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selenia
"Le comble c'est quand parfois je lui fait la réflexion qu'il est souvent absent, il me rétorque que les fois ou il est là , c'est moi qui sort (comme si c'était de ma faute si on ne se voyait pas."
selenia
"Lui il pense me donner assez et pour moi c'est trop peu."
selenia
"J'attends plus de lui et il me dit être freiné par mes réactions. Bref on tourne en rond !"
Qui n’a pas ressenti cette frustration ?
Que ce soit dans une relation mono ou poly, il arrive que même avec les meilleures intentions, on se heurte à un mur.
On se retient de parler en espérant que l’autre soit assez psychologue pour deviner la cause de notre mal-être. Puis, n’y tenant plus on sort de son mutisme comme un lion de sa cage. Ou bien, on se pose en victime espérant que l’autre culpabilise suffisamment pour accéder à nos demandes.
Quand bien même l’un ou l’autre de ces modes de communication aboutirait à une avancée, celle-ci se fera au prix de nouvelles frustrations. La boucle peut se reproduire à l’infini sans que les problèmes de fond ne soient jamais réglés.
Je vois polyamour.info comme un lieu où les hommes et les femmes ont le courage et la clairvoyance d’aborder un sujet qui fâche un peu partout ailleurs :
Le sentiment amoureux se doit-il d’être exclusif ?
Ouvrir la boîte de Pandore n’est pas sans risque.
Je me rappelle d’une conversation animée avec le père d’une ex, ancien hippie désabusé et partisan déçu de l’amour libre. Comme tous les utopistes, il s’est heurté à la dure réalité. Les substances aidant, lui et ses partenaires ont fondé au début des années 70 une petite communauté « où tout le monde s’aimait». L’état de grâce n’a pas duré. Après quelques années de paradis artificiels, tout le monde a commencé à redescendre du petit nuage. Rapidement, les dissensions, les jalousies et les luttes de pouvoir ont agi comme un venin puissant, sournois et fatal.
Leur erreur fut de vivre leur amour comme une utopie.
PREAMBULE : Les limites de l’optimisme ou Plaidoyer pour le réalisme
L’optimisme aveugle et l’idéalisme sont les premiers instruments de contrôle des masses. L’histoire (et l’actualité) nous apprend également, que les tyrannies s’écroulent un jour inéluctablement sous le poids de leur mensonge.
En prétendant qu’il suffit d’y croire pour que tout se passe bien on ne fait qu’adopter la politique de l’autruche. On s’expose à un retour de bâton de premier ordre.
Prendre la juste et pleine mesure des problèmes qu’on rencontre dans sa ou ses relations est une étape nécessaire. Sinon, on ne fait que cacher la poussière sous le tapis.
PARTIE I : Identifier les modes de communication toxiques au sein de sa (ses) relation (s)
Comme je l’écrivais dans mon introduction, deux personnes qui s’aiment peuvent, malgré leurs meilleures intentions, à se pourrir mutuellement l’existence.
Il est donc important d’être capables de nous regarder objectivement. Allons jusqu’à considérer la relation comme un sujet d’étude. Si nous tenons à nos relations, ayons le courage de les regarder sans complaisance ni idéalisme et surtout sans émettre de jugements de valeur.
Un des modèles que j’utilise volontiers en coaching est celui de l’Analyse transactionnelle fondée par Eric Berne il y a un demi-siècle, et qui n’a rien perdu de sa pertinence. Les développements ultérieurs du modèle de Berne nous ont permis d’approfondir davantage.
En particulier le triangle de Karpman, déjà cité sur ce forum, nous aide à identifier les modes de relations toxiques pour notre bien-être affectif, social et émotionnel. Stephen Karpman postule que lorsque nous nous livrons à des jeux psychologiques (jeux à somme nulle qui lèsent donc l’un ou l’autre des participants) nous adoptons successivement ou simultanément trois postures distinctes :
Le triangle de S. Karpman
- Persécuteur (P)
- Victime (V)
- Sauveur (S)
Prenons un exemple:
Ludovic et Caroline sont mariés depuis quelques années, leur relation est exclusive.
Un jour, Caroline découvre que Ludovic entretient une relation extra-maritale avec l’une de ses collègues.
Après bien des tempêtes et des engueulades, Caroline visite sans trop savoir pourquoi un site poly-amoureux.
Contre toute attente, elle se met à envisager une relation de ce type, bien qu’elle n’ait elle-même pas plus envie que cela de tomber amoureuse d’un autre. Ce qu’elle aimerait par-dessus tout c’est d’abord rallumer la flamme entre eux. Il faut dire qu’entre les soucis financiers et professionnels, l’éducation des trois mômes et la belle-famille un peu envahissante ils n’ont guère eu le loisir de rester amoureux. Pourtant ils s’aiment encore. Voilà une contradiction que Caroline rêverait de résoudre.
Ludovic rentre du boulot. On est lundi soir, il est extenué, elle aussi. Il faut dire qu’elle est allée chercher les petits à l’école, leur a fait faire leurs devoirs, elle a cuisiné pour cinq. Elle n’a pas chômé.
Lui non plus d’ailleurs, entre le patron qui les lui brise menues et les rumeurs de plan social, il en a lourd sur la patate. Il n’a qu’une envie, passer la soirée avec Julie la stagiaire du service comptable. Après tout, sa femme lui en a donné le droit.
Demain, il passera plus de temps avec son épouse mais pas ce soir. Il culpabilise beaucoup et souvent bien sûr mais l’occasion ne se présentera pas tous les jours, tant qu’elle est d’accord autant qu’il en profite pense-t-il.
Ludo et Caro
- Quoi ? Tu sors encore ce soir ? J’ai fait la cuisine, j’ai tout préparé. Tu te fous de moi ? Tu ne me respectes plus depuis cette fille (Caro = V) . Tant que tu es là pour ta famille, tu peux bien faire ce que tu veux mais tu es tellement égoïste. (Ludo = P)- J’ai bossé toute la journée aussi je te signale. Pas étonnant, que j’ai envie de passer la soirée ailleurs si c’est pour me faire gueuler dessus. (Ludo = V) Je croyais que tu étais d’accord et là tu me reproches de la voir ? C’est toi qui te fous de la gueule du monde. (Caro = P)
- Et ben, vas-y, vas voir ta Julie. Je t’en parlerai plus. (Caro la Victime se pose en Sauveuse… mais à un prix) Mais tu as intérêt de te rappeler qu’on va chez mes parents ce week-end. (Caro = P)
- Oh merde, j’avais oublié. Tu me mets toujours des corvées comme cela le week-end, je craque. (Ludo = V) Je me barre, tu sais où je suis. (et hop que je te persécute un coup. Ludo = P)
Notons également que dans le modèle de Ludo, sa maîtresse est vue comme une Sauveuse, sa femme comme une source de Persécution, ce qui fait de lui la Victime.
Vous suivez toujours ?
Il est également conscient d’être le Persécuteur de sa femme et ressent une vive culpabilité. Il lui reproche parfois d’entretenir cette culpabilité en lui faisant des reproches et se pose donc alors comme victime.
Il s’agit donc de jeux à double-fonds qui lèsent chaque partie. Et plutôt deux fois qu’une.
Chacun est sûr de son fait. Chacun y perd.
Aiguillés par les blessures d’amour-propre chacun se rebelle contre l’autre à la manière d’un animal blessé, pris au piège d’une rhétorique pernicieuse et circulaire.
Il est donc VITAL de prendre un peu de distance et de comprendre ce qui se trame réellement.
Revenons au message de selenia :
selenia
"J'attends plus de lui et il me dit être freiné par mes réactions. Bref on tourne en rond !"
Cela vous parle ?
Adoptez une méta-posture (placez-vous en dehors et au-dessus de la situation) et observez les événements lors desquels votre communication semble tourner en rond.
Quel rôle jouez-vous lors de l’échange, et quel rôle faites-vous jouer à votre compagnon/compagne ? Une fois opérée cette prise de conscience salvatrice. Qu’allez-vous mettre en œuvre pour remédier à la situation ?
Ce sera l'objet de la deuxième partie :
Communiquez de manière empathique et réglez vos différends
Message modifié par son auteur il y a un an.
