Bonjour
Merci pour l'ensemble de ces témoignages, et vos réactions qui donnent un très bon panel de ce que vous ressentez sur vous-mêmes et le polyamour.
Je tiens à préciser d'emblée que ma femme n'est pas polyamoureuse, mais qu'elle s'y intéresse, la nuance est subtile. Si elle était polyamoureuse (qu'elle pratiquait, pour schématiser) je ne serai pas là, je ne serai plus avec elle, elle vivrait sa relation avec X ou Y sans moi. Et je respecterai son choix, parce que notre relation est basé là-dessus. J'en reviens à souligner ce que je disais sur le polyamour : c'est une relation exceptionnelle, entre gens exceptionnels. Moi je suis monogame, je ne partage pas, et si ma femme fait un choix, ce sera son choix, je le respecterai, mais ça se fera sans moi.
Le couple est en enfermement dans la mesure où on se replie sur lui comme garant de sécurité, de longévité, etc... c'est à dire si on y calque une morale. Je vis en couple par choix commun, parce qu'en cette période on ne peut vivre seul financièrement, parce qu'il s'agit de solidarité entre gens qui s'aiment. L'amour connait des bas et des hauts. C'est un émerveillement qu'il faut savoir maintenir (aviver, etc...) Si je me soucie de mon couple, car c'est une sécurité, une base et un enseignement pour mes enfants. C'est la pérennité d'un choix commun, et au-delà de mon engagement dans la société. Enfin, mes enfants son un engagement d'éternité devant le monde (laissez une trace, transmettre des valeurs, assurer la continuité d'une tradition, d'une communauté, etc...)
L'amour sans couple ne m'intéresse pas, puisque je me suis marié, ce qui est symbole, mais pour moi aussi un acte fort, un engagement, celui de ne pas faire n'importe quoi, de faire confiance, d'être solidaire, d'affirmer quelque chose.
C'est un choix, je l'assume pleinement.
Rien ne m'y a contraint.
Pour les enseignements des sages, c'est qu'il y a eut des cas à problèmes, et que de ces cas on a su tirer des leçons. On a su en pointer les dangers, on a su ne pas les nier, ou les écraser sous la morale. On est libre de faire le bien, on est libre de faire le mal, on est libre de se mettre en question, on est libre de faire dans une certaine mesure ce qui nous plait. Mais il faut savoir aussi qu'en-face il y a quelqu'un avec les mêmes libertés, et que la liberté des uns ne doit pas devenir un joug pour les autres. Un exemple : tu vis en couple, ta femme est libre d'embrasser quelq'un d'autre, l'autre est libre de l'embrasser, et toi tu es libre de lui casser les dents ! Je m'exprime certes d'une manière caricaturale, et je m'en excuse ici. Mais c'est bien pour souligner que tout engagement, toute liberté prise, a des conséquence, et que souvent, je m'aperçois que dans l'époque actuelle tout le monde fuit devant les responsabilités. On veut le meilleur, mais on se refuse au pire, alors que l'un ne va pas sans l'autre. Tout le monde veut jouer avec le feu, mais personne n'accepte de se brûler.
Bien sûr que si la liberté amène des problèmes. Toute liberté amène des problèmes. Parce que quand on me parle de liberté, aussitôt je vois poindre l'individualisme, le chacun fait ce qu'il lui plait. Le liberté dont on me parle ici c'est celle de l'individu énucléé d'un tout, comme si il fonctionnait en atome libre autour d'un noyau, mais ce n'est pas comme ça que ça fonctionne. Si il y a des exceptions à des règles, c'est bien parce qu'il y a des règles. Si l'un existe, admettons alors que l'autre existe. En clair : si tu prends la liberté de faire ceci ou cela, accepte que cette liberté peut empiéter sur la mienne, sur mon choix, et qu'il peut y avoir un clash.
Alors qu'est-ce que la contrainte ? Se dire que de prendre sa liberté, c'est aussi pouvoir décevoir l'autre, faire du mal, et partir dans le mur.
Pour exemplifier, si ma femme venait à me dire : j'aime un autre, je serai très heureux pour elle, mais je casserai les liens physiques, relationnels avec elle. Ce n'est pas une menace que je lui braque sur la tête, c'est mon choix de dire : ce type de bonheur pour toi, prends-le, mais ne m'enquiquine pas avec ! Parce que moi je n'en veux pas. Et surtout je ne veux pas me demander ce qu'elle fait, etc...
Alors peut-être que oui, on peut dire : soit mon mari m'accepte comme ça, soit ce pas moi qu'il aime. Mais libre à l'autre de répondre : oui, il y a erreur sur la personne ! Je me suis trompé. J'avais cru. Au revoir ! Hé ! On peut répliquer l'inverse aussi : dis donc, tes promesses au départ, c'était du baratin ? Fallait peut-être annoncer la couleur dés le départ ? Désolé de parler de manière crue, je n'attaque personne indirectement, loin de moi cette idée, je veux juste souligner les contradictions de telle ou telle situation.
Je suis désolé, et sans vouloir vexer personne, mais je ne veux pas parler d'homosexualité, de bisexualité, et moins encore de libertinage, mais de polymamour dans un couple avec des enfants, et pas des enfants adultes, mais des enfants en bas-âge. Avec des gens qui ont une expérience de type d'ordre, et non pas des conseils avisés, car cela me parait paradoxal de dire : si j'étais dans ce cas, alors qu'on ne l'est pas. Pourquoi ? Quand j'ai eu ma première fille, des amis sans enfants m'ont abreuvé de conseils, toujours avisés, etc... Quand eux ont eu un enfant, la donne a été d'un toute autre ordre, et je me suis plu à découvrir que malgré leurs conseils avisés ils marchaient dans le brouillard le plus total ! Idem pour les relations sexuelles des ados. Combien de conseils ai-je entendu ? Et quand ma fille de 16 ans a avorté, j'ai vu tout ça sous un œil différent.
Rosalie, enfin, tu peux très bien penser à un autre homme, rêver de faire l'amour avec cet autre homme, où est le mal ? C'est du domaine du phantasme. Le passage à l'acte, par contre, est d'un autre domaine. La réaction de ton mari me fait sourire. Sans vouloir me moquer de lui ici. C'est un homme pieux et pur si il ne lève jamais le regard sur une autre femme, si il n'en épie pas les courbes ! ! S'il s'interdit même de parler à une autre femme. Ce serait surtout un fieffé menteur.