Au fait une question, subimago, ton compagnon a mis deux ans pour accepter mais lui, a-t-il aussi adopté cette nouvelle façon de vivre ?
Comment as-tu pu arriver à le changer ?
Je ne cherche pas la recette miracle, je n'y crois pas mais ça m'intéresse de savoir comment des conjoints réticents ont pu changer et que ça existe.
avant de te répondre, je vais te raconter pourquoi je pense ce que je pense : c'est à dire que les changements ne se commandent pas.
quand j'étais ado, très mûre pour mon âge (toujours été comme ça) j'étais copine avec ma prof d'allemand (35 ans, deux enfants, mariée depuis des années). cette femme avait des affinités avec les courants un peu new age, et avait beaucoup d'amis dans le milieu psy et développement personnel.
pour son anniversaire, en lui offrant son cadeau, son mari lui avait dit devant tous ses amis "je t'aime, ne change jamais!".
une de ses amies l'a prise à part ensuite et lui a dit que cette déclaration l'avait profondément choquée. que sans changement, il n'y a plus que la mort de l'esprit. et que souhaiter une telle chose était à ses yeux la chose la plus violente et la plus mortifère qu'on puisse souhaiter à quelqu'un. et qu'elle, elle lui souhaitait de changer, et de le faire dans un sens qui la rende heureuse.
j'avais 15 ans. j'ai imprimé.
non pas parce qu'elle était ma prof. mais simplement parce que ça me semblait si vrai. comme je l'ai dit, j'ai toujours été en avance sur mon âge, et c'est pas sans raison. je change. je change vite, j'évolue, je m'adapte, j'apprends. je ne fais que ça. et déjà à l'époque, j'étais déjà comme ça. si on m'avait figée dans le temps, on m'aurait tuée. dedans.
je ne trouve pas anodin du tout de refuser le changement d'une personne, ou de forcer à une personne à changer. c'est pour moi une des choses les plus violentes qu'on puisse faire à quelqu'un. que ça ne laisse pas de trace, que les personnes puissent être "d'accord", n'empêche pas que ce processus peut mener une personne à se suicider.
ce processus pousse une personne à détester sa vie, et au final, à se détester elle-même.
on ne peut pas aimer une personne, et lui demander ça. c'est incompatible à mon sens.
maintenant venons-en à mes moutons.
à mon mouton à poils longs ! :D
quand on a convenu d'ouvrir notre couple. moi j'étais intéressée, et impatiente de voler de mes propres ailes toutes neuves. lui non. peut-être plus tard, a-t-il dit, mais pour moi, tu me suffis.
donc je libertine, poly-aime, mais seule. lui a des activités classiques. je lui propose régulièrement de venir avec moi rencontrer mes amis libertins et il ne veut pas.
il ne me viendrait pas à l'idée d'exiger de lui qu'il change.
il fait ce qu'il veut. s'il veut me rejoindre, il est le bien velu (j'en suis toujours à mon mouton à poils longs).
s'il ne le veut pas, je rappelle à tout hasard que l'ouverture d'un couple implique plus de liberté, pas l'inverse... ;)
pour répondre à la question de fond (comment j'ai réussi, non pas à changer mon mari, mais à le convaincre de me laisser ma liberté), je dirais simplement qu'il n'a pas supporté ma souffrance.
nous nous sommes mariés pour le meilleur, et pas pour le pire (vraiment, on a convenu ça comme ça). et la crise que nous avons traversée était contraire à toutes les années en couple que nous avions partagées. souffrir, c'est pas notre truc. aussi bien je ne supporterais qu'il souffre, aussi bien, il ne l'a pas supporté lui. donc on a essayé, en se disant que si c'est trop dur, on allait revenir en arrière.
ça n'a pas été trop dur.
j'ai tout fait pour que ça ne le soit pas.
je précise que si mon mari n'avait pas réussi à s'adapter à ma nouvelle personnalité, à terme, je serais partie. je ne sais pas comment j'aurais fait pour vivre sans lui, mais je n'aurais pas eu le choix. nous jouions notre vatou tous les deux.
Je ne sais pas si ton mode d'emploi est du vécu mais ça pourrait être le mien pour tenter de sauver les meubles dans mon couple.
c'est comme ça que j'ai procédé. en me mettant à la place de mon mari, il m'a semblé évident que sa peur la plus profonde devait être de me perdre. que peu à peu l'amant prenne plus de place, et que le mari finisse par se faire éjecter, par la petite porte, après de longues souffrances et une agonie du couple, là où une rupture pure et simple (la sortie par la grande porte) l'aurait certes fait souffrir, mais de façon honorable et sans complications.
faut garder en tête qu'on ne demande quand même pas quelque chose d'anodin, et qu'en échange, je trouve normal que l'autre partie exige un attachement clair et sans ambiguité. qu'il n'ait pas l'impression de se faire avoir pour rien.
rassurer l'autre chaque jour est indispensable.
et revenir à des soirées en amoureux (léger), des moments consacrés au couple (plus grave pour parler par exemple, ou simplement se reposer), et une attention soutenue au partenaire (ses besoins).
Cécile te frenne, te rappelle à l'ordre, a le mauvais rôle du rabas joie. Elle n'a pas vu venir ce changement en toi et ne l'accepte pas.
je ne suis pas d'accord avec ça.
dans l'histoire de tigrécorché, il a reconnu lui-même avoir caché à cécile ses changements intérieurs.
mais même d'une façon générale, c'est déjà bien compliqué de se rendre compte qu'on a changé, qu'on veut autre chose, de savoir avec précision ce qu'on veut, et pourquoi, surtout s'agissant de polyamour ou de libertinage. alors je trouve un peu fort de reprocher aux autres de ne pas voir notre météo personnelle.
ça se dit. ça ne se devine pas. et on ne peut pas attendre des autres qu'ils devinent.
mais ensuite, qu'ils acceptent ou pas, en effet, on est complètement impuissant devant ça. mais on n'est pas obligé non plus de rester avec une personne qui ne nous accepte pas, et ou, nous maltraite.