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Extrait d'une conversation entre quat'zyeux avec un pas convaincu - c'est son droit...

Social
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(compte clôturé)

le mercredi 10 février 2010 à 11h50

"Mais parfois je me demande si dans notre société hypermoderne et individualiste le polyamour remet en cause le modèle dominant pasque je trouve ça très utilitariste par moment le polyamour, cette capacité à utiliser l'autre pour sa propre satisfaction, son bien, je me pose des questions ??"

Mmmhh, je pense que ce n'est pas propre au polyamour, ça, mais que ça fait partie du paysage de l'amour... en binôme, on peut aussi avoir des ressorts inconscients utilitaristes ou carrément des motivations extrêmement conscientes. Utiliser quelqu'un pour sa propre satisfaction, je ne vois pour ça que les abuseurs et les violeurs.

Je me demande si vivre une passion amoureuse qui jette dans l'inconnu avec 1 homme ou une femme c'est pas finalement très subversif, sans le vouloir...Y'a un très joli livre là-dessus c'est "Eloge de l'amour" de Alain BADIOU, publié il y a peu. Ce ne sont pas certitudes ce que je t'écris, mais des doutes, questionnements...

Je crois qu'on ne choisit pas son nombramour (poly ou mono), pas plus qu'on ne choisit d'être hétéro, homo, d'aimer le bondage ou les sex toys, ou la jelly, les carottes Vichy ou le Paris-Brest, ça ne se discute pas vraiment. On vit plus ou moins en paix avec, et voilà.

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ERIC_48

le mercredi 10 février 2010 à 21h59

Oui, et on est poly, ni pour remettre en cause le modèle dominant de la société, ni pour être subversif. On n'a pas chercher la merde, on l'a juste trouvée. Faut pas confondre "conséquence" et "but dans la vie". D'ailleurs, on n'a même pas cherché à être poly, c'est juste venu tout seul, y a qu'à voir à quel point on s'en fou pas mal d'être subversif ou de casser le modèle dominant. Je vais même pousser le bouchon encore plus loin : On voudrait bien être considéré comme faisant partie du modèle dominant, enfin, moi ça ne me gênerais pas. Je veux bien aussi être hypermoderne. Bon, c'est sûr qu'individualiste, j'en serais moins fier, mais si c'est le prix à payer pour être respecté, je veux bien être individualiste, surtout si on est plusieurs !

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(compte clôturé)

le mercredi 10 février 2010 à 23h25

Tu dis ça, tu dis rien mais c'est intéressant, c'est l'essentiel... :-P

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(compte clôturé)

le jeudi 11 février 2010 à 11h51

Ce sont les termes d'"utilitarisme" et le concept de "non-choix" de ses préférences de cœur et du reste qui m'ont poussée à ouvrir le fil.

Parce que veut, veut pas, y'a quand même parfois et quelque part une idéologie qui traîne - ouais, je vais me la jouer obsessionnelle, peut-être, mais même ce domaine qui semble a priori échapper à toute raison, peut faire partie des ressorts utilisés pour pisser à la raie des puissants, parents, de la sociétédemerde - et non, je vais pas y aller dans le fil "Alternatives", icitte c'est plus pointu comme problématique soulevée. Lalala.

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Gin

le jeudi 11 février 2010 à 12h19

le polyamour est utilitariste ?!

mais pourquoi le serait-il plus que le mono-amour ?!!

pas besoin d'aimer au pluriel pour mal aimer

"utiliser" et "aimer" ne vont tellement pas ensemble à mon avis...

beurk, ça me donne un peu envie de vomir, je retourne me coucher !

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(compte clôturé)

le jeudi 11 février 2010 à 13h04

Gin
le polyamour est utilitariste ?!

mais pourquoi le serait-il plus que le mono-amour ?!!
pas besoin d'aimer au pluriel pour mal aimer

Oui, c'est bien ce qui était répondu dans l'intro, mais encore?

"utiliser" et "aimer" ne vont tellement pas ensemble à mon avis...

Ah certes, dans l'idéal... mais dans la réalité, ce n'est pas si simple et si tranché.

Si des couples restent ensemble en monoamour par peur de tas de choses (la solitude? la baisse du niveau de vie? attendre d'avoir trouvé une voie de dégagement qui permet de sortir d'une situation bancale?), ça peut aussi atteindre les polys... l'idée n'est pas farfelue, elle mérite d'être considérée, ne serait-ce que parce que le prochain détracteur qui me sert cet argument, j'aimerais pouvoir lui servir plus qu'une réaction épidermique, que j'ai aussi; un truc calme, réfléchi et qui le laisse songeur; première brèche.

beurk, ça me donne un peu envie de vomir, je retourne me coucher !

Vomiter, c'est bien, ça fait place nette :-P

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ERIC_48

le jeudi 11 février 2010 à 13h18

Tu penses que parfois on est poly pour faire de l'opposition, ou est ce que tu penses qu'être poly est toujours une démarche idéologique ? Sur quoi tu voudrais qu'on réfléchisse plus précisément ? Ca m'intéresse mais j'ai du mal à cerner la question.

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(compte clôturé)

le jeudi 11 février 2010 à 13h30

Je pense que les motivations et les élans ne sont jamais totalement purs, que ça peut être un moment de la vie, que ça peut faire partie d'autres envies de crier sa révolte, de ne pas vouloir laisser sa vie être menée par d'autres ou même par quelque chose d'impalpable tellement c'est dans le paysage de nos éducations.

Que même si c'est infime comme dosage dans nos paysages respectifs, sachant qu'on peut nous attaquer sur ce plan-là, d'être prêts à accepter qu'on nous le sorte.

Exemple plus concret, si mon voisin balance dans mon jardin un truc non-identifié, je peux le renvoyer à la volée (comme dans les films de guerre où le héros voit atterrir une grenade dégoupillée à ses pieds, et la retourne illico à l'expéditeur - nananère, pandantagueule, jeteclouelebec, etbienfaitpourtoi).

Ou alors, examiner ce truc d'un peu plus près, regarder de quoi il est fait, connaître l'arme offensive, en somme, et en apprendre un peu plus sur l'armement en face. Espionnage de guéguerre, quoi...

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ERIC_48

le jeudi 11 février 2010 à 13h45

Bien. Personnellement je suis assez d'accord sur ce que tu dis.
Sommes nous attaqué ? S'agit-il d'une grenade ? N'est ce pas une graine de gazon qui tombent sur ta pelouse ?
Ne pas être pur, avoir une idéologie, être dirigé par son inconscient, tout le monde y a droit, même les polys. S'il fallait avoir toutes les qualités du monde pour être poly, il y aurait encore moins de poly que ça sur terre, Le truc, est de savoir si on le vit bien ou si on se force pour coller à l'idéologie, Là effectivement, ça deviendrait plus grave.
Moi personnellement, j'ai été obligé de me forcer lorsque j'essayais de ne pas être poly (j'essayais de faire ça, pour en finir avec les problèmes de rejet, pour ne plus être marginalisé). Alors qu'en tant que poly maintenant officialisé, je n'ai pas besoin de me forcer à avoir plusieurs amours, je peux rester monogame si je préfère. Cette idéologie, si idéologie il y a, est mieux adaptée à mon cas.

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le jeudi 11 février 2010 à 14h01

On est raccord sur l'ensemble, en gros.

Dans le dialogue retranscrit, ce qui m'a mis la puce à l'oreille, c'est la trouille évidente du gars qui a sorti ce terme d'utilitariste : comme quoi ça sentait le vécu de quelqu'un qui a dû être utilisé, ou se sentir comme tel. (Je tire ça d'ailleurs, j'ai filtré une partie).

Ce que je veux dire, c'est que l'on peut se sentir utilisé sans que ce soit l'intention du partenaire; et que c'est une donnée imparable du paysage amoureux, ça, et pas seulement amoureux : amical, ou en travaux d'approche quand on ne détermine pas très bien pourquoi truc ou muche tente de se rapprocher.

Et que oui, l'aventure amoureuse n'est pas universelle, il y a même des gens pour qui le célibat, la solitude , sont les défis amoureux les plus intéressants. L'essentiel étant de cerner au plus près ce dont on a envie, et de ne pas se laisser emphysiquer quoi que ce soit qui ne soit pas en résonance profonde avec ses aspirations. Mais ce partage-là est d'autant plus difficile à opérer quand on règle de vieux comptes en même temps.

Il y a des choses que j'ai fini par faire, bien que mes parents m'aient dit de le faire. Ne pas les faire, c'était pour les faire tchiess, mais dans le fond, j'en avais envie, et je me retenais d'être heureuse juste parce qu'ils m'avaient dit que ça me ferait du bien.

Vois-tu?

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ERIC_48

le jeudi 11 février 2010 à 14h35

Je vois, je vois, c'est vrai que les clémentines ne poussent pas déjà mûres dans nos assiettes, et je découvre que cette clémentine là s'épluche toute seule. Des fois, on ne la reconnait pas, on se demande si elles ne sont pas deux dans la même peau.

Et ben moi, mes parents me disaient que j'agissais par réaction, mais je n'ai jamais trouvé ça vrai. C'était en fait un calcul pour que je ne réagisse plus. Mais c'est vrai que s'il m'avaient ordonné d'être heureux, je ne suis pas sûr que je leur aurait obéit.

Nota : Il se peut aussi que le gars s'en veut d'utiliser les autres, et qu'il trouve qu'utiliser une personne, c'est déjà beaucoup, et qu'il ne faut pas abuser des bonnes choses

Message modifié par son auteur il y a 8 ans.

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Gin

le jeudi 11 février 2010 à 19h29

oui, ma peau d'orange est sensible au réveil...

merci Clémentine, tu fais un beau boulot en prenant tant de temps pour causer, intellectualiser, échanger... moi trop souvent ça m'épuise rien qu'à l'idée !

ben donc puisque tu demandes, la prochaine fois taka y dire que de l'utilitarisme y'en a de partout, pas que dans l'amour...
...ou plutôt dans les "relations dites amoureuses", car selon moi l'amour, si on y ajoute des adjectifs comme "utilitariste" ben ce n'est tout simplement pas de l'amour !! voilà, le sujet est clos, ggrrrrr, gnagnagna !

aarff, j'ai un chic pour la discussion, je sais...
pis j'ai encore une petite dent contre les couples et leurs peurs entretenues, désolée :)

...j'ai un chéri informaticien, je lui ai demandé d'installer un truc sur mon pc... zut, maintenant j'ai l'impression que je l'utilitarise !!

youpie, après m'être levée du pied fatigué je vais passer ma soirée à culpabiliser... ! ;-)

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Siestacorta

le jeudi 11 février 2010 à 20h08

Ben ya pas forcément de mal à avoir besoin des autres, "nobody is an island", ou quelque chose comme ça.

Le tout c'est de savoir reconnaître en soi le moment où on a besoin de l'autre, et quand ce besoin est simplicité, et quand une facilité...

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le jeudi 11 février 2010 à 20h23

Marrant que la personne ait choisi ce terme... Car l'utilitarisme, en fait, c'est ça (merci Wiki):

"L'utilitarisme est une doctrine éthique qui prescrit d'agir (ou ne pas agir) de manière à maximiser le bien-être du plus grand nombre des êtres sensibles. Elle est l'idée que la valeur morale d'une action est déterminée uniquement par sa contribution à l'utilité générale.

On peut résumer le cœur de la doctrine utilitariste par la phrase : Agis toujours de manière à ce qu'il en résulte la plus grande quantité de bonheur (principe du bonheur maximum)"

...

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Gin

le jeudi 11 février 2010 à 21h06

ah ben si wiki dit ça, ça va... .)

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Gin

le jeudi 11 février 2010 à 21h09

ou le tout c'est de savoir reconnaitre en soi quand on a besoin de wiki... est-ce que Wiki peut être un chéri ?!

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le jeudi 11 février 2010 à 21h14

Je suis assez utilitariste, avec wikiwiki... :-)

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Gin

le jeudi 11 février 2010 à 21h17

(+)

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ERIC_48

le jeudi 11 février 2010 à 23h06

En tous les cas, c'est utile pour rigoler

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El.Nino

le vendredi 12 février 2010 à 15h48

L'utilitarisme est une philosophie très intéressante. L'utilitarisme est aussi la variante "contemporaine" de l'hédonisme. Alors que l'hédonisme de Diogène était un classement des besoins et de la réponses à ses besoins (vital, non vital mais nécessaire, non vital et non nécessaire, je crois que c'est un truc comme çà), Bentham a créé un utilitarisme très hédoniste, pour ne pas dire un hédonisme à part entière, c'est à dire un "calcul" des plaisirs. Son successeur (Stuart Mill) a lui remplacé la recherche du plaisir, par la recherche du bonheur.

On peut aussi rapprocher l'utilitarisme d'autres penseurs, qui on une approche équivalente, de "l'égoïsme" , comme Stirner. En fait, l'utilitarisme, c'est comme l'égoïsme : l'individu ne fait que ce qu'il pense être juste pour lui, en termes de plaisir et de déplaisir. Incluant dedans que donner du plaisir aux autres, c'est se donner du plaisir. Et que chaque chose doit nous rapporter plus de plaisir que de déplaisir, pour être en "harmonie" avec soi-même. Également, en donnant du plaisir (ou en donnant du bonheur), je suis égoïste, car c'est mon plaisir qui compte, pas celui de l'autre en tant que valeur ou incarnation.


je trouve ça très utilitariste par moment le polyamour, cette capacité à utiliser l'autre pour sa propre satisfaction

Mais c'est notre propre satisfaction qui guide notre vie ! Pour aller plus loin, certains personnes peuvent même transformer ce qui peut être de l'ordre de la douleur en plaisir, pour ne pas rentrer en contradiction avec leur nature humaine. C'est une sorte de sortie de secours, une soupape aux névroses que l'on a tous et toutes. Nous utilisons les autres pour notre satisfaction, tout le temps. Mono ou poly.

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