Rosalie, je te suis totalement sur le raisonnement "historique".
L'union libre, le divorce ou le couple homo étaient considérées comme "immoraux" par la société de l'époque principalement du fait de leur marginalité.
La "moralité" relative d'un comportement est essentiellement conditionnée par le nombre de personnes qui l'adoptent et par l'image que les gens "ordinaires" en ont dans leur vie quotidienne.
Un exemple, mon métissage (papa noir / maman blanche) choquait énormément à l'époque de ma naissance (en 79) tandis qu'il ne surprend plus grand monde aujourd'hui, tout simplement parce que les couples mixtes sont devenus tellement courants dans les rues (de Paris du moins), que personne n'y fait plus attention.
Je suis convaincue que le seul moyen de faire accepter le polyamour par la "majorité bienpensante" passe par la banalisation de celui-ci.
Je crois aussi que nous disposons grâce aux médias d'un puissant "accélérateur de banalisation" qui me laisse espérer que le phénomène de mode médiatique autour du polyamour que l'on observe depuis quelques mois permettra à mes enfants de ne pas souffrir du regard de la société sur le mode de vie de leurs parents. Que les gens diront : " Un couple à trois ? et alors ? j'en connais d'autres ! "
Aussi, j'en parle ! Autour de moi, à la télé, à la radio, à qui veut bien m'écouter, j'affiche mon bonheur rayonnant et j'en expose les raisons : j'aime deux hommes, j'en suis aimée, je ne mens à personne (et comble du luxe ils ont le bon goût de s'apprécier mutuellement).
Cette exposition est un choix personnel, et j'essaye de faire en sorte qu'il ait le moins de conséquences possibles sur la vie de mes hommes. Je suis en mesure de l'assumer au niveau familial, amical, social et professionnel, j'en profite donc, bien consciente que tout le monde n'a pas (encore) cette chance.
Enfin, mon truc pour éviter les volées de bois vert est somme toute assez simple : je parle à la première personne.
Loin de moi l'idée d'expliquer aux gens comment ils doivent vivre. Je n'essaye même pas de remettre en question la monogamie comme choix de vie.
Pour finir, une anecdote :
Hier au bureau, une collègue en tombant sur un album photo intitulé "Mes hommes" sur fb m'a demandé de quoi il retournait.
Suite à ma réponse, elle s'est écriée :
"Comme tu as de la chance ! Moi, je suis atrocement jalouse, ça me pourrit la vie ! Je crois que j'ai besoin d'un psy!!".
De là à replacer le curseur de la "normalité", il n'y a qu'un pas, non ?
Message modifié par son auteur il y a 2 ans.