Drya, je te rejoins là dessus... Je comprends bien la différence entre la passion initiale et l'amour. Lorsque je vis une relation passionnée (il y en a eu peu, mais tellement chéries), ce n'est pas le manque qui me rend dépendante et qui prend toutes mes pensées, c'est au contraire l'effet euphorisant et accaparant de la relation. Une douce dépendance, comme une dépendance à l'air ! En "amour", cet effet n'est plus tout à fait là, c'est plus serein. Mais même dans la passion, la personne ne me manque pas, elle est trop avec moi dans mes pensées, de manière positive, elle m'accompagne. La joie à l'état pur. Accaparant, mais positivement accaparant. J'ai remarqué que je suis plus efficace dans mes tâches, plus détachée, plus optimiste, j'ose davantage, même avec mon mari, je deviens plus "amoureuse". Comme une drogue quoi, cocaine, je sais pas... Je ne vois rien de vraiment négatif à vivre une passion. Si l'être sujet de ma passion venait à s'éloigner pour des motifs étrangers à notre relation, je ne crois pas qu'il me manquerait, puisque le sentiment partagé serait encore là, et l'espoir de se revoir aussi. Puis on pourrait toujours s'écrire etc. Donc son "absence" physique a peu d'importance. Même chose en amour. Par exemple, avec mon mari, ses absences de la maison (ou les miennes) ne me pèsent pas, parce qu'il y a de l'amour, et le "manque" est beau, j'ai hâte de le revoir, mais je suis sereine.
Ce qui me procure un sentiment de manque, c'est de savoir qu'une belle relation est terminée. Ne pas être en mesure justement de savoir si la personne que tu aimes va bien, si elle est heureuse, ne pas être en mesure de partager cette intimité (avec ou sans présence, au moins par l'esprit...). Vouloir du bien à quelqu'un, aimer que celui-ci nous fasse du bien, ça prend une relation quelconque. Ici, je ne parle pas d'un amour unilatéral qui ne peut déboucher sur une relation. Je parle d'un amour partagé, mais qui doit s'arrêter et qui n'a aucun espoir de se concrétiser en parole, en gestes. Ou si, un minime espoir douteux, juste assez pour que le manque soit inversement proportionnel et que je me morfonds avec ma margerite (il m'aime, pas du tout, à la folie...) Je préférerais pas d'espoir du tout.
Et ce manque occupe toute la place et rend mélancolique, triste. Contrairement à la passion, ça m'enlève de l'energie pour le reste. Je ne pense qu'à ça, essayer de comprendre, essayer de me faire une raison. En quelque sorte, c'est une dépendance, parce que je ne peux chasser mes pensées, et elles m'empêchent de faire autre chose, elles ne m'accompagnent pas, elles me font réfléchir et "chercher une solution". Alors que de simples mots me disant qu'il est toujours là (dans le sens qu'il ne m'est pas devenu étranger) m'appaiseraient.
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