Oui, c'est bon. Et c'est encore meilleur et mieux abouti quand on arrive à faire la part des choses. Le militantisme du ressentiment, le besoin de fonctionner sur un mode manichéiste, pour moi ça doit rester une étape.
Heureusement qu'on n'en est pas tous à la même, d'ailleurs ! La relève se prépare, les militants d'aujourd'hui, s'ils prennent bien le virage, arriveront probablement dans cette zone plus calme, mais non moins remettante-en-question. Sinon, ils resteront juste "contre" (la baisse de la retraite, la mise en EMS des vieux, qu'importe le flacon pourvu qu'on ait l'ivresse). J'dis pas, c'est cool, le venin ça fait rester droit, voir Tatie Danielle.
Oui, râler, c'est rester en vie, à qui le dis-tu !
Et concrétiser l'élan, examiner où ses propres efforts ont le plus de chances d'aboutir, de faire goutte d'eau qui rejoint en ruisselet les autres, pour, ne serait-ce que cohabiter le moins mal possible, c'est là où j'en suis.
Loin d'une démission, c'est un retrait pour embrasser l'ensemble des points de vue, c'est foutoir, kaléidoscopique... et paisible du moment que je choisis de ne pas choisir de camp, mais de laisser s'exprimer toutes les tendances, même celles qui me fonche sur leur contenu.
Quant à la question de savoir s'il vaut la peine de juste "survivre", là je pense par exemple que si des personnes en phase terminale ne demandent pas à mourir haut et clair, c'est que le plus petit souffle est encore précieux et porteur de quelque chose. Quoi, je ne sais pas; mais pour ma part, je le rapproche d'une survie tout-à-fait compétitive par rapport à un point de vue qui se demande si survivre vaut la peine. Et je ne peux m'empêcher de mettre en parallèle la pensée écologue de Gorz avec la manière dont il a refusé de survivre à sa femme. Radicalisme, ou démission ?
La race humaine, comme les autres ne fait que survivre; même si en ce moment, il est indéniable qu'elle doive s'adapter (et se fustiger, et porter la responsabilité de précariser les autres formes animales) à ce qu'elle a créé comme monde, après l'avoir subi.
Pour le discours d'Illich, je rigole, ça me rappelle une certaine histoire d'œuf, de pierre, et de popotin de pauvre...