Rosalie
Pour moi, c'est simple, c'est dès que j'ai senti combien il était bon de désirer et de nouer des liens forts, et bien sûr, d'embrasser quelqu'un qui nous fait de l'effet.
Je me suis dis que je ne serai jamais capable de renoncer à ça.
Tout était relié au bonheur et au plaisir.
Ton intervention est intéressante, Rosalie, car je crois qu'elle illustre l'un des aspects les plus potentiellement polémique du polyamour : l'égoïsme ou égocentrisme.
Je pense qu'il est facile (et tentant) de voir les polyamoureux comme des gens égoïstes qui font passer LEUR plaisir et LEUR bonheur en premier, qui s'intéressent uniquement à "leur gueule", sans se soucier des émotions violentes et autres conséquences que cela peut causer dans leur entourage (amoureux/se, conjoint, enfants, famille).
"Moi, moi, moi... Je refuse de faire un choix, de m'engager pour A au détriment de B, de concentrer mon énergie sur un projet unique pour lui donner toutes les chances de réussir".
Et tout ceci est très subjectif. Quelqu'un qui dit "je ne serai jamais capable de renoncer à ça" peut être vu comme :
- une personne sincère et lucide quant à ses limites et à ses priorités dans la vie
- une personne immature restée au stade de l'enfance et qui refuse d'assumer un choix et ses conséquences ("le beurre et l'argent du beurre" en langage populaire)
Note que je ne m'en prends pas à toi, je rebondis sur ta phrase parce qu'elle ne manquerait pas de faire réagir des personnes défendant l'exclusivité de la relation dans le couple. A tort ou à raison, d'ailleurs. Car je pense que les deux analyses peuvent être justes.
Pour ma part, ce que j'ai envie de dire aujourd'hui, après avoir pas mal réfléchi à cette question (et sans pouvoir trancher définitivement en affirmant que je suis un grand gamin traumatisé par le couple ou un sage ayant dépassé une vision formatée de la chose amoureuse), c'est :
Je ne veux pas renoncer à ça, car à ce jour je ne trouve pas de vraie et bonne raison de le faire.
J'entends par "vraie et bonne raison" quelque chose qui ne tienne pas du pur ressenti (dépassable), de la convenance sociale, de la jalousie, de la peur de la rupture et de la solitude, du désir de s'assurer de la paternité de ses rejetons, de la volonté d'avoir une boniche à domicile, etc.
Bien sûr, une mauvaise raison pour l'un peut être excellente pour quelqu'un d'autre (voire pour un individu unique à différents moments de sa vie).
Certes, le fait que cela puisse causer de la détresse à quelqu'un qu'on aime est une raison valable dans l'instant. Mais sur la durée, peut-on être heureux et rendre l'autre heureux en ayant sacrifié ses aspirations en vertu d'un principe auquel on n'adhère pas ?
Mais je m'égare...
C.T.
Message modifié par son auteur il y a 2 ans.