JAMAIS, il est resté coincé dans mon clavier ce mot là. Pas possible de le sortir, de le penser.
Parce que je n’y crois pas : je ne peux pas effacer l’amour, le désir.
Pendant ma premiere semaine de vacance, j’ai essayé de penser le Jamais. Ça m’a valu une sévère déconvenue, car je suis parti nager pendant la sieste de mes petits mouflets (je ne peux plus courir car j’ai couru deux heures au moment ou Cecile me mettait le plus de pression sur la garde des enfants et depuis je peux à peine poser le talon du pied gauche par terre) et en voiture, sur le chemin, je me suis senti ralentir psychiquement. A la piscine, je n’ai fait que 300 m, ce qui est ridicule mais je ne POUVAIS pas faire plus.
Je suis resté allongé sur un transat, j’ai regardé les gens se baigner sans rien voir, ni rien ressentir, je suis reparti.
En voiture à nouveau parce qu‘il fallait bien rentrer, je sens mes pensées se geler, mes émotions devenir des fantômes , des parodies. C’Était, je crois une forme severe de dépression qui frappait à la porte grande ouverte de mon psychisme.
J’ai eu une idee bizarre, l’idée de crier : en fait, j’ai plutôt hurlé, plusieurs fois, c’était informe, brutal mais ça m’a soulagé immédiatement.
Depuis, je n’essaie plus de me faire croire que JAMAIS.
À la limite, jamais plus l’adultere et encore quand je pense à mes envies de sport à la rentrée : la danse, une activité ou il n’y pas du tout plein de nanas super mignonnes : pourquoi pas m’inscrire direct à l’ile de la tentation pendant que j’y suis comme ça je pourrais dire que c’est la faute à la production si on me voit en train de masser langoureusement une brunette avec une erection qui fait tepee dans mon caleçon.
Sans blague, jamais, c’est pas possible : un jour j’embrasserai Anne; ses baisers me manquent. Anne m’embrasse comme je suis, comme un amant, comme un amoureux pas comme un papa ours. Et je l’aime, je l’aime tellement.
Elle me fait penser à un perso de La consolante de Gavalda : Kate.
Galvada parle tres bien dans ce bouquin des ardoises immenses qu’on se fabrique en restant à coté de soi, juste en existant mais sans vivre, pire en ayant oublié ce que vivre voulait dire.
Des ardoises qu’on finit tot ou tard par payer : en regardant la barriere de son pavillon, juste avant de fermer les volets mais apres avoir sorti les poubelles, sans emotion particuliere, on se dit tient, c’est ça ma vie : ce morceau de jardin, ces jouets qui trainent, ces voisins qui ne font pas de bruits le samedi soir et vont à la messe le dimanche matin, toujours sans bruit, le barbecue demain ou on ne va parler QUE de bébés, d‘enfants. Je vais trop manger, mais pas trop boire…le bonheur quoi.
Anne, par sa vie bien vivante, et avec une generosité hallucinante car elle l’a fait involontairement et -gratuitement dirait Titane, m’a secoué, m’a réveillé, m’a ressuscité. Bon apres, j’ai fait n’importe quoi n’importe comment, j’ai souffert, mais j’ai aimé, j’ai été vivant pendant tout ce temps là. WOUAH, peut etre pas le bonheur, mais la vie, la VIE qui brille, qui résonne, qui fait battre le coeur.
J’ai une dette de vie enorme à son égard, je lui ai écrit; cette dette je la reconnais, et je dois lui etre fidele si je ne veux pas devenir un tigrezombi. Ce mot est bizarre (fidele pas tigre zombi) vu mon pedigré, mais c’est le mot qui me vient pourtant. Je dois une forme de fidelité, une reconnaissance de dette, apres tout, c’est s’engager à tenir une promesse de remboursement.
Comment ça se rembourse, une dette de vie, en amour, en folie douce, en baisers, je vois pas d’autres moyen.
Donc, il n’y a pas de jamais qui tienne sauf à l’asile et encore, avec des médocs.
Tigre.
Message modifié par son auteur il y a un an.