J'ai tendance à penser comme Zina.
Mais par contre, il me semble qu'il y a quelque chose de très important à retenir dans ce que dit Bobonne.
En tous les cas, le terme de "souhaité" brouille beaucoup trop le sujet. Il ne fait pas assez référence à ce qui se passe après l'abandon. Bobonne a l'air de dire que l'abandon est souhaité, hors il me semble que ce n'est pas ce qu'elle veut dire. Je pense qu'elle fait allusion à ce qui se passe dans la tête après l'abandon, parfois longtemps, ou très longtemps après l'abandon. Je vais prendre ici le cas de l'abandonné puisque c'est celui que Zina soulève, mais il faudrait aussi prendre le cas de l'abandonnant.
Soit la personne abandonnée souhaite utiliser l'abandon subit pour en faire quelque chose et atténuer un peu le mal (par exemple, en faire un bouc émissaire à tous les problèmes de la vie qui n'ont pourtant rien à voir, ou se faire plaindre pour obtenir des choses qu'il n'aurait pas eu s'il avait été dans une situation plus classique, ou tout simplement coller à l'image que tout le monde a de lui "le pauvre petit")
Soit la personne abandonnée, abandonne l'abandon, c'est à dire jette l'abandon à la poubelle comme on rejette une souffrance passée que l'on ne veut plus voir, c'est à dire ne le conserve pas en tant que source de plaisir. Dans ce cas, seul l'abandon proprement dit produit ses effets, qui sont certes néfastes voir mortels si l'abandon a lieu dans un endroit invivable. Mais la plupart du temps, les effets directs de l'abandon sont bien moindres que les effets indirects monstrueux que produisent l'exploitation de la situation d'abandonné comme source de plaisir ou source de culpabilisation d'autrui.
Zina : la première chose qui te vient à l'esprit est l'abandon d'enfant.
Cela ne me semble pas anodin dans une discussion concernant l'amour.
Entre l'enfant et les parents, se passent deux choses, en même temps.
D'un côté, une relation évidente de dépendance physique et culturelle, et en ce sens là, l'abandon est réel. De l'autre côté, une relation moins évidente à cerner qui est une relation d'amour, pas toujours réciproque. Cette relation d'amour est classiquement voulu par le(s) parent(s) (pas toujours, mais admettons). Par contre, elle est seulement découverte par l'enfant (du moins lorsque cette relation d'amour existe).
C'est presque une question pratique pour l'enfant. L'enfant aime la personne qui se trouve là, à côté de lui. Pourquoi chercher ailleurs ce que l'on a sous la main. L'abandon de ce second type de relation, est pour le moins salutaire.
Normalement c'est l'enfant qui provoque cet abandon (sous l'effet entre autre des pulsions sexuelles inassouvies), mais s'il est un peu faignant ou qu'il n'ose pas quitter le nids (ou que la masturbation lui suffit !), la mère peut-être amenée à le pousser dehors.
La "vilaine", peut se dire l'enfant qui ne pige pas tout, c'est à cause d'elle que si que ça. Il pense que c'est bien pour lui de croire qu'il est le pauvre petit abandonné.
La question est : Est ce vraiment intéressant de jouer le pauvre petit abandonné dans cette situation, ou vaut-il mieux voler pour aller voir ce qui se passe ailleurs ?
Message modifié par son auteur il y a un an.