent fois oui, à tout film qui montrerait comment on se sort des pièges que dissimulent certaines libertés.

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(compte clôturé)

le samedi 29 janvier 2011 à 19h40

Je maintiens que tuer les héros n'est pas seulement un moyen de "finir en beauté", d'ailleurs trouver "beaux" la mort violente et le suicide m'énerve quelque peu... C'est avec ce genre d'idées que les ados se suicident, en pensant que c'est super romantique. Je pense, d'ailleurs Guedidjian l'avait dit pour "Marie Jo et ses deux amours" que pour la majorité des gens, deux amours ne peuvent se vivre en meme temps, (j'imagine qu'on vous l'a déjà dit) et que donc ça doit mal se finir.
Le film sur le polyamour heureux existe: "la grande amoureuse". Il est heureux, mais pas béat puisqu'on y parle des difficultés, du regard des autres, etc. OK, c'est un documentaire, comme celui de Jessica, mais au moins cela montre que dans la vraie vie, c'est possible sans mourir à la fin. (ouf!)
à wazaaa: pluriamoureux ou pas, les héros vieillissants deviennent tous moins appétissants. Sauf Clint Eastwood!

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(compte clôturé)

le dimanche 30 janvier 2011 à 00h45

In095le film sur le polyamour heureux et durable reste à faire.

Il en existe quelques uns: "Serenade à trois" de Lubitsh (film des années 30!) qu'on a vu lors d'un café poly. "César et Rosalie" de Claude Sautet était assez gai aussi, ainsi que Cristina, Barcelona... de Woody Allen, et j'en oublie sûrement.

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wazaaa (invité)

le dimanche 30 janvier 2011 à 11h12

"Alors, je dis oui, cent fois oui, à tout film qui montrerait comment on se sort des pièges que dissimulent certaines libertés. "

Grande discussion sur le sujet cette nuit, avec une très chère copine. J'ai bien aimé ce qu'elle m'a dit: en gros, que quand on a bien compris les valeurs et les tabous qui régulent le microcosme de société dans lequel on évolue, alors des espaces de libertés intérieures s'ouvrent; et comme ils passent par le franchissement d'étroits goulets moraux, ça donne quelque chose de jaillissant et de très créatif de l'autre côté.

Et aussi que si elle avait appris quelque chose de l'ordre de la sagesse et qui la mettait en paix avec les contraintes de son environnement, c'était de se réjouir de ce qui allait ainsi sortir, et d'aller au-devant du goulet avec confiance, sachant qu'elle en récolterait de belles moissons, au final.

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Boucledoux

le dimanche 30 janvier 2011 à 20h31

Francoise
Il en existe quelques uns : "Serenade à trois" de Lubitsh (film des années 30!) qu'on a vu lors d'un café poly. "César et Rosalie" de Claude Sautet était assez gai aussi, ainsi que Cristina, Barcelona... de Woody Allen, et j'en oublie sûrement.

ouaips toutafé... et à mon avis (au moins pour le Lubitsch) bien plus impertinent, corrosif, subversif et contestataire des rapports hommes/femmes traditionnels que jule et jim. Quand au Woody Allen, quelle partie de plaisir jubilatoire...

Pour Jules et Jim, je n'ai pas lu le roman mais vu le film que je n'ai pas aimé du tout et que j'ai trouvé au final très conservateur et qui plus est tout à fait misogyne au fond...

m'enfin, ça n'engage que moi hein...

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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ln095

le dimanche 06 février 2011 à 12h16

ahhhhhhhhhhh enfin l'avis de M. Cinéma ! Salut Boucledoux, comment vas-tu?
En effet, si Truffaut n'est pas le chantre du polyamour, on peut quand même lui reconnaitre un peu d'audace dans le choix du roman adapté.
Comme je le faisais remarquer dans l'article, on est bien loin encore d'une conception libérale, symétique et pacifiée de l'amour. Dans le livre, le mari, Jules est sexuellement nié. Et les rapports entre Kathe et Jim ceux ceux de deux catcheurs. J'ai vu le film il y a bien longtemps, bien d'avoir le concept du polyamour en tête, et j'ai marché à fond. Les mentalités restent imprégnées des valeurs de la bourgeoisie traditionnelles en arrière-plan, certes, mais je trouve tout de même louable la volonté affichée de tenter de s'en afranchir, même si c'est loin d'être achevé.
D'autre part on montre dans "Jules et Jim" un ménage à 3 en activité, alors que "Sérénade à 3 " conserve le mythe du trio intact pour la simple et bonne raison que le trio n'est réellement réuni que dans les dernières minutes du film. Un peu comme un conte de fée qui ne se terminerait pas par "ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants" mais par "ils s'aimerent beaucoup et longtemps tout les trois".
Le but de l'article, je le rappelle, n'était pas de faire une apologie sans réserve de "Jules et jim" mais de mettre en regard, le livre, le film et la réalité. Réalité qui se rappelle à nous par l'exposition médiatique de Stéphane Hessel.

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Boucledoux

le dimanche 06 février 2011 à 12h51

ln095
ahhhhhhhhhhh enfin l'avis de M. Cinéma ! Salut Boucledoux, comment vas-tu ?
En effet, si Truffaut n'est pas le chantre du polyamour, on peut quand même lui reconnaitre un peu d'audace dans le choix du roman adapté.

Coucou ln095 content de te revoir ici :) je vais plutôt très bien merci, et toi ? (suite en privé ? les autres y s'en foutent peut-être... :p)

Puisque tu te moque M. Cinéma continue dans le pédant un peu : citation de M. Truffaut lui même (d'après Wikipédia)

« Jules et Jim est un hymne à la vie et à la mort, une démonstration par la joie et la tristesse de l'impossibilité de toute combinaison amoureuse en dehors du couple »

Sur Sérénade, ce que tu dis n'est pas tout à fait exact : le trio se rencontre, se forme, est réuni, se sépare et se retrouve à la fin, l'essentiel du film racontant l'espace entre ses deux réunions et, je trouve, assez subtilement, les difficultés, les complexités, les chose à surmonter et de manière assez subversive l'absurdité des modèles et des normes...

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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nausicaa

le samedi 12 février 2011 à 14h40

En parlant de films quelqu'un a-t-il vu Happy Few? D'après le résumé (Rachel travaille dans une boutique de bijoux. Lorsqu’elle rencontre Vincent à l’atelier, elle est séduite par son franc-parler et décide d’organiser un dîner avec leurs conjoints respectifs, Franck et Teri. Les deux couples ont à peine le temps de devenir amis qu’ils tombent presque aussitôt amoureux. Sans l’avoir cherché, spontanément, les nouveaux amants deviennent inséparables. Ils avancent à l’aveugle dans leur passion, sans règles et sans mensonges. Ils gardent le secret devant les enfants et tout continue, presque comme avant.Mais ce qui les lie les uns aux autres est tellement fort que la confusion s’installe. Les sentiments s’emmêlent et les questions sont de plus en plus cruelles. source : premiere.fr) ça semble assez "poly" non?

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bohwaz

le samedi 12 février 2011 à 18h14

On en a pas mal parlé ici de ce film, que je n'ai pas vu d'ailleurs suite aux nombreuses mauvaises critiques... Voici quelques discussions :

/discussion/-kT-/Happy-Few-un-film-poly/
/discussion/-li-/Happy-Few-le-film/page-2/
/discussion/-lA-/Happy-Few-ceux-qui-ont-vu-le-film/

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nausicaa

le samedi 12 février 2011 à 19h53

Merci pour les liens, j'avais pas vu qu'il y avait déjà des discussions sur le sujet.

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Killoy (invité)

le vendredi 28 août 2015 à 16h05

Jules ne meurt pas dans le film.

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