Bonjour,
Ayant découvert que mon mari était - à nouveau - attiré par une autre femme, j'ai fait des recherches et découvert les concepts tout nouveaux pour moi de polyamour et de lutinage. Depuis 15 jours, je lis donc ce forum, l'ouvrage de Françoise Simpère, Guide des amours plurielles, et je tente de réfléchir par moi-même. Ce mode de vie me paraît correspondre à ce dont nous avons besoin : c'est fou comme la simple question "et pourquoi l'amour serait-il exclusif ?" peut tout chambouler. Je ne me l'étais jamais posée. Bref, donc, un cheminement encore récent a déjà fait changer ma vision du monde qui m'entoure, a modifié mon regard sur les autres, me permet de prendre du temps pour moi sans culpabiliser (c'est cela aussi, le lutinage !).
Cependant, l'attitude de mon mari me déconcerte. Il s'est dit d'accord sur le principe et touché par cette preuve d'amour, mais n'a montré qu'une curiosité très modérée (en fait, ce n'est pas seulement une preuve d'amour, c'est aussi la reconquête de mes propres liberté et dignité). Deux jours après notre première discussion sur le sujet, il a rappelé la jeune femme, avec laquelle j'avais initialement exigé qu'il coupe le contact. Il l'a revue et a dormi chez elle le jour même, pendant que j'étais chez mes parents. Il est rentré avec 2 heures de retard de leur première journée ensemble "avec mon accord". Depuis que je lui ai dit que j'ai peur qu'il ne vive une passion - pour ce que ce sentiment a de violent et exclusif - il ne me parle plus que de sa passion pour elle. Il fait des comparaisons directes : "avec toi, ce n'est pas pareil, il n'y a plus la découverte", "si je l'avais rencontrée il y a 12 ans, nous ne nous serions pas connus" (ridicule : il y a 12 ans, elle en avait 9 !), ou conditionnelles "si nous étions ensemble depuis 6 mois, je t'aurais quittée pour elle" (aucun sens non plus), "c'est la première fois de ma vie que je ressens ça" ("A chaque fois, à chaque fois" disait Barbara).
Ce soir (la Saint-Valentin, pour mémoire, mais nous avions décidé de reporter la fête au 14 mars, une fois que nous serions apaisés), il m'appelle à 19h pour me dire qu'il ne rentre pas. J'ai hurlé au téléphone - devant les enfants, je me sens irresponsable.
C'est drôle, je ne me sens pas jalouse ce soir. Je ne l'imagine pas avec elle - ou plutôt, ça ne me fait presque pas mal. Mais je suis triste d'être négligée, de ne pas avoir eu le temps de me préparer. Déçue qu'il ne veuille pas prendre ce que je donne, mais l'arracher.
Il me semble ce soir que, si le principe du lutinage me convient, mon mari n'est peut-être pas digne de ma confiance. Ce n'est pas une question de mode de vie, mais de personne, de confiance, de respect...
Je lui en veux d'avoir pendant 10 ans pris sa liberté sans me rendre la mienne.
J'ai l'impression que pour lui seule son envie d'elle existe ; même l'intérêt de cette jeune fille n'est probablement dans la poursuite telle quelle de leur relation - elle le prend pour son Prince Charmant, qui va quitter femme et enfants pour elle, elle n'a rien compris au lutinage... Peut-être va-t-il le faire d'ailleurs, peut-être n'a-t-il rien compris non plus. Comme si le lutinage était pour lui une carte blanche pour adultère immodéré (puisqu'on n'a plus besoin de se cacher, on fait ce qu'on veut !). J'ai peur.
Et pourtant, nous partageons encore tant de choses...
Est-ce un passage normal dans l'établissement de l'équilibre ? Suis-je encore trop possessive ? Ce n'est pas facile, je n'ai personne d'autre que lui, et je n'arrive pas encore vraiment à m'imaginer avec un autre homme. Est-ce que ses maladresses sont le fait d'un Lutin débutant (ex-mari adultère), ou est-ce qu'il dépasse vraiment les bornes ?
Merci de vos conseils...
