Comme Noémie, je ne crois pas que ce soit parmi les pratiques des autres espèces que nous débusquerons les origines naturelles ou sociologiques de nos comportements amoureux. Je crois que l'environnement sociologique et philosophique (i.e. religieux) a énormément conditionné la "nature humaine".
Pour ma part, je ne connais vraiment que ma propre expérience.
Dès la maternelle, j'avais deux amoureux. A 4 ans, je passais mes journées accrochées à Maxime à l'école et mes débuts de soirées à suivre partout Emmanuel, mon voisin de palier. Sous l'oeil rigolard de mes parents et des leurs.
Il se trouve que bien qu'ayant principalement grandi en France, mon éducation ne relayait pas le dogme moral ambiant. Mes parents, quoique mariés, ne nous ont jamais présenté leur propre mode de vie comme une panacée. (Sans doute étaient-ils conscient que leur couple franco-congolais dans les années 70 était déjà une transgression, et par là même étaient en mesure de relativiser ce qui se faisait ou pas).
Aussi lorsqu'à l'adolescence ils ont rencontré mes trois amoureux (les trois mêmes de 13 à 17 ans), ils les ont accueillis comme tels. Tous les trois. Sans même sourciller. Certes, je passais pour la "salope" du collège, mais ma propre conviction de ne faire de mal à personne et de ne contrevenir à aucune règle absolue et la bienveillance de mes parents m'ont permis de vivre cette différence dans la sérénité et sans conflit intérieur.
Alors, nature ou acquisition ?
Personnellement, je crois que ma nature est profondément polyamoureuse. Je crois que la nature de l'amour est intrinsèquement polymorphe. Je crois que la jalousie et la possessivité sont partie intégrante de l'éducation "traditionnelle".
J'ai été élevée dans l'idée qu'on ne possède pas les gens et que le bonheur émane de soi-même; que l'amour qu'on éprouve pour une personne n'est pas conditionné par les relations qu'on a avec elle. J'ai aussi été élevée dans la méfiance du confort matériel, ou du moins dans la remise en question des comportements ultra-consommateurs.
Je suis de plus en plus consciente en vous lisant tous que je suis un cas un peu particulier (figure-vous que je ne m'en étais même pas aperçue avant ! Heureux les simples d'esprit :-) ).
Ma vie polyamoureuse ne m'a jamais posé le moindre souci social ou professionnel, quant au niveau sentimental, je n'ai pas cherché à convaincre mes partenaires mono d'adopter ma philosophie.
Lorsque je pose la question à mes amis du regard qu'ils portent sur ma vie amoureuse, ils me répondent : "Tu as toujours été libre dans tous les domaines, ta liberté sentimentale et sexuelle ne nous surprend pas. Comment te juger quand tu en parles avec autant de naturel et de bonheur ? Comment te reprocher d'assumer la façon dont tu trouves ton épanouissement ?"
Voilà, je suis une vernie de la vie, j'ai une famille et des amis formidables qui sont tous convaincus, même s'ils ne l'adoptent pas, que mon mode de vie m'est parfaitement "naturel".