Bonjour ou re-bonjour,
Et merci encore à chacun(e), pour vos commentaires et expériences !
Madeline, j’ai 38 ans et mes enfants sont encore petits : l’aînée n’a pas 9 ans et le petit dernier, 2 ans et demi. Cette tranche de vie qui est la mienne et que je vous dévoile est somme toute très récente ! Je te rejoins au sujet du « sacrifice » que tu évoques : c’est parfaitement néfaste pour les enfants qui ne sont pas dupes et souvent beaucoup plus sensibles encore, que nous autres adultes « politisés »… A ce sujet, je ressens pertinemment que mes enfants ont perçu la notion insidieuse de mutilation en amour invectivée, au départ de mon couple parental !! ! L’effet est assez ignoble, parce que je comprends que si mon état d’esprit était véritablement sacrificiel, je leur inculquerais là par mon exemple la marche à suivre pour eux-mêmes plus tard : se soumettre à l’esclavage d’un état d’esprit de servitude en amour, face à leurs propres désirs et velléités d’épanouissement ou d’émancipation. Quelle erreur, quelle horreur !! ! Les enfants méritent bien mieux, comme éducation sentimentale et émotionnelle.
Depuis 2 ans maintenant, ma réflexion est faite quant à la nécessité de savoir partir. Quand ma rencontre est encore revenue vers moi en fanfare il y a un 1 an, je lui ai expliqué que j’étais prêt à construire avec elle, sans vouloir m’imposer non plus parce qu’elle est plus jeune et n’a pas encore d’enfant. Elle en désire ardemment, on l’a bien évoqué ensemble et je lui ai bien fait valoir que l’idée me tentait encore moi-même… Mais elle débutait parallèlement une nouvelle relation et au fond, elle mérite plus simple que moi-même dans le contexte, c’est évident ! Alors je l’ai régulièrement invitée à participer à mon travail de recherche et de synthèse, quant à l’histoire de la civilisation. J’ai voulu l’initier à l’état d’esprit polyamoureux : l’encourageant à poursuivre son début de relation, tout en l’invitant à vivre avec moi demain, sans devoir sacrifier personne… Mon état d’esprit lui a surtout fait peur, la rendant sur la défensive de cette liberté suspecte que je lui proposais là… Elle m’a régulièrement fait valoir sa profonde attirance, tout en veillant bien à surtout, ne pas trop m’approcher par peur notamment, d’offenser ou perdre l’autre garçon !
La résultante, c’est que dans le courant de cet été : elle m’a mis devant le fait accompli de son nouvel emménagement avec cet autre homme, alors que je comptais encore sur elle dans mon projet d’avenir. Et encore… j’ai quasiment dû lui tirer les vers du nez, à ce sujet ! Parce que je comprends pertinemment, qu’il lui est tacitement demandé de renoncer à un quelconque relationnel avec moi-même. Et de fait, cela fait 5 mois que l’on ne s’est effectivement pas rencontrés de visu. A notre époque, la véritable liberté fait encore très peur et sa mise en pratique, engendre majoritairement non pas la compersion mais la jalousie, d’esprits induits à la soumission et la culpabilité par éducation ! Alors j’abandonne ma rencontre à son besoin fusionnel et d’enfermement, sans plus de velléité pour ma part, de retourner à son contact. Je trouve ce choix bien dommage pour elle-même, bien dommage pour nous, bien dommage pour eux-mêmes ! Ainsi va la vie dans sa torsion contre-nature et le barouf de la taule, depuis notre société normative du besoin de la cellule familiale.
Alors pour ma part je poursuis mon travail et j’en suis heureux. J’en déduis que ce n’est pas encore le moment d’agir, pour savoir partir. La véritable action passe par mon travail de synthèse, que je couche sur le texte et notamment l’analyse et la compréhension, des divergences éducatives entre ma femme et moi-même. Il y a un moment et celui-ci approche, où mon travail sera achevé et demandera à être partagé, en étant lu par d’autres et notamment elle-même. Alors qu’elle agit actuellement dans la déconsidération de ce travail dont elle ne veut absolument pas entendre parler, tout comme pour ma rencontre évoquée depuis plus de 3 ans…
Arrivera un moment ou se posera pleinement la question : toute ma créativité, ma sensibilité bien à moi, ma véritable vie spirituelle… Tu veux la percevoir en face, ou tu préfères continuer de m’affubler de l’idée que tu as pour moi-même ? Alors les conséquences quant aux choix de vie pour la suite, devront s’imposer de manière responsable et partagée mais certainement pas, dans la complaisance sacrificielle pour ma part. Je garde pour l’instant l’assurance du plaisir de voir mes enfants sourire au quotidien et de pouvoir participer chaque jour, à leur épanouissement. La vie de couple en elle-même n’est pas facile au quotidien, mais je ne désespère pas de voir madame bouger son cul… Notamment au pieu ou autrement dit, sur le Mérinos (lol) !
Merci Drya pour le lien en direction de Françoise Simpère, que je découvre là dans toute sa richesse… Ses propos sont d’une telle justesse ! Elle résume toute notre condition humaine actuelle dans son billet, quand elle conclue par le besoin et le devoir même, de payer dans notre société, comme pour acheter la paix des sentiments finalement… Alors comment oser parler véritablement d’amour, dans une telle institution éducative du commerce émotionnel ?
Le polyamour est à mon sens, l’état d’esprit dont nous sommes issus à travers notre si longue évolution à succès, au fil des millénaires depuis la nuit des temps de notre origine. Celui-ci était naturel jusqu’à l’irruption de la morale sexuelle, ayant institutionnalisé un état d’esprit idéologique de domination et donc de privatisation du pouvoir. A ce sujet, je vous recommande vivement la lecture si ce n’est déjà fait, de l’ouvrage de Wilhelm Reich sur le sujet : on comprend comparativement aux peuples dits "primitifs", comment nous en sommes parvenus à vivre comme des malades, au nom d’un besoin impérialiste aimant tant à savoir rester dissimulé !
Le polyamour n’est un luxe qu’aux yeux d’une société commerciale – transactionnelle de la véritable vie spirituelle – ayant admis l’aliénation de la véritable liberté de l’être, au profit centralisateur de l’accumulation du capital. C’est pour cela que je dis qu’on nous prend pour des cons : parce qu’on le veut bien chacun dans l’acceptation, d’une vie sociale quotidienne d’une misère spirituelle désarmante ! Les valeurs de l’érotisme sont totalement accaparées par la publicité, dans un monde où le puritanisme est revenu progressivement au trot depuis 1968… D’ailleurs, le Président actuel a bien précisé qu’il voulait en finir avec cet esprit là : tout un programme sécuritaire, de culture émotionnelle par la peur ! C’est tout notre système politique depuis l’éducation au couple hétéro normatif, qui est ainsi vendu au bal du commerce !! ! Alors l’éducation au polyamour fait peur, parce que c’est le réel vecteur du retour en force de notre état d’esprit originel, débarrassé de tout contrôle impérialiste déguisé.
:-)