Je le peux même s'il s'agit de quelque chose de personnel, mais après tout, nous abordons des sujets assez personnels ici non ? :-)
Je vais essayer de faire court et clair, ce qui n'est pas ma première qualité.
L'histoire se joue en trois tableaux : le premier se jouant à la tombé de la nuit un soir de fin d'automne il y a presque seize an.
je revenais à pieds de la gare vers mon appartement.
A un moment, sur le chemin, alors qu'une voiture me croisait, j'ai eu ce ressenti d'un chavirement violent en moi, pas un "coup de foudre" mais comme d'être englobé dans un sentiment d'amour puissant.
Le genre de truc qui affole ton cœur et fait bourdonner le sang dans tout ton être, et je me senti puissamment heureux, comme lorsqu'on retrouve l'être aimé.
Mais d'être aimé il n'y avait point pour moi à cette époque.
C'était comme une sphère de bien être vers laquelle tout mon être se tournait.
Cette sensation s'estompa tandis que la voiture s'engageait sur le rond point, plus loin.
Je ne savais pas ce qui s'était passé, mais je suis resté perché sur un petit nuage des jours durant, puis la vie repris son cours.
Le second tableau se joue deux années plus tard, tandis que j'allais rendre des ouvrages à la bibliothèque.
Je venais de passer le SAS d'entrée et y restait.
Devant moi se tenait une femme que je ne connaissais pas.
Ce fut une répétition des événements précédents mais avec un vis a vis en chair et en os.
Les premières paroles qu'elle m'adressa après les salutations me mirent le cerveau en ébullition : "tu te souviens de moi... dans la voiture, il y a deux ans, vers la gare ?"
Je ne pouvais me souvenir d'elle, ne l'ayant pas vu, mais ce que je ressentait à ce moment, oui, je le reconnaissais.
C'était impossible de ne pas s'en souvenir.
Elle n'était que de passage pour deux trop courtes semaines.
Notre relation commença alors, mono tout d'abord, puis poly.
Souvent elle repassait et nous offrions de beaux moments d'extases tant amoureuses que charnelles.
Lorsqu'elle était au loin, nous nous "sentions" au point de s'appeler quand on sentait que l'autre avait des soucis ou au contraire lorsqu'un grand bonheur nous soulevait.
Et nous ne nous trompions jamais lors de nos appels.
Le troisième tableau prend place après deux ans de cette relation et ne s'est pas achevé à ce jour.
Notre amour ne faiblit pas, mais nos chemins de vie étaient différents : j'avais des choses à construire ici et sa carrière allait l'amener à vivre hors de France, peut-être de manière définitive.
C'est donc par la distance que nous fûmes séparés.
Je la revis pourtant de temps à autre lors de courts passages en France.
Le lien entre nous n'a jamais faibli, même avec la présence d'autres amours.
Et nous avons encore cette chose que je ne sais expliquer, qui nous fait ressentir les grands mouvements de l'âme de l'autre.
Cette relation à été essentielle par bien des aspects car elle à apporté des réponses à bien des questions que je me posais vis a vis de mon rapport à l'autre.
Ce fut le premier pas dans le monde d'un amour plural. Mais -peut-être à cause de cette histoire si particulière- je continue à employer le terme "Amour" plutôt que "amour-libre" ou Polyamour, car je pense que les racines de l'amour sont plurales et que seuls des facteurs socioculturels hérités depuis moult générations et des traits de caractères liés au désir de possession le diminuent à sa dimension "mono".
(Heureusement que j'ai précisé que je ne suis pas mystique hein ? ) :-D
Message modifié par son auteur il y a un an.