Bonjour à tous, je découvre ce site et je découvre le concept du polyamour un peu par hasard et avec un grand soulagement. J'ai 48 ans et, aussi loin que je me souviens, j'ai une conception des relations qui correspond à ce que je lis ici. C'est ainsi qu'au début de toutes mes relations, j'ai tenté maladroitement d'expliquer pouvoir, vouloir m'engager tout en conservant cette liberté d'avoir d'autres rencontres et relations. Bien entendu, il était pour moi évident que ce droit auquel j'aspirais devait être réciproque. Hélas, je n'ai récolté au mieux que de l'incompréhension et au pire du rejet. C'est ainsi que je me suis marié en cultivant des relations éphémères d'abord, comme pour ne pas me stresser, puis plus sérieuses. Vers 40 ans, alors que j'étais engagé dans une relation parallèle qui avait pris plus d'importance que les précédentes, j'ai décidé d'en parler à mon épouse. Je n'avais pas l'intention de la quitter, ni de modifier mon engagement vis-à-vis d'elle, mais je souhaitais mettre fin à ces mensonges qui m'étouffaient. Ce qui devait arriver arriva. Je me suis retrouvé chassé de chez moi, traité comme un salaud. Parce que pour moi il n'était pas question de divorcer, je me suis accroché, j'ai mis fin à l'autre relation, j'ai essayé de recoller les morceaux dans mon ménage, tout en tentant sans succès de faire comprendre que pour moi, les sentiments pour ma femme n'avaient jamais pâtis de mes relations, au contraire. J'ai traversé une longue phase de dépression, des périodes suicidaires, des profondes remises en question. Je vis toujours avec ma femme, après quelques périodes de nomadisme imposé, mais le feu n'est pas revenu, les blessures m'empêchent aujourd'hui d'avoir encore confiance en elle, en nous. Je continue simplement à perpétrer un engagement auquel je tiens à demeurer fidèle. Pour le meilleur et pour le pire.
Depuis quelques années, j'ai à nouveau une relation parallèle qui m'est très importante. Malheureusement, là aussi, ma "maladie" a créé tensions, blessures et douleurs. Et j'ai fait à nouveau l'expérience du rejet, même s'il s'est exprimé par des larmes et jamais par des reproches. Bref, alors que je commençais à reprendre pied, à retrouver un peu de confiance en moi, je me suis vu rejeter en arrière, dans ma dépression.
En découvrant ce concept (j'avais passé à côté du hype), votre site et les témoignages, j'ai été soulagé. De pouvoir mettre un mot sur ma "maladie", de constater que d'autres personnes partageaient la même conception non possessive de l'amour et de briser l'isolement du silence et de l'incompréhension.
La question sur laquelle je bloque est celle de comment sortir de ce cercle vicieux ? Comment rompre le silence, quand on n'a que fait l'expérience du rejet et quand on ne veut pas blesser les gens que l'on aime ? Tout mettre sur la table ou alors continuer à vivre dans le mensonge et le silence permanent, malgré ma nature qui ne peut se nourrir que dans l'échange et de la vérité.
