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Amours institutionnelles ou révolutionnaires selon Alberoni

Culture
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Guilledouce

le jeudi 08 octobre 2009 à 11h22

Connaissez-vous Francesco Alberoni? C'est un théoricien de l'amour (sociologue), et ses livres se dévorent comme des petits pains! Ok, il n'aborde pas forcément directement l'aspect PA, mais je trouve que sa théorie peut fort bien s'adapter aux amours plurielles. Il compare de façon très adroite le vécu amoureux aux mouvements sociaux (déjà, j'adore l'idée que ce qui existe à l'échelle individuelle se reflète au niveau social).
Bon, l'idée de base, c'est qu'il y a 2 types d'amours: l'amour naissant, qui est comparé au processus de Révolution, et l'amour établi, qui est comparé à l'Etat institutionnalisé. Pour les détails, je vous conseille entre autres la lecture de «  Le choc amoureux » et «  Je t'aime : tout sur la passion amoureuse » (existent en poche). Donc l'idée, c'est que d'abord on fait la révolution (on tombe amoureux-se, tout est à construire mais on déplace des montagnes) puis on s'institutionnalise pour un meilleur fonctionnement (on construit des règles etc.).
Là où ça devient intéressant pour nous c'est que, selon lui, on peut vivre plusieurs amours institutionnalisées de front, mais un seul amour naissant révolutionnaire à la fois (car demande bcp d'énergie, mobilise tout l'être, tourmente). Ce qui est intéressant aussi, c'est l'interaction entre les deux: la révolution nourrit l'institution et l'empêche de s'encroûter, l'institution donne l'assise pour ne pas être trop dépendant-e des processus révolutionnaires et garder une certaine distance bienfaitrice... Donc vivre un autre amour enrichit le premier, comme on le voit souvent sur ce site... (Selon Alberoni, on peut aussi accomplir les 2 processus avec une seule personne et en retomber amoureux-se régulièrement, mais ce n'est pas le sujet du jour). En ce qui me concerne, je suis très vite passée en institution avec mon premier amour (lui est bon pour la stabilité, et moi j'en avais besoin alors) et là je suis en pleine révolution avec le deuxième... D'un côté j'ai envie de savourer longtemps cette magnifique période d'approche, d'un autre côté, je tends aussi à l'institutionnaliser un peu, parce que c'est assez insécurisant! (En plus, mon institutionnalisé a peur de la révolution, ce qui augmente ma fibre révolutionnaire... hé hé, je ne suis pas sortie de l'auberge ;))
Et vous, vous vous reconnaissez? Vous trouvez juste l'idée d'avoir plusieurs institutions possibles et une seule révolution à la fois? Ou y a-t-il ici des révolutionnaires multiples bourré-e-s d'énergie??

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(compte clôturé)

le jeudi 08 octobre 2009 à 13h06

Meeeeerde, encore un bon bouquin à lire... :-D :-D :-D

Je me sens de la deuxième espèce, mais c'est un mode de fonctionnement que je connais depuis longtemps, et que je serais ouverte à changer, faut que je me bricole la soupape d'admission!

Car ça boume sur plusieurs fronts à la fois, souvent... parce que je me suis laissée acculer à des situations parallèles qui atteignent en même temps le point d'ébullition.

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polyrateau

le jeudi 08 octobre 2009 à 13h08

..

Message modifié par son auteur il y a 4 ans.

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(compte clôturé)

le jeudi 08 octobre 2009 à 13h19

Et pour l'histoire de fond, en effet, ce qui se passe dans la plus petite unité d'un ensemble se retrouve à tous les niveaux... un peu comme les images fractales.

Ah, tout l'univers dans un romanesco...

Message modifié par son auteur il y a 8 ans.

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Guilledouce

le jeudi 08 octobre 2009 à 13h33

Clementine
Car ça boume sur plusieurs fronts à la fois, souvent... parce que je me suis laissée acculer à des situations parallèles qui atteignent en même temps le point d'ébullition.

hiiii, vu d'ici ça me paraît quasi ingérable, mais faut bien dire que je suis assez nulle pour faire plusieurs trucs à la fois, malgré ce qu'on dit de la gente féminine dont je fais partie, hin hin (faut bien des exceptions pour confirmer la règle, nan?)... et pis quand ça arrive, ça arrive, hin... et on fait au mieux avec, sans se priver de vivre à fond, manquerait plus que ça ;-)

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(compte clôturé)

le jeudi 08 octobre 2009 à 13h50

Ca permet de trouver l'impulsion pour démarrer les histoires en même temps, parfois, ou les finir toutes ensemble parfois aussi...

Je dois avoir besoin de période de vide sidéral en matière de tout, je crois. Un peu comme les capacités de survie du scorpion.

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lutevain

le jeudi 08 octobre 2009 à 15h17

Guilledouce

Là où ça devient intéressant pour nous c'est que, selon lui, on peut vivre plusieurs amours institutionnalisées de front, mais un seul amour naissant révolutionnaire à la fois (car demande bcp d'énergie, mobilise tout l'être, tourmente).

Très juste… je le vis toujours comme cela!

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LuLutine

le jeudi 08 octobre 2009 à 22h25

lutevain
Très juste… je le vis toujours comme cela!

Moi je commence à avoir des doutes sur cette question (une seule passion à la fois). Je n'étais pas sortie d'une passion (et je crois que je ne le suis toujours pas, même si je ne le vois plus, il me suffit de penser à lui pour devenir euphorique...) que je suis rentrée dans une autre.

Certes, la seconde passion est née de façon différente : très physique alors que l'autre est plus "cérébrale", et surtout partagée alors que l'autre ne l'est pas.

Est-ce à dire qu'on peut vivre deux passions mais sur des plans différents ? Ou bien est-ce qu'il faut arrêter avec cette idée qu'on ne peut avoir qu'une seule passion ?

Bon c'est vrai, j'ai rarement eu l'esprit tourné en même temps vers ces deux hommes ; à un instant donné, c'est en général soit l'un, soit l'autre ; mais ça peut changer quelques minutes après !

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Guilledouce

le vendredi 09 octobre 2009 à 09h06

mmmh, ça demanderait de réfléchir peut-être à quand commence l'institutionnalisation et à faire éventuellement une différence entre passion et amour naissant... Je pense que tu peux avoir un amour-institution qui reste passionné et euphorique, c'est juste que certaines bases ont déjà été posées et définies, même tacitement (quand et où on se voit, si on peut se téléphoner, si on sait qu'il y a réciprocité, etc.)... A la limite, si je t'ai bien comprise, je dirais que ta 2e passion (réciproque et + physique) tend déjà plus vers l'institution que ta 1ère, qui est restée au stade pleinement révolutionnaire, non?
Mais en effet, je partage ton idée qu'on peut vivre des amours sur différents plans, c'est justement pour essayer de mettre des mots dessus que je trouvais ces idées intéressantes, pour aider à se situer... Mais toute théorie doit être confrontée à la réalité, et même, aux différentes réalités, de là l'idée de ce post... :-D
Et c'est intéressant justement de voir que Clémentine et toi pouvez vivre des amours naissantes simultanément...

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(compte clôturé)

le vendredi 09 octobre 2009 à 10h13

Selon des cycles qui ont toujours été présents, pour ma part. Périodes d'ermitage complet, de mise en tension maximale du ressort interne jusqu'à l'implosion... et libération ensuite de l'énergie vers l'extérieur, avec une faim de découvertes, de libertés, de curiosités... je peux ne pas sortir voir des gens, du monde, au cinéma, au spectacle pendant des semaines, puis tout-à-coup quelque chose me titille, je peux filer sur un coup de tête à l'autre but de la Suisse pour voir le travail d'un ferronnier d'art connu sur la toile....

Les amours suivent aussi ces cycles. Affaire de personnalité, donc.

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lutevain

le vendredi 09 octobre 2009 à 10h31

Clementine
Périodes d'ermitage complet, de mise en tension maximale du ressort interne jusqu'à l'implosion..., je peux filer sur un coup de tête à l'autre but de la Suisse pour voir le travail d'un ferronnier d'art connu sur la toile....

Ton ferronnier, il fabrique des ceintures de chasteté en temps record?

À ce sujet, très beaux modèles dans la forteresse de Salzbourg… en plus il fallait que les amants aient des talents de serrurier!

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LuLutine

le vendredi 09 octobre 2009 à 23h36

Guilledouce
A la limite, si je t'ai bien comprise, je dirais que ta 2e passion (réciproque et + physique) tend déjà plus vers l'institution que ta 1ère, qui est restée au stade pleinement révolutionnaire, non?

Euh non en fait si je devais utiliser ce concept "d'institution" je dirais que les deux sont déjà institutionnalisées, puisque dans les deux cas, les sentiments que j'ai - quelle que soit leur nature - me semblent bien ancrés et ne bougeront sans doute plus, au moins pour un bout de temps....

Alors que si j'ai bien compris, la période "révolutionnaire" recouvre plutôt les "débuts" (découverte de l'autre, nouveauté etc.).

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(compte clôturé)

le samedi 10 octobre 2009 à 09h49

Ouin, je trouve que de prime abord ça a une aura de "j'envoie bouler ma vie d'avant" (contaminée je suis par la Révolution, les sentiments de frustration, les têtes qui tombent?).
A bien y regarder, le terme "révolution" contient la notion de cycle qui s'achève pour qu'un autre recommence. Il y a des cycles reconnus (l'année solaire en est un), et d'autres qui doivent survenir plusieurs fois avant qu'on comprenne ce qu'ils représentent.

Partant, le sentiment de nouveauté ne s'appliquerait qu'en surface, puisque ce sont d'autres symptômes ou d'autres figures qui recouvrent le même phénomène... et si c'est une faim de renouveau, la similitude des questionnements intimes que ça soulève est en soi une chose intéressante à regarder.

Dans le sens de "mais qu'est ce que ce truc qui a l'air de débarquer dans ma vie m'apporte comme message identique, au fond, que ce qui s'est passé avant?"

L'être a des faims profondes que la révolution/répétition peut calmer momentanément; et le fond du message qu'on s'adresse à soi-même dépasse parfois la "simple" relation nouvelle qui débarque.

Message modifié par son auteur il y a 8 ans.

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dalloway

le samedi 10 octobre 2009 à 14h01

Wouah wouah wouah...

Vous me perdez, chers amis, merde moi qui aime surtout trouver des réponses en ce moment, là vous m'avez embarquée dans une bouillonnante réflexion, et ça y est , je surchauffe à nouveau...

Tout ça pour dire que je ne sais pas quoi répondre, Guilledouce, d'ailleurs je ne suis pas sûre de vouloir/pouvoir me positionner dans un quelconque 'schéma relationnel' pour définir mes rapports aux Autres-de-ma-vie-affective, si intéressante soit la théorie exposée.

Ca vous aide, vous, de cerner les 'fonctions' ou 'enjeux' précis des de vos différentes relations avec vos partenaires ?

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(compte clôturé)

le samedi 10 octobre 2009 à 16h18

Moi oui, car je peux voir ce que je suis en train de faire... pour tirer parti de ce qui se passe (en-dehors de la joie et du reste)... voir où je me plante, avec quel archétype relationnel je suis en train de me colleter... pour en sortir!

Message modifié par son auteur il y a 8 ans.

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LuLutine

le samedi 10 octobre 2009 à 17h54

dalloway
je ne suis pas sûre de vouloir/pouvoir me positionner dans un quelconque 'schéma relationnel' pour définir mes rapports aux Autres-de-ma-vie-affective, si intéressante soit la théorie exposée.

En fait je ressens un peu la même chose : à partir du moment où je me sens bien avec quelqu'un, je n'ai pas envie d'analyser dans le détail ma situation ou mes sentiments, et de me mettre à catégoriser...et pourtant, je suis (et j'ai été) souvent considérée comme une "intello" par certains !
Quelqu'un qui analyse, dissèque, examine...mais quand il s'agit de ma vie, je crois qu'il y a un moment où j'ai juste envie de m'arrêter de penser, ne plus me poser de questions théoriques et tout simplement....vivre ! :)

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Guilledouce

le lundi 12 octobre 2009 à 14h23

En vous lisant, je réalise que j'ai besoin de faire sans cesse le lien entre 3 niveaux:
- la théorie, que je tire principalement des livres, mais j'aime surtout le type de théorie que je sens fortement ancrée dans une pratique, confrontée au quotidien, donc une théorie vivante (sinon moi, la philo pure, pffff, c'est pas mon truc) = le vécu réfléchi, conceptualisé
- l'échange avec d'autres, le partage d'expériences: ce qu'on fait ici sur le forum, dans les réunions, lors de discussions entre ami-e-s etc. = le vécu collectif
- l'expérience intime, la vie quotidienne perso = le vécu individuel

Le fait de me balader entre ces niveaux, ça fabrique du sens à ce que je vis, ça me donne une distance bénéfique qui me permet de voir plus loin (monter sur un grand arbre dans une forêt pour retrouver son chemin) et du coup, de pouvoir aller toujours plus en avant, parce que je sais où je vais... sinon je risque de tourner en rond...
ça rejoint ce que tu disais, d'ailleurs, Clémentine...

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Guilledouce

le lundi 12 octobre 2009 à 14h55

C'est dingue comme les livres viennent toujours à point dans la vie, je trouve... Là je suis en train de dévorer "l'Epopée d'une anarchiste" d'Emma Goldman: incroyable la lucidité et le courage de cette femme! Polyamoureuse, elle défendait l'importance de l'amour libre, et ceci en 1890! C'est notre pionnière je vous dis! Elle a vécu en ménage avec 2 de ses amoureux, tout en aimant un 3e... et trouvait toutes ses amours différentes, en pouvant mettre des mots précis sur chacun, par exemple:
- "désir pressant" pour l'un
- "sentiment délicat" pour l'autre
- "infinie tendresse" pour le 3e
Par contre, il semblerait qu'elle n'avait qu'une "passion dévorante" à la fois, sentiment qui la bouleversait souvent, car elle devait veiller à ne pas être possessive pour laisser l'autre libre, et souffrait que ce type d'amant voulait la posséder, était jaloux (pas forcément des autres hommes, mais aussi de ses activités militantes prenantes, etc.), elle veillait à rester lucide et prête à casser ce lien si nécessaire, tout en continuant d'aimer l'homme de loin...
moi je dis "wouahhhhhh!"
Pour en revenir à la théorie d'Alberoni, son premier amour est connu depuis longtemps et bien établi, mais reste révolutionnaire dans le bouleversement qu'il produit sur elle. Les deux autres sont tous frais et sont donc des amours naissantes, mais en fait plus proches de l'institution, je dirais (en ce qui la concerne elle, car par exemple pour le 3e cas: lui, était de son côté dans un amour révolutionnaire pour elle, et du reste, ça se transforme en quasi haine alors que pour Emma, ses sentiments restent très stables...) Intéressant aussi, donc, les cas où le type d'amour (et donc les attentes) ne coïncident pas...
Enfin, encore de la lecture en perspective, si vous aimez ça!! :-D

Message modifié par son auteur il y a 8 ans.

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(compte clôturé)

le lundi 12 octobre 2009 à 15h18

Guilledouce


ça rejoint ce que tu disais, d'ailleurs, Clémentine...

Voui, M'dame, je me disais en te lisant qu'on est total raccord, yôh...

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(compte clôturé)

le lundi 12 octobre 2009 à 15h20

Guilledouce


- "désir pressant" pour l'un

- "sentiment délicat" pour l'autre

- "infinie tendresse" pour le 3e

Par contre, il semblerait qu'elle n'avait qu'une "passion dévorante" à la fois, sentiment qui la bouleversait souvent, car elle devait veiller à ne pas être possessive pour laisser l'autre libre, et souffrait que ce type d'amant voulait la posséder, était jaloux (pas forcément des autres hommes, mais aussi de ses activités militantes prenantes, etc.)

Oh, ah, beuh, hein? Est-ce qu'on pourrait donc se sentir poly avec certaines personnes et mono avec d'autres? Hé hé, v'là aut' chose... on est frais, là...

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