D'après moi, lorsque l'on essaye de sauver un couple au lieu de sauver les individus qui composent ce couple, la première question à se poser est de savoir pourquoi chacun essaye de le sauver. La plupart du temps, on ne se pose pas la question, car elle nous fait bien trop peur. On la présente alors sous forme d'un but à atteindre (sauver le couple).
Si un amour positif subsiste entre les deux personnes (au sens "un amour qui apporte quelque chose aux deux personnes"), alors il suffit d'identifier correctement cette forme d'amour, puis de chercher à sauver cet amour (et non le couple). A priori, le couple, on s'en fou, ce qui compte, c'est de sauver ce qui est utile de sauver. Si on ne s'appuie pas sur ce qui est encore solide dans le couple, on perd juste son temps. Hors rien ne prouve que ce qui est encore solide est suffisant pour "recréer" le couple.
Je dit "recréer", car au moment de consulter, on considère forcément (consciemment ou non) que le couple est déjà plus ou moins mort, du moins qu'il a perdu sa raison d'être originelle. Il reste toutefois au moins l'envie (ou le besoin, ou l'envie et le besoin) de continuer quand-même. L'idéal est d'ajouter l'envie (ou le besoin) de savoir pourquoi.
Si l'on considère que le couple est déjà plus ou moins mort, et que l'on veut continuer quand-même, c'est éventuellement une bonne chose en soit, puisqu'il se peut que l'on s'inscrive dans une démarche positive de reconstruction du couple (sur des bases différentes). La situation inverse est également possible, par exemple se placer dans une démarche négative de présence au chevet du couple pour assister de façon faussement impuissant(e), aux derniers instants d'agonie de ce couple, et tenter de prouver que l'on s'est battu jusqu'au bout, et ainsi faussement se dédouaner de lui avoir donné le dernier coup fatal.
On pense que si un couple essaye de sauver le couple c'est que les deux personnes ont envie de continuer. En fait, si un couple essaye de sauver le couple, c'est qu'au moins l'un des deux est tenté d'y mettre fin, et donc qu'au moins une des deux personnes pense que le couple est un obstacle à sa propre réalisation personnelle, ou pense que le couple est un obstacle à sa possibilité de créer un autre couple.
Dans le cas d'un couple mono/poly, il semble clair (faussement clair ?) que celui qui sera le plus tenté de mettre fin au couple est la personne qui est mono. Pourquoi ? Parce que cette personne ne trouve pas ce qu'elle cherche dans le couple.
Si je ramène dans le sujet ma propre situation personnelle, on peut même ajouter que le poly peut également être tenté d'y mettre fin, car lui non plus, n'y trouve pas ce qu'il est venu y chercher. Mais ceci vient du fait que je suis un poly qui ne peux pas aimer une femme mono, alors que la plupart du temps, les poly peuvent aimer les monos, et c'est d'ailleurs ici le cas, si j'ai bien compris.
Il y a certes également le cas d'un mono qui peut aimer un poly. Mais si j'ai bien compris, dans ce cas présent, le mono est insatisfait du côté poly de sa compagne, donc, on n'est pas dans ce cas là.
D'après ce que je lis de vous, on dirait qu'être psy d'un couple poly est quelque chose de difficile. Admettons.
Toutefois, un peu de logique suffit à mettre le doigt là ou ça fait mal. Dans un couple Mono/Poly (dont le mono est insatisfait à cause justement de la caractéristique Poly de sa compagne), le problème se résume ainsi :
- La personne mono peut-elle aimer une personne poly ? (en général non)
- La personne poly peut-elle devenir mono ? (en général non)
Donc en général, le couple est cuit. Les bases qui l'on constituées ne sont plus là, et aucune nouvelle base permet de le reconstruire.
Mais il faut sauver le reste. Le sauver avant que ce "reste" ne soit détruit par l'attente interminable de la mort officielle du couple. Et peut-être qu'un jour, en repartant de ce petit "reste" qui n'a pas été détruit, quelque chose de nouveau apparaîtra.
Ne sauvez pas le couple, sauvez l'amour.