Bonjour,
Je suis monogame, et je viens discuter de petites choses. J'aimerais sincèrement avoir un échange.
La lecture de votre forum et des articles est vraiment très intéressante. On y trouve les mêmes questions que celles développées par toutes celles et ceux qui tentent de vivre les choses différemment, je pense notemment à la communauté lesbienne gay et trans . Le refus de se laisser "psychologiser" selon les normes établies et du coup le refus de se laisser tolérer comme des cas à soigner dans une société de normes. Cependant il serait bon d'éviter de psychologiser en sens inverse... Par exemple lu sur votre forum à propos des monogames sériels : "le tableau de chasse". Non désolée même si les relations sont courtes elles sont réelles. Il est toujours possible de trouver les arguments qui permettent de trouver une justification théorique à ses penchants et du coup d'invalider ceux des autres.
À mon humble avis rien n'est normal et tout est construit. Il n'empêche que pour ceux et celles qui les vivent que ces constructions sont très réelles. Et quand la question de la déconstruction se pose, elle se heurte à ces réalités. Est-ce possible ? Jusqu'à quel point peut-on avoir le contrôle ?
J'ai rencontré dernièrement deux hommes polyamoureux. Intéressant car il me renvoient forcément à mes limites et me tendent une sorte de miroir. Le premier se découvrait et de ce fait n'a pas été honnête avec moi. Je n'ai pas apprécié, alors qu'il m'avait donné rendez vous pour un concert, de le voir tripoter quelqu'un d'autre sous mes yeux... J'ai horreur d'être mise devant le fait accompli et encore moins de ne pas entendre "j'ai merdé/je t'ai blessée excuse moi". Le second, c'est un peu différent. Drague pendant longtemps, puis les choses se sont enclenchées, je l'ai vu deux fois. C'était chouette, j'avais un petit bout de coeur accroché et puis je réalise, car c'est moi qui ai provoqué la discussion, qu'il a déjà une amie et qu'il est polyamoureux. La discussion fut calme et tranquille, et je lui ai dit que je devais renoncer à lui car nous avions des logiques fondamentalement différentes. Sa façon de voir les choses est tout aussi théoriquement valable que la mienne, mais je sais que m'embarquer dans cette relation, pour moi, c'est un aller direct pour l'enfer. À 32 ans et pas mal d'expériences variées (une histoire à 3, il y a un moment entre autres) et de psychanalyse, je connais mes limites. Je sais que je serais jalouse. Et j'ai beau savoir de quoi est faite la jalousie, elle sera là en écho à des blessures lointaines. Je peux le déplorer et me rêver en sujet universel, capable de me réinventer dans toutes les identités, mais je suis faite, comme tout le monde de chair, d'affects et de mes propres constructions sociales et psychologiques. Juste pour vous dire que la rencontre entre des conceptions différentes est douloureuse pour tout le monde.
J'avoue : il me manque, le message qu'il m'a laissé m'a donné envie de laisser une chance... mais je n'y ai pas répondu. Je renonce, car l'un d'entre nous devra forcément faire une croix sur ses désirs et ce n'est pas bon... pas bon du tout. snif.
Message modifié par son auteur il y a 8 mois.