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Aimer l'amour ou aimer les autres ?

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ERIC_48

le dimanche 07 février 2010 à 02h16

Je propose de tenter de répondre ici aux questions suivantes :

Aimons nous l'amour ou aimons nous les autres, ou les deux en même temps ?
S'agit-il de s'aimer soi-même ? L'amour est-il toujours narcissique, un peu beaucoup... ?
Aimons nous "être quelqu'un" ou aimons nous "avoir quelque chose".
L'objet d'amour est-il vraiment un objet ?

De nombreuses choses ont déjà été dites sur ce sujet dans le fil "dire non pas si facile" qui a un peu trop dérivé, mais la question semble mériter un développement.

Ce genre de question psy théorique peut-il servir à quelqu'un dans la vie de tous les jours ?

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titane

le dimanche 07 février 2010 à 09h11

La dernière question vient "racheter" les autres questions déjà auto étiquetées "psy et philo"... Je n'ai rien contre le psy et philo car une juste vision et attitude face à l'amour peut simplifier la vie et éviter bien des névroses.

Je vois déjà les poils qui se dressent à la lecture du mot "juste", même so l'essentiel de ce forum est justement de chercher (pour certains), de (proposer pour quelques uns), de.... Non je ne le dirai pas... Une vision "juste" du polytruc, de l'amour multiple ou tout autre tentative similaire.

Cette vision juste permet de vivre plus ou moins sereinement et dans ce sens reste avant tout intime et personnelle... On viendra cueillir dans les témoignages, formules, déclarations, ou divagations, des éléments qui nous aident à nous libérer dune vision inconfortable pour reconstruire une vision plus en resonnance avec nos sentiments et nos aspirations profondes qui remontent en nous. (ne retrouvons pas souvent cette affirmation joyeuse: j'aime biencette phrase, cette idée, cette formule...)

Ainsi, bien sur, la philo, la spritualité et la psy sont des outils tous aussi pragmatiques que de cliquer sur un lien. A chacun de s'y retrouver.

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titane

le dimanche 07 février 2010 à 09h29

Je propose d'aborder ta série de questions en commençant par la notion de l'objet de nos amours, qui en fonction des réponses de chacun déterminera les autres questionnements.

Notre première expérience du sentiment amoureux n'emerge-t-il pas d'un objet du désir? La passion n'a-t-elle pas comme objet un objet de plaisir? Un objet pour lequel on va dépenser une énergie folle!

Objet de désir, objet de plaisir... Cela rappelle l'amour pornea, l'amour basé sur la faim, la peur du manque... L'amour glouton...

Je crois que cette facette de l'amour existe dans le désir d'où la difficulté de dire non ( voir autre fil)... On garde toujours en nous cette peur de manquer et cette peur de nous éloigner de l'objet de notre amour-glouton (voir le fil sur l'absence)...

Mais cela reste un réflexe amoureux essentiellement égoïste et narcissique car il s'agit de se nourrir de l'amour de l'autre et des plaisirs associés... Un amour ludique qui peut glisser vers une obsession et une peur névrotique ... La jalousie maladive en serait une manifestation tout comme le don-juanisme...

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ERIC_48

le dimanche 07 février 2010 à 12h15

Jolie introduction bien travaillée sur l'utilité de la psy et de la phylo. Mais le message sera t-il entendu pour autant ? La phylo n'interesse pas tout le monde, loin s'en faut, et la psy fait peur ou est rejettée par de nombreuses personnes. Mais c'est vrai que ce n'est pas une raison pour les abandonner. Quand on aime...

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ERIC_48

le dimanche 07 février 2010 à 12h48

La notion d'amour glouton qui évoluerait en amour tout court, est vraiment la partie que j'aime le moins dans les théories psychanalytiques. Je préfère largement me dire que l'amour définitif est déjà en nous dès le début et qu'il investit provisoirement et à tour de rôle les facettes non sexuelles de notre existence dans les premiers instants de la vie en tant qu'architecte dirigeant le chantier de notre propre construction, pour enfin apparaître au grand jour dans toute sa splendeur. Par suite, l'amour glouton est un dérivé de l'amour tout court et non le contraire. L'amour glouton s'il existe est peut-être le premier à se manifester mais il n'est pas à la base de tout, tant s'en faut. Par contre, l'amour tout court, ou l'amour de la vie si tu veux, est inné et est à la base de tout.

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titane

le dimanche 07 février 2010 à 13h05

tu as raison et cela est souvent expliqué ainsi... cela est vrai lorsqu'en tant qu'architecte de chantier tu as un "projet", je dirai un "élan" vers autre chose... l'amour éros, philia ou agapé... mais à chaque fois que tu montes un étage (dans ta conscience) et qui ne renie pas les autres étages qui le soutiennent, tu dois accepter d'accueillir d'autres logiques, d'autres regards, d'autres attitudes qui pourrait te remettre en cause tel que tu t'es construit jusqu'à présent.

De aimer l'objet à aimer s'aimer mutuellement (éros) et d'aimer l'aimer (philia) aimer aimer (agapé)... en résumant hyper schématiquement!... il y a une transformation de notre éthique personnelle.

De jaloux maladif où l'on n'arrive même pas à être heureux avec soi et l'autre car on a peur... à au moins être heureux avec l'autre (confiance en soi déjà)... puis heureux même sans l'autre (confiance en l'autre)... puis heureux pour l'autre... puis heureux pour les autres et par les autres...

voilà des bonheurs qui s'ajoutent et s'amplifient les uns les autres... et pas besoin d'être mystique pour le ressentir ! ni messianique pour en témoigner !

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ERIC_48

le lundi 08 février 2010 à 23h44

J'ai l'impression qu'aimer l'amour n'est pas aussi bien qu'aimer quelqu'un avec qui ont fait l'amour. Si on aime davantage l'amour que le quelqu'un, c'est qu'on n'aime pas trop le quelqu'un (je ne sais pas pourquoi, je n'ai pas analysé, c'est une intuition). Par suite, l'amour avec ce quelqu'un est moins bien, donc si on ne cherche pas quelqu'un d'autre, on aime de moins en moins l'amour, on se détache des deux en même temps. En ce sens, être poly c'est combler un manque, et c'est aussi faire ce que l'on peut pour sauver l'amour de l'amour. Mais dans le cas inverse, avec le même genre de raisonnement, on arrive à une toute autre conclusion. Je m'explique, si on aime beaucoup quelqu'un, on aimera beaucoup l'amour, donc si quelqu'un d'autre arrive, on fera l'amour avec, par amour de l'amour, ce qui aboutira à aimer le second quelqu'un, etc.... Et en ce sens, être poly c'est fêter l'amour avec tous ceux que l'on pense pouvoir aimer. L'impulsion d'aller vers l'autre existe même en l'absence de toute frustration, c'est une joie pure.

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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titane

le mercredi 10 février 2010 à 10h28

Si on aime davantage l'amour que le quelqu'un, c'est qu'on n'aime pas trop le quelqu'un (je ne sais pas pourquoi, je n'ai pas analysé, c'est une intuition).... cela est possible en effet... faudrait voir d'où émerge cette intuition...

Je ne comprends pas toutes tes "démonstrations logiques"...

le problème est peut-être mal posé, il n'y a surement pas d'opposition entre les deux et donc pas un "meilleur" que l'autre... moi je voyais ça comme: "je t'aime et j'aime t'aimer"... il y a beacoup de cas on on a des "je t'aime, mais j'ai du mal à t'aimer"... ou "je t'aime mais c'est trop chiant de t'aimer"...

on entends trop de formules bizarre du genre "e ne suis pas fait pour l'amour"... "je n'y arrive pas"... "pas faute d'essayer"..

Il y aurait donc un problème non pas à aimer (avoir des sentiments pour l'autre ou les autres), mais à vivre activement cet amour (l'action d'aimer)...

aimer aimer reviendrait donc à trouver une façon "apaisée" et "non prise de tête" d'aimer... de ce réconcilier avec sa façon d'aimer et d'être aimé(e)... et je crois que cela nous ouvrirat à l'amour pluriel... multiplier les rencontres amoureuses avec plaisir... "aimer aimer pour aimer plus et mieux", si tu veux...

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ERIC_48

le mercredi 10 février 2010 à 21h11

Premier sujet : aimer davantage l'amour que les personnes avec qui ont fait l'amour. J'ai creusé un peu l'intuition. Il me semble qu'on aime l'amour dans deux situations : Première situation : on ne connait pas encore bien une personne, donc on "s'appuie" sur "l'amour de l'amour" pour créer un "lieu" d'amour qui permettra de commencer à vivre des choses avec cette personne. Dans cette situation, il n'y a rien à dire de spécial sinon que c'est beau. Seconde situation : on connait la personne et il y a un problème partiel, ou un manque partiel. On reprend alors notre cheval, autrement dit, on redevient amoureux de l'amour, ce qui nous porte vers ailleurs. Si on est poly, on vie plusieurs relations en même temps. Si on n'est pas poly, on hésite, on tergiverse, on tranche dans le vif, ou alors on aime de moins en moins l'amour, on commence à douter de l'amour ou du fait que ce soit fait pour nous.

Remarque au passage qui précise mes raisonnements logiques antérieurs dans l'espoir d'éclairer le lecteur : Ici, le poly apparait comme quelqu'un qui est insatisfait avec une personne donnée, et qui cherche dans d'autres personnes ce qu'il ne peut pas trouver dans celle-ci. Personnellement, je n'aime pas cette vision du poly, mais elle existe donc c'est bien d'en parler un peu. Etre poly a au moins le mérite dans ce cas, d'éviter d'être dégouté de l'amour, de tomber dans les phrases dont tu parles "je ne suis pas fait pour l'amour etc", c'est à dire qu'on sauve notre "amour de l'amour" en ayant deux demi-relations. Pour parler clair, même en tant que poly, on n'aime ni la première personne ni la seconde, mais on conserve notre amour de l'amour, bref on sauve les meubles, si c'est bien pris, ça ne fait de mal à personne, et même du bien en attendant mieux.

La vision du poly que je préfère et de loin, est celle qui considère qu'être poly est une vision du monde, qui nous pousse à aimer plusieurs personnes en même temps alors qu'une seule suffirait. Alors pourquoi plusieurs personnes ? Parce que l'amour vécu avec une première personne, nous fait aimer l'amour au sens général, nous nous ouvrons au monde, et nous rencontrons d'autres personnes, que nous aimons et qui nous font aimer l'amour, etc. Dans ce cas, on aime aussi l'amour, mais c'est l'amour des personnes qui est moteur. C'est l'amour des personnes qui nous fait aimer l'amour et non l'inverse.

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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ERIC_48

le mercredi 10 février 2010 à 21h15

En te relisant, titane, je m'aperçoit qu'on dit un peu la même chose, non ?

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JenaAurelien

le jeudi 11 février 2010 à 14h52

ERIC_48
En te relisant, titane, je m'aperçoit qu'on dit un peu la même chose, non ?

Excellent.

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titane

le jeudi 11 février 2010 à 15h27

pour qui?

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titane

le jeudi 11 février 2010 à 15h28

aurais-tu du contenu à partager ?

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Drya

le lundi 15 février 2010 à 14h41

Aimer aimer/aimer quelqu'un... Je vais peut-être poser une question trop basique, mais au fond, pourquoi a-t-on besoin d'aimer ET d'être aimé ?
Peut-on se passer de l'un ou de l'autre ? pourquoi/comment ?

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titane

le lundi 15 février 2010 à 22h31

je pense qu'il y a deux questions pour lesquelles le "pourquoi" ne me semble pas être une question "juste", car je crois qu'on ne sera jamais capable d'y répondre:

1- pourquoi vit-on?
2- pourquoi aime-t-on?

La question "juste" serait plutot "comment"?... d'accord on arrive dans la vie comme ça sans rien demander... bien souvent l'amour nous "tombe dessus" également sans rien demander... on peut vivre pour survivre... ou aimer pour être moins seul... mais la question ne serait-elle pas: comment "mieux" vivre ou comment "mieux" aimer ? comment vivre et aimer avec plaisir et sérénité (paisiblement... sans se prendre trop de choux)?

et je crois ceci: aimer l'autre ou chercher à être aimé ressemblerait à de la "survie amoureuse" où l'on resterait dans le "besoin" ou le triangle "manque - production - accumulation": peur de manquer, recherche de "production" de preuves d'amour, accumulation ou possessivité ou exclusivité... même en aimant plusieurs personnes, la possessivité, une certaine exclusivité élargie et la peur de manquer existent: le polyamour officiel et labellisé en est une forme sociale établie... un triangle plutôt hominidien!

Par contre si on y ajoute l'amour d'aimer... avec joie, respect et liberté, gratuité et spontanéité voire même équanimité alors on passe à un niveau de conscience "supérieur" où règne l'abondance, la transformation et le partage... l'autre triangle plus "humain"... et là l'amour pluriel dans sa potentialité (y inclus un mono ouvert) y prend une toute autre signification et offre d'autres sources de plaisirs, bonheurs et bien-être...

Mais on va me traiter de messianique ! ou de philosophe... quelle horreur !!!!! :-)

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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ERIC_48

le lundi 15 février 2010 à 22h43

Très fort. Je n'aurais jamais pensé à me poser la question. Voyons, voyons.
C'est facile de dire que c'est innée, et que c'est fait pour la survie de l'espèce,
mais en fait, en y réfléchissant bien, le sexe aurait suffit pour la survie de l'espèce.
Parfois je me dit que l'amour a une fonction sociale, et ça serait pour cela que l'amour et le sexe sont si important chez les êtres humains. Car les êtres humains sont particulièrement dépendants de la société. Un être humain livré à lui-même en pleine nature meurt en quelques heures, alors qu'en société, il peut aller jusqu'à détruire la planète sans le vouloir, on voit tout de suite la force que lui donne cette mise en société, il ne sent même plus sa force. Hors cette mise en société me semble provenir de son élan amoureux et de son besoin amoureux. Même quand un être humain a tout ce qu'il lui faut sur le plan matériel, il lui manque encore quelque chose. Il y a d'ailleurs une discussion lancée par Titane sur le manque, je n'avais pas d'idée à lui soumettre mais en voilà une. Si l'amour ne nous poussait pas, nous resterions dans notre coin, méfiant de tout.
Ca rejoint clairement une longue discussion que j'avais eu essentiellement avec Titane à propos de la confiance. Le titre "la confiance est-elle innée" ou quelque chose comme ça. Il en ressortait que d'après moi, c'était l'amour qui était inné et non la confiance, mais que la confiance était nécessaire à l'amour. Bien sûr Titane n'était pas trop d'accord, il m'a eu à l'usure, j'ai fini par abandonner la discussion. Je pense qu'il parlait de la confiance dans la vie alors que je croyais qu'il parlait de la confiance en quelqu'un. Mais la confiance dans la vie, pour moi, est très proche de l'amour, car avoir confiance dans la vie, revient à ouvrir la route de l'amour dans sa vie.
Et un peu plus haut dans la présente discussion, je dit que l'amour est présent en nous dès la naissance et qu'il guide le moindre de nos pas. C'est l'architecte en chef au début de la vie, et il finit en tant que président directeur général, assez mal payé d'ailleurs.
Bref, nous sommes l'amour.
En ce qui me concerne, j'ai aussi l'impression d'appartenir à l'amour, mais c'est peut-être très personnel.
Quant à être aimé, c'est tout simplement un besoin qui va avec notre élan amoureux. L'amour est par essence réciproque ou n'est pas (ou alors on est très malheureux),
En conclusion, je n'ai pas véritablement de réponse à cette question !
Et c'est vrai que aimer les autres va toujours avec aimer l'amour ou aimer tout court, ou l'inverse.

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ERIC_48

le lundi 15 février 2010 à 22h43

Tient, ben le voilà Titane, j'ai écrit en même temps que lui
Moi, j'aurais dit que l'amour de l'amour était plus "animal" que l'amour des autres, mais chacun prend midi à sa porte

Message modifié par son auteur il y a 7 ans.

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titane

le lundi 15 février 2010 à 22h54

voilà j'ai corrigé mes fautes de frappe mais pas facile avec un téléhone !!!

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ERIC_48

le lundi 15 février 2010 à 23h05

Ah excuse, je savais pas.
Effectivement, ça doit pas être de la tarte d'en mettre une tartine au téléphone.

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titane

le lundi 15 février 2010 à 23h08

on s'est croisé et on se recoupe je crois... avec des mots différents:

Je lis le "manque", la "peur"... la "confiance"...

Qu'une forme d'amour est une fonction ne répond pas à la question pourquoi: pourquoi cette fonction?... une fonction répond plutôt à un comment... c'est le dfameux mythe de la science qui ne répond qu'à des "comment" en nous faisant crioire qu'elle répond à nos "pourquoi"... elle nous prend pour qui?... La science n'est pas une mythologie performante puisqu'elle se contredit de plus en plus rapidement... alors que certains mythes durent depuis des milliers d'années et semblent apporter des réponses à nos "pourquoi" ou tout du moins nous soulager devant l'angoisse de nos "pourquoi"... ce qui est déjà bien en soi... soulager...

l'amour des autres ou de l'autre reste pour moi un amour "relationnel", "écologique"...un besoin... alors que l'amour de l'amour serait plus "transcendant"... essayer de prendre conscience de qui ou quoi aime lorsque je dis "je t'aime" (comme dirait l'autre)... au delà de son expérience "corporelle" (physique ou psychologique, voire anthropologique)...

et là on passe de la confiance en l'autre (ou de la méfiance en l'autre) à la confiance en la vie ou l'amour (en soi? en sa nature "humaine")... et là il devient plus facile d'aimer au pluriel car on se détâche plus facilement des démonstrations ou preuves d'amour pour en apprécier les manifestations spontanées, libres et gratuites... dans l'amour pluriel on apprends à dire aux autres: "va, je t'aime, va vers les autres et vers toi même... je "reste" avec toi avec confiance"

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