Boucledoux
les différences d'approches entre hommes et femmes sont notables et constituent un élément important et intéressant pour comprendre un certain nombre de chose. A condition, à mon avis, de ne pas les interpréter comme des éléments de nature "les hommes sont ceci, les femmes sont cela" mais comme des stratégies face à une société qui est, comme tu le dis inégalitaire, sexiste, machiste et qui impose des rôles différents aux hommes et aux femmes.
Je suis en train d'écrire un projet de recherche autour - entre autres choses - de ces questions.
Je serais très intéressée de lire ce que tu prépares.
Sur l'extrait dont tu fait part, je suis d'accord avec le fait que le polyamour n'a pas la même signification pour les femmes que pour les hommes, vis à vis des genres (sexe social) imposés par le cortège de valeurs patriarcales de notre société. Le conditionnement n'étant pas le même selon le sexe biologique, il est normal que le polyamour génère des réactions/approches de tendance différente.
Pour moi le rapport à la reproduction (contrôle, pas contrôle...) est la différence biologique fondamentale qui conditionne les rapports hétérosexuels. Le reste est majoritairement issu de différences socialement construites.
Le besoin de se reproduire est fort chez chacun-ne, quoi qu'on intellectualise à côté. Historiquement, cela s'est traduit par une domination exercée sur les femmes, pour assurer aux hommes un contrôle de la filiation génétique de leurs descendants.
Et dans mon contexte (femme, 26 ans, pas d'enfants) le polyamour permet aussi de me détacher aussi de la pression "d'appartenance" que j'ai ressentie, souvent sous-jacente, dans plusieurs relations hétéro.
Mais il ne faut pas oublier une des conséquences dans notre société actuelle (à mon sens faussement romantique et faussement égalitaire) que souvent comme le souligne RIP le pouvoir de décision revient à la femme qui 'dispose', 'a le dernier mot', et le devoir de 'séduire' revient à l'homme... Quelle lourdeur !
Le polyamour permet aussi, il faut le dire (!), une alternative égalitaire aux rapports de domination qui s'exercent souvent dans la structure du couple monogame. En tout cas une chance de se poser quelques questions profondes sur nos motivations à être en relation avec les autres. Et pour moi cela permet aussi de jeter des bases de mécanismes de remise en question, d'accepter que tout n'est pas figé et doit pouvoir être questionné au gré des besoins de chacun-ne.
(Attention, je n'ai pas dit que les rapports de domination sont forcément éliminés en optant pour le PA... Simplement que de partir déjà idéologiquement sur un mode de fonctionnement clairement établi et égalitaire, à mon avis ca peut aider chacun-ne à aller vers des comportements plus consciemment construits, plus choisis en fonction de soi et moins le reflet direct d'un conditionnement)
Au niveau du ressenti je comprends RIP et Choupette, j'ai hate que les choses changent ! Y'a des jours où je me dis " la soi-disant révolution sexuelle c'était y'a 40 ans..." et d'autres où je me dis que les mentalités avancent.
Message modifié par son auteur il y a un an.