Train Bordeaux – Paris, le 25 mars 2010
Mon esprit, étrangement agile par période, ne cesse d’écrire ses ressentis et ses questionnements, sur les pages chiffonnées de mon mental.
Mais au moment de mettre ces mots, ces maux et ces joies, par le biais d’un clavier, et sur le forum qui porte depuis quelque temps vers plus de légèreté ma vie torturée…le carré blanc du message possible reste vide. J’efface les phrases maladroites qui n’ont rien à voir avec mes émotions et mes pensées vagabondes. Je lis et relis vos écrits sans parvenir à exprimer ce que profondément ils provoquent, au-delà du commentaire passager facile.
Frustration. J’écrivais plus facilement, avant.
Alors ce soir, au moment où j’arrivais enfin à trouver quelques mots, au feutre bleu, sur un petit cahier de brouillon, dans l’étourdissement fatigué d’un énième voyage vers les miens, je me suis promis de poster ce message quoi qu’il arrive, sans tenter de le remanier pour qu’il soit plus lisible et sans le censurer.
A vous mes compagnons et compagnes dans ce petit monde virtuel…Comment vous remercier pour les émotions que vous m’offrez, les questionnements que vous provoquez et soutenez, l’évolution de ma réflexion, grâce aux mots à fleur de peau parfois, des uns et des autres, grâce aux mots qui me viennent parfois depuis la caverne où j’hiberne.
Tout numérique qu’il soit, cet espace contient, je le sens, je le sais et en suis de plus en plus persuadée, une essence rare de vie et d’amour.
Quand a commencé pour moi l’aventure des cafés poly, les 6 et 19 mars 2010, j’appréhendais de perdre cette sensation d’empathie, qui est pour moi ce qui reste en dernier lieu sur le forum, bien après les discussions enflammées et les coups de gueule qui nous échappent parfois.
J’appréhendais aussi beaucoup de rencontrer tellement d’inconnus en quelques minutes, j’ai dû pour venir gérer mon anxiété sociale. Je regrettais presque le cocon protecteur de l’écran, derrière lequel on ne peut que se construire, consciemment ou non, une image émotionnelle de la personne avec laquelle on échange, de près ou de loin.
Mais je voulais envers et contre tout recoller à la réalité et avancer dans ma reconstruction. Pour m’aider dans ce télescopage entre écrits et visages, il y a eu les attentions et les regards de celles et ceux qui m’avaient déjà approché davantage, et la gentillesse de ceux qui me découvraient.
Et j’ai retrouvé avec surprise, mais pourtant comme mon intuition me l’avait soufflée, la douceur et l’amour qui pour moi remplissait déjà ce forum. J’ai effleuré du bout des doigts la liberté que je caressais avec des mots.
J’ai ramené chez moi, en moi, une énergie phénoménale, qui tout naturellement est venue se joindre à celle que vous me donniez tous déjà sur ce forum.
Merci ! <3
Marie
Message modifié par son auteur il y a 2 ans.
